Lugano donne sa chance à Bozon

Philippe Bozon avait depuis longtemps fait connaître son souhait de voir un club suisse lui donner sa première chance comme entraîneur-chef au niveau senior. Si l'on y réfléchit, dans les deux clubs qu'il avait profondément marqué en tant que joueur, une place était logiquement indisponible (celle du coach-proprio McSorley à Genève), il restait donc Lugano, où l'opportunité s'est conclue ce soir.

Le club tessinois fait une grande consommation d'entraîneurs, et le dernier en date est Kenta Johansson, viré lundi dernier après cinq défaites consécutives. Mais le cas "Kenta" le prouve : avoir été un grand joueur de l'histoire du club ne garantit en rien le succès comme coach. Bozon remet donc en jeu, en quelque sorte, son immense popularité à la Resega. Un nouveau défi après une première mission qui s'est mal terminée avec l'équipe de France des moins de 20 ans, reléguée en division II mondiale en décembre à Saint-Gervais et Megève.

Le week-end dernier, dans une interview au Corriere del Ticino, Kenta Johansson dressait le constat suivant : "Ces garçons doivent être fiers de porter le maillot bianconero. Je l'étais en tant que joueur et je le suis en tant qu'entraîneur. Ils doivent comprendre qu'un sportif professionnel a une vie privilégiée et qu'il y a beaucoup de gens qui se lèvent à cinq heures du matin pour travailler toute la journée en usine avec trois semaines de vacances par an. Pendant ces mois passés à Lugano, j'ai compris pourquoi ce club a recueilli peu de résultats ces dernières saisons. Il manque ce caractère nécessaire pour atteindre un rendement constant synonyme de résultats."

Ce discours, Bozon pourrait facilement le faire sien. En amour du maillot comme en caractère, il en connaît un rayon. Assez pour réussir à communiquer cet état d'esprit à ses joueurs, ce que le Suédois n'arrivait apparemment plus à faire ? Le communiqué du club loue en lui un "personnage charismatique" capable de "rallumer le feu sacré".