Épinal - Dijon (Ligue Magnus, 19e journée)

Plus dure est la (re)chute !Mazerolle-Mille

Plus qu'un derby, chaque confrontation du genre est un véritable "clasico". Mais si l'enjeu tue parfois le jeu entre Dijonnais et Spinaliens, la précarité de leurs positions respectives au classement interdit toute forme de calcul. Les points pris ce soir ne seront plus à prendre dans les semaines à venir...

Grâce aux provisions amassées durant l'automne, les Ducs ont pu rester dans la bonne moitié malgré les défaites qui se sont accumulées depuis la fin octobre. S'ils sont rentrés dans le rang après des débuts "fracassants", ils n'ont maintenant plus que cinq points d'avance sur leur hôte vosgien, qui lorgne toujours sur la dixième place. Des Dauphins soucieux d'engranger avant ce terrible mois de février, où suivront les réceptions d'Angers et Rouen entrecoupées de périlleux déplacements à Grenoble, Villard-de-Lans, Morzine-Avoriaz et Chamonix...

Difficile de faire plus imprévisible que ce Dijon-là, pas toujours à la hauteur de son potentiel et désormais en quête de rachat après sa dernière débâcle gapençaise (0-5). Un sursaut d'orgueil est donc attendu mais l'équipe au chevalier, ce soir, ne vient pas avec une cote en or...

Gaffes, bévues et boulettes

Reste que le "Maric's band", sur un match, est capable de tout, d'autant que la configuration des lieux (avec cette petite glace) pourrait bien l'avantager. Pourtant, les "jaune et bleus" sont vite refroidis par l'ouverture du score rapide des locaux, en supériorité numérique sur un rebond gagnant de Karlsson (1-0 à 01'44"). Le ton du match est donné, il sera haché... mais surtout plombé, côté spinalien, par d'incroyables erreurs individuelles. Boulettes, tuiles, maladresses, tout est bon pour qualifier ces bourdes lourdes de conséquence face à un adversaire sans génie et lui aussi diminué par les forfaits de Stephen Dugas et Miroslav Kristin.

Si celle du Slovaque peut paraître anecdotique compte tenu de ses dernières performances, celle de Dugas "annule" en revanche l'absence de Chassard, un autre ailier au profil très similaire. Mais, plus que tout, elle prive Luc Mazerolle et Matt Reynolds de leur meilleur associé puisque cette entente a supplanté une première ligne devenue improductive (Kristin et Guttig n'étant plus que l'ombre d'eux-mêmes). Buteur opportuniste par excellence, Mazerolle trouvera l'ouverture sur la déviation (1-2 à 12'21") d'un tir de son compatriote Reynolds, un joker qui va toujours "droit au but".LezoAnton

Pas de lézard... y a Lezo !

Les "téméraires" qui ont bravé la neige pour se déplacer sur l'ancien parking de Poissompré vont subir une véritable avalanche de pénalités. Et à ce petit jeu, y a pas de lézard... mais il y a Lezo. Le vétéran, décisif à l'aller, égalise en supériorité numérique (1-1 à 08'58") avant de doubler sa mise en se jouant d'un Tojkander mal placé (1-3 à 26'07"). Du coup, la valse des gardiens reprend avec Stan Petrik...

Florian Hardy, de son côté, n'est pas en "mode international" ce soir, lui qui reste sur deux excellentes performances avec l'équipe de France en décembre dernier. À l'instar de Pain et Quessandier, il sera du voyage en Vénétie dans quinze jours, pour le tournoi d'Asiago.

Preuve s'il en est de l'influence "prépondérante" d'Anton Lezo sur les débats, Erwan Agostini réduit le score lorsque le Slovaque est à l'ombre pour deux minutes (2-3 à 29'47"). La course-poursuite peut alors commencer. Dommage qu'elle soit freinée par Fabien Leroy, l'incarnation humaine de la relance dans l'axe mal assurée et du geste superflu. L'ex-Amiénois, de constitution très robuste, a vu sa saison gangrenée par les suspensions. Ce soir, mieux valait qu'il le soit, suspendu. Cela aurait en tout cas évité à Nicolas Ritz de profiter d'un de ses moments d'égarement (2-4 à 32'44"). Épinal perd doucement le nord...

Mais c'est sans compter sur la ténacité de Jan Plch (tir puissant, 3-4 à 33'41") et l'opportunisme de Michal Petrak, qui convertit son break-away (4-4 à 39'42"). Les deux Slaves ramènent leurs couleurs à hauteur avant d'entamer la dernière ligne droite. Jussi Haapasaari remet ça au retour des vestiaires, toujours en infériorité numérique, un domaine où brille Michal Petrak ce soir (5-4 à 41'07"). Les "bleu et rose" pensent tenir le bon bout. Sauf que trois nouveaux cadeaux de la défense vont faire pencher la balance...

De nouvelles erreurs impardonnables qui ont mis Santino Pellegrino dans tous ses états. Si Benoît Quessandier est fustigé pour son indiscipline récurrente (même si, ce soir, il n'a écopé d'aucune pénalité), si Peter Slovak n'a plus grand chose d'un leader défensif, Fabien Leroy, pour sa part, doit endosser une part de responsabilités dans cette défaite peu reluisante. Et surtout très inquiétante. Car l'étonnant succès du Mont-Blanc sur Angers (5-3) rappelle qu'il faudra encore regarder vers le bas...

Here comes the "Pain"

Fébrile devant l'inévitable Anton Lezo (5-5 à 43'14"), Petrik pliait à nouveau devant Pain (5-6 à 48'10"). Ce dernier profitant de la vivacité habituelle d'Arnaud Hascoët, le plus petit joueur de Ligue Magnus (1,65 m sous la toise)... mais assurément pas le moins talentueux. Cette fois la messe est dite et Gillet, l'un des trois ex-Spinaliens de la bande (avec Mazerolle et Strapaty) profite d'une dernière "assist" de Fabien Leroy pour leur mettre une "veste" (5-7 à 55'05"). Ce soir encore, ça n'a pas volé très haut...

Épinal a "Dijon-cté"

En jouant de la sorte, l'ICE s'est proprement sabordée. Sans fond de jeu et sans rigueur digne de ce nom difficile, dans ces conditions d'espérer quoique ce soit. À commencer par une bonne fin de saison... même si Santino Pellegrino hausse le ton. Car les Dauphins mériteraient un bon "savon". C'est qu'ils filent désormais un mauvais coton et quelque chose, en eux, ne tourne plus rond... Quant aux prochaines échéances (à commencer par Grenoble mardi), elles n'incitent pas spécialement à l'optimisme à moins, bien sûr, de tenir une forme "olympique"...

Les Bourguignons, eux, apprécient d'autant plus cette victoire que Strasbourg et Chamonix, leurs poursuivants directs, l'ont emporté. Respectivement devant Gap (3-1) et Villard-de-Lans (4-2). C'est dire si ce succès tombe à pic pour Daniel Maric et ses hommes, qui pourront remercier l'hospitalité de leur hôte d'un soir...

 

Épinal - Dijon 5-7 (1-2, 3-2, 1-3)
Vendredi 29 janvier à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 150 spectateurs environ.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Matthieu Loos et Jérémy Rauline.
Pénalités : 18' (12', 4', 2') contre Épinal ; 30' (4', 10', 16') contre Dijon.

Évolution du score :
1-0 à 01'44" : Karlsson assisté de Simko et Plch (sup. num.)
1-1 à 08'58" : Lezo assisté de Mille (sup. num.)
1-2 à 12'21" : Mazerolle assisté de Reynolds et Nurminen
1-3 à 26'07" : Lezo
2-3 à 29'47" : Agostini assisté d'Haapasaari (sup. num.)
2-4 à 32'44" : Ritz
3-4 à 33'41" : Plch (sup. num.)
4-4 à 39'42" : Petrak (inf. num.)
5-4 à 41'07" : Haapasaari assisté de Petrak (inf. num.)
5-5 à 43'14" : Lezo assisté de Pain et Gillet (sup. num.)
5-6 à 48'10" : Pain assisté d'Hascoët et Lezo
5-7 à 55'05" : Gillet (inf. num.)

 

Épinal 

Gardiens : Henrik Tojkander puis Stanislav Petrik à 26'07".

Défenseurs : Fabien Leroy ; Peter Slovak ; Jan Hagelberg ; Benoît Quessandier, Niko Mäntylä ; Lionel Simon.

Attaquants : Guillaume Papelier (A) - Tomi Karlsson - Jan Plch (C) ; Jan Simko - Michal Petrak (A) - Jussi Haapasaari ; Nathan Ganz - Erwan Agostini - Kévin Benchabane.

Remplaçant : Yvan Charpentier. Absents : Guillaume Chassard (épaule luxée), Tarik Chipaux (entorse du genou), Anthony Rapenne (saison terminée).

Dijon

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Pavol Resetka - Aymeric Gillet ; Matthieu Mille - Aki Nurminen ; Jesse Lustberg - Peter Strapaty.

Attaquants : Thomas Decock - Luc Mazerolle - Matthew Reynolds ; Anton Lezo - Erwan Pain - Arnaud Hascoët ; Nicolas Ritz - Anthony Guttig - Mathieu Séguy.

Remplaçant : Andy Foliot (G). Absents : Stephen Dugas, Miroslav Kristin (lombalgie).