Yunost Minsk - Grenoble (Coupe Continentale)

Sébastien RaibonUne seule équipe peut encore empêcher Salzbourg de remporter cette Coupe Continentale : il s'agit de Grenoble. Mais avant d'en arriver là, il faut déjà oublier la piètre prestation d'hier et faire au moins meilleure figure, dans une patinoire qui est pleine dans les faits et pas seulement sur le papier comme hier. En face, il faut s'attendre à des joueurs du Yunost Minsk rappelés à l'ordre après avoir été comparés à des touristes par leur entraîneur Mikhaïl Zakharov.

La très grande surprise vient des cages grenobloises : ce n'est pas l'international Eddy Ferhi qui tiendra le fort dans ce deuxième match, mais le junior Sébastien Raibon, pour le match de plus haut niveau de sa toute jeune carrière. Il peut entrer doucement dans la rencontre car, hormis une glissade de Maxime Moisand à la réception du palet sur l'engagement, il a peu de frayeurs. Ses coéquipiers dominent en effet le jeu, même s'ils laissent parfois trop facilement les Biélorusses venir tester leur jeune portier.

La grande différence par rapport à hier, c'est que les Grenoblois sont bien entrés dans leur match. Ils en sont récompensés en transformant leur première supériorité numérique : Shabanov, masqué par la présence dans le slot de Manavian, n'esquisse pas de mouvement sur le slap dans l'axe d'Alexandre Rouleau (0-1). La défense iséroise protège ensuite cette avance. Elle est bien en place et maintient le Yunost sur les extérieurs. Deux infériorités sont concédées par Dufour, pour une charge avec la crosse derrière sa cage, et par Raphaël Papa, qui fait trébucher Kurilin en fin de tiers. Mais elles sont tuées proprement. Le second jeu de puissance biélorusse n'arrive même pas à son terme, interrompu par un surnombre.

2010-01-16-grenoble-minsk1La deuxième période commence donc par une quarantaine de secondes d'avantage numérique grenoblois, non exploité malgré un tir de Fleury. Par la suite, le Yunost prend résolument la possession du palet, et le prénom de Sébastien Raibon est scandé plusieurs fois par le public, notamment quand il arrête un tir à mi-hauteur de Kitarov. La seule réplique grenobloise est survenue en contre-attaque avec une passe transversale de Dufour qui a bien décalé Tartari, mais le tir du poignet du capitaine est passé au-dessus du cadre.

Jansson retient Senkevich pour l'empêcher de récupérer un rebond chaud. Minsk est donc en supériorité numérique à la mi-match, mais Raibon capte proprement le palet le plus dangereux dans sa mitaine.

Une longue passe envoie Jean-François Dufour en breakaway, mais il ne parvient pas conclure, pas plus que Fleury et Wallin dans la continuité de l'action. Le résultat, c'est une contre-attaque bleue qui provoque une pénalité de Moisand, sauvée grâce à un double arrêt à bout portant de Raibon puis à un grattage efficace de Baylacq notamment. Timchenko retient la crosse grenobloise au rebond et on joue trente-cinq secondes à 4 contre 4. Rouleau attend que son équipe soit à cinq pour relancer, mais elle ne reste pas longtemps au complet : Manavian est pénalisé en zone offensive, avec une méconduite en supplément pour avoir manifesté sa désapprobation. Le Yunost finit donc pas évoluer de nouveau en avantage numérique et égalise aussi sec : tir axial d'Erkovich alors que Materukhin masque le gardien, une action semblable au but grenoblois si ce n'est que le lancer était plus bas (1-1).

À une minute et demie de la fin du deuxième tiers, Oleg Timchenko se fait sanctionner pour être allé charger Sébastien Raibon. La pénalité n'est pas exploitée malgré une nouvelle percée individuelle "made in Sivic", jambes écartées pour protéger son palet. Pire, pendant l'infériorité numérique, Konstantin Zakharov déborde Alexandre Rouleau et tire du revers en angle fermé entre les jambières trop ouvertes du jeune gardien (2-1).

2010-01-16-grenoble-minsk5Aleksi Baranov prend la première pénalité de la troisième période en faisant trébucher Arrossamena. Les Grenoblois s'installent mieux et sont plus rapides dans leurs transmissions, mais ne parviennent pas à conclure. Ils échappent au pire peu après quand le lancer en contre de Senkevich rebondit sur la barre transversale. Ils réagissent par une action déterminée de Baylacq et Fleury, mais ce dernier donne une charge avec le coude après avoir perdu le palet. Très sollicité, Raibon tient le choc pendant cette pénalité. Manavian en prend cependant une autre pour une obstruction sur Stepanov, et il part même aux vestiaires avec une nouvelle méconduite pour protestation.

Quand les Brûleurs de Loups reviennent enfin au complet, il ne reste plus que sept minutes à jouer. Mais tout de suite, Dufour part à la cage et provoque un cinglage de Ryadinsky. Une supériorité numérique providentielle pour Damien Fleury. Le héros permanent de Grenoble depuis deux mois perce la ligne bleue au milieu de la défense Karev-Tolkunov et lève le palet au moment où Shabanov se met en papillon (2-2).

Pour que les Brûleurs de Loups restent en course pour la victoire finale, il faut encore un autre but, mais Sivic manque une cage ouverte. Et sur une contre-attaque rapide de Senkevich, Rouleau est débordé et le fait trébucher avec sa crosse en plongeant. Il reste 2'15" de jeu et Grenoble va en passer l'essentiel en infériorité. Materukhin bénéficie d'un bon lancer bien capté par Raibon. Les Français n'ont pas tenté la prise de risque totale, et Salzbourg les en remercie : la victoire finale est dans la poche des Autrichiens !

La prolongation de cinq minutes est à l'avantage des blancs, avec en particulier un lancer d'Anders Nilsson. Le match se termine donc par une séance de tirs au but, pendant que le speaker demande aux Irréductibles de lancer leur appel aux armes.

2010-01-16-grenoble-minsk7Alexandre Rouleau marque le premier tir, poteau rentrant. Stepanov lève le palet du revers, et Jansson enchaîne par une bonne feinte. Le premier à échouer est Materukhin, sur la botte de Raibon. Fleury choisit le tir bas côté plaque, écarté sur le poteau. Le dernier à s'élancer est Vitali Valui : Raibon repousse peut lever les bras.

Pôle sud a trouvé son héros ce soir : Sébastien Raibon a impressionné pour son premier match international. Il a adopté un style plutôt prudent, en essayant de rester debout et en s'avançant rarement, ce qui est plus sûr face à des techniciens venus de l'est. Sa seule erreur, il l'aura commise sur le deuxième but en gardant ses jambières écartées par crainte d'un centre. Le reste du temps, il aura été impeccable face aux cinquante tirs adverses.

Tous les autres joueurs ont été au diapason, parvenant à hisser leur niveau de jeu par rapport à la veille : Rouleau a retrouvé tout son impact à la ligne bleue, que ce soit en power-play ou dans le jeu défensif. Fleury a été comme à son habitude virevoltant, rivalisant de vitesse avec les joueurs adverses, pourtant réputés dans ce domaine. Seul Antonin Manavian est encore une fois passé à côté par trop d'indsicipline. Mais le plus important pour Grenoble, c'est de s'être retrouvé ce soir avec une combativité et un courage qui n'est pas sans rappeler le match contre Rouen en décembre. Peut-être un déclic pour la suite de la saison. 

Grenoble s'est découvert un gardien et se retrouve dans la même situation que Rouen l'an passé : jouer le dernier match pour l'honneur - et surtout pour la deuxième place finale ! - face au futur vainqueur déjà désigné, en l'occurrence ici Salzbourg.

Désignés meilleurs joueurs du match : Sébastien Raibon (Grenoble) et Oleksandr Materukhin (Yunost Minsk)

(photos www.hockey-passion.com)

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : "Cette victoire fait plaisir, surtout après notre défaite face à Sheffield. D'autant que Minsk a très bien joué. Ce soir, nous avons eu un instinct de tueur, et cette victoire fait un bien fou."

Sébastien Raibon (gardien de Grenoble) : "Je suis très heureux pour l'équipe. J'ai essayé de me concentrer shoot après shoot et ce fut difficile d'encaisser ces deux buts, surtout le second que je ne dois jamais prendre."

Mats Lusth (entraîneur de Grenoble) : "Tout le monde a joué deux, trois niveaux au dessus d'hier. Contre une équipe aussi rapide, on doit penser une, deux secondes en avance en comparaison avec la ligue française et nous avons parfaitement réussi à lire leur jeu. C'est dommage de ne pas pouvoir gagner le tournoi mais nous jouerons ce match comme une finale de toute façon. Nous savons que Salzbourg a une grande équipe.”

 

Yunost Minsk - Grenoble 2-2 (0-1, 2-0, 0-1, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 16 janvier à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Roman Rudy (SVK) et Teemu Salminen (FIN) assisté d'Aleksei Medvedev (RUS) et Martin Smrek (SVK).
Pénalités : Minsk 12' (4', 4', 4', 0'), Grenoble 46' (4', 6'+10', 6'+20', 0').
Tirs cadrés : Minsk 50 (11, 20, 17, 2), Grenoble 26 (8, 10, 6, 2).
Évolution du score :
0-1 à 08'00" : Rouleau assisté de Tartari et Dufour (sup. num.)
1-1 à 36'48" : Materukhin assisté d'Erkovich et Borovkov (sup. num.)
2-1 à 39'28" : Zakharov assisté d'Ostroushko (sup. num.)
2-2 à 54'08" : Fleury assisté de Tartari
Tirs au but :
Grenoble : Rouleau (réussi), Jansson (réussi), Fleury (arrêté).
Minsk : Stepanov (réussi), Materukhin (arrêté), Zakharov (arrêté).

 

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon.

Défenseurs : Viktor Wallin - Maxime Moisand ; Alexandre Rouleau (A) - Jason Crossman ; Antonin Manavian puis Jakob Milovanovic à 35'21" - Nicolas Besch.

Attaquants : Mitja Sivic - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Julien Baylacq - Raphaël Papa - Nicolas Arrossamena ; Loup Benoît.

Remplaçants : Eddy Ferhi (G), Elie Raibon. Absent : Ludek Broz (lombalgie).

Yunost Minsk

Gardien : Sergei Shabanov.

Défenseurs : Andrei Karev - Dmytro Tolkunov ; Aleksandr Ryadinsky - Aleksi Baranov ; Sergei Erkovich - Artem Ostroushko ; Sergei Yakimovich.

Attaquants : Oleg Timchenko - Aleksandr Borovkov (C) - Oleksandr Materukhin ; Sergei Yanovski - Artem Senkevich - Konstantin Zakharov ; Evgeni Kurilin - Andrei Stepanov - Vladislav Klochkov ; Vitali Valui - Aleksandr Kitarov - Maksim Slysh.

Remplaçant : Vitali Belinski (G). Absent : Oleg Leontiev.