Grenoble - Mont-Blanc (Ligue Magnus, 18e journée)

Grenoble à petits pas

Après les fastes de la Coupe Continentale, les Brûleurs de Loups retrouvent la Ligue Magnus, seule compétition pour laquelle ils sont encore en lice. L'expérience européenne fut mitigée avec une seule victoire face au Yunost Minsk et deux défaites dont une peu glorieuse face aux Sheffield Steelers. Mais les Grenoblois ont pu se ressourcer dans cette compétition et oublier leurs difficultés actuelles en championnat. Il ne reste maintenant plus qu'un objectif : atteindre la quatrième place directement qualificative pour les quarts-de-finale. Il reste pour cela onze rencontres à disputer, dont quatre seulement à domicile avec celle de ce soir. Ne pas perdre des points à Pôle Sud est donc primordial.

Le Mont-Blanc pour sa part est retombé dans ses travers après une bonne série fin décembre : une déroute à Amiens (3-11) suivie d'une défaite encore plus gênante à domicile face à un rival pour le maintien, Épinal (2-4). Difficile donc d'espérer un sursaut haut-savoyard ce soir, d'autant plus que Garip Saliji et Jordan Revel sont malades et ont dû déclarer forfait. À Grenoble, un des héros de la finale continentale, Sébastien Raibon, s'est cassé un doigt à l'entraînement et ne pourra tenir sa place, laissant à Eddy Ferhi l'occasion de se relancer dans les cages iséroises.

2010-01-23-grenoble-mont-blanc1Dès le début du match, les joueurs de Christophe Lepers montrent qu'ils ne sont pas venus faire du tourisme en Isère, eux qui restent sur un cuisant 1-15 en coupe de la ligue lors de leur dernière visite à Pôle Sud à l'automne. Quentin Jacquier s'infiltre dans la défense grenobloise et obtient un face-à-face avec Eddy Ferhi qui s'impose en deux temps. Un premier arrêt décisif qui rassure le gardien grenoblois, en quête de repères après son rendez-vous manqué avec l'Europe. Ferhi répond présent en ce début de match, tout comme Buysse, testé par Alexandre Rouleau sur un slap de loin. Si les gardiens ont du travail, c'est parce que le jeu est plutôt alerte et les défenses assez laxistes en ce début de tiers.

Grenoble, guère convaincant pendant une pénalité d'Adamovics, tente d'accélérer avec des débordements successifs de Fleury et Besch mais la défense haut-savoyarde ne se laisse pas d"stabiliser. En l'espace de quarante-neuf secondes, Nilsson et Tartari se rejoignent en prison sous la pression du Mont-Blanc. Le jeu à trois en infériorité des Grenoblois est bien organisé et parvient à neutraliser les tentatives des Haut-Savoyards qui doivent se contenter de tirs lointains.

Passée cette frayeur initiale, les Brûleurs de Loups essaient de prendre le contrôle du jeu mais, à l'image de Fleury, se heurtent à un Buysse très présent. Grenoble cherche la solution à la ligne bleue avec des tentatives non cadrées de Rouleau puis Wallin. Mais les minutes passent sans que les locaux ne parviennent à faire la différence au tableau d'affichage. Mieux même, les visiteurs, qui font jeu égal avec les champions de France, s'enhardissent et n'hésitent pas à défier Eddy Ferhi sur des contre-attaques. Sur l'un d'entre elles, Josselin Besson s'échappe et tire de loin sur Ferhi qui repousse, mais le jeune Haut-Savoyard se saisit lui-même du rebond et envoie en retrait un palet que Rouleau dévie involontairement du patin dans ses propres buts (0-1, 16'48"). Un but gag qui ne fait pas les affaires des Grenoblois, déjà à la peine, mais qui vient récompenser le bel effort du Mont-Blanc durant ce premier tiers-temps.

2010-01-23-grenoble-mont-blanc2La deuxième période débute mal pour Grenoble avec un cinglage de Mitja Sivic. Deux minutes bien négociées par les Grenoblois mais du temps de perdu dans la perspective d'un retour au tableau d'affichage. De retour à cinq contre cinq, les hommes de Mats Lusth essaient de repartir à l'assaut des cages de Buysse, sous l'impulsion de Damien Fleury, toujours tranchant dans ses attaques, ou d'Alexandre Rouleau, qui multiplie les tirs lointains. Lorsque Vigier se retrouve pénalisé deux minutes pour un coup de poing sur Damien Fleury, l'occasion est belle pour Grenoble même si le jeu de puissance tarde à être installé à cause du pressing haut-savoyard en zone offensive. Finalement, les Brûleurs de Loups s'installent grâce à Jean-François Dufour qui distribue le jeu derrière la cage : il sert Jakob Milovanovic bien placé devant les buts et la reprise instantanée du Slovène ne laisse aucune chance à Buysse (1-1, 25'49"). Ce but transcende enfin les coéquipiers de Christophe Tartari qui montrent plus de conviction en attaque. Suivent cinq minutes de pression offensive constantes au cours desquelles Buysse doit jouer les pompiers de service face aux tentatives de Rouleau puis Jansson notamment. Le portier haut-savoyard remplit parfaitement son rôle et laisse ses coéquipiers dans le match.

Après la mi-match, les Grenoblois relâchent l'étreinte et le jeu s'équilibre en zone neutre avec beaucoup d'approximations. Le Mont-Blanc ne sort que rarement de sa zone défensive mais les attaques locales ne sont pas suffisamment tranchantes pour inquiéter Buysse. Ce dernier va pourtant s'incliner sur un bon tir de la bleue de Maxime Moisand, détourné au passage par Anders Nilsson qui était à l'origine de l'action en zone offensive (2-1, 34'18"). Le Suédois met fin à une longue période de disette avec ce but mais se distingue dans le mauvais sens quelques minutes plus tard en se faisant sanctionner pour la troisième fois de la rencontre. Heureusement pour lui, Ales Cerny l'avait précédé en prison et les deux équipes évoluent donc à quatre contre quatre. Le Mont-Blanc essaie de placer quelques contres en fin de tiers par Subit et Besson notamment, mais Ferhi ne tremble pas et Grenoble termine la deuxième période en tête, mais par la plus petite des marges.

Avec seulement un but d'avance, les Brûleurs de Loups n'ont aucune garantie quant à la victoire finale et attaquent le dernier tiers pied au plancher. Après une bonne circulation du palet en zone offensive, Nilsson centre au second poteau pour Sivic qui reprend à bout portant mais Buysse avait bien lu le jeu grenoblois. Face au forcing grenoblois, Buysse, parfaitement positionné, ferme les angles. De l'autre côté de la glace, les attaquants haut-savoyards ne sont pas inactifs avec notamment un contre de Josselin Besson qui se conclut par un tir sur le poteau des cages d'Eddy Ferhi. La menace d'une égalisation plane toujours sur les têtes grenobloises d'autant que Rouleau se fait sanctionner quelques secondes plus tard pour une obstruction. Mais le jeu de puissance du Mont-Blanc a toujours autant de difficultés à se montrer efficace, Ferhi devant seulement se montrer vigilant sur des tirs lointains.

2010-01-23-grenoble-mont-blanc3Les Grenoblois multiplient les occasions ratées devant la cage : coup sur coup, Jansson rate son lancer et Manavian, pourtant très bien placé, manque complètement sa reprise. Même un surnombre haut-savoyard, censé permettre aux Grenoblois d'enfoncer le clou, n'a pas l'effet escompté, tant ils sont maladroits ce soir. Buysse, dans un grand jour, fait le reste pour décourager les attaquants isérois à l'image d'un arrêt décisif face à Fleury à bout portant. Quelques minutes plus tard, Papa, servi idéalement par Baylacq, manque cruellement d'imagination face à Buysse qui ne se compromet pas et fait facilement l'arrêt.

Le Mont-Blanc arrive dans les ultimes minutes du match avec l'espoir d'arracher la prolongation. Dufour, sur un bon débordement, manque complètement le cadre, et il faut attendre finalement un pénalité de Ballet, sanctionné pour une crosse haute sur Milovanovic pour libérer complètement les Grenoblois. Malgré ce coup du sort, Christopher Lepers sort quand même Buysse pour jouer à égalité numérique, une décision qui se paye cash puisque cinq secondes plus tard, Manavian récupère le palet, le sort proprement de sa zone défensive et transmet à Sivic qui expédie la rondelle dans la cage vide, parachevant le succès grenoblois (3-1, 59'04").

Le Mont-Blanc a offert une belle résistance ce soir à Pôle Sud, rien à voir avec la déculottée enregistrée quelques mois plus tôt en coupe de la Ligue. Une prestation qui reflète bien les progrès de cette équipe qui aurait mérité de repartir avec un point ce soir, compte tenu des efforts fournis, notamment en défense, et la combativité déployée. Certes, la maladresse des attaquants grenoblois a permis au Mont-Blanc de rester au contact pendant tout le match mais Henri-Corentin Buysse a réalisé un excellent match, permettant à son équipe d'espérer la prolongation. Devant, on retiendra la débauche d'énergie des jeunes Besson ou Jacquier alors que la première ligne manquait d'efficacité. L'absence de Saliji s'est également fait sentir dans le jeu de puissance et dans la concrétisation des actions. Le Mont-Blanc n'a donc pas à rougir de cette courte défaite et peut légitimement espérer d'autres bons résultats d'ici la fin de saison.

Du côté grenoblois, la victoire est certes au rendez-vous, mais pour la manière, il faudra repasser. Les Brûleurs de Loups ont affiché de grosses difficultés dans la construction du jeu, ne parvenant pas à accélérer suffisamment pour mettre hors de position la défense des visiteurs. Après avoir laborieusement pris l'avantage au score au bout de trente-quatre minutes de jeu, ils se sont englués dans un match par moments soporifique, restant sans arrêt à la portée de leurs adversaires et sous la menace réelle d'une prolongation. Au delà de la poussivité affichée, les Grenoblois ont aussi collectionné les occasions manquées, se heurtant certes au talent de Buysse mais en réalisant un nombre incalculable de tirs non cadrés. Enfin un constat s'impose : seule la ligne de Fleury, encore virevoltant ce soir, est capable de créer constamment le danger, la première ligne étant une réelle déception dans le jeu produit et les pénalités accumulées à l'image de Nilsson, buteur mais pénalisé à trois reprises ce soir. Quant à celle "des jeunes", elle manque totalement d'efficacité à l'image d'un Papa décevant.

Finalement, la seule satisfaction ce soir fut la défense, avec un Ferhi solide et malchanceux sur le but encaissé, Milovanovic, buteur et très actif dans sa zone, et Moisand qui s'impose progressivement dans ce groupe en prenant de plus en plus d'initiatives. Les deux points gagnés ce soir permettent à Grenoble de rester en course pour la quatrième place avant une semaine décisive qui les verra se déplacer successivement à Épinal pour un match en retard et à Amiens pour un match décisif face à un adversaire direct. Il faudra pour cela qu'hors de leurs bases, les Brûleurs de Loups parviennent à hisser leur niveau de jeu.

Désignés meilleurs joueurs du match : Maxime Moisand (Grenoble) et Henri-Corentin Buysse (Mont-Blanc)

 (photos www.hockey-passion.com)

Commentaire d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Maxime Moisand (défenseur de Grenoble) : "Ce fut poussif. Mais il est toujours délicat de jouer contre des formations regroupées en défense, qui attendent les contres. Ce sont des situations où tout peut basculer très vite. Nous avons quand même manqué de réalisme. Mais nous étions un cran au-dessus, et surtout la victoire est là. C'est l'essentiel."

 

Grenoble - Mont-Blanc 3-1 (0-1, 2-0, 1-0)
Samedi 23 janvier à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Gildas Fontaine et Joffrey Barcelo.
Pénalités : Grenoble 12' (6', 4', 2'), Mont-Blanc 14' (4', 4', 6').
Évolution du score :
0-1 à 16'48" : Besson assisté de Payraud et Vigier
1-1 à 25'49" : Milovanovic assisté de Dufour et Fleury (sup. num.)
2-1 à 34'18" : Nilsson assisté de Moisand et Sivic
3-1 à 59'04" : Sivic assisté de Manavian (sup. num., cage vide)

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Viktor Wallin - Maxime Moisand ; Alexandre Rouleau (A) - Jakob Milovanovic ; Antonin Manavian - Nicolas Besch.

Attaquants : Mitja Sivic - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Julien Baylacq - Raphaël Papa - Nicolas Arrossamena.

Remplaçants : Anthony Koren (G), Elie Raibon, Jason Crossman, Loup Benoît. Absents : Ludek Broz (lombalgie), Sébastien Raibon (doigt cassé).

Mont-Blanc

Gardien : Henri-Corentin Buysse (sorti de 58'59" à 59'04").

Défenseurs : Francis Ballet (A) - Arthur Cocar ; Ales Cerny - Alexandre Gagnon ; Antoine Vigier - Edgars Adamovics.

Attaquants : Sylvain Nicoud - Etienne Croz - Sébastien Subit (A) ; Andrej Rajcak - Romain Orset - Quentin Jacquier ; Julien Payraud - Thierry Nicoud (C) - Josselin Besson.

Remplaçants : Luc Saccomano (G), Arthur Coulon, Sébastien Borini. Absents : Garip Saliji (gastro-entérite), Jordan Revel (gastro-entérite).