Angers - Grenoble (Ligue Magnus, 22e journée)

Des supériorités qui coûtent cher...

Après cette mini-trêve internationale, le championnat reprenait ses droits ce week-end avec l'affiche de cette journée : Angers-Grenoble. Des Grenoblois amoindris par de nombreux absents dont Damien Fleury et Viktor Wallin. Côté angevin, seul Simon Lacroix manque à l'appel. Le public, lui, répond bien présent puisque le match se joue à guichets fermés.

La rencontre démarre timidement et le jeu se déroule essentiellement dans la zone neutre. Kévin Igier se retrouve en prison très rapidement et les Grenoblois montrent vite leur talent en power-play. Dans le même temps, Juho Jokinen prend dix minutes pour contestation. Cette première supériorité grenobloise ne donne rien, malgré de belles tentatives de loin d'Alexandre Rouleau (4'), ou de près par Mijta Sivic (5'). Le jeu s'équilibre ensuite, mais sur une belle percée de Martin Jansson, Peter Aubry sort le grand jeu avec un arrêt sûr de la mitaine (8').

Une pénalité pour surnombre permet aux hommes de Patrick Rolland (en l'absence de Mats Lusth, toujours retenu en Suède pour obligations familiales) de prendre l'avantage : un tir de la bleue d'Alexandre Rouleau transperce le rideau angevin (0-1, 12'30''). Les Ducs sont un peu sonnés et les meilleures occasions sont à mettre à l'actif des Grenoblois. Une pénalité contestable sifflée à l'encontre d'Éric Fortier leur permet de faire le break. Martin Jansson, à mi-distance, tire au premier poteau, que Peter Aubry bouchait mal (0-2, 17'59''). Le jeu en infériorité des Ducs est apathique... Cela associé aux faibles performances – chroniques depuis plusieurs mois – de Kévin Igier. Des performances qui n'altèrent pas outre mesure le sélectionneur national... Ce qui surprend de plus en plus de monde dans les travées angevines !

Angers revient sur son glaçon avec plein d'envie, et Jason Crossman, surpris par la vivacité locale, se fait sanctionner. La supériorité numérique est prolifique. Les Ducs ont failli marquer dans un gros cafouillage, mais le palet a été stoppé de la main par un défenseur isérois. Sanction inévitable : tir de pénalité. L'artificier angevin Jonathan Bellemare se charge de transformer ce pénalty d'un tir à mi-hauteur côté mitaine d'Eddy Ferhi (1-2, 22'51"). Imparable !

Les Angevins continuent d'accélérer et le public sent que l'égalisation peut vite venir. Pierre-Luc Laprise fait parler son physique le long de la bande et sert Éric Fortier plein axe qui dévie la rondelle dans la lucarne gauche des buts visteurs. Eddy Ferhi reste de marbre sur cette superbe action angevine (2-2, 33'43").

Mais une nouvelle fois, le jeu en supériorité visiteur fait mouche. Une incroyable passivité (ou un placement aléatoire) conjugué à un jeu grenoblois conquérant... Et le résultat est inévitable. Jean-François Dufour, désespérément seul au second poteau, pousse la rondelle tranquillement au fond, suite à une passe laser de Christophe Tartari (2-3, 35'42"). Le suspense reste cependant entier à l'issue de ce deuxième tiers entre deux prétendants au titre.

Au retour des vestiaires, Angers égalise sur un tir excentré d'Hermanni Vidman qu'Eddy Ferhi laisse passer assez inexplicablement (3-3, 41'36"). Il ne faut pas jeter la pierre au gardien international français qui n'a pas grand-chose à se reprocher sur cette partie.

Mais Angers paye cher son indiscipline et son incrédulité puisqu'un second surnombre donne l'occasion à Grenoble de reprendre l'avantage. Idéalement servi de la bleue par Ludek Broz, Mijta Sivic ajuste de près Peter Aubry dont la botte arrive un poil en retard (3-4, 45'46"). Pire pour les locaux, Jean-François Dufour refait le break sur un tir à mi-distance imparable (3-5, 51'29').

Les Angevins poussent bien, mais les Grenoblois sont bien organisés autour de leur cage, Eddy Ferhi faisant le reste avec brio. À deux minutes de la fin, Anders Nilsson se fait sanctionner pour retard de jeu en envoyant la rondelle directement dans les tribunes depuis sa zone défensive. Coup double pour les Angevins puisqu'avec la sortie de Peter Aubry de ses cages, ils se retrouvent à 6 contre 4. Une tactique payante. Jonathan Bellemare ajuste Eddy Ferhi. Le "magicien" redonne l'espoir à toute une patinoire. Malheureusement pour le public du Haras, Eddy Ferhi tient le navire grenoblois à flot et plus rien n'est marqué.

Une victoire pas forcément illogique pour des Grenoblois hyper-réalistes en supériorité (4 sur 6). Angers, avec un peu plus d'envie, aurait pu l'emporter également. Une bonne opération pour Grenoble (qui passe devant Amiens) et une mauvaise pour Angers (qui ne passe pas devant Briançon, défait à Strasbourg).

Au niveau des performances individuelles grenobloises, Ludek Broz revient fort de blessure, Martin Jansson est appliqué et décisif. Eddy Ferhi peut être satisfait de sa prestation. Antonin Manavian a été très inconstant et a mis quelquefois en danger sa défensive.

À Angers, il n'y pas forcément eu de joueurs sortant du lot, si ce n'est Éric Fortier de plus en plus décisif dans les coins et devant le but. Kévin Igier, lui, est passé complètement à côté de son match. Relances et placements hasardeux, passes imprécises... Comment, après un début de saison très convaincant, peut-on se retrouver avec un niveau de jeu aussi faible ? À Heikki Leime de trouver les solutions...

Les étoiles du match : *** Ludek Broz (Grenoble), ** Éric Fortier (Angers), * Martin Jansson (Grenoble).

 

Angers – Grenoble 4-5 (0-2, 2-1, 2-2)
Samedi 20 février 2010 à 20 h 30 à la patinoire du Haras. 1 200 spectateurs
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Yann Furet et Pierre Dehaen.
Pénalités : Angers 24' (6'+10', 4', 4'), Grenoble 12' (4', 2', 6')
Évolution du score :
0-1 à 12'30" : Rouleau assisté de Tartari et Baylacq (sup. num.)
0-2 à 17'59" : Jansson assisté de Broz et Sivic (sup. num)
1-2 à 22'51" : Bellemare (tir de pénalité)
2-2 à 33'43" : Fortier assisté de Laprise et Bellemare
2-3 à 35'42" : Dufour assisté de Tartari et Baylacq (sup. num.)
3-3 à 41'36" : Vidman assisté de Baluch
3-4 à 45'46" : Sivic assisté de Broz et Jansson (sup. num.)
3-5 à 51'29" : Dufour assisté de Tartari et Arrossamena
4-5 à 59'05" : Bellemare assisté de Lahesalu (sup. num.)