Allemagne - Bélarus (JO 2010, groupe C)

Vitali_KOVAL_Belarus_-_2009-7382Qui veut affronter la Suisse ?

À moins que ce match ne se termine par un écart de plus de quatre buts, son enjeu est relativement clair : le vainqueur sera neuvième de la première phase et rencontrera donc la Suisse en play-offs ; le perdant sera onzième et se retrouvera face à un des favoris, qui peut être n'importe lequel des six gros puisque le classement ne sera connu qu'après les trois affiches au sommet de dimanche soir.

Pour gagner, encore faut-il marquer au moins un but. L'Allemagne ne l'a pas fait jusqu'ici, mais elle montre rapidement que les filets ne sont pas une terre inconnue pour elle. Un trident de NHL déroule une combinaison collective à la première supériorité numérique : Marcel Goc à la ligne bleue pour Marco Sturm ligne de fond qui sert Dennis Seidenberg au poteau opposé. Vitali Koval essaie de se déplacer rapidement mais le défenseur des Florida Panthers le bat de justesse puisque le palet ricoche sur le dessus de sa jambière (1-0).

Les erreurs de Bakos

Les Allemands semblent contrôler le jeu, une impresion qui se retourne contre eux pour leur plus grand malheur. Michael Bakos se fait presser et contrer à la ligne bleue à la ligne bleue offensive par Aleksei Ugarov, qui s'échappe et lève le palet en lucarne avec une grande maestria technique (1-1).

La deuxième période voit l'Allemagne imprimer toujours le rythme avec un jeu direct à la cage et des rebonds ou déviations. Le Bélarus, pour sa part, est à l'affût d'une erreur défensive de ci (mauvais contrôle de Sulzer qui laisse traîner le palet dans le slot)... ou de là. Bakos et Schmidt laisse Aleksei Kalyuzhny couper dans le slot : le premier est battu en vitesse et en physique, le second se couche sans protéger l'accès à la cage pour l'attaquant (1-2). Les deux arrières "coupables" ne remonteront plus sur la glace.

Les hommes de Krupp, pendant cinquante secondes à trois contre cinq, échappent quand même au pire. Ils se montrent meilleurs en infériorité numérique qu'hier contre la Suède, avec un solide Korbinian Holzer.

"Canucks réparent, Canucks remplacent"

Les responsables du tournoi olympique réussissent une remarquable démonstration de changement d'un pan de plexi en à peine deux minutes, le système ayant été conçu pour coulisser rapidement. C'est le "local" Christian Ehrhoff qui a testé la rapidité de l'organisation de Vancouver par un slap qui a laissé un impact sur le verre... Le deuxième tiers-temps se termine par une contre-attaque ultra-rapide de Marco Sturm qui s'appuie sur Goc en entrée de zone, mais il laisse échapper le palet devant le but et Koval détourne du patin.

La situation paraît bloquée en troisième période. Zakharov retient Ficenec bien infiltré à la cage, mais même cet avantage numérique ne permet pas à l'Allemagne de forcer le destin. Elle continue de commettre des erreurs défensives, et même Dennis Seidenberg rate un dégagement en donnant le palet à l'adversaire. À neuf minutes de la fin, l'inévitable se produit : Koltsov s'impose à Ficenec en entrée de zone et sert Sergei Kostitsyn qui place un lancer balayé en lucarne (1-3).

Même un Allemagne-Bélarus devient palpitant dans ces JO !

Ce but semble achever les Allemands à cet instant... mais ils ressuscitent soudain. Eux qui ont marqué 1 but en 170 minutes en inscrivent deux à la suite. Après n bon travail d'André Rankel dans le slot, le palet est écarté en haut de l'enclave, d'où John Tripp l'envoie dans les filets (2-3). Dans la foulée, Marcel Goc gagne son duel face à Andrei Stas derrière la cage, vient tirer dans la botte du gardien et prend son propre rebond (3-3). Mikhaïl Zakharov appelle son temps mort, celui-là même qu'on lui avait reproché de ne pas utiliser dans un effondrement du même ordre à Riga en 2005.

À sept minutes de la fin, Aleksandr Kulakov réalise une superbe feinte et conduit Sulzer à l'accrocher. Au début de cette supériorité numérique décisive, un dangereux tir de Kostitsyn est bien arrêté par Thomas Greiss. Mais, peut-être masqué par son défenseur Seidenberg, le gardien de San José prend un mauvais but sur un lancer à mi-distance de Ruslan Salei (3-4). Cette fois il n'y aura pas de réaction. À l'avant-dernière minute, Aleksei Kalyuzhny, décalé par Koltsov, place un tir croisé du poignet dans le haut du filet (3-5).

Andrei_MIKHALEV_Belarus_-_2009-7468Qui la Suisse ne veut-elle pas affronter ?

L'Allemagne attendait du leadership de la part de ses joueurs de NHL, et elle en a eu de la part du bon duo Sturm-Goc. Néanmoins, cela ne fut pas suffisant pour faire la différence, malgré 40 tirs à 17. La technique individuelle des Biélorusses, avec une grande qualité de tir des Ugarov, Kalyuhny et Kulakov, était supérieure.

Ce résultat est une mauvaise nouvelle pour la Suisse : au lieu d'affronter une équipe au profil similaire, mais un ton en dessous (l'Allemagne), elle va devoir se payer un adversaire qui peut être dangereux à tout moment par sa qualité technique. Le Bélarus est l'équipe la plus passive du tournoi, qui aime "subir" le jeu, alors que la Suisse déteste être obligée de le faire.

Commentaires d'après-match

Uwe Krupp (entraîneur de l'Allemagne) : "Avec trois buts marqués nous aurions dû prendre au moins un point si nous avions eu un bon gardien. Mais c'est le même qui nous avait tenus dans le match contre la Suède, alors ce n'était pas une erreur de l'avoir titularisé."

Mikhaïl Zakharov (entraîneur du Bélarus) : "À ces JO, c'est la meilleure équipe d'Allemagne que j'ai vue tant comme joueur que comme coach. Elle est disciplinée, dirigée vers la cage, et joue un hockey agressif. Je suis donc content que l'on ait réussi à gagner ce match difficile. La première ligne a été éclatante, et c'est normal puisqu'on y a concentré le meilleur de nos forces. Il ne faut pas oublier qu'Aleksei Kalyuzhny joue à une position de centre qui ne lui est plus familière ces dernières années, car il joue à l'aile au Dynamo Moscou. C'est donc difficile. J'ai eu une longue discussion individuelle avec lui avant ce match. En quatrième ligne, l'ailier Mikhalev se débrouille bien aussi au centre [...] Comment avons-nous encaissé deux buts en 20 secondes ? Le fait est qu'à 3-1 nous avons eu d'excellentes chances de creuser l'écart. Quand un joueur qui a manqué une cage ouverte revient en défense, il pense à son occasion ratée et pas à contenir un adversaire. Ce défaut de concentration a été immédiatement puni. [...] Si on a pensé à ce moment à l'histoire de Riga ? C'est vous, les journalistes, qui aimez rappeler ce match. Et rappeler à Viktor Tikhonov l'embarrassement de Lake Placid, et à Scotty Bowman l'échec de Detroit en Coupe Stanley après une large victoire en saison régulière. [...] J'avais dit hier à Ralph Krueger que je jouerais le prochain match face à lui..."

 

Allemagne - Bélarus 3-5 (1-1, 0-1, 2-3)
Samedi 20 février 2010 à 21h00 à la Canada Hockey Place de Vancouver. 16979 spectateurs.
Arbitrage de Danny Kurmann (SUI) et Bill McCreary (CAN) assistés de Petr Blümel (TCH) et Shane Heyer (USA).
Pénalités : Allemagne 8' (2', 4', 2'), Bélarus 6' (2', 2', 2').
Tirs : Allemagne 40 (10, 14, 16), Bélarus 17 (6, 5, 6).
Évolution du score :
1-0 à 05'39" : Seidenberg assisté de Sturm et Goc (sup. num.)
1-1 à 10'43" : Ugarov
1-2 à 28'36" : Kalyuzhny assisté de S. Kostitsyn et Stasenko
1-3 à 51'10" : Kostitsyn assisté de Koltsov
2-3 à 51'49" : Tripp assisté de Rankel
3-3 à 52'10" : Goc assisté de Hecht
3-4 à 54'36" : Salei assisté de Kalyuzhny et S. Kostsitsyn (sup. num.)
3-5 à 58'45" : Kalyuzhny assisté de Koltsov et S. Kostitsyn


Allemagne

Gardien : Thomas Greiss.

Défenseurs : Christian Ehrhoff - Dennis Seidenberg (A) ; Jakub Ficenec - Alexander Sulzer ; Sven Butenschön - Korbinian Holzer ; Michael Bakos - Christopher Schmidt.

Attaquants : Marco Sturm (C) - Marcel Goc - Jochen Hecht ; Michael Wolf - Travis Mulock - Thomas Greilinger ; André Rankel - Sven Felski (A) - John Tripp ; Marcel Müller - Kai Hospelt - Manuel Klinge.

Remplaçant : Dimitri Pätzold (G). Absent : Dennis Endras (G).

Bélarus

Gardien : Vitali Koval.

Défenseurs : Viktor Kostyuchenok - Ruslan Salei (C) ; Andrei Karev - Aleksandr Makritsky ; Nikolai Stasenko - Aleksandr Ryadinski ; Vladimir Denisov - Sergei Kolosov.

Attaquants : Konstantin Koltsov (A) - Aleksei Kalyuzhny - Sergei Kostitsyn ; Aleksandr Kulakov - Andrei Stas - Dmitri Meleshko ; Aleksei Ugarov - Sergei Zadelenov - Konstantin Zakharov ; Sergei Demagin - Andrei Mikhalev - Oleg Antonenko (A).

Remplaçant : Andrei Mezin (G). Absent : Maksim Malyutin (G).