Grenoble - Strasbourg (Ligue Magnus, 14e journée, match en retard)

Grenoble assure l'essentiel

Trois jours après le fiasco face à Briançon, les Brûleurs de Loups retrouvent Pôle Sud pour le compte d'un match en retard face à Strasbourg, prévu à l'origine le jour de la finale de la coupe de la ligue. Grenoble reste sur une très mauvaise série de trois défaites et une victoire aux tirs au but en quatre matchs et a besoin de points pour ne pas se laisser distancer au classement par Amiens et Morzine, ses deux plus proches rivaux. Mais c'est surtout une réaction d'orgueil qui est attendue après l'étonnante passivité affichée face aux Diables Rouges samedi. Un moyen également de retrouver ses marques avant le week-end européen qui s'annonce. Strasbourg vient chercher de son côté une première victoire en 2010 après trois défaites face à des équipes du haut de tableau (Angers aux tirs au but, Briançon en coupe et Morzine samedi, 0-3).

Pour cette rencontre, les Brûleurs de Loups enregistrent le retour de suspension d'Anders Nilsson tandis que Jakob Milovanovic revient de blessure après un mois d’absence. La défense grenobloise est donc enfin au complet pour la première fois depuis très longtemps. Pas forcément un mal compte tenu de l'hémorragie constatée ces derniers matchs (18 buts encaissés sur les trois derniers matchs !). De plus Mats Lusth a décidé de titulariser Sébastien Raibon, déjà entré en jeu en cours de match samedi, ce qui permet à Eddy Ferhi de se reposer en vue du week-end très chargé qui l'attend. À Strasbourg, Heikki Laine, convalescent depuis sa fracture de l'os malaire infligée par Riendeau (Amiens), débute sur le banc. 

2010-01-12-Grenoble-Strasbourg2Dès le début, les locaux essaient de se porter vers l'avant. Mais plus qu'un enthousiasme débordant, on sent surtout beaucoup d'application dans les gestes des Grenoblois qui semblent vouloir protéger la cage de Raibon et éviter la faute de trop. Résultat : Grenoble concède très peu de tirs mais n'a pas pour autant menacé Hiadlovsky. Il faut attendre une pénalité d'Aziz Baazzi pour voir les Brûleurs de Loups se montrer menaçants dans leur zone offensive. Après plusieurs lancers, le palet parvient à Alexandre Rouleau à la ligne bleue qui l'expédie victorieusement sous la barre d'un slap puissant, profitant au passage du trafic devant la cage strasbourgeoise (1-0, 7'29").

Ce but met en confiance les Brûleurs de Loups, d'autant plus que Raibon rassure sa défense sur ses premiers arrêts. La ligne "des jeunes" prend le relais, Nicolas Arrossamena contourne la cage de Hiadlovsky, temporise et sert dans le tempo Julien Baylacq qui arrive à point nommé. Le jeune espoir grenoblois reprend sans contrôle et marque à bout portant (2-0, 10'12"). Voilà les champions de France rassurés et dans les meilleures dispositions.

La défense grenobloise protège bien son gardien qui reçoit peu de tirs dangereux de la part des Strasbourgeois peu actifs offensivement. Fleury et Sivic sont même tout près de marquer un troisième but pour Grenoble mais buttent sur Hiadlovsky et... le poteau. Les Isérois terminent le tiers par une infériorité numérique sans conséquence suite à une charge peu discrète de Nilsson. Ils peuvent rentrer au vestiaire, satisfaits du devoir accompli.

La deuxième période débute sur un rythme plutôt lent avec deux équipes qui ne se livrent pas totalement. Les locaux continuent de maîtriser la rondelle mais se montrent parfois assez fébriles dans leur zone face à des Strasbourgeois un peu plus pressants qu'en première période. Une faute de Nicolas Arrossamena donne une deuxième chance en supériorité numérique aux Alsaciens. Il ne leur faut que six secondes pour la convertir : Striz décale Cruchandeau à la bleue qui lance en direction de la cage et la déviation de Devin trompe Raibon (2-1, 25'33"). Ce but sème le doute dans les esprits grenoblois et les Brûleurs de Loups sont par la suite moins dominants. Strasbourg prend même l'initiative du jeu alors que Grenoble semble retomber dans ses travers. Comme un symbole des approximations grenobloises, Dufour écope de la troisième pénalité consécutive de son équipe, neutralisée.

De l'autre côté de la patinoire, Hiadlovsky s'aventure hors de sa cage à plusieurs reprises. Une attitude audacieuse sans conséquence dans un premier temps mais qui coûte cher sur une sortie ratée du gardien slovaque : après plusieurs tentatives de ses coéquipiers en direction de la cage grande ouverte, Christophe Tartari trouve finalement le fond des filets dans un angle fermé (3-1, 31'15"). Ce but, marqué contre le cours du jeu, donne de l'air aux Brûleurs de Loups qui bénéficient dans la foulée d'une une faute de David Striz. Le power-play grenoblois est stérile cette fois même si Hiadlovsky est contraint d'effectuer un arrêt difficile sur lequel il reste au sol pendant quelques instants avant de se relever péniblement. Plus de peur que de mal.

2010-01-12-Grenoble-Strasbourg6Anders Nilsson continue de se distinguer par ses charges vigoureuses le long de la bande. L'arbitre M. Velay se montre plus sévère et donne 2'+10' au Suédois. Strasbourg installe son power-play avec une certaine efficacité. L'Étoile noire sème la panique dans la défense grenobloise qui ne sait plus où donner de la tête avec notamment Julien Baylacq qui a perdu sa crosse. Logiquement, Grenoble finit par céder lorsqu'Édouard Dufournet reprend un rebond laissé par Raibon, fixe le gardien grenoblois et pousse le palet au fond (3-2, 35'14"). Strasbourg revient à un but et peut raisonnablement croire en ses chances d'autant que les locaux ne sont pas très bien dans ce tiers.

M. Velay n'apprécie pas les critiques de Brennan Sarazin sur son arbitrage et octroie dix minutes de méconduite à l'attaquant canadien. Grenoble finit tant bien que mal le tiers avec une pénalité inutile de Rouleau pour dureté à huit secondes de la fin.

Au début du troisième tiers, les coéquipiers de Christophe Tartari doivent d'abord tuer la pénalité de Rouleau. Ce qu'ils font efficacement malgré encore une fois un bon power-play strasbourgeois qui donne du travail à Sébastien Raibon. L'égalisation n'est pas loin et Grenoble doit repartir de l'avant. Leur regain d'activité leur permet d'obtenir une pénalité d'Aziz Baazzi, la seconde du match pour le défenseur international junior. Alors qu'il est en zone offensive, Mitja Sivic se fait déstabiliser par une charge qu'il n'était pas prêt à recevoir. Il reste longtemps au sol devant la cage de Hiadlovsky avant de se relever avec l'aide du portier strasbourgeois. Il fera son retour assez rapidement sur la glace pour la suite du match et cet incident ne semble pas avoir laissé de traces.

C'est le moment choisi par Grenoble pour passer l'accélérateur et tuer définitivement le suspense grâce au duo Fleury-Dufour : au moment même où Baazzi revient sur la glace, Fleury adresse un tir lointain sur Hiadlovsky qui laisse un rebond, Dufour qui traîne dans les parages reprend du revers et marque dans la cage ouverte (4-2, 46'32"). Moins de deux minutes plus tard, mêmes acteurs et rôles inversés : Dufour déborde sur l'aile droite et centre au cordeau pour Fleury qui arrive lancé et marque à bout portant (5-2, 48'00"). Cette fois Grenoble semble avoir définitivement fait le trou grâce à son attaquant québécois, très impliqué sur les deux buts, et qui se refait une santé après un match très décevant samedi face à Briançon.

2010-01-12-Grenoble-Strasbourg5Les Brûleurs de Loups semblent avoir match gagné mais vont se compliquer la vie dans les dix dernières minutes à cause d'une indiscipline pas vraiment bienvenue, surtout que le power-play des visiteurs est très efficace. La preuve encore une fois en six secondes après une pénalité de Martin Jansson en zone offensive : David Striz en profite pour se rapprocher impunément de la cage de Raibon et ajuster le portier grenoblois d'un tir croisé (5-3, 53'42"). Ce but remet la pression sur les épaules grenobloises à l'image de Maxime Moisand qui met son équipe en difficulté en dégageant directement dans les tribunes. Strasbourg pousse pour marquer un quatrième but en supériorité numérique mais cette fois la défense grenobloise bien regroupée tient bon. Daniel Bourdages n'a d'autre choix que de demander un temps mort mais le pressing grenoblois l'empêche de sortir son gardien. Il lui faut attendre une pénalité de Rouleau à trente secondes du coup de sirène pour y parvenir et jouer à six contre quatre. Il est bien trop tard et c'est Grenoble qui sera même à un cheveu de marquer un sixième but en cage vide.

Strasbourg a couru après le score pendant tout le match mais peut nourrir des regrets de rentrer en Alsace sans avoir pris un point qui était à la portée des hommes de Daniel Bourdages. Redoutables en power-play avec trois buts inscrits, les joueurs de l'Étoile Noire ont manqué de rigueur en défense avec de nombreux espaces laissés aux attaquants grenoblois. Le jeu spectaculaire mais risqué de Vladimir Hiadlovsky a coûté un but au plus fort de la domination strasbourgeoise et l'attaque s'est réveillée un peu tardivement. Contrairement à l'année dernière, Strasbourg n'a pas une ligne capable de marquer à tout moment en présentant une menace régulière pour l'adversaire. Les coéquipiers d'Elie Marcos n'ont toutefois pas à rougir de leur prestation avant d'enchaîner le tour des cadors du championnat avec la réception des Dragons de Rouen samedi. Un autre défi en perspective.

À défaut de convaincre pendant soixante minutes, les Brûleurs de Loups ont montré plus d'envie que samedi face à Briançon. Les premier et troisième tiers-temps ont été les temps forts grenoblois avec un bon pressing, des duels gagnés dans les bandes et une efficacité retrouvée en attaque. On remarquera que des joueurs décevants samedi face à Briançon (Manavian, Dufour, Arrossamena) se sont bien repris ce soir et que Sébastien Raibon est à créditer d'un bon match. Mais Grenoble n'a pas complètement rassuré, affichant plutôt le visage d'une équipe convalescente. Le deuxième tiers par exemple fut particulièrement approximatif avec des errements défensifs lors des infériorités numériques et pas grand chose de construit offensivement.

Grenoble devra donc hausser sérieusement le rythme en vue de la finale de la coupe d'Europe qui sera disputée sur un tout autre tempo que ce match. Il est aussi urgent de corriger le jeu en infériorité numérique, désastreux ce soir et surtout se montrer plus discipliné. Dans le viseur des arbitres : Rouleau pénalisé à deux reprises tout comme Nilsson alors que la faute de Jansson a coûté un but. Les deux Suédois, pas au mieux en ce moment, devront élever leur niveau de jeu ce week-end, car en plus d'être pénalisés, ils sont encore une fois restés muets offensivement, laissant le poids de la charge offensive à la ligne Dufour-Tartari-Fleury, impliquée sur quatre des cinq buts. Place maintenant au grand défi européen pour les Brûleurs de Loups !

Désignés meilleurs joueurs du match : Damien Fleury (Grenoble) et Juho Lehtisalo (Strasbourg).

 

Grenoble - Strasbourg 5-3 (2-0, 1-2, 2-1)

Mardi 12 janvier 2010 à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 1789 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté de Adrian Popa et Joffrey Barcelo.

Pénalités : Grenoble 26' (2', 8'+10', 6'), Strasbourg 16' (2', 2'+10', 2').

Tirs cadrés : Grenoble 37 (12, 13, 12), Strasbourg 42 (13, 17, 12).

Engagements gagnés : Grenoble 30, Strasbourg 31.

Évolution du score :
1-0 à 07'29" : Rouleau assisté de Tartari et Dufour (sup. num.)
2-0 à 10'12" : Baylacq assisté de Arrossamena
2-1 à 25'33" : Devin assisté de Cruchandeau et Striz (sup. num.)
3-1 à 31'15" : Tartari assisté de Rouleau et Dufour
3-2 à 35'14" : Dufournet assisté de Mallette (sup. num.)
4-2 à 46'32" : Dufour assisté de Besch et Tartari
5-2 à 48'00" : Fleury assisté de Dufour et Manavian
5-3 à 53'42" : Striz assisté de Lehtisalo et Cesnek (sup. num.)

 

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon.

Défenseurs : Viktor Wallin - Vincent Llorca puis Maxime Moisand à 20'00" ; Alexandre Rouleau (A) - Jakob Milovanovic ; Antonin Manavian - Nicolas Besch.

Attaquants : Mitja Sivic - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Julien Baylacq - Raphaël Papa - Nicolas Arrossamena.

Remplaçants : Eddy Ferhi (G), Elie Raibon, Jason Crossman, Loup Benoît. Absent : Ludek Broz (lombalgie).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky [sorti à 59'33"].

Défenseurs : Bob Raymond - Maxime Mallette ; Hugues Cruchandeau - David Striz ; Aziz Baazzi - Michal Cesnek.

Attaquants : Brennan Sarazin (A) - Mike Gilchrist - Edouard Dufournet ; Juho Lehtisalo - Elie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Cyril Trabichet - Miroslav Stolc - Julien Burgert ; Timothée Franck.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Heikki Laine.