Bordeaux - Toulouse-Blagnac (Espoirs Excellence, zone ouest)

Un trio... majeur !

Rien de tel un dimanche midi que d'aller voir un petit match espoirs. D'autant plus que les Bordelais sont dans une situation qui ne leur laisse plus de doit à l'erreur. La déroute subie en décembre à Angers (11-1) les oblige à une victoire face aux Toulousains. Il faut dire, qu'en plus, ce derby de la Garonne reste le dernier match "facile" dans le parcours des Boxers. Facile dans le sens où Toulouse squatte la dernière place du classement, à égalité avec Nantes, avec zéro point inscrits. Autant dire que la victoire est impérative pour les Bordelais qui devront ensuite rencontrer les autres prétendants à l'une des deux premières places, qualificatives pour les demi-finales nationale. En face, Toulouse ne se présente pas en victime expiatoire mais doit déjà faire face à l'absence de l'un de leurs meilleurs éléments, Maxime Faup. Il ne se présente d'ailleurs qu'avec un seul gardien, le revenant Pierre Mauffrey qui a pris la place du duo Labonne / Pujol-Amado. Si les Boxers ne sont pas au complet, ils peuvent néanmoins compter sur trois blocs complets et l'apport de Nicolas Mariage, libre en ce dimanche.

2010-01-24-bordeaux-toulouse-EspoirsDu mal au démarrage

Comme souvent, les jeunes Bordelais ont du mal à l'allumage : les passes sont encore imprécises, mais le schéma tactique est lui bien en place, ce qui leur permet de prendre leurs marques sans craindre de se faire contrer. D'ailleurs, dès l'entame, l'essentiel du jeu toulousain semble reposer sur les épaules de Jérémy Pradel. Cet attaquant est le premier à tenter quelques lancers qu'Arthur Ramonatxo capte sans problèmes. C'est au moment où les Boxers trouvent enfin leur rythme que Cyril Lambert est envoyé en prison pour un coup de genou. L'infériorité est bien gérée par les locaux de même que celle subie par les visiteurs quelques minutes plus tard suite à un accrocher de Kévin Codevelle. Il faut dire que pour le moment, il n'y a pas d'actions bien tranchantes. Il faut attendre la neuvième minute pour voir Lestrade enter de trouver Alex Duel au second poteau, mais ce dernier rate sa reprise alors que Ramonatxo semblait un poil en retard sur le coup. Les Bordelais réagissent aussitôt par un tour de cage de Mariage qui finit coincé sous la jambière de Mauffrey. Les actions commencent à être plus nombreuses : Pradel pour Toulouse tente sa chance de loin, alors que la reprise du poignet de Thomas Ramonatxo, suite à un joli travail derrière la cage de Léonard Schue, n'est pas assez puissante pour surprendre le portier visiteur.

Pradel est de nouveau à l'origine de l'action toulousaine suivante. Parti en break, son tir est joliment stoppé par Ramonatxo. Solinas a bien suivi mais comme il n'y a pas de rebond, il cingle la mitaine du portier bordelais, ce qu'Adrien Baccot punit immédiatement par quelques aimables baffounettes qui le font aller en prison. Une fois de plus, l'unité spéciale d'infériorité fait bien son boulot et, une fois revenus à cinq, les Bordelais trouvent enfin l'ouverture. Poigt récupère dans sa zone et lance Schue, seul dans la neutre. Ce dernier se lance droit à l'assaut des buts de Mauffrey et d'un rapide tir dans la lucarne ouvre le score (1-0, 14'40"). Une ouverture du score logique mais qui permet quand même de souffler un peu. Les Toulousains auront bien l'occasion de revenir rapidement : Pradel lance Duel qui préfère tenter sa chance de loin et excentré plutôt que de remettre à son coéquipier, isolé au second poteau. Du coup, les Bordelais assoient un peu plus leur domination en cette fin de période. Moreau manque son break. Peu après, Schue, sur le côté gauche, effectue une passe dans le dos, style "kayakiste", et envoie le palet devant la cage de Mauffrey ; si Mariage plein axe est trop court, Thomas Ramonatxo est présent au second poteau pour mettre le palet dans la cage grande ouverte, permettant ainsi aux locaux d'atteindre la pause avec deux buts d'avance (2-0, 19'12").

Cette première respiration est atteinte avec une bonne partie du travail d'effectué. Les trois lignes bordelaises ont bien tourné, se créant tour à tour des occasions. L'homogénéité bordelaise contraste avec l'individualisme toulousain. Les quelques actions ont souvent été gachées par un manque d'altruisme et très vite les Bordelais ont concentré leurs efforts défensifs sur Jérémy Pradel. Celui-ci est en effet omniprésent, cumulant les shifts, créant les bons décalages, accélérant aux bons moments, n'hésitant pas à revenir chercher le palet à l'arrière, mais il est, pour le moment, trop isolé pour faire la différence à lui seul.

2010-01-24-Bordeaux-Toulouse-Espoirs-002Léo, le petit bout de Schue !

Deux buts d'avance, c'est bien, mais ça ne permet pas de se reposer sur ses lauriers. Par conséquent, les Bordelais attaquent la deuxième période pied au plancher ! Cyril Lambert déboule sur le côté droit et centre mais la reprise de Mariage est déviée au dernier moment. La seconde banderille sera la bonne : Léonard Schue, intenable, chipe le palet dans la neutre et s'en va crucifier Mauffrey (3-0, 22'01").

Une minute plus tard, Cyril Lambert est encore envoyé en prison pour dureté pour avoir corrigé Codevelle qui l'aurait chargé avec le coude devant. Une fois de plus, la tactique bordelaise laisse les Bélougas tourner sans trouver de position dangereuse. Pourtant, quelques secondes après la fin de la pénalité, Pradel, planté côté gauche, trouve Lestrade, seul dans le slot, qui trompe Ramonatxo (3-1, 25'22"). Voilà les visiteurs relancés dans la rencontre ! Ils sont d'ailleurs bien aidés par leurs adversaires qui se font encore prendre par la patrouille sur une obstruction de Romain Coste. Comme d'habitude, c'est Pradel qui se charge de se procurer l'action la plus dangereuse, en solo, lorsque son slalom dans la défense se conclut par un tir délicatement détourné par le gardien bordelais. Mais une fois de plus, les deux minutes s'écoulent sans voir de but. C'est même Bordeaux qui se crée la meilleure occasion : Lambert, derrière la cage, trouve Moreau dont la reprise manque de puissance pour marquer.

Ce n'est que partie remise. Car ce sont les Toulousains qui doivent jouer à un de moins quand Etienne Rutily prend deux minutes pour une charge incorrecte sur Schue. Lambert et Mariage s'échangent le palet à la bleue, ce dernier prend l'initiative et déclenche son tir. Ramonatxo planté, et c'est le cas de le dire, devant le but, dévie la rondelle de la palette pour accroître l'avantage (4-1, 29'22").

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Passé la mi-match se produit un évènement pas si fréquent : Thomas Ramonatxo se retrouve au sol ! Bon, ok, Rémi Doroginsky se prend deux minutes pour faire trébucher mais il a réalisé un petit exploit néanmoins. Rappelons que le jeune Thomas est un petit gabarit d'1m92 pour 92 kgs ! Ce que l'on appelle dans le jargon sportif "un beau bébé". En plus, il sait s'en servir, le bougre. Plus tôt dans le match, il avait déjà réalisé une belle performance en mettant au sol trois Toulousains qui avaient tenté de le charger consécutivement. Mais il a déjà fait mieux : l'an passé lors de la demi-finale du championnat de France Espoirs Excellence, il avait réussi à accumuler 13 charges en un seul tiers-temps contre Clermont ! Et que dire du match du lendemain, où un jeune Caennais, Niels Ogier, lui aussi doté d'un honnête gabarit (1m91, 84kgs) avait tenté de lui rentrer dedans de toute ses forces alors que Thomas arrivé lancé ! Erreur fatale… Le résultat fut sans appel : le Drakkar a pris un gros bouchon, finissant les quatre fers en l'air et le casque deux mètres plus loin !

La parenthèse Ramonatxo refermée, le match reprend son cours et, alors qu'ils sont en supériorité, les Bordelais manquent de se faire surprendre Jérémy Pradel profitant d'une erreur de Florent Parade (un autre "petit" gabarit d'ailleurs) pour se présenter seul face à l'autre Ramonatxo, Arthur, qui stoppe magnifiquement la rondelle. Une fois cette frayeur passée, les Boxers s'installent de nouveau dans la zone adverse. Romain Coste s'avance et passe à Mariage, devant le but adverse, qui penche sa palette suffisamment pour lever le puck dans les filets de Mauffrey (5-1, 32'50").

La suite du tiers n'est guère passionnante : Bordeaux a la mainmise sur la rondelle et en face, Pradel commence à s'essouffler… Pourtant, les Boxers offrent une occasion de revenir aux Bélougas. Lors d'un changement de ligne raté, le banc se rend compte qu'il n'y a que quatre Bordelais sur la glace. Seulement, dans ce cas-là, quand deux joueurs s'en rendent compte en même temps et se jettent spontanément sur la glace, cela donne un surnombre… Mais le jeu de puissance toulousain n'est toujours pas au point et les deux minutes s'égrènent sans que l'on ait l'impression que les Boxers soient numériquement en infériorité… Ils auraient même pu aggraver la marque mais lorsque Mariage glisse la rondelle au fond sur une passe de Moreau, le buzzer a déjà retenti.

Le Bon, la Brute et le Truand ?

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Le troisième tiers sera finalement à sens unique. L'opposition des visiteurs n'était jusque là pas très forte, mais on baisse encore d'intensité. Ils parviennent pourtant à marquer, peu avant la mi-tiers. Bien servi par l'inévitable Pradel, Quentin Botella s'avance pour tromper le gardien local. Il faut dire qu'à ce moment-là, les Bordelais étaient très légèrement pénalisés. Tout commence quand Pradel, encore et toujours, parvient à s'infiltrer dans la défense bordelaise, il tire mais Ramonatxo repousse. Seulement, ne sachant pas où est le palet, il préfère se coucher, mais à côté de la rondelle. Un joueur toulousain se précipite mais Parade, dans l'urgence, le charge durement pour éloigner le danger. Et c'est à ce moment-là que Monsieur Barthe, arbitre de son état, décide d'organiser une expérience scientifique dans l'enceinte de Mériadeck. Sans doute s'interroge-t-il sur la solidité du banc de la prison et décide d'y envoyer quatre joueurs d'un coup ! Parade prend donc un 2'+10' logique, ce qui oblige Kévin Lopez à venir jouer le substitut ; on y rajoute David Castaings qui a joué à "poussons-nous-pendant-cinq-plombes-comme-dans-la-cour-du-collège" et Louis Moreau auteur d'un cinglage... Voilà, l'expérience est en place, cinq joueurs sont sur le banc (car Ugo Jaffeux y était déjà), la balance annonce un cumul de 391 kilos et oui, oui, le banc tient le coup ! Merci Monsieur Barthe d'avoir rassuré tout le monde sur la solidité du matériel de Mériadeck ! L'expérience s'étale dans le temps puisqu'une fois Jaffeux sorti c'est Ly-Jimenez qui va s'y coller pour pallier un nouveau surnombre bordelais.

Les locaux accumulent donc les pénalités, mais ils trouvent quand même le moyen de se montrer dangereux. Romain Coste s'infiltre, fait une passe dans le dos, version "kayakiste" comme Schue au premier tiers (ce qui nous démontre donc qu'à Bordeaux le kayak est biplace) pour une reprise instantanée de Castaings dont le palet finit à ras du poteau de Mauffrey (6-2, 54'27"). Tout juste le corps arbitral a-t-il le temps de siffler un troisième surnombre (sic) aux Boxers que Nicolas Mariage conclut le score. Et pas n'importe comment ! Non, il a marqué "à la Mariage", le grand classique du genre, un chef d'œuvre ! Réception de passe à la neutre, débordement côté gauche, repiquage au centre, ligne de but longée en attendant (avec le pied droit relevé bien sûr) que le gardien se couche. Même si Mauffrey est patient, il finit par se coucher et à ce moment-là, Mariage lève le palet pour inscrire un but comme il les aime, une situation qui semblait lui échapper depuis trop longtemps !

Avec cet ultime but, le trio de la deuxième ligne se retrouve avec un doublé chacun ! Schue, Ramonatxo, Mariage, le Bon, la Brute et le Truand, voilà un joli trio qui a montré de très belles dispositions, ce qui n'aura pas échappé aux yeux avertis de l'entraîneur de l'équipe de D1. Avec ce succès, les Bordelais restent en course pour une qualification nationale tandis que les Bélougas ont tiré définitivement un trait sur cette saison. Reste que le parcours bordelais n'est pas de tout repos. La prochaine rencontre, le 14 février, les opposera aux Basques de l'Hormadi d'Anglet, leur plus dangereux rival pour le second ticket qualificatif.

 

Bordeaux - Toulouse 7-2 (2-0, 3-1, 2-1)
Dimanche 24 janvier 2010 à 12h45 à la patinoire de Bordeaux-Mériadeck. 100 spectateurs environ.
Arbitrage de Guillaume Barthe et Laurent Garbay.
Pénalités : Bordeaux 34' (4', 6', 14'+10') ; Toulouse 6' (2', 4', 0').

Évolution du score :
1-0 à 14'40" : Schue assisté de Poigt
2-0 à 19'12" : T. Ramonatxo assisté de Schue
3-0 à 22'01" : Schue
3-1 à 25'22" : Lestrade assisté de Pradel et Charenton
4-1 à 29'22" : T. Ramonatxo assisté de Mariage et Lambert (sup. num.)
5-1 à 32'50" : Mariage assisté de Coste (sup. num.)
5-2 à 48'54" : Botella assisté de Pradel (sup. num.)
6-2 à 54'27" : Castaings assisté de Coste
7-2 à 59'07" : Mariage assisté de Baccot (inf. num.)

 

Bordeaux

Gardien : Arthur Ramonatxo.

Défenseurs : Florent Parade – David Castaings ; Thomas Arrouy – Adrien Baccot ; Aymeric Mangé – Jean Raobelisona.

Attaquants : Louis Moreau (C) – Florent Poigt (A) – Cyril Lambert ; Léonard Schue – Thomas Ramonatxo (A) [sorti à 56'45"] – Nicolas Mariage ; Jo Ly-Jimenez – Romain Coste – Ugo Jaffeux ; Kévin Lopez.

Remplaçante : Shirley Duquesne (G). Absents : Steve Jaffeux, Guillaume Miranda, Grégoire Walter, Vincent Cadren, Pierre-Louis Lahouratate-Passard, Nicolas Landes.

Toulouse

Gardien : Pierre Mauffrey.

Défenseurs : Kévin Codevelle – Étienne Rutily ; Cyril Charenton – Quentin Botella ; Bruno Cazalbou.

Attaquants : Dorian Solinas – Florent Cazelles – Jérémy Pradel ; Nicolas Lestrade – Alex Duel – Rémi Doroginsky ; Guillaume Roux.

Absents : Thomas Labonne, Matthieu Pujol-Amado, Maxime Florent, Fabrice Faure, Maxime Faup.