Strasbourg - Briançon (Ligue Magnus, 22e journée)

Les play-offs approchent à grand pas. Si Briançon est assuré de rester dans les quatre premiers, Strasbourg n'est pas encore, mathématiquement parlant, certain de disputer le tour préliminaire des play-offs. Daniel Bourdages espérait donc bien garantir dès ce soir une éventuelle qualification. Face au leader, et sur le papier, la tâche des ses boys s'annonçait rude. D'un autre côté, Amiens est bien venu se casser les dents à l'Iceberg (défaite 3-1) et Angers n'a dû son salut qu'aux tirs au but.

Comme Briançon venait ce soir sans trois éléments importants de son dispositif (François-Pierre Guenette, Edo Terglav et Sebastian Sjösten), et sans doute aussi avec la tête encore dans les étoiles après sa victoire en Coupe de France, le coup était jouable... Du moins Strasbourg n'avait rien à perdre.

Et lorsque Brennan Sarrazin scorait pour la troisième fois avant la fin du premier quart d'heure de jeu, on se disait que Dan le Canadien avait dû trouver les mots justes pour chauffer ses hommes...

Certes, Briançon avait débuté la partie tambour battant en pressant très haut avec deux joueurs. Mais Strasbourg, de son côté, attendait la moindre occasion pour répliquer. Maxime Mallette, lors de la première installation en zone alpine, lançait victorieusement une mine à mi-distance, et non pas Juho Lehtisalo comme annoncé par l'arbitre, le petit Finlandais n'ayant qu'adressé la passe magique (1-0 à 2'35"). Pierre-Antoine Devin, ensuite, profitait d'un peu de laxisme défensif haut-alpin pour s'engouffrer dans la brêche (2-0 à 13'03"). Sarrazin , enfin, profitait  dans la foulée d'un ricochet heureux sur Sopko pour tripler la mise (3-0 à 13'54"). Quatre actions strasbourgeoises et trois buts.... Et dire que "Dan" peste cette saison contre le manque de réalisme de ses "abeilles" !

SeikkulaCette troisième réalisation sonnait quelque peu les Haut-Alpins. Malgré le temps mort demandé par Luciano Basile, les visiteurs prenaient quelques minutes pour retrouver leurs esprits. Progressivement, ils arriveaient cependant à reprendre leur pressing, leur grattage de palets, leur jeu en passes et en mouvements comme sur ce prolongement de Marc-André Bernier qui butait sur Vladimir Hiadlovsky (16'08"). Strasbourg, de son côté, attendait patiemment, même si les Alsaciens connaissent des moments chauds. Mais Vlad' veillait au grain et ses défenseurs empêchaient toute présence au centre de la zone.

Pour espérer revenir, les Briançonnais devaient scorer rapidement. C'était chose faite sur une action confuse conclue par Joni Lindlöf (3-1 à 20'17"). Mais l'arbitre avait-il sifflé avant que le palet ne franchisse la ligne ? Pour beaucoup de spectateurs et pour les locaux, oui. Qu'importe, les visiteurs continuaient de se faire peur, sur ce palet fuyant devant Ramon Sopko (23'19") ou cette jolie déviation d'Elie Marcos (24'14"). L'ancien portier rouennais faisait preuve de beaucoup de fébrilité. Le leader n'avait pourtant d'autre choix que de continuer à presser, comme sur ce solo de Sébastien Rohat stoppé in-extrémis par Vladimir Hiadlovsky (26'04").

Le jeu devenait plus physique, mais la partie restait pourtant très correcte et jouée sur un tempo rapide. Comme sur cette remontée alsacienne où Édouard Dufournet lançait sur la transversale de Sopko. Dans la foulée, les Haut-Alpins partaient en contre, mais Hiadlovsky s'interposait (32'27"). Sur un énième grattage de palet, Timo Seikkula démarquait Joni Lindlöf. Le Suédois lançait sur le cerbère alsacien. Le rebond n'échappait pas à Brice Chauvel (3-2 à 36'56"). La rentrée aux vestiaires était moins mitigée pour les visiteurs. Pourtant, leur incessant travail de sape risquait de les avoir usés face aux Bas-Rhinois, encore bien regroupés devant leur gardien.

Qu'importe, c'était reparti de plus belle dès le retour dès la reprise. Marc-André Bernier envoyait un missile sur le poteau de Hiadlovsky (41'06"). Puis Peter Bourgaut, très remuant durant le match, contournait la cage de Vlad' et logeait le palet dans un trou de souris (3-3 à 42'21"). Coup de froid dans l'Iceberg. Strasbourg était alors menacé, surtout que Bernier, idéalement lancé, manquait pourtant complètement son shoot (46'). Dans la foulée, le duo Gilchrist-Lehtisalo partait en contre mais Sopko semblait avoir retrouvé un peu plus de concentration.

La fin de la partie voyait toujours les visiteurs harceler leurs adversaires. Le match devenait âpre, personne ne voulant rien lâcher. On arrivait alors rapidement vers les prolongations. À quatre contre quatre, la fatigue se faisait sentir de part et d'autre. Aussi, peu de grosses actions aboutissaient devant les gardiens.

Débutait alors la fusillade : Timo Seikkula lançait à côté, Edouard Dufournet logeait le palet entre les jambes de Ramon Sopko, Marc-André Bernier butait sur Vladimir Hiadlovsky (au sens propre comme au sens figuré), Pierre-Antoine Devin était blanchi. Attention, peut-être Joni Lindlöf ? Manqué. Strasbourg emportait ce match très disputé.

Au moins les deux équipes n'auront pas perdu leur soirée. Les Diables Rouges repartent avec un point, c'est mieux que rien après le bide du premier quart d'heure, et leurs efforts de pressing ont été quand même un minimum récompensés. Ils ont proposé du beau jeu, rapide, accrocheur, collectif. Derrière, les trois tours de contrôle (François Groleau, Stéphane Gervais et Viktor Szelig) sont impeccables en relance, mais l'ensemble défensif se crée lui-même des frayeurs, sans doute par manque de communication. Ramon Sopko a en revanche semblé fébrile une bonne partie du match.

Si à 3-0, on a pû penser au hold-up de la part des Alsaciens, on est ensuite reparti de l'Iceberg en se disant que l'équipe strasbourgeoise méritait au moins le match nul. Certes, les abeilles bas-rhinoises ont subit plus qu'elles n'ont fait subir. Certes, elles ont tiré deux fois moins. Certes, elles doivent une fois de plus beaucoup à Vladimir Hiadlovsky encore très inspiré. Elles ont cependant confirmé leur nette amélioration amorcée en décembre. Au niveau offensif, il manque encore pas mal de réalisme, mais Mickey Gilchrist, pour ne citer que lui, a montré ce qu'on pouvait attendre de son arrivée avec pas mal d'initiatives pour diriger le jeu et porter le danger. Sa collaboration avec Juho Lehtisalo est intéressante à ce niveau car complémentaire, effaçant du coup le jeu un peu plus timide de Sarrazin. Derrière, ça tient le choc, on reste discipliné pour empêcher l'accès au centre de la zone.

Récompensés à la fin du match : Marc-André Bernier pour Briançon et Vladimir Hiadlovsky pour Strasbourg.

Strasbourg - Briançon 3-3 (3-0, 0-2, 0-1, 0-0) / 1-0 aux tirs au but
Samedi 20 février 2010 à 17 h 45 à la patinoire de l'Iceberg. 1 200 spectateurs.
Aribtrage d'Alexandre Hauchart assisté de Matthieu Loos et Benjamin Grémion.
Pénalités : Strasbourg  12' (6', 0', 6', 0') ; Briançon 8' (6', 2', 0', 0').
Tirs : Strasbourg 19 (7, 6, 6, 0) ; Briançon 36 (12, 12, 10, 2).
Évolution du score :
1-0 à 02'35" : Mallette assisté de Lehtisalo
2-0 à 13'03" : Devin
3-0 à 13'54" : Sarrazin
3-1 à 20'17" : Lindlöf assisté de Pépy et Szelig
3-2 à 36'56" : Chauvel assisté de Lindlöf et Seikkula
3-3 à 42'21" : Bourgaut assisté de Pépy et Lindlöf
Tirs au but :
Briançon : Seikkula (manqué), Bernier (arrêté), Lindlöf (manqué).
Strasbourg : Dufournet (réussi), Devin (arrêté).

 

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Hughes Cruchandeau - David Striz ; Maxime Mallette - Bob Raymond ; Aziz Baazi - Michal Cesnek.

Attaquants : Brennan Sarrazin (A) - Michael Gilchrist - Juho Lehtisalo ; Cyril Trabichet - Miroslav Stolc - Heikki Laine ; Édouard Dufournet - Elie Marcos (C) - Pierre Antoine Devin (A) ; Julien Burgert.

Remplaçant : Gilles Beck (G).

Briançon

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Victor Szelig - Stéphane Gervais (A) ; Gary Lévêque (A) [puis Selan à 20'] - François Groleau (C) ; Michael Korenko - Maks Selan [puis Lévêque à 20'].

Attaquants : Mickaël Perez - Damien Raux - Marc-André Bernier ; Joni Lindlöf - Timo Seikkula - Quentin Pépy [puis Chauvel à 20'] ; Peter Bourgaut - Brice Chauvel [puis Pépy à 20'] - Sébastien Rohat (ou Mathieu Reverdin).

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G). Absents : Sebastian Sjösten (virus), Edo Terglav (genou), Pierre-François Guenette (épaule).