Brest-Bordeaux (D1, 14e journée)

Brest prend sa revanche

Battus lors de la première journée sur la glace de Mériadeck les Albatros retrouvent les Boxers pour la dernière journée avant la trêve. Brest espère repartir avec les deux points afin de repasser devant Mulhouse au classement (au repos samedi soir pour laisser leur glace libre à l’équipe de France). Bordeaux, en difficulté à l’extérieur, sort d’un piteux 7-0 concédé à l’Illberg et entend bien se ressaisir en rejouant un mauvais tour à l’équipe bretonne.

Début timide

Après un problème de surfaceuse (un palet s’est bloqué dans la machine) le coup d’envoi est donné avec 20 minutes de retard. Le match débute timidement, les défenses ayant la part belle. Le jeu offensif n’offre pas grand chose au public du Rïnkla. Quelques charges sont bien appuyées par les deux équipes, à l’image de Toukmatchev qui sèche littéralement Mickaël Wiart qui mettra plusieurs secondes à s’en remettre (1'39"). Brest a davantage la possession du palet et s’approche régulièrement du but adverse sans pour autant mettre Burnet en danger. Ce qui n’est pas le cas des Boxers qui se montrent dangereux sur leur première occasion avec Nicolas Mariage qui envoie un tir rapide ras glace qui tape la base extérieure du but de Bozik (4'49").

La première prison du match décante la situation lorsque Borzik est pénalisé pour un accrocher (8'42"). Il ne faut que 19 secondes à Bordeaux pour en profiter, Grenier trouve en diagonale Carignan sur l’aile gauche, le Canadien remet au second poteau pour Xabi Lassalle qui trompe Bozik à bout portant (0-1). Les Albatros réagissent mais les Bordelais sont très bien en place et annihilent les attaques brestoises. Bordeaux subit et se retrouve à quatre suite à un cinglage de Nicolas Mariage (16’43). Brest en profite pour mettre de plus en plus de danger sur la cage adverse. Brunelle, bien servi par Fournier, voit son tir arrêté de manière splendide par la mitaine de Burnet qui effectue un plongeon désespéré sur sa ligne (18'). Et pourtant cela ne rentre pas, même à 5 contre 3 après une nouvelle prison bordelaise.

La grande marée

Le beau travail bordelais va être réduit à néant en l’espace de quelques secondes au début du deuxième tiers. Par Brunelle tout d’abord qui prend un rebond sur un tir d’Ocelka (1-1), puis 1 minute 20 plus tard par Ignatovics en contre qui choisit de loger le palet en pleine lucarne (2-1). Bordeaux tente de réagir, par l’intermédiaire du virevoltant Dave Grenier notamment dont le tir et arrêté par Bozik. Cyril Lambert posté devant la cage ne peut se saisir du rebond (23’57). Brest ne construit pas beaucoup offensivement et se contente, comme trop souvent malheureusement, de percées en solitaire. Bordeaux est dangereux aussi bien en supériorité, avec Carignan qui trouve la mitaine de Bozik (28'22"), qu’en infériorité avec Mariage en contre qui tire à nouveau sur le montant (34'16").

Mais quelques secondes après ce beau tir, Ocelka crucifie les Boxers sur un superbe shoot dans la lucarne gauche de Burnet (3-1). Le Slovaque, très en vue ce samedi soir par son calme et sa brillante vision du jeu, remet le couvert une minute plus tard à l’issue d’un gros tir de la ligne bleue de Volkov ; Ignatovics ne peut saisir le rebond laissé par Burnet au contraire d’Ocelka (4-1).

Le coach Stéphan Tartari tente de stopper l’hémorragie en demandant un temps mort. Christophe Burnet laisse sa place à Julien Leclerc. L’entraîneur aquitain, visiblement agacé par la tournure des évènements, le fait savoir un peu trop bruyamment aux oreilles de l’arbitre et pénalise les siens avec deux minutes de banc mineur (38’11). Brest installe son jeu de puissance. Brunelle derrière le but du nouvel entrant Leclerc parvient à trouver Borzik qui porte l’estocade à 5-1. La grande marée bleue a inscrit pas moins de 5 buts en 20 minutes !

Des Brestois indisciplinés

Le dernier tiers voit les Albatros se faire sanctionner à de multiples reprises par le corps arbitral, permettant à Bordeaux de revenir dans la partie au niveau de la possession du palet, mais pas suffisamment au niveau du score. Brest se retrouve rapidement à 3 contre 5 avec Motreff puis Holik en prison. Si la cohésion offensive peut être mise en doute du côté breton, la solidarité défensive en revanche ne peut l’être, tant les Albatros vont faire bloc devant leur portier Mojmir Bozik et ainsi éloigner le danger sur des tirs de Grenier (43'05) ou sur la tentative de Mariage qui loupe l’immanquable (43'25).

En revanche Bozik ne peut rien sur le tir à ras glace de la bleue de Jan Majercak (5-2). Les Bordelais profitent donc enfin de leurs nombreuses supériorités numériques. Les Albatros subissent mais ne peuvent pas vraiment faire autrement puisqu’ils sont souvent en infériorité. Ils gèrent leur avance et gagnent tranquillement du temps pendant que les Boxers gâchent leurs actions : Carignan tire sur le poteau (50'55), Bozik frustre Majercak avec son bouclier (53'26). Cette "vendange" d’action illustre bien leur incapacité à revenir dans le match. Tartari sortira même Leclerc sur un 5 contre 3 pour créer une situation de 6 contre 3  mais même cela sera inefficace.

Brest tient sa revanche sur le match aller. Les Boxers peuvent nourrir quelques regrets, ils ont remporté deux périodes sur trois mais ils ont complètement perdu le fil du match durant 20 minutes et cela a suffi à faire la différence. C’est une équipe bien en place et très au point au niveau stratégique, mais dès que la machine s’enraye, elle s’embrouille complètement.

Brest s’impose une nouvelle fois sans convaincre. Certes ils ont offert une leçon de réalisme, puisqu’une période aura suffi à faire la différence, mais il y avait encore beaucoup de déchets dans le collectif (mauvaises passes, problèmes de marquage). Le point positif se situe surtout dans la gestion des infériorités numériques en fin de match, même si les deux buts bordelais sont inscrits en supériorité. L’équipe a un potentiel beaucoup plus grand que ce qu’elle propose actuellement. Mentions spéciales tout de même à Juraj Ocelka qui a été étincelant (2 buts, 2 assistances), à Juraj Sadlon très présent en défense, ainsi qu'à Mojmir Bozik qui a une nouvelle fois sorti des arrêts clés.

 

Brest – Bordeaux 5-2 (0-1, 5-0, 0-1)
Samedi 19 décembre 2009 à 19h00 au Rïnkla Stadium. 812 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Peronnin assisté de Jérémie Douchy et Romain Herrault.
Pénalités : Brest 16' (2', 2', 12'), Cergy-Pontoise 12' (4', 6', 2’).
Évolution du score :
0-1 à 09'01" : Lassalle assisté de Grenier et Carignan (sup. num.)
1-1 à 20'31" : Brunelle assisté de Ocelka et Fournier
2-1 à 21'52" : Ignatovics assisté de Toukmatchev
3-1 à 34'44" : Ocelka assisté de Brunelle et Fournier (sup. num.)
4-1 à 35'47" : Ocelka assisté d’Ignatovics et Volkov
5-1 à 38'51" : Borzik assisté de Ocelka et Brunelle (sup. num.)
5-2 à 46'13" : Majercak assisté de Carignan et Grenier (sup. num.)

 

Brest

Gardien : Mojmir Bozik.

Défenseurs : Juraj Sadlon – Peter Macek ; Vladimir Holik – Alexey Volkov ; Ivan Borzik.

Attaquants : Tomas Kaspar - Jaroslav Prosvic - Matej Kiska ; Mathieu Brunelle - Nicolas Motreff - Guillaume Fournier; Juraj Ocelka - Serge Toukmatchev - Andrej Ignatovics.

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Maxime l'Arvor, Julien Legall, Jérémy Cormier, William l’Arvor. Absents : Ludek Krayzel (infection à un genou), Lilan Prunet (fracture du scaphoïde), Clément Gonzales.

Bordeaux

Gardiens : Christophe Burnet [de 0' à 35'47"], Julien Leclerc [de 35'47" à 57'14" puis de 57'53" à 60'].

Défenseurs : Jan Majercak - Cyril Boubé ; Mickaël Wiart - Dave Grenier ; Christophe Perez.

Attaquants :  Jean-François Savage - Nicolas Courally - Nicolas Mariage ; Alexandre Carignan - Xabi Lassalle - Raphaël Larrieu ; Vincent Cadren - Cyril Lambert - Romain Horrut ; Jill Cauly.

Remplaçant : Alexandre Boirie. Absents : Gautier Lafrancesca, Thomas Giraudau.