Bordeaux - Reims (Division 1, 22e journée)

Après la fessée brestoise reçue samedi dernier à Bocquaine (1-9), les Phénix avaient une occasion d’effacer tout cela chez les Boxers de Bordeaux. Mais la mission restait délicate, les Bordelais étant solides dans leur antre de Mériadeck, seul Caen étant reparti avec la victoire jusque-là. Les Aquitains restaient toutefois un bon souvenir pour la troupe de François Dusseau, puisqu’au match aller les Rémois s’étaient imposés sur la marque de 4-2.

Et comme à leur habitude, les Boxers démarraient pied au plancher et les débats partaient sur un rythme déjà élevé. Les Rémois soutenaient la comparaison et à un premier essai de Lassalle, Rehor répondait par une double tentative sur laquelle Burnet répondait présent. Cette première alerte ne refroidissait pas les ardeurs des Bordelais et ces derniers allaient se procurer la première grosse occasion. A la 3ème, Courally débordait sur l’aile et servait au 2ème poteau Carignan pour une reprise instantanée, mais Kubis sortait le grand jeu devant le Québécois. Reims tentait d’imposer son physique, un peu trop sûrement au goût de l’arbitre, qui envoyait un Rémois au cachot à la 5ème.

Sur la supériorité qui en découlait, Bordeaux s’installait rapidement et Carignan alertait par deux fois Kubis, qui restait solide. Les Rémois ne parvenaient pas à se dégager et Larrieu profitait d’un palet récupéré pour servir idéalement Lassalle qui ouvrait le score (1-0, 05’58). Bordeaux se sentait euphorique sur le coup et tentait rapidement de faire le break. Son élan était quelque peu freiné, à la suite d’une mini-échauffourée devant les cages rémoises (08’40), qui voyait Reims obtenir son premier jeu de puissance. Seulement les Phénix peinaient à inquiéter réellement Burnet et c’était Bordeaux qui était tout proche de creuser l’écart en infériorité. Par deux fois, Lassalle se jouait de la défense rémoise et s’offrait deux duels que Kubis gagnait à chaque fois grâce à sa mitaine magique.

Portés par leur gardien, les Rémois plaçaient quelques accélérations à l’image d’une percée plein axe de Sokolov, hélas sans suite heureuse. Les Boxers gardaient toujours le contrôle du puck et continueraient de mettre à l’ouvrage un Kubis toujours aussi infranchissable pour les avants locaux. Bien soutenus par leur portier, les Phénix rappelaient aux Boxers qu’ils étaient toujours présents, à l’instar de cette action en solitaire de Savoie que Burnet annihilait avec autorité. Dans les derniers instants, Bordeaux bourdonnait de plus en plus aux abords des cages rémoises, mais butait invariablement sur un Kubis intraitable, preuve en était ces arrêts successifs face à Grenier, Lassalle et Wiart. Les Boxers ne concrétisaient pas leur domination, la faute à un manque de réalisme ou un Kubis de gala qui avaient permis aux Rémois de rester en course dans ce match. En toute fin de période, le corps arbitral offrait un petit travail supplémentaire pour la défense rémoise et son gardien, avec une infériorité, mais le score restait en l’état jusqu’au buzzer. Le roseau rémois avait plié devant la domination locale, mais les joueurs de François Dusseau savaient qu’ils allaient devoir proposer un autre visage pour ramener un résultat positif.

De retour sur le glaçon, les Rémois étaient animés de meilleures intentions et se montraient rapidement percutants. Cahill en apportait une preuve, en alertant une première fois Burnet sur le restant de pénalité de Kaisjoki. De leur coté, sur la supériorité, les gros canons bordelais peinaient à trouver la faille dans la muraille rémoise. Et cette dernière à peine tuée, Savoie contrait un tir de Mariage et s’en allait en contre. Se retrouvant seul et décalé sur le côté, le top-scorer déclenchait un tir qui terminait sa course en pleine lucarne (1-1, 22’07). Cette égalisation jetait un froid dans Mériadeck et relançait complètement les débats. Reims prenait petit à petit le contrôle du match, profitant de la frilosité soudaine des locaux. Bordeaux gérait comme il pouvait ce temps faible et Burnet se chargeait de repousser les assauts de Kévin Dusseau ou encore Martin-Whalen.

Malgré cette domination rémoise durant la première moitié du second tiers, les Boxers n’en restaient pas moins dangereux et Kubis devrait sortir le grand jeu face à des échappés de Savage ou encore Carignan, qui auraient à coup sûr pu relancer totalement les locaux. A subir le jeu plus construits des Rémois, Bordeaux allait concéder une de ses rares pénalités du match à la 31ème. A un homme de plus et en zone défensive, Jérémy Sabatier et Savoie préparaient le terrain pour leur capitaine Martin-Whalen, qui remontait tout le glaçon pour éliminer trois défenseurs et tromper d’un superbe revers un Burnet médusé (1-2, 31’42).

Reims venait là de prendre les devants à la marque, traduisant un peu plus encore son renouveau dans ce match. Hélas la réaction bordelaise ne tardait pas à venir. Sur la remise en jeu, la première ligne bordelaise mettait la pression en zone offensive. Carignan, omniprésent coté bordelais, lançait une première fois sur Kubis, le Tchèque concédait un rebond que Grenier était le premier à convertir victorieusement (2-2, 32’30). Bordeaux n’avait pas eu le temps de douter et tout était à refaire pour les Phénix. Ces derniers ne paraissaient pas abattus par cette égalisation et continuaient à faire douter Bordeaux, qui ne réagissait que par des contres bien maîtrisés par le cerbère rémois.

Les vagues rémoises revenaient avec insistance sur les cages de Burnet dans les derniers instants. Et sur une nouvelle action de Savoie stoppée de la botte par Burnet, Jérémy Sabatier s’arrachait dans le slot pour extraire le puck et Martin-Whalen se trouvait à point nommé pour faire repasser les Phénix en tête (2-3, 37’40). Comme lors du deuxième but rémois, la réaction des Boxers intervenait dans la foulée, mais cette fois-ci Kubis et sa défense faisaient front. Toutefois, le corps arbitral sanctionnait en deux occasions (39’08 et 39’51) quelque peu sévèrement les Phénix. Reims finissait en infériorité le tiers et préservait son avantage qui ne tenait qu’à un fil, Bordeaux allant profiter d’une double supériorité durant 1’08 à l’aube du troisième tiers.

Au retour sur le glaçon, la mission était claire pour la formation de François Dusseau. Tenir bon durant la minute à deux hommes en moins et forcer un break décisif par la suite. Bordeaux installait rapidement son jeu de puissance. Grenier faisait passer un premier frisson dans Mériadeck. Mais, en voulant récupérer le puck, il commettait toutefois une faute sur Kaisjoki que le corps arbitral semblait ne pas voir. Cette confusion profitait à Lassalle, pour servir Carignan au second poteau qui envoyait le palet au fond (3-3, 41’08).

Une nouvelle fois, Bordeaux avait été assez heureux de revenir au score. Les compteurs étaient remis à égalité et il restait assez de temps aux deux camps pour faire la décision. Ce but semblait redonner un second souffle aux locaux et dès lors le match s’équilibrait, les actions se succédant de part et d’autres. Les deux gardiens se livraient un duel tout aussi serré. Burnet se chargeait de repousser les contres rémois de Kévin Dusseau ou encore Vrielynck, tandis que Kubis se montrait toujours aussi impérial de son côté face aux vagues bordelaises. Plus le temps passait et plus on sentait que la décision allait peut-être se faire sur une action anodine ou sur un détail. Et ce qui arrivait à la mi-tiers. Suite à un engagement gagné par Martin-Whalen, Kévin Dusseau s’avançait en toute tranquillité dans l’axe et décochait un boulet que Burnet freinait, insuffisant pour éviter le but (3-4, 50’41).

Cette fois-ci, les Phénix étaient décidés à tenir fermement à ce précieux avantage et ce n’était pas une nouvelle infériorité (51’06) qui allait changer la donne. Et au sortir de celle-ci, Savoie et Martin-Whalen se lançaient dans un raid. Après un premier échec du capitaine rémois, Savoie récupérait la rondelle et se recentrait plein axe pour décocher un missile dans les buts de Burnet (3-5, 53’23). A cet instant, les Rémois paraissaient tenir le bon bout dans cette partie et le temps-mort, demandé par le coach rémois dans la foulée, les encourageait dans ce sens. Il restait une poignée de minutes à jouer et Bordeaux jetait ses dernières forces dans la bataille. Larrieu s’essayait tout d’abord, puis Lassalle mais Kubis y allait à chaque occasion d’arrêts solides pour tenir la marque.

Une supériorité rémoise (54’49) venait freiner les ardeurs des locaux et permettre aux Rémois de gérer au mieux la fin de rencontre. A deux minutes du terme, le coach bordelais appelait un temps-mort et sortait son gardien. Mais rien n’y faisait, Martin-Whalen se procurait même deux occasions de buts, toutefois ses essais passaient à côté. Les dernières secondes s’égrenaient et à la sirène, Reims savourait un précieux succès chez un adversaire direct, après une partie rythmée et plaisante à suivre.

Fort d’un solide gardien et d’un réalisme glacial, les Rémois avaient su déjouer les pronostics et repartir ainsi avec deux points mérités et importants dans la lutte au top 8. La semaine prochaine, les Phénix retrouveront les Vipers de Montpellier à Bocquaine, dans un nouveau duel décisif pour les play-offs, avec l’occasion aussi d’oublier la défaite amère concédée à l’aller (5-6 aux tirs aux buts).

Étoiles du Jury bordelais :
Pour Reims : Filip Kubis
Pour Bordeaux : 1- Alexandre Carignan / 2- Dave Grenier / 3- Jan Majercak.


Bordeaux - Reims 3-5 (1-0, 1-3, 1-2).
Samedi 20 février 2010 à 18h15 à Mériadeck. 1 865 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assistée de Vincent Champion et Pascal Telliez.
Pénalités : Bordeaux 8' (4', 2', 2'), Reims 16' (8', 4’, 4').
Évolution du score :
1-0 à 05'58" : Lassalle assisté de Larrieu (sup. num.)
1-1 à 22'01" : Savoie
1-2 à 31’42" : Martin-Whalen assisté de J. Sabatier et Savoie (sup. num.)
2-2 à 32‘30" : Grenier assisté de Carignan et Lambert
2-3 à 37'40" : Martin-Whalen assisté de J. Sabatier et Savoie
3-3 à 41‘07" : Carignan assisté de Grenier et Lassalle (double sup. num.)
3-4 à 50'41" : Dusseau assisté de Martin-Whalen
3-5 à 53‘23" : Savoie