Présentation des JO : groupe C (Suède, Finlande, Allemagne, Bélarus)

SuèdePendant que tout le monde rêve d'une finale Canada-Russie, la Suède, championne olympique du titre, espère légitimement répéter son exploit. Elle a le même entraîneur, Bengt-Åke Gustafsson, et les mêmes atouts, un jeu de possession naturel combiné à une culture tactique défensive.

La Tre Kronor dispose d'une équipe équilibrée avec une bonne dose de créativité grâce à Niklas Bäckström, le centre attitré d'Ovechkin, et aux jumeaux Sedin qui réalisent leur meilleure saison. Il manque un buteur attitré, mais les Weinhandl, Eriksson ou Hörnqvist peuvent tenir ce rôle.

Le seul défaut de cette équipe est sa fragilité, illustrée par le porte-drapeau Peter Forsberg. Alors que son pied le laissait enfin tranquille, il s'est cassé un doigt à son avant-dernier match. Nul ne sait vraiment s'il peut jouer avec l'intensité requise dans un tournoi olympique. Avec nombre de joueurs-clés poursuivis par des blessures récurrentes (le défenseur Niklas Kronwall a eu des problèmes de genou et le deuxième marqueur de NHL Henrik Sedin vient d'annoncer qu'il souffre du dos), la Tre Kronor est un peu comme Forsberg : un éléphant... en porcelaine.

L'analyse complète de l'effectif. Changements par rapport à la composition prévue : Tomas Holmström s'est blessé au genou, ce qui ouvre la porte à son coéquipier à Detroit, Johan Franzén, revenu au jeu juste à temps la semaine dernière.

 


FinlandeLa différence entre la Finlande et les autres grandes nations est simple : la pression du résultat. C'est le seul pays du "Big 6" qu'on n'attend pas vraiment sur le podium. l'entraîneur national Jukka Jalonen, dont le contrat a été prolongé jusqu'aux Mondiaux à domicile de 2012, peut dormir tranquille.

La pression, cependant, les athlètes de haut niveau se la mettent eux-mêmes. Après la finale perdue de Turin, on pensait que la plus talentueuse génération du hockey finlandais venait de laisser passer sa dernière chance d'obtenir l'or olympique. Pourtant, quatre ans plus tard, ils sont tous là, même ceux qui paraissent les plus vieillissants comme l'attaquant défensif Jere Lehtinen aux adducteurs, souvent en délicatesse avec ses adducteurs cette saison, et le porte-drapeau Ville Peltonen.

Autour de l'ex-retraité Teemu Selänne, qui a connu cette saison une fracture de la main et une autre de la mâchoire qui lui a fait perdre six kilos faute de pouvoir avaler des aliments soldies, voilà donc ces Finlandais rassemblés une dernière fois pour la quête d'une vie. Avant que ces superstars ne laissent un vide, contemplons-les une dernière fois.

Quand ces anciens seront partis, on se rendra en effet compte combien le hockey finlandais a changé en une génération : ce pays qui possédait le jeu collectif le plus étincelant produit aujourd'hui surtout des attaquants stéréotypés, volontaires dans les bandes mais faibles patineurs. En somme, l'évolution exactement inverse des États-Unis qui ont tout axé sur le patinage ! L'homogénéisation entre les styles des différents continents a parfois des conséquences inattendues.

L'analyse complète de l'effectif. Changements par rapport à la composition prévue : aucun.

 

AllemagneUn sondage commandé par l'hebdomadaire Eishockey News en début d'année demandait, entre autres questions, aux amateurs de hockey allemand quel était l'évènement le plus important de la saison selon eux. Les championnats du monde, qui auront lieu en mai à Cologne et Mannheim, ont été cités en premier, devant les play-offs des différents championnats allemands, et les JO n'ont été nommés qu'en troisième position, avec moins de 20% des suffrages.

Cela s'explique parce que l'Allemagne considère que l'enjeu d'un Mondial à domicile est bien plus important pour l'avenir de son hockey que ce tournoi olympique. Il serait quand même dommage qu'elle en vienne à négliger ce rendez-vous majeur, alors même que cela fait bien longtemps qu'elle n'a pas rassemblé une équipe aussi forte. Elle peut en effet compter sur cinq joueurs-cadres de NHL (Ehrhoff, Seidenberg, Sturm, Goc et le presque banni Hecht) qui semblent tous en bonne forme en même temps et jouent un rôle important dans leurs équipes.

Attisée par l'échec complet des derniers Mondiaux, où les Allemands auraient été relégués s'ils n'avaient pas été les organisateurs de l'édition suivante, la concurrence n'a jamais été aussi forte. Elle a laissé sur le carreau notamment un joueur de NHL (Schubert) mais aussi des cadres comme Gogulla ou Barta. Uwe Krupp a tenu parole en laissant les places ouvertes jusqu'au dernier jour, pour intégrer ainsi l'homme du moment Kai Hospelt, élu joueur du mois de janvier en DEL.

L'analyse complète de l'effectif. Changements par rapport à la composition prévue : trois, tous par simple choix de coaching. Après l'échange Gogulla/Hecht mi-janvier, Jason Holland a été écarté la semaine dernière, finalement remplacé par Sven Butenschön, et Alexander Barta a quitté Vancouver la veille du tournoi au profit de Kai Hospelt.

 

BelarusLa rocambolesque démission de son entraîneur Glen Hanlon a mis l'équipe nationale du Bélarus dans la panade en même temps qu'elle a entraîné une crise de pouvoir à la tête du hockey biélorusse. Mikhaïl Zakharov, l'homme qui a publiquement contrarié le président de la fédération Vladimir Naumov, a été choisi comme nouveau sélectionneur par le comité directeur. Très étrange, sachant que Naumov ne supporte pas la dissension et qu'il n'était censé avoir que des béni-oui-oui à son comité. En fait, la crise couvait déjà. Il a démissionné et est parti pour affaires en Russie, mécontent que ses ennemis les journalistes aient pris parti pour Hanlon (comme le public).

Zakharov, lui-même qui avait été évincé au profit de Hanlon après un incroyable échec à la qualification olympique il y a quatre ans, est donc redevenu sélectionneur. Choisi parce que disponible ? On peut le penser vu la galère qu'il a connue pour se trouver des assistants (refus de Krikunov retenu par son club et d'Andrievsky). C'est le capitaine Ruslan Salei qui a contacté et proposé Dave Lewis. L'autre adjoint prévu pour la durée des JO, Andrei Khomutov, a renoncé fin janvier quand son propre assistant au Dynamo Minsk, qui devait entraîner seul le club en son absence, est parti à l'hôpital pour une hémorragie interne. La fédération n'avait pas fait signer le moindre contrat écrit à Khomutov, comme à ses collègues d'ailleurs...

Pas de président, pas de second adjoint, pas de contrats et... pas trace non plus des deux principaux renforts offensifs de NHL ! Mikhaïl Grabovsky et Aleksei Kostsitsyn, insuffisamment remis de leurs blessures, n'ont pas été libérés par leurs franchises respectives. La perte de Grabovsky laisse un déficit au centre, surtout que son remplaçant envisagé Borovkov s'est lui-même blessé. Quant à l'aîné Kostsitsyn, le seul contact du staff biélorusse à Montréal pour suivre son rétablissement était... le manager Bob Gainey, qui a démissionné la semaine dernière.

Euh, des bonnes nouvelles, quand même ? Oui, rassurez-vous, il y en a plusieurs. Une : le vétéran de 39 ans Oleg Antonenko a été le septième hockeyeur porte-drapeau de son pays, un record. Deux : Ruslan Salei, opéré du dos et absent depuis début octobre, a rejoué samedi et a recouvré la forme juste à temps, contrairement à ses camarades de NHL. Et trois : le Bélarus a inauguré en grande pompe le mois dernier la Minsk-Arena de 15000 places qui accueillera le Mondial 2014. La largeur de la piste y est réglable, ce qui a permis à l'équipe de s'entraîner sur petite glace avant de partir. De là à parler de préparation idéale avant ce tournoi olympique, vous aurez compris dans les paragraphes précédents qu'on en est vraiment très loin...

Gardiens : Vitali Koval (Dynamo Minsk, KHL), Andrei Mezin (Dynamo Minsk, KHL), Maksim Malyutin (Vitebsk).

Défenseurs : Ruslan Salei (Colorado Avalanche, NHL), Vladimir Denisov (Dynamo Minsk, KHL), Viktor Kostyuchenok (Amur Khabarovsk, KHL), Aleksandr Makritsky (Dynamo Minsk, KHL), Nikolai Stasenko (Amur Khabarovsk, KHL), Andrei Karev (Dynamo Minsk, KHL), Sergei Kolosov (Grand Rapids, AHL), Aleksandr Ryadinski (Dynamo Minsk, KHL).

Attaquants : Oleg Antonenko (Avtomobilist Ekaterinbourg, KHL), Sergei Zadelenov (Dynamo Minsk, KHL), Sergei Demagin (Neftekhimik Nijnekamsk, KHL), Sergei Kostitsyn (Canadiens de Montréal, NHL), Aleksei Kalyuzhny (Dynamo Moscou, KHL), Aleksei Ugarov (HK MVD, KHL), Konstantin Koltsov (Salavat Yulaev Ufa, KHL), Andrei Stas (Dynamo Minsk, KHL), Aleksandr Kulakov (Dynamo Minsk, KHL), Dmitri Meleshko (Dynamo Minsk, KHL), Andrei Mikhalev (Dynamo Minsk, KHL), Konstantin Zakharov (Dynamo Minsk, KHL).

Absents : Mikhaïl Grabovsky (Toronto, poignet), Aleksei Kostsitsyn (Montréal, genou).