Épinal - Neuilly-sur-Marne (Ligue Magnus, 16e journée)

L'important, c'est les deux points...leonardseth

Faute d'avoir pu jouer face à Villard, l'ICE fait du surplace et glisse vers la zone rouge, révolte des mal classés oblige. Le moral des troupes en a pris un coup le 29 décembre dernier mais les Dauphins, cette saison, ne sont plus à une tuile près. Après tout, leur patinoire provisoire n'est qu'un hangar et l'absence d'isolation rend la glace très sensible aux redoux extérieurs (ça promet pour le printemps !). Par "chance" ce soir il gèle, ce qui évite tout problème de ce genre.

Les courageux qui ont bravé la neige devront toutefois endurer un froid persistant, puis les gouttières qui se manifesteront en cours de match...

Depuis que Karl Fournier est parti "cachetonner" en LNB, l'attaque francilienne n'a plus la même efficacité. Pour y reméider, Jérôme Pourtanel n'hésite plus à associer ses trois Canadiens, eux qui faisaient auparavant "ligne à part". Le finisseur Seth Leonard, l'énergique Shawn Snider et le joker Casey Bartzen forment désormais un trio 100% "feuille d'érable".

Reste que les banlieusards ne réussissent jamais trop aux Spinaliens. Le Neuilly de l'an passé a d'ailleurs laissé le souvenir d'une équipe accrocheuse et difficile à manœuvrer. Sitôt l'hommage rendu à Philippe Séguin, l'ICE va reprendre ses mauvaises habitudes et subir le déploiement adverse, qui verrouille totalement la zone neutre. Et pour couronner le tout, les Dauphins sont rapidement sanctionnés...

Après avoir concédé deux lancers, le jeu de puissance nocéen finit par s’installer et le puck ressort sur Dermigny, en pointe. Le slap du Franco-Suisse n’est pas cadré mais Leonard, en embuscade, profite du rebond (0-1 à 04'27"). Dans la foulée, Kévin Dugas manque même d'en remettre une couche...

Si la débâcle briançonnaise a cassé l'élan impulsé par Santino Pellegrino, elle brise surtout la bonne dynamique d'Henrik Tojkander. Décisif à Gap quinze jours auparavant, le Suédois n'a pu remettre ça face aux Diables rouges. Du coup, revoilà ce "bon vieux" Petrik devant le filet. Comme à l'aller d'ailleurs, où il n'avait guère brillé (3-6). Au contraire d'un Marco Émond perpétuant la "tradition" des gardiens nocéens inspirés par les Dauphins. Le Québécois doit notamment s'employer sur une percée de Quessandier (8e), l'une des rares occasions spinaliennes de ces dix premières minutes.

Guillaume Chassard n'en verra pas davantage. Aux prises avec Benjamin Galmiche, il s'effondre dans l’arrondi (10'58"). L'assistant capitaine se tord de douleur, laissant craindre pour son épaule (il souffre en fait d'une luxation). Du coup, c'est Jussi Haapasaari qui le remplace aux-côtés de Michal Petrak et Jan Simko, se montrant parfois à son avantage sans pour autant faire la différence.

La matière sans la manière

Comme il ne se passe pas grand chose de bon dans ce match empreint d'approximations, le public n'a pas grand chose à se mettre sous la dent. Restent les pénalités. Neuilly en prend d'ailleurs deux coup sur coup (15e). C'est-là qu'Épinal fait (enfin) parler sa vitesse d'exécution, sur un "tic-tac-toe" initié par Plch dans l'enclave, relayé côté droit par Petrak qui renverse aussitôt sur Karlsson au second poteau (1-1 à 14'23"). Le décalage est imparable pour Émond, qui se blesse d'ailleurs en exécutant son mouvement latéral.

Touché à l'aine, le Canadien rentre clopin-clopant sur son banc, cédant sa place à Roman Svaty. Une vieille connaissance celui-là, bête-noire attitrée des "boys" d'Allard l'an passé. Depuis, la chance a tourné pour le Slovaque, vite refroidi par une déviation malheureuse d'Alexis Birolini sur un centre au premier poteau de Michal Petrak (2-1 à 15'52").

Si l'attaque commence à trouver quelques solutions, la défense, elle, ne suit toujours pas. Le flanc droit est bien dégarni lorsqu' Hordelalay s'y engouffre, trouvant Pousset au second poteau (2-2 à 16'18"). Petrik, livré à lui-même, n'a pu s'interposer...

Ce Neuilly-là a du caractère et un vrai sens de l'opportunisme. Un trait commun à toute équipe dite de "contre-attaques", qui ne lâche rien et ne se prête pas à la pratique d'un jeu léché. Les Vosgiens ne diront pas le contraire, eux qui ont les pires difficultés à s'exprimer. En l'absence du "patron" (Mäntylä), les replis laissent à désirer. Pas de quoi pavoiser après cet interminable (pour ne pas dire ennuyeux) premiers tiers...

Les banlieusards sont du genre coriaces mais restent à la merci des (rares) accélérations locales. Roman Svaty tient bon devant le filet mais craque, à l'usure, sur un but de raccroc (3-2 à 28'07"). Sur sa lancée, l'ICE retrouve du poil de la bête et resserre (un peu) la vis derrière. Seulement voilà, ça ne dure pas et le faux rythme revient vite au galop...

Jan Plch se démène pourtant comme un beau diable, suivi comme son ombre par un Tomi Karlsson toujours très percutant dans ses débordements. Le Finlandais est d'ailleurs pile poil dans sa moyenne d'un but par match, preuve de la pertinence de ce duo désormais complété par Tarik Chipaux. Gratteur invétéré, ce dernier n'a pas un sens du but aussi développé que ses congénères. Il rate ainsi le 4-2 à bout portant devant Svaty, qui repousse de la jambière (39e). Petrik, lui, veille devant Snider, lancé dans l'intervalle par Leonard (39'43"). S'ensuit un brassage fatal à Casey Bartzen, qui prend deux minutes sur ce coup (39'43").

Un pensum lourd de conséquence puisqu'au retour des vestiaires, Petrak, à mi-distance, claque un shoot dévié par Simko dans le slot (4-2 à 41'10"). Le Tchèque remet ça, profitant d'une longue ouverture de Simko pour s'amener devant Svaty, qu'il élimine d'un simple écart sur sa gauche (5-2 à 43'06").

Le plus dur est fait se dit-on. Reste à contenir les assauts parfois désordonnés d'un Neuilly "puissance Seth". Plein de ténacité, Seth Leonard est ce soir dans tous les bons coups aux-côtés de Shawn Snider. Beaucoup ignorent que ce dernier fréquenta Poissompré en août 2005, lors d'une tournée d'universitaires canadiens. À l'époque, Snider n'avait pas marqué mais, ce soir, il va trouver l'ouverture grâce à son compatriote. Contré en entrée de zone, Leonard se bat pour récupérer le disque. Un effort payant puisqu'il trouve le relais de Bartzen vers Snider, qui jaillit ligne de fond pour déjouer Petrik (5-3 à 45'03").

Snider et ce diable de Leonard manquent de remettre ça quelques instants plus tard, profitant d'un boulevard côté droit pour s'offrir un deux contre un où Petrik, cette fois, à le dernier mot.

Après avoir perdu Chassard en début de match, Épinal perd ensuite Hagelberg, qui était déjà incertain ce soir. Michal Petrak, lui, ne perd pas son sang-froid devant Nicolas Pousset, qui l'a cherché tout le match. Volontiers provocateur, l'ex-Morzinois profite d'un arrêt de jeu (54'58") pour relancer Petrak, quitte à revenir à la charge lorsque le Tchèque feint de l'ignorer. Finalement les deux se toisent mais l'empoignade attendue n'aura pas lieu. Le renversement de situation non plus malgré les nombreuses pénalités spinaliennes, dont une majeure qui assure l'avantage numérique aux Bisons jusqu'au bout. Les allers-retours de Roman Svaty vers son banc resteront tout aussi anecdotiques...

Deux points qui font du bien...

Sans briller, les Dauphins ont fait valoir une combativité retrouvée pour remporter le match à ne pas perdre.  Celui qu'il fallait impérativement gagner dans l'optique d'un périlleux déplacement au pays du Mont-Blanc. L'Avalanche, perdue corps et biens un mois plus tôt, est désormais relancée dans la course au maintien. Un sprint qui concerne encore les Dauphins, même si un succès samedi prochain du côté de Megève les éloignerait de ces bas fonds auxquels sont toujours cantonnés les Bisons.


Épinal – Neuilly-sur-Marne 5-3 (2-2, 1-0, 2-1)
Samedi 9 janvier 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 350 spectateurs.
Arbitrage de Damien Velay assisté de Pierre Dehaen et Yann Furet.
Pénalités : 21' (6' + 2' + 13') contre Épinal ; 24' (6' + 6' + 12') contre Neuilly-sur-Marne.
Tirs : 37 (14 + 16 + 7) pour Épinal ; 32 (7 + 9 + 7) pour Neuilly-sur-Marne.

Évolution du score :
0-1 à 04'27" : Leonard assisté de Pousset et Dermigny
1-1 à 14'23" : Karlsson assisté de Petrak et Plch (double sup. num.)
2-1 à 15'52" : Petrak
2-2 à 16'18" : Pousset assisté d'Hordelalay et Galmiche
3-2 à 28'07" : Papelier assisté de Plch et Hagelberg
4-2 à 41'10" : Simko assisté de Petrak et Karlsson (sup. num.)
5-2 à 43'06" : Petrak assisté de Simko et Haapasaari
5-3 à 45'03" : Snider assisté de Bartzen et Leonard (sup. num.)

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Jan Hagelberg ; Benoît Quessandier (A) ; Peter Slovak ; Fabien Leroy ; Lionel Simon.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Guillaume Chassard (A) [puis Jussi Haapasaari à 10'58"] ; Tarik Chipaux - Tomi Karlsson - Jan Plch (C) ; Guillaume Papelier - Jussi Haapasaari [puis Nathan Ganz à 10'58"] - Erwan Agostini.

Remplaçants : Henrik Tojkander (G), Kévin Benchabane, Yvan Charpentier. Absents : Niko Mäntylä (fiévreux), Anthony Rapenne.

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Marco Émond [puis Roman Svaty à 14'23"].

Défenseurs : Sébastien Dermigny - Mathieu Wathier ; Jérôme Wagner (A) - Nicolas Pousset (C) ; Alexis Birolini - Michael Steiner.

Attaquants : Seth Leonard - Shawn Snider - Casey Bartzen ; Pierre-Charles Hordelalay - Kévin Dugas - Benjamin Galmiche (A) ; Miroslav Kecka - Romain Gentilleau - Gaël Guilhem.

Remplaçant : Luc Tanésie. Absents : Clément Rey, Jérôme Veret, Hugo Delecour.