Reims - Avignon (Division 1, 19e journée)

Après leur défaite honorable le week-end dernier face aux leaders caennais, les Phénix passaient à un match d’une toute autre importance, avec la réception à Bocquaine d’Avignon, candidat lui aussi dans la course au top 8. A huit journées du terme de la saison régulière, les points valent cher et la mobilisation générale était donc de mise chez les hommes de François Dusseau, face à des Castors en recherche de points.

Dès le début de match, on assistait à un round d’observation et peu de danger parvenait à se créer de chaque côté. Avignon paraissait un peu plus libéré que les locaux et obtenait ainsi la première supériorité du match (02’13). A l’aller, les Castors avaient construit leur succès sur un jeu de puissance performant (cinq buts), mais cette fois-ci la défense rémoise serrait parfaitement les boulons. A la 6ème, sur une nouvelle supériorité, les gros canons avignonnais restaient muets, la défensive ne leur laissant que peu d’espace pour s’exprimer.

Bien mis en jambe par ces deux infériorités, les Rémois se lançaient à l’assaut des cages de Scanff. Le duo Cahill/Rehor causait des misères à l’arrière-garde des Castors, toutefois le virevoltant Américain ne trouvait pas la faille. Les Phénix bourdonnaient de plus en plus autour des buts adverses et Avignon était contraint à son tour de jouer en infériorité (07’06). Les hommes de François Dusseau se retrouvaient même en double avantage une minute plus tard, mais Scanff restait toujours aussi infranchissable. Malgré cet échec, la domination rémoise continuait de plus belle. Il manquait toujours un petit quelque chose aux Phénix pour ouvrir la marque, comme à la 11ème où Savoie adressait un astucieux centre dans le slot pour la déviation de Vrielynck, mais Scanff était encore une fois à la parade. Quelques instants plus tard, Valier fixait le cerbère des Castors et servait Rouillard esseulé au deuxième poteau, sauf que le palet se révélait capricieux au moment de la conclusion.

En dépit de plusieurs grosses occasions rémoises, le score restait toujours vierge. Les Phénix restaient toutefois sur leur garde, Kubis se chargeant de faire obstacle aux Castors toujours aussi dangereux, pour preuve cet arrêt mitaine sur une reprise de volée de Couturier. La chance venait aussi à l’aide du Tchèque, quand à la 14ème Fazende exploitait une relance hasardeuse des Phénix, pour expédier un slap puissant qui, heureusement pour Reims, trouvait sur sa route le montant gauche. Cette piqûre de rappel montrait que les Castors pouvaient se montrer opportunistes et démontraient à Reims la nécessité de continuer à être rigoureux, s’il voulait un résultat positif. Le tiers s’achevait sur ce score de parité entre les deux formations, Reims cherchant toujours la solution à l’énigme Scanff.

A la reprise, les débats reprenaient sur la même partition, mais petit à petit, le rythme baissait, ce qui n’était pas pour déplaire aux Castors. Ce faux rythme leur permettait de tenir et d’attendre patiemment l’occasion pour prendre les devants. Et à la 26ème, Avignon allait bénéficier d’un peu de réussite, quand après un tir anodin de Lauzon après engagement, le palet ricochait sur Kaisjoki et surprenait Kubis (0-1, 25’58). Ce but avait surpris un peu tout le monde, y compris les hôtes, mais ces derniers se retrouvaient bel et bien aux commandes de la partie.

Toutefois, les Castors restaient un brin nerveux et se faisaient sanctionner d’un banc mineur une minute plus tard. Les gros canons rémois entraient en scène et sautaient sur l’occasion pour remettre les compteurs à égalité. Après un jeu à deux avec Cahill, Rehor servait à la bleue son compatriote Prochazka qui délivrait un slap précis, sur lequel Scanff, masqué au départ, s’inclinait (1-1, 27’35). La machine rémoise semblait enfin lancée, Avignon le sentait aussi et tentait de briser le rythme du match en multipliant les accrochages. Les Castors se montraient plus malins et Reims en faisait hélas les frais, ce qui l'amenait à se retrouver en infériorité comme à la 28ème suite à un meeting quelque peu tendu entre Martin-Whalen et un défenseur des Castors.

La brigade défensive rémoise venait en aide à son coéquipier et tenait parfaitement la baraque à un homme de moins. Au sortir de la prison, Kubis se connectait par une longue relance avec son capitaine, laissé libre de tout marquage et celui-ci ne ratait pas l’occasion de faire passer Reims en tête, en concluant son break d’un revers sur la droite de Scanff (2-1, 32’36). L’embellie ne s’arrêtait pas là pour les Phénix. Deux minutes plus tard, suite à un engagement gagné par Savoie en zone offensive, Martin-Whalen servait Vesely, dont le tir de la bleue transperçait une troisième fois la muraille Scanff (3-1, 34’53).

Seulement l’euphorie rémoise était freinée en fin de tiers, par deux pénalités, mais Kubis préservait l’avance des siens, faisait notamment le show avec sa mitaine, comme sur une reprise de volée d’Hennebert. Les Phénix tenaient le score en l’état jusqu’à la sirène et rentraient au vestiaire avec un précieux avantage au tableau d’affichage.

A la reprise du jeu, les locaux s’attelaient à tuer un restant de pénalité. Bien regroupé autour d’un solide Kubis, Reims passait cette infériorité sans encombre et pouvait repartir de l’avant. La fatigue ainsi que la nervosité commençaient à se faire sentir chez les Castors et le corps arbitral les sanctionnait à ce titre autour de la 47ème. Seulement, à trop se porter vers l’avant pour faire le break, les Rémois en oubliaient le rusé Lauzon, qui s’en allait défier en break Kubis et ramenait les siens à une longueur (3-2, 49’13).

Galvanisé par ce but, Avignon semblait retrouver son second souffle et Kumeliauskas après un slalom était tout près d’égaliser sans un arrêt de grande classe de Kubis. Les débats restaient toujours aussi indécis, d’où une certaine nervosité. Avignon en faisait cette fois-ci les frais, mais les gros canons rémois n’en profitaient pas pour se donner de l’air à la marque. Les pénalités hachaient la fin de match et la décision avait du mal à se faire dans un sens comme dans l’autre. Avignon jouait son va-tout dans les derniers instants pour arracher une éventuelle prolongation. Acculé dans sa zone, Reims pouvait compter toutefois sur un Kubis de gala, qui s’interposait au devant des tentatives de Bernier ou encore Couturier.

Les minutes s’égrenaient et les Rémois tenaient toujours le bon bout. Avignon avait un dernier espoir avec un engagement en zone d’attaque à 12 secondes du buzzer, mais Cahill se chargeait d’ôter tout espoir aux Castors. La sirène retentissait, les Phénix et leurs partisans pouvaient savourer une précieuse victoire, somme toute logique au vu du match. Avec deux précieux points de glaner contre un adversaire direct, Reims a rempli une partie de ses objectifs. Ce succès lui permet aussi de conforter sa présence dans la première moitié du classement, avant un déplacement tout aussi important lors de la prochaine journée à Cergy.

Meilleur joueur à Reims : Filip Prochazka
Meilleur joueur à Avignon : Johan Scanff.


Reims - Avignon 3-2 (0-0, 3-1, 0-1).
Samedi 30 janvier 2010 à 20h00 à Bocquaine. 618 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Peronnin assisté de Nicolas Cregut et Valentin Bury.
Pénalités : Reims 40' (6', 8'+10', 6'+10'), Avignon 26' (6', 4', 6'+10').
Évolution du score :
0-1 à 25'58" : Lauzon
1-1 à 27’35" : Prochazka (sup. num.)
2-1 à 32‘36" : Martin-Whalen assisté de Kubis
3-1 à 34’53" : Vesely assisté de Martin-Whalen et Savoie
3-2 à 49‘13" : Lauzon assisté de Brakss