Russie - Finlande (EHT)

Leo KomarovMatch de la Kubok Pervogo Kanala, troisième manche de l'Euro Hockey Tour.

Après la victoire 4-3 de jeudi contre la Suède, certains journalistes russes se disaient déçus du résultat ! Ils attendaient une victoire plus ample... Il faut dire que la Sbornaïa a remporté les cinq dernières éditions du traditionnel tournoi moscovite de décembre, avec un bilan de 14 victoires dans le temps réglementaire pour 1 seule défaite aux tirs au but (en 2006 contre les Suédois).

La question qui se pose n'est donc pas de savoir si la Russie va gagner, mais seulement de combien. Qui marquera donc les buts et se mettra ainsi à son avantage pour la sélection olympique ?

On peut douter que cet esprit soit le plus approprié dans un sport collectif. Fedorov en doutait lui-même publiquement, adoptant une posture de vieux sage (plus pratique pour justifier sa discrétion sur la glace ?). La Russie a peut-être besoin d'une bonne piqûre du rappel... et elle est administrée dès les premières minutes.

La Finlande réussit en effet une très bonne entame et est rapidement récompensée... par une grosse boulette du gardien russe Georgi Gelashvili. Son dégagement derrière la cage a oublié un petit détail, le palet, resté devant lui. Leo Komarov s'en saisit et sert en retrait Juha-Pekka Hytönen, le meilleur attaquant défensif de SM-liiga qui n'a plus qu'à conclure en cage ouverte (0-1).

La Finlande tue une pénalité de Kontiola, malgré un bon tir de l'enclave de Viktor Kozlov, et se crée encore des occasions par Immonen et Pihlström. À la 14e minute, la ligne de Kazan part à 3 contre 2, mais Aleksei Tereshchenko n'arrive pas à reprendre le centre de Morozov avec la cage ouverte. Peltonen dirige encore la manoeuvre pendant une infériorité numérique, et les Finlandais conservent donc cet étonnant avantage jusqu'à la pause.

Anton KuryanovLa Russie ne veut pas laisser passer cet affront et se rue sur les buts adverses à la reprise. Pendant six minutes de domination totale, le solide gardien Teemu Lassila tient bon, secouru par son poteau sur un tir de Kozlov. Il finit quand même par céder quand le grand gabarit d'Aleksei Mikhnov vient dévier entre ses bottes un tir lointain de Vitali Atyushov (1-1).

Le match se ferme alors. Le jeu devient plus confus, haché par de multiples pénalités, une ambiance dans laquelle un Komarov se délecte : le natif de Narva en Estonie profite de sa maîtrise de la langue russe pour déclarer sa flamme à ses adversaires. Miikka Tuomainen, pour son premier match international, tente tout de même sa chance côté droit, mais il échoue sur Gelashvili.

La troisième période est encore russe, avec notamment un bon débordement de Mikhnov sur Pettinen. Mais c'est un mouvement collectif qui fait la différence, au moment où expire la seconde pénalité contre Väänänen dans ce tiers-temps : Mozyakin trouve Kuryanov ligne de fond qui offre un caviar à Sushinsky au second poteau.

C'est la première fois que les Russes passent devant, mais cela ne va durer guère plus d'une minute. Dans un angle impossible, alors qu'il est situé près de la bande à gauche, Jarkko Immonen tire au but, et le palet entre avec l'assistance involontaire du patin de Proshkin (2-2).

Tout le monde s'attend à une prolongation, mais la Finlande marque le but vainqueur à... 7 secondes de la fin ! Gelashvili a les jambières tendues à chaque poteau, mais il tourne la tête trop tard sur le tour de cage de Petri Kontiola qui, sur son revers, lui glisse le palet dans les filets (2-3). Grand silence chez les treize mille spectateurs, brusquement rappelés à la réalité...

La Finlande, qui avait perdu 3-4 à Helsinki après avoir mené 3-0, prend une éclatante revanche sur glace adverse. La gifle dont les Russes avaient besoin pour revenir à un peu plus de modestie et de travail ?

 

Commentaires d'après-match

Vyacheslav Bykov (entraîneur de la Russie) : "Notre jeu a été horrible. Aucune ligne n'a fait quoi que ce soit de constructif. Parfois il faut prendre une gifle pour avancer. Voyons quels conclusions les joueurs tirent de ce ratage."

Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : "C'est particulièrement gratifiant de battre la Russie chez elle. Les victoires dans les dix dernières minutes sont importantes psychologiquement. Nous avons eu un très bon gardien, nous avons bien joué en infériorité numérique, mais nous avons eu des problèmes en supériorité. Sachant que les Russes sont très bons en infériorité, j'avais préparé quelques recettes maison, mais tout ne s'est pas passé comme prévu. [...] Je ne donnerai pas de noms, mais de 1 à 5 joueurs de cette équipe peuvent aller aux Jeux Olympiques."

Petri Kontiola (buteur décisif de la Finlande) : "Nous avons mieux joué que contre les Tchèques. C'est peut-être le fait de jouer sur une grande patinoire. Les jambes étaient bonnes, la glace aussi. Je ne pensais pas qu'un bon vieux revers fonctionnerait, mais je me suis qu'après tout ça valait le coup d'essayer. [...] Pour être sincère, je n'ai jamais eu les Jeux olympiques à l'esprit cette saison. Je n'y ai jamais pensé, il y a beaucoup de bons centres en Finlande. Même pour les championnats du monde en Allemagne, je ne crois pas que je serai sélectionné."

 

Russie - Finlande 2-3 (0-1, 1-0, 1-2)
Samedi 19 décembre 2009 à 20h00 à la patinoire Khodynka de Moscou. 13000 spectateurs.
Arbitrage de Milan Minar et Robin Sir (TCH) assistés de Viktor Birin et Aleksei Medvedev (RUS).
Pénalités : Russie 18' (2', 16', 0'), Finlande 20' (4', 12', 4').
Évolution du score :
0-1 à 03'55" : Hytönen assisté de Komarov
1-1 à 26'17" : Mikhnov assisté d'Atyushov et Kozlov
2-1 à 50'53" : Sushinsky assisté de Kuryanov et Kalinin (sup. num.)
2-2 à 52'14" : Immonen assisté de Pettinen
2-3 à 59'53" : Kontiola

 

Russie

Gardien : Georgi Gelashvili.

Défenseurs : Konstantin Korneev - Ilya Nikulin (8') ; Maksim Kondratiev - Vitali Proshkin ; Aleksandr Guskov - Vitali Atyushov ; Dmitri Kalinin (2') - Vitali Vishnevski.

Attaquants : Danis Zaripov (2') - Aleksei Tereshchenko (2') - Aleksei Morozov (C, 4') ; Oleg Saprykin - Sergei Zinoviev - Aleksandr Radulov ; Viktor Kozlov - Sergei Fedorov - Aleksei Mikhnov ; Sergei Mozyakin - Anton Kuryanov - Maksim Sushinsky.

Remplaçant : Aleksandr Eremenko (G).

Finlande

Gardien : Teemu Lassila.

Défenseurs : Pasi Puistola - Mikko Mäenpää ; Ossi Väänänen (4') - Teemu Aalto ; Tomi Pettinen - Mikko Kuukka (4') ; Juuso Hietanen.

Attaquants : Tuomas Pihlman (2') - Jarkko Immonen - Antti Erkinjuntti ; Miikka Tuomainen (2') - Jori Lehterä - Jukka Hentunen ; Ville Peltonen (C, 2') - Petri Kontiola (2') - Antti Pihlström ; Leo Komarov (4') - Juha-Pekka Hytönen - Ossi Louhivaara.

Remplaçants : Iiro Tarkki (G), Toni Koivisto.