Autriche - France (Euro Challenge)

Catastrophe en onze secondes

L'équipe de France, qui a affronté les Autrichiens en novembre, ne va pas reconnaître ses adversaires. Et pour cause, Bill Gilligan s'est permis d'appeler un effectif 100% différent ! L'Autriche, reléguée en division I mondiale, est bien la seule nation de ce niveau à pouvoir se permettre d'aligner deux équipes, la "B" à l'automne et la "A" en hiver. Et de battre les Bleus avec les deux ?

La philosophie est claire : le nouveau sélectionneur Bill Gilligan veut voir le plus grand nombre de nouvelles têtes. Pourtant, il n'a pas réussi à convoquer tout le monde. Ses invitations des expatriés en Suisse (Pöck et Setzinger) ont été retournées, comme celles des cadres Kalt, Trattnig, Werenka ou Philipp Lukas. Allait-il devoir renoncer à ses principes ? Pas du tout ! Il a trouvé encore six autres joueurs à convoquer, qui n'étaient dans aucune des deux listes. Deux d'entre eux - Markus Schlacher et Daniel Nageler - n'ont même jamais joué en équipe nationale. Pour de la revue d'effectif, c'est de la revue d'effectif !

GRAS_Laurent-100511-397Cela n'empêche pas l'Autriche de commencer fort. Dès la deuxième minute, la France perd un palet le long de la bande en zone neutre, et un des derniers appelés, Matthias Iberer, sert alors Martin Grabher-Meier, qui a un boulevard jusqu'à la cage et trompe Florian Hardy du revers. La France n'a même pas l'opportunité de réagir, car une minute plus tard, Jeremy Rebek met en échec Laurent Meunier derrière la cage autrichienne et fait exploser le plexiglas. Plus de peur que de mal pour le capitaine français, sur qui sotn retombés quelques éclats. La patinoire de Pergine, où se déroulent en temps normal des rencontres de série C italienne, ne doit pas pas être habituée à ce genre de charges !

Le jeu s'arrête donc un quart d'heure, le temps de réparer. Au retour sur la glace, les Bleus ont repris des couleurs. Pierre-Édouard Bellemare envoie un tir précis dans la lucarne opposée. Ce score de 1-1 se maintient ainsi jusqu'à dix minutes de la fin. L'Autriche domine le jeu, mais c'est surtout à cause de l'indiscipline des Français qui accumulent des pénalités. Aucun palet ne rentre cependant : Hardy arrête tout, parfois avec une aide inattendue. Michael Raffl, qui pensait faire écran devant la cage, reçoit ainsi un tir dans le genou et doit quitter le match.

Dans les dix dernières minutes, Laurent Gras réussit un doublé, son premier en équipe nationale depuis décembre 2007. Le premier but est inscrit en avantage numérique, alors qu'il masque le gardien en compagnie de Sacha Treille. Le second but, il le marque en cage vide après une récupération de palet de Vincent Bachet qui a mis en échec Christoph Harand au centre de la glace (1-3, 59'14"). À ce moment-là, le sort du match semble scellé. Les Gaulois peuvent plier les gaules...

Hélas ! Un match n'est jamais fini avant l'ultime seconde. Il en reste quinze quand Daniel Nageler - le débutant ! - reçoit une longue passe de Rotter et s'infiltre dans l'axe au milieu de trois blancs (2-3, 59'49"). La mise au jeu est acharnée, mais Meunier la perd face à Koch. Le palet parvient alors à Daniel Welser qui déborde sur la droite, suivi par trois défenseurs. Lorsqu'il centre du coin à la desperado, Jeremy Rebek, seul, n'a plus qu'à mettre sa crosse sur sa trajectoire pour dévier le palet de l'égalisation (3-3, 59'57"). Un incroyable dénouement.

Les Français ne se remettront pas d'un tel final-catastrophe. Laurent Meunier est pénalisé pour crosse haute dès le début de la prolongation. Gerhard Unterluggauer profite de la supériorité numérique à 4 contre 3 : servi en retrait entre les cercles par Kaspitz, il marque le but vainqueur. C'est la cinquième défaite de suite de la France face à l'Autriche, et sans doute celle qui fait le plus mal. Les Bleus ont gâché leur effort d'un match entier en quelques secondes.

 

Autriche - France 4-3 après prolongation (1-1, 0-0, 2-2, 1-0)
Jeudi 11 février 2010 à 17h00 à Pergine. 800 spectateurs.
Arbitrage de Claudio Pianezze et Michele Gastaldelli (ITA) assistés de David Tschirner et Ulli Pardatscher (ITA).
Pénalités : Autriche 10' (2', 4', 4', 0'), France 20' (6', 6', 6', 2').
Tirs : Autriche 47 (17, 12, 13, 5), France 22 (9, 5, 8, 0).
Évolution du score :
1-0 à 01'35" : Grabher-Meier assisté d'Iberer
1-1 à 09'45" : Bellemare assisté de Henderson
1-2 à 50'48" : Gras assisté de S. Treille (sup. num.)
1-3 à 59'14" : Gras (cage vide)
2-3 à 59'49" : Nageler assisté de Rotter
3-3 à 59'57" : Rebek assisté de Welser et Rotter
4-3 à 61'51" : Unterluggauer assisté de Kaspitz et Elick (sup. num.)

 

Autriche

Gardien : Jürgen Penker [sorti de 58'47" à 59'57"].

Défenseurs : Jeremy Rebek - Johannes Reichel ; Gerhard Unterluggauer - Mickey Elick ; Andre Lakos - Sven Klimbacher (2') ; Robert Lukas - Christoph Harand.

Attaquants : Michael Raffl - Thomas Koch (2') - Daniel Welser (2') ; Markus Schlacher - Roland Kaspitz (2') - Thomas Raffl ; Daniel Nageler (2') - Rafael Rotter - Kevin Kraxner ; Matthias Iberer - Martin Grabher-Meier - Stefan Herzog.

Remplaçant : Fabian Weinhandl (G).

France

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Kévin Igier - Vincent Bachet ; Benoît Quessandier [blessé à la tête à sa première présence] - Thomas Roussel (4') ; Antonin Manavian - Nicolas Besch (2').

Attaquants : Pierre-Édouard Bellemare - Laurent Meunier (C, 2') - Julien Desrosiers ; Christophe Tartari (4') - Laurent Gras - Teddy Da Costa ; Sacha Treille (4') - Damien Raux - Luc Tardif ; Erwan Pain - Brian Henderson (4') - Loïc Lampérier ; Jérémie Romand.

Remplaçants : Henri-Corentin Buysse (G). Absent : Baptiste Amar (repos).