Suède - République Tchèque (Mondial 20 ans)

Un score historique en ouverture

Ce match d'ouverture du championnat du monde des moins de 20 ans est déjà une belle affiche. La Suède, médaillée ces trois dernières années, est très attendue, car l'Elitserien est en ce moment submergée par une vague de jeunes joueurs tous plus étonnants les uns que les autres. Les superlatifs ont été très tôt en rupture de stock cette saison pour qualifier certains espoirs.

La République Tchèque est cependant loin d'être un faire-valoir. Dans le hockey junior, la référence est aujourd'hui nord-américaine, et justement, les Tchèques s'y sont mesurés pendant leur préparation. Ils ont battu les Américains aux tirs au but mardi, et ils n'ont perdu que d'un but jeudi contre les quintuples tenants du titre canadiens. Des résultats qui peuvent nourrir de légitimes ambitions dans ce tournoi.

2009-12-26-Suede-Tcheque-junLa Suède prend tout de suite le jeu à son compte, mais en restant à la merci des contre-attaques tchèques. Après six minutes, Tomas Knotek reçoit un palet sorti du coin de sa zone défensive et s'échappe en solitaire dans le dos de Tim Erixon. Seul face au gardien Jacob Markström, il tire dans sa botte.

Juste après la "pause publicitaire", la Suède réalise à son tour une action ultra-rapide. Le malheureux attaquant tchèque Tomas Vincour a le malheur de tomber en fond de zone, et Erixon a alors toute liberté pour lancer une action magnifique. Pääjärvi-Svensson attire deux adversaires contre la bande en zone neutre et centre pour André Petersson qui signe un exploit personnel : accélération pour prendre l'avantage sur le défenseur Kempny, puis feinte devant la cage pour glisser le palet au second poteau avant que Sedlacek y pose sa mitaine (0-1). Un but magnifique pour ouvrir le Mondial junior !

Il serait dommage de ne retenir de Vincour que cette mauvaise glissade : doté de bonnes mains, dynamique, cet attaquant formé au Kometa Brno, drafté par Dallas et qui joue en junior majeur en WHL, transperce à l'occasion la défense suédoise. Mais voilà, un match ne se gagne pas sur de bonnes impressions momentanées. Par contre, il peut se perdre à la moindre erreur. Par exemple, quand Jakub Jerabek essaie de relancer un palet arrêté derrière sa cage par son gardien. Oliver Ekman-Larsson intercepte et offre aussitôt une passe transversale pour la reprise d'Anton Rödin qui baisse un genou dans le cercle droit pour mieux conclure (0-2).

On passe aussitôt au but suivant, un rebond pris par Mattias Tedenby après un tour de cage de Marcus Krüger (0-3). Des buts plein les filets... et plein les yeux ! Il faut voir Anton Lander - le coéquipier de Laurent Meunier à Timrå - reprendre dans une belle glissade au second poteau le centre parfait d'André Petersson qui a pivoté le long de la bande (0-4). Un score vraiment terrible pour le gardien tchèque Jakub Sedlacek, qui se fait remplacer par Pavel Francouz avant même la première sirène (19'05"). Sur les quatre buts, il n'y avait personne au marquage de l'attaquant suédois...

Tout ce que peuvent espérer les Tchèques maintenant, c'est finir honorablement. Pas gagné, car la deuxième période commence par une faute en zone offensive de Kubalik sur Rundblad. Le jeu de puissance suédois s'installe, et le slap en angle fermé de Magnus Päajärvi-Svensson - l'autre coéquipier de Meunier - transperce Francouz (0-5). Jan Kana plonge devant Lukas Kilström pour obtenir une pénalité de compensation. Jacob Markström capte d'une belle mitaine le tir de Kousal, mais les Tchèques transforment quand même cet avantage numérique sur un bon jeu en triangle parti de derrière la cage par Vincour, redirigé dans le mouvement par Tomas Knotek, et conclu dans le slot par Kana (1-5). Le répit tchèque ne dure que vingt secondes. Carl Klingberg redonne cinq buts d'avance à la Suède avec un tir du poignet rasant sur engagement (1-6).

Le moins que l'on puisse dire est que Francouz ne fait pas mieux que son prédécesseur dans les cages, car les deux buts qu'il encaisse sont évitables. Il se rattrape par une bonne extension lors d'un centre de Päajärvi-Svensson pour Pettersson.

Jacob JosefsonCette première ligne suédoise est éblouissante. Elle s'installe même à cinq contre cinq, et provoque une pénalité de Radko Gudas. Une infériorité tuée par les Tchèques, qui respirent enfin un peu. La fin de période est plus équilibrée, et Knotek du revers est même bien placé pour réduire la marque, mais Markström attrape la rondelle.

Dix minutes sans but : le calvaire des Tchèques est-il terminé ? Si c'est ce qu'ils croient, ils vont déchanter au retour des vestiaires. En supériorité numérique, un slap de la ligne bleue de Tim Erixon laisse Francouz sans réaction. Puis Anton Rödin effectue un gri-gri devant le défenseur et le palet contré est accompagné dans les filets par Anton Lander (1-8). Et encore, cela pourrait être pire. Francouz se fend d'un arrêt-réflexe de la mitaine à bout portant devant Jacob Josefson.

Le spectacle scandinave n'est toujours pas terminé : Anton Rödin dribble, enjambe une crosse et, en complet déséquilibre avant, parvient à centrer au poteau opposé pour Jacob Silfverberg (1-9). Va-t-on arriver à dix ? Oui, et c'est la faute de Kana qui va faire stupidement trébucher un joueur près du but adverse. Cette supériorité numérique permet à Adam Larsson de clore le match par un puissant slap de la bleue (1-10).

L'an passé, les Tchèques avaient encaissé un 1-8 à leur premier match, face au Canada, et c'était déjà la plus lourde défaite de leur histoire. Que dire alors cette fois-ci ? Inutile de s'apesantir, probablement...

La Suède a déroulé son jeu avec une circulation de palet parfois insolente. Et encore, malgré le score, on n'a même pas l'impression qu'elle ait utilisé tout son potentiel. La deuxième ligne a été discrète, subissant durant pas mal de présences à cause de pertes de palet, alors qu'on sait qu'elle a un grand potentiel avec un joueur comme Mattias Tedenby. Mais il y a dans les rangs du HV71 un autre magicien du palet, André Pettersson, éclatant ce soir. C'est ce qu'il y a d'exceptionnel chez ces juniors suédois : ce sont des joueurs à la fois doués et très spectaculaires. Anton Rödin est aussi à ranger dans cette catégorie, et on comprend pourquoi les Canucks de Vancouver l'ont choisi au deuxième tour de draft.

Pour autant, cette équipe de Suède compte aussi des joueurs de devoir : on a remarqué l'impact au forechecking de la quatrième ligne, ou encore le rôle très précis de Daniel Brodin (non, ce n'est pas le troisième frère, quoique...) qui est de semer la zizanie devant la cage en supériorité numérique.

 

Commentaires d'après-match

Jaromir Sindler (entraîneur de la République Tchèque) : "Dommage que nous ne soyons pas à la boxe, j'aurais jeté la serviette sur la glace. Peut-être que nos joueurs des clubs canadiens ont découvert que les Suédois jouaient mieux au hockey qu'ils ne le pensaient. En défense, nous avons manqué nos déplacements, nos rotations, nos permutations. Le score est lourd, mais psychologiquement c'est peut-être mieux que de perdre d'un but. Demain sera un autre jour, et on sait que le match contre la Finlande sera crucial pour se qualifier."

 

République Tchèque - Suède 1-10 (0-4, 1-2, 0-4)
Samedi 26 décembre 2009 à 13h00 au Brandt Centre de Regina. 5191 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Baluska (SVK) et Derek Zalaski (CAN) assistés de Jeff Jobson et Matt Traub (CAN).
Pénalités : République Tchèque 10' (0', 4', 4'), Suède 8' (2', 6', 2').
Tirs : République Tchèque 40 (13, 13, 14), Suède 19 (5, 4, 10).

Évolution du score :
0-1 à 07'42" : Petersson assisté d'Erixon et Pääjärvi-Svensson
0-2 à 15'20" : Rödin assisté d'Ekman-Larsson
0-3 à 17'25" : Tedenby assisté de Krüger et Rundblad
0-4 à 19'05" : Lander assisté de Petersson et Pääjärvi-Svensson
0-5 à 22'34" : Pääjärvi-Svensson assisté d'Erixon et Petersson (sup. num.)
1-5 à 25'01" : Kana assisté de Knotek et Vincour (sup. num.)
1-6 à 25'22" : Klingberg assisté de Lundberg
1-7 à 40'51" : Erixon assisté de Pääjärvi-Svensson et Johansson (sup. num.)
1-8 à 43'00" : Lander assisté de Rödin
1-9 à 51'21" : Silfverberg assisté de Rödin
1-10 à 54'08" : Larsson assisté de Pääjärvi-Svensson et Johansson (sup. num.)

 

Suède

Gardien : Jakob Markström.

Défenseurs : Tim Erixon - David Rundblad (A) ; Adam Larsson - Oliver Ekman-Larsson ; Lukas Kilström - Mattias Ekholm ; Peter Andersson.

Attaquants : Magnus Päajärvi-Svensson - Marcus Johansson (C) - André Petersson ; Mattias Tedenby - Marcus Krüger - Jacob Josefsson ; Anton Rödin - Anton Lander (A) - Jacob Silfverberg ; Carl Klingberg - Martin Lundberg - Dennis Rasmussen ; Daniel Brodin.

Remplaçant : Anders Nilsson (G).

République Tchèque

Gardien : Jakub Sedlacek puis Pavel Francouz à 19'05".

Défenseurs : Michal Jordán (C) - Vladimir Roth ; Michal Kempný - Radko Gudas (A) ; Tomas Voracek - Jakub Jerábek.

Attaquants : Robert Kousal - Andrej Nestrasil - Stepan Novotny ; Tomás Vincour - Tomás Knotek - Jan Kána (A) ; Roman Horak - Jan Kovar - Tomas Kubalik ; Michal Hlinka - Tomas Dolezal.