Montpellier - Deuil-Garges (Division 1, 17e journée)

C'est l'Agglomération de Montpellier qui mobilisait ses sportifs en ce week-end de solidarité avec Haïti. Un mouvement auquel s'était associé, entre autres tout Odysseum. La minute de silence, en hommage aux souffrances de tout un peuple, était observée.

Première surprise, les Montpelliérains montraient une retenue pour le moins inhabituelle quand on se remémore les entrées en matière tonitruantes des joueurs de Lionel Bilbao à Végapolis, surtout quand l'équipe adverse offrait une supériorité numérique d'entrée de jeu (1'41").

La seconde surprise arrivait très vite, lorsque Erik Piatak, revenu de blessure à l'épaule, et Matthieu Hottegindre, qui n'avait plus revêtu la tunique bleue depuis le 12 avril 2009, se trouvaient aux ailes du centre Yoann Chauvière. C'est pourtant ce trio qui allait allumer le feu. Dans l'ordre, le premier trouvait le deuxième, qui remettait sur le côté droit à Yoann Chauvière (4'09"). L'attaquant éliminait successivement deux défenseurs pour glisser, d'un mouvement parfaitement maîtrisé, le palet dans le dos du gardien de l'Entente.

Le même Matthieu Hottegindre se faisant prendre par la patrouille (6'38"), le dispositif de supériorité numérique se mettait en place chez les Franciliens. Laissé seul à la pointe du dispositif, face à Fabrice Agnel, Peter Jaros (7'45") armait puis décochait un tir violent devant lequel les Vipers avaient hésité à faire obstacle de leurs corps. Complices du défenseur, Sean Roche et Gustav Elfving se congratulaient pour cette rapide égalisation. Le reste du tiers-temps donnait lieu à un regain d'énergie des Vipers qui tentaient de reprendre l'avantage, mais les tirs s'écrasaient sur un Bryce Luker bien revenu de sa bévue de début de match.

Les locaux s'en énervaient et Romain Masson (16'49") puis Marcel Simak (19'13") rejoignaient le banc des punis. Il est toujours délicat de débuter un tiers temps en infériorité, mais Fabrice Agnel était inspiré pour éviter que l'Entente ne prenne les devants.

Passé le reste de la pénalité à Marcel Simak, c'est Quentin Garcia (22'36") qui mettait le turbo sur réception d'une passe de Romain Masson, pour une incursion dont il a le secret, longer la bande, puis repiquer soudainement vers le gardien avec effacement de défenseur inclus dans le kit. Bryce Luker retournait pour la seconde fois nettoyer le fond de sa cage du palet laissé, mais son compatriote Mike Balsyk (24'07") lui rendait le sourire lorsqu'il redirigeait d'une subtile déviation le tir de Peter Jaros encore une fois servi par Sean Roche.

L'erreur venait de l'omni défenseur Peter Jaros (27'24") qui visitait la prison. Les Vipers rendaient aux Deuil-Gargeois la monnaie de leur pièce par un but dans une cage que Jérôme Catil avait vidé de son gardien. Romain Masson (28'12"), qu'avait bien décalé Joshua Boileau après avoir reçu le palet d'Alexis Billard, logeait le palet dans l'espace béant.

L'Entente haussait alors le ton et Fabrice Agnel se trouvait tout à coup au four et au moulin pour défendre de la crosse, du gant et du bouclier l'espace vital délimité par sa cage. Ce brio donnait des ailes à ses coéquipiers et l'espace temps devenait soudainement réduit, tant les vitesses d'exécution des deux équipes augmentaient.

Les Franciliens frappaient de plus en plus à la porte et Montpellier pouvait craindre le pire lorsque Joshua Boileau (39'50") devait quitter la glace pour la prison après avoir chargé un opposant qui lui tournait le dos à une poignée de secondes de la fin du tiers-temps.

Encore privés d'un homme, les Vipers entamaient le derniers tiers en infériorité. C'était le moment que choisissaient leur gardien et ses défenseurs pour tirer le rideau sur les chances laissées à l'Entente. Neuf maigres tirs allaient ponctuer le tiers temps.

Devant, pour le gardien Bryce Luker, l'air commençait à se charger d'une forte odeur de caoutchouc brûlé, celle des palets qui se multipliaient. Le gardien tenait en haleine les spectateurs de très longues minutes, repoussant tous les assauts, y compris un deux contre un qui restait sans effet. En face, sur la séquence suivante, Fabrice Agnel brisait net les espoirs de la contre-attaque.

Matthieu Hottegindre (48'11") allait mettre fin au suspens. Bien servi par Erik Piatak et Yoann Chauvière, il envoyait un boulet de canon entre les bottes du rempart francilien. Le palet passait avec une lenteur cruelle derrière la ligne rouge, donnant tout son temps à une clameur énorme de sortir des poitrines oppressées.

Un observateur averti aurait remarqué que le gardien de l'Entente était suffisamment sonné pour donner quelques chances supplémentaires aux audacieux qui se risqueraient à tenter leur chance. Justement, Erik Rosén (55'07"), que Lionel Bilbao a toujours un peu à l'oeil pour cause de velléités trop offensives, avait bravé les interdits pour se poster en angle fermé. Une passe millimétrée de Matus Hanes, qui avait reçu le palet d'Alexis Billard, donnait au jeune défenseur suédois l'occasion, d'un tir superbe de spontanéité et de puissance, de déchirer la lucarne opposée et faire se lever la patinoire.

Un grand oublié, ces temps-ci, Matus Hanes (59'39"), remis en verve par sa passe, finissait le travail de la soirée en faisant admirer sa technique pour un dernier but, avec un palet suédois de Vilhem Åman et Erik Rosén qui achevait de frustrer l'Entente.

Lionel Bilbao a reçu, pour son 37ème anniversaire, plusieurs cadeaux. Celui que lui ont fait ses joueurs fut de ne pas gâcher leurs opportunités en restant efficaces défensivement. Ils y auront ajouté la cerise sur le gâteau: deux points précieux qui lui donnent la 4ème place et l'occasion de dire "Enfin seuls...!!"

Marc Perez, responsable de la société Distorsion 10 qui anime les soirées des Vipers, pouvait reposer le micro qui lui avait souvent servi pour les appels à la collecte. Ce samedi soir, tous les Vipers avaient fourni leurs efforts, en particulier ceux dus aux victimes du séisme en Haïti. Persuadés quand même que la solidarité ne doit pas s'arrêter là...


Montpellier - Deuil-Garges 6-2 (1-1, 2-1, 3-0).
Samedi 16 janvier 2010 à 19h30 à Végapolis. 886 spectateurs.
Arbitrage de Julien Avavian assisté de Guillaume Barthe et Yannick Moreau.
Pénalités : Montpellier 12' (6', 4’, 2'), Deuil/Garges 10' (4', 2‘, 4').
Tirs : Montpellier 45 (14, 13, 18), Deuil/Garges 31 (8, 14, 9).
Évolution du score :
1-0 à 04'09" : Chauvière assisté de Hanes et Piatak
1-1 à 07'45" : Jaros assisté de Roche et Elfving (sup. num.)
2-1 à 22’36" : Garcia assisté de Masson
2-2 à 24‘07" : Baslyk assisté de Jaros et Roche
3-2 à 28'12" : Masson assisté de Boileau et Billard (sup. num.)
4-2 à 48'11" : Hanes assisté de Piatak et Chauvière
5-2 à 55'07" : Rosen assisté de Hanes et Billard
6-2 à 59'39" : Hanes assisté de Åman et Rosen