Équipe-type de Ligue Magnus de décembre 2009

besson_numa_091003_057Souvent, dans un championnat comme la Ligue Magnus, les différences de niveau sont encore plus sensibles en défense qu'en attaque. S'il peut arriver à une équipe en réussite de rivaliser offensivement avec les meilleures, maintenir une performance défensive constante est souvent l'apanage des candidats au titre. En plus d'un système au point, cela implique en effet des niveaux de concentration, de sécurité technique ou d'expérience qui ne sont pas donnés à tout un chacun dans une formation de milieu de tableau.

Pourtant, en ce mois de décembre, la meilleure défense est Strasbourg, qui a encaissé seulement 5 buts en 4 rencontres, dont une contre la deuxième attaque du championnat (Amiens). Il est maintenant clair que l'équipe de Daniel Bourdages ne dispose pas des mêmes armes offensives que l'an passé, après le départ de sa triplette canadienne. Mais les Alsaciens compensent de mieux en mieux par leur bonnes performances défensives. Cela ne serait pas possible sans un Vladimir Hiadlovsky au meilleur de sa forme, ce qui ne rendra l'expansif gardien slovaque que plus agaçant pour ses adversaires.

Chamonix démontre également une qualité défensive relativement inédite. Elle est due aux cadres suédois, mais aussi à Numa Besson qui perce de plus en plus. Déjà remarqué par ses trois buts en novembre, il a marqué celui de la victoire en prolongation à Épinal. Il ne commet pas beaucoup d'erreurs, à l'image d'une équipe chamoniarde fort bien organisée et très rigoureuse. Son association avec Daniel Ström pratique un jeu sans fioritures et très propre : cette paire n'a d'ailleurs pas concédé le moindre but lors des deux journées suivantes, permettant aux Chamoniards de récolter trois points inattendus contre Grenoble puis à Morzine.

À tout leader, tout honneur, Angers conserve un arrière dans l'équipe-type. Kiprusoff, moins décisif, cède cependant sa place à son collègue Lauri Lahesalu. L'Estonien, prototype du défenseur sobre, a lui aussi été surutilisé pendant les blessures conjointes de Lacroix et Mihalik et se montre toujours sûr de lui, même avec plus de trente minutes de temps de jeu.

zwikel_jonathan_091003_032À l'aile gauche, Marc-André Bernier se distingue dans l'équipe briançonnaise par sa grande efficacité devant les filets. Le "Monsieur un but par match" apporte une régularité offensive très intéressante lorsque ses équipiers peinent parfois à concrétiser.

À l'aile droite, comment ne pas distinguer une fois de plus Damien Fleury, toujours dans une forme exceptionnelle ? Il apporte beaucoup de combativité au jeu grenoblois, car c'est un battant, et il est surtout capable de prendre de vitesse n'importe quelle défense par ses accélérations. Il peut marquer dans n'importe quelle position comme ce fut le cas lors du troisième but face à Rouen en championnat où il marque dans le dos de Koenig dans un angle très fermé. Là où il a vraiment progressé, c'est dans son efficacité devant la cage car auparavant il était rapide mais ne cadrait pas souvent ses tirs. Il a trouvé sa place sur sa ligne où il joue clairement le rôle du buteur aux côtés de Dufour plutôt passeur et Tartari plutôt travailleur. Il a vraiment franchi un pallier cette année et est même plus productif que Sivic qui a des caractéristiques similaires mais est moins collectif.

Au centre, on retrouve un joueur qui a dû affronter des détracteurs lors de son retour à l'île Lacroix cet été. Formé au club mais surtout associé à ses récentes années amiénoises dans l'esprit des supporters rouennais, Jonathan Zwikel a su retourner le public normand, et pas uniquement parce qu'il est le plus régulier à le saluer. Sa détermination et son enthousiasme se ressentent à chaque match, ce qui en fait l'attaquant le plus constant (avec son partenaire Tardif) pendant que ses coéquipiers fluctuent. Il apporte son expérience auprès des plus jeunes, et est toujours aussi efficace aux lmises au jeu avec sa prise basse (photo). Cerise sur le gâteau, sa qualité de passe est intacte, comme l'a prouvé cette longue assistance pour Salmivirta qui a fait basculer à la dernière minute le match au sommet contre Angers (2-1).

Vous comptez bien, cela fait trois joueurs formés en France dans l'équipe-type, ce qui n'était plus arrivé depuis les play-offs 2007 (Ferhi, Amar et Perez).

Équipe-type de décembre 2009 : Vladimir Hiadlovsky (Strasbourg) ; Numa Besson (Chamonix) - Lauri Lahesalu (Angers) ; Marc-André Bernier (Briançon) - Jonathan Zwikel (Rouen) - Damien Fleury (Grenoble).