Deuil-Garges - Reims (Division 1, 16e journée)

Actuellement sur une dynamique positive (5 victoires sur les 6 derniers matchs), les Phénix se déplaçaient à Garges dans l’optique de continuer à bien négocier ce mois de janvier ô combien important. Face à la redoutable armada val-d’oisienne, les Rémois se devaient d’être patients et concentrés sur leur jeu, tout en ne tombant pas dans le piège «physique» des locaux, pour éviter une désillusion face à un concurrent direct.

Comprenant l’importance de ce match, les Phénix s’installaient rapidement en zone offensive et contraignaient les locaux à une série de dégagements interdits par un pressing haut. Et, après un engagement gagné, Cahill transmettait le puck en se retournant à Rehor, dont la déviation ricochait successivement sur Luker puis Sallander pour finir au fond des cages (0-1, 00’52) ! Un but digne d’un coup de billard pour le coup, mais qui mettait sur de bons rails les partenaires de Martin-Whalen. Reims continuait sur sa lancée et faisait preuve d’enthousiasme. Un peu trop sûrement, ce qui valait à Garges d’hériter de la première supériorité du match à la 3ème (02’28).

Les gros canons des Chiefs manquaient d’inspiration sur le coup, au contraire de Cahill, qui sur une action de génie décalait Martin-Whalen seul face à Luker, hélas ce dernier manquait de peu le 2-0. Sans doute encore sous le coup de la fessée reçue à Bordeaux, les locaux semblaient nerveux en ce début de match, l’accrochage entre Sallander et le capitaine rémois en apportait une preuve (03’03). Les débats parvenaient à s’équilibrer par la suite, Garges sortait de sa torpeur et le duo Roche/Baslyk de causer quelques frayeurs aux abords des cages rémoises, notamment en infériorité. Les Phénix n’étaient pas en reste et ne laissaient pas Luker au chômage pour autant. Sur un jeu à 4 contre 4, Vesely, posté en arrière des cages, servait Savoie dans l’enclave et la reprise instantanée du sniper québécois faisait mouche (0-2, 07’25) !

Coup de froid chez les partisans des Chiefs, qui craignaient à cet instant le pire pour leurs protégés. Heureusement pour Garges, Reims lui donnait une opportunité de se refaire, à peine deux minutes plus tard, avec une nouvelle supériorité (09’03). Cette fois-ci, les Chiefs ne laissaient pas passer l’occasion, puisque Sallander, servi par Balsyk, décochait un lancer de la bleue sur lequel Kubis, masqué au départ, devait s’incliner (1-2, 10’47). Le match était enfin lancé et les actions chaudes se succédaient des deux cotés. Chaque équipe tentait de s’imposer à l’autre, à l’image d'un nouvel échange musclé entre Kaisjoki et Aurouze. De nouveau à 4 contre 4, les Phénix se montraient les plus percutants, à l’image de l’intenable Cahill à la 13ème, qui semait la panique dans la défense des Chiefs. Luker mettait en échec l’américain, mais Martin-Whalen sautait sur le retour et redonnait une avance de deux unités à ses couleurs (1-3, 12’20).

Vexé par ce but, Garges repartait à l’assaut des buts de Kubis et, sur un palet mal dégagé par la défense rémoise, Elfving transmettait à Jeannin qui trouvait la lucarne opposée (2-3, 12’51). Le jeu était débridé et tout paraissait possible, tant les défenses semblaient absentes. En fin de période, les gros canons avaient la possibilité de s’exprimer et une combinaison bien exécutée entre Rehor et Martin-Whalen voyait le Québécois réussir le doublé (2-4, 17’43). Restait aux hommes de François Dusseau à gérer les derniers instants pour rentrer aux vestiaires avec cet avantage conséquent à la marque. Seulement, Garges en décidait autrement et Roche, consécutivement à une montée rageuse, transperçait la cuirasse de Kubis d’un tir vif (3-4, 19’00). Ce but redonnait de l’envie aux Chiefs et la suite du match promettait d’être disputée. La dernière minute de jeu ne donnait plus rien et la période s’achevait sur ce score de 4-3 en faveur des Rémois, qui pouvaient nourrir tout de même quelques regrets.

Les Chiefs réattaquaient le deuxième acte sur le même élan et portaient de suite le danger en zone offensive. A 20’56, une généreuse pénalité offrait l’occasion aux locaux de niveler le score et Roche ne se faisait pas prier pour marquer (4-4, 22’26). Ce but semblait sonner les Phénix, qui se mettaient à subir les assauts répétés des Val-d’Oisiens. Et la sanction intervenait rapidement par l’intermédiaire de ce diable de Roche, qui glissait le puck dans un trou de souris après un service de Sorres (5-4, 24’57). Une panne de courant habitait à cet instant les Phénix, qui ne trouvaient pas les moyens de réagir. Pire, à la 28ème, Roche laissait tout le monde sur place avec une accélération et se jouait de Kubis comme à la parade ! (6-4, 27’20).

L’Anglo-Canadien avait à lui seul mis à mal les Phénix avec quatre buts consécutifs. Le coach rémois sentait sa formation dans le trouble et appelait un temps-mort pour recadrer le tout. Suite à cela, les Phénix semblaient se ressaisir et profitaient d’un excès de rudesse de Williams pour tenter de se remettre à flot (29’10). Et, en bon capitaine, Martin-Whalen montrait la voie à ses partenaires en fructifiant, d’un tir à mi-hauteur, un service impeccable de Savoie (6-5, 31’00). Reims revenait aux affaires et mettait encore à mal la défense des locaux. La réussite venait aussi aider les Rémois. Une passe anodine de Vrielynck sur le plexi offrait un rebond capricieux, le puck se retrouvait devant la cage désertée par Luker, parti rechercher la rondelle derrière ses cages, et il n’en fallait pas plus à Florian Sabatier pour égaliser en toute tranquillité (6-6, 36’08). Les compteurs étaient remis une fois de plus à égalité et les Phénix ne s’arrêtaient pas en si bon chemin. Une minute plus tard, le duo Rehor/Martin-Whalen mettait le feu dans la défensive gargeoise et Cahill se trouvait à point nommé pour expédier au fond le palet qui traînait devant les cages de Luker (6-7, 37’05) ! Ce but semait le doute dans les têtes des Chiefs, qui se retrouvaient à nouveau à tirer de l’arrière. Reims avait trouvé les ressources pour revenir dans le match et gérait son précieux avantage jusqu’au buzzer.

Malgré un avantage d’un but, Reims se devait de conserver cet allant pour parvenir à ramener une victoire précieuse. Garges revenait sur le glaçon le couteau entre les dents et bien décidé à remettre les pendules à l’heure. Les Val-d’Oisiens mettaient la pression sur les Phénix, qui tenaient bon et attendaient patiemment l’occasion de contre. Seulement, un homme semblait planer sur ce match et allait encore faire parler de lui. A 46’20, une énième fois mis en orbite, par Williams cette fois-ci, Roche s’avançait vers Kubis et inscrivait son cinquième but personnel d’un tir sous la barre (7-7, 45’22).

Dans ce match aux multiples renversements, le score ne restait pas bien longtemps en l’état. 26 secondes après, Martin-Whalen, omniprésent dans ce match, servait un caviar à Prochazka qui, posté à l’embouchure des cages gargeoises, redonnait l’avantage aux Phénix (7-8, 45’48). Ce moment de folie passé, les deux équipes avaient besoin de reprendre quelque peu leur souffle. Reims reprenait son schéma de jeu et guettait une occasion de faire le break. Garges poussait et était tout près de parvenir à ses fins, sauf que la transversale venait s’interposer sur la tentative de Roche. A la 52ème, les gros canons rémois avaient une occasion de plier l’affaire, mais Luker faisait quelques arrêts-clés pour garder son équipe en vie. Le cerbère des Chiefs ne pouvait cependant rien faire sur un boulet de canon de Kévin Dusseau, qui frappait la barre à l’arrière des buts et ressortait. Les deux équipes s’arrêtaient de jouer, croyant au but, mais le corps arbitral en décidait autrement et laissait le jeu se poursuivre. Le coup était passé près pour les Chiefs qui partaient de plus en plus à l’abordage des buts rémois dans les dernières minutes. Seulement, à trop attaquer, les locaux s’exposaient à un contre. A la 57ème, Baslyk créait un revirement à la bleue, Vrielynck en profitait alors pour défier victorieusement Luker en break et donner deux unités d’avance aux Phénix (7-9, 56’06).

Reims semblait avoir fait le plus dur, mais Roche allait remettre une dose de suspens au match douze secondes seulement après (8-9, 56’18) ! La tension montait dans les dernières minutes et Garges essayait de forcer la prolongation. Le buzzer se rapprochait et les locaux se heurtaient au mur défensif des Phénix. Un dernier rush de Sallander offrait un dernier engagement en zone offensive pour ses couleurs et Éric Lamoureux tentait le coup de poker en sortant Luker. Sur l’engagement qui suivait, Sallander prenait sa chance de la bleue, Kubis repoussait, la défense rémoise tentait de dégager, mais le rebond capricieux se dirigeait vers Balsyk tout seul sur le côté qui égalisait à la grande joie des partisans des Chiefs (9-9, 59’58) ! Cette cruelle dernière action était bien le reflet de ce match au scénario hitchcockien et envoyait les deux formations en prolongation.

Après une pause réglementaire, Chiefs et Phénix repartaient pour cinq minutes de mort subite. Les Phénix prenaient le dessus et bourdonnaient le plus souvent près des cages de Luker, qui retrouvait de sa solidité face à Savoie et Cie. Garges était à la recherche de son souffle et semblait attendre la séance de tirs aux buts pour forcer la décision. Reims faisait le siège de la zone défensive des Chiefs, mais les derniers essais de Vesely ne faisaient, hélas, pas sauter le verrou cette fois-ci et on allait dès lors assister aux tirs de barrage pour connaître le vainqueur.

Le tirage au sort désignait Reims comme 1er tireur :
Savoie s’élançait, fixait Luker mais son tir trouvait le montant gauche (0-0).
Baslyk partait à son tour en duel avec Kubis, mais le Tchèque avait raison de la feinte du Canadien (0-0).
Au tour de Rehor de se présenter face à Luker, le Tchèque tentait le tir en partie supérieure, mais ratait la cible.
Le diabolique Roche s’avançait à son tour et, après une feinte, déjouait du revers Kubis (1-0).
Cahill avait les derniers espoirs rémois dans sa crosse et ne tremblait pas, en servant la même action de Roche à Luker (1-1).
Elfving avait le palet de match, mais Kubis disait non (1-1).

Pour la suite, les tireurs s’inversaient et c’était à Garges d’ouvrir les hostilités :
Sallander s’élançait, feintait à gauche, mais Kubis fait l’arrêt (1-1).
Florian Sabatier, avec le palet de la gagne, tentait le tir entre les bottes…hélas Luker fermait bien la porte (1-1).
Roche défiait à nouveau Kubis et ce dernier prenait cette fois-ci le dessus sur l’Anglo-Canadien (1-1).
Cahill, à son tour, avait l’occasion de ramener les deux points aux Phénix, mais sa feinte ne prenait pas en défaut Luker (1-1).
Baslyk partait aussi pour son deuxième tour, trébuchait dans son élan et tombait au sol. Après s’être relevé, il dribblait Kubis et marquait. Seulement l’arbitre estimait que le Canadien était revenu en arrière et invalidait le but (1-1).
C’était sous la bronca du public que Savoie s’avançait vers Luker et le déjouait d’une feinte à droite (1-2).

C’était donc au but du suspens que Reims s’imposait et pouvait repartir en Champagne avec deux points précieux pour la suite du championnat. Garges prenait toutefois un point, ce qui leur permet de ne pas être décroché au classement. Prochain rendez-vous pour la troupe à François Dusseau sur la route vers les play-offs, la réception à Bocquaine d’Annecy, qui semble en forme depuis quelques matchs et qui devrait donner une tout autre résistance que lors du match aller (ndlr : victoire 5-1 des Phénix).


Deuil-Garges - Reims 9-9 (3-4, 3-3, 3-2, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 9 janvier 2010 à 20h15 aux Gonesses. 100 spectateurs.
Arbitrage de Gilles Durand assisté d'Aurélien Smeeckaert et Sueva Torribio.
Pénalités : Deuil-Garges 24' (8', 4'+10', 2', 0'), Reims 16' (10', 4’, 2', 0').
Évolution du score :
0-1 à 00'52" : Rehor assisté de Cahill et Martin-Whalen
0-2 à 07'25" : Savoie assisté de Vesely et Vrielynck
1-2 à 10’47" : Sallander assisté de Baslyk et Williams (sup. num.)
1-3 à 12‘19" : Martin-Whalen
2-3 à 12'51" : Jeannin assisté de Elfving
2-4 à 17‘43" : Martin-Whalen assisté de Rehor et Dusseau (sup. num.)
3-4 à 19'00" : Roche assisté de Elfving et Williams
4-4 à 22‘26" : Roche assisté de Sallander (sup. num.)
5-4 à 24'57" : Roche assisté de Sorres et Jaros
6-4 à 27'20" : Roche assisté de Baslyk et Elfving
6-5 à 31’00" : Martin-Whalen assisté de Savoie et Kaisjoki (sup. num.)
6-6 à 36‘08" : F. Sabatier assisté de Vrielynck (sup. num.)
6-7 à 37'05" : Cahill assisté de Martin-Whalen et Rehor
7-7 à 45‘22" : Roche assisté de Williams
7-8 à 45'48" : Prochazka assisté de Martin-Whalen et Cahill
7-9 à 56‘06" : Vrielynck
8-9 à 56'18" : Roche assisté de Baslyk et Aurouze
9-9 à 59‘58" : Baslyk assisté de Roche et Sallander