Épinal - Rouen (Ligue Magnus, 23e journée)

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Six mois après Stéphane Gervais, c'est à Ilpo Salmivirta de revenir sur la terre de ses premiers exploits "français". Symbole fort des "années Allard", le Finlandais a fait les beaux jours d'Épinal comme membre influent du fameux "cinq majeur"  (avec Chassard, Petrak, Plch et Gervais en supériorité numérique).

Pourtant le Finlandais, contrairement au Canadien, n'a pas droit à son retour triomphal à Poissompré, la (vraie) patinoire étant fermée pour raisons de sécurité. C'est sur l'un de ses anciens parkings que Salmivirta s'en vient patiner avec ses nouveaux coéquipiers. Des Dragons aux dents longues et à la force de frappe dissuasive autour de ses "Quatre fantastiques". Mais qu'importe, Rouen ou pas, le public spinalien, ce soir, n'a d'yeux que pour "son" Ilpo...

Il en aura tout autant pour ses Dauphins, même s'ils ont bien failli ne pas être les mêmes que d'habitude. Sur-utilisés pour pallier à de nombreuses indisponibilités, les cadres "survivants" sont émoussés, même s'ils font preuve d'un état d'esprit leur permettant de limiter la casse en ces temps de vaches maigres. Le point ramené de Morzine en fait foi. Aussi Pellegrino a t-il songé à les mettre au repos... quitte à les remplacer par de jeunes joueurs issus de la division 3 ! Un sabordage évité d'extrême justesse :  le staff constatant, après essai, que la marche serait trop haute pour ses réservistes...

C'est l'ICE qui mord la première dans ce match, poussant Lhenry à s'employer. Ces quelques suées sont bienvenues pour Fabrice Lhenry, qui revient d'une longue convalescence et ne vise rien de moins qu'un retour en bleu pour le mondial allemand. Une échéance qu'il partagerait avec Benoît Quessandier même si le Normand, rentré blessé du tournoi italien, rate d'attendues retrouvailles avec son club formateur...

Malgré le retour significatif de Guillaume Chassard, l'ICE est encore fortement amoindrie ce soir, notamment dans ses rotations défensives, réduites à leur plus simple expression. Un handicap rédhibitoire face à des Dragons venus pour faire parler la poudre. C'est d'ailleurs l'inévitable Salmivirta qui allume la mèche, d'un tir bien bloqué par Tojkander (03'36").

Emballé, c'est pesé...

Avec Rouen, mieux vaut connaître ses classiques. On ne présente plus les Doucet, Thinel, Mallette et autres Desrosiers. "Quatre fantastiques" dispatchés sur les deux premiers trios, pour un maximum d'efficacité. Jérémie Romand, qui s'est greffé au duo Mallette-Desrosiers, est partie prenante d'une ouverture du score menée à la vitesse de l'éclair, sur une combinaison rondement menée et conclue par Julien Desrosiers (0-1 à 05'40"). Premiers rebonds... et premier but !

Cette fois ça y est, la seconde est enclenchée et Lampérier, seul dans l'enclave, passe la deuxième couche avec la complicité d'Éric Doucet, à l'affût derrière la cage (0-2 à 06'42"). Comme prévu, les Normands déroulent mais les Dauphins ont du répondant et Jan Plch profite d'une rondelle égarée derrière la cage. Lhenry, pris à contre pied, avait laissé la porte ouverte (1-2 à 08'43").

Rouen ne force vraiment pas son talent et sa défense reste étonnement permissive aux assauts vosgiens, à l'image d'un Nathan Ganz toujours plus étonnant. À n'en pas douter, c'est la révélation spinalienne de l'année !

Courants d'air et conséquences

Ce jeu décousu ne sied pas vraiment au "géant" Daniel Babka (1,96m), l'autre tour de contrôle (avec Petri Virolainen) de cette défense pas toujours irréprochable dans sa couverture. Mais voilà, si le "roi Lhenry" s'en tire bien, "King" Henrik est trop souvent livré à lui-même. Sans opposition, Carl Mallette temporise dans son coin, ressort dans l'axe et se fend d'un petit lancer au ras du poteau (1-3 à 15'52"). Une action qui en dit long sur le degré d'implication d'une arrière-garde visiblement réduite à l'état végétatif...

Une telle passivité ne pardonne face à des individualités aussi prononcées. Le constat vaut aussi pour Jan Plch, dans tous les bons coups et notamment dans la ligne d'une passe axiale de Thinel vers Mallette. Un jaillissement presque payant même si Lhenry, dans son duel singulier, a le dernier mot (19e). Si Rouen a gaspillé son double avantage numérique, Carl Mallette, en one-timer, se charge d'ajuster la lucarne opposée (1-4 à 19'13"). Et un de plus dans la musette...

Comme le réalisme n'est pas la dernière des qualités normandes, l'addition est déjà très salée. Et encore, deux exploits individuels vont adoucir la note. Thinel mis "au frais" pour deux minutes (21'07"), c'est Karlsson qui prend les choses en main, s'infiltrant dans l'axe pour habilement déjouer Lhenry du revers (2-4 à 22'44"). Les rebonds lâchés par l'homme masqué (toujours aux couleurs d'Esbjerg) entretiennent l'illusion.

Une minute de folie

En guise de représailles, Marc-André Thinel s'amène côté gauche pour remiser dans l'axe, vers Loïc Lampérier, qui fait mouche d'un tir croisé (2-5 à 26'00"). Michal Petrak lui répond d'un numéro de soliste mettant la défense sans dessus-dessous (3-5 à 26'19"). Dans la foulée, c'est un rebond gagnant d'Ilpo Salmivirta qui freine les ardeurs locales (3-6 à 26'47"). Et rappelle de bons souvenirs à un public nostalgique de son "couteau suisse"...

Ilpo, comme chez luiohberg_kai_091003_010

On ne présente plus Salmivirta, peut-être l'ailier le plus complet du championnat. Une polyvalence qui le rendait indispensable à Épinal et lui vaut encore une popularité inégalée. En forme olympique, le Finlandais est au four et au moulin, autant précieux en échec avant et dans le jeu sans palet qu'en phase purement offensive. Avec les "Quatre fantastiques", Salmivirta n'est pas autant mis en avant mais démontre, aux-côtés de Tardif et Zwikel, toute l'étendue de son talent.

Rodolphe Garnier et Christian Pouget peuvent maintenant ouvrir leur banc et lâcher l'énergique Tarantino pour ajouter une quatrième ligne à leurs rotations. Car ce soir, chacun à droit à sa part du gâteau. Même Magnus Eriksson, qui excelle dans l'art du powerplay. Le Suédois, à la pointe, grille pourtant toutes ses cartouches face à un box-play aux abois. Jeté en pâture à cette flopée de prédateurs, Tojkander ne s'en tire pas si mal que ça. À l'image de "rose et bleus" très opportunistes dans l'acte médian. Et chanceux, au retour des vestiaires, de voir Thinel rater son break-away (40'11")...

La vitesse d'exécution rouennaise paraît sans équivalent, quoiqu' exploitée avec parcimonie. Le seul à sortir le grand jeu reste Ilpo Salmivirta. Son abatage est remarquable et son intensité lui donne l'avantage dans nombre de duels, comme cette course poursuite défavorable à Peter Slovak. C'est une des nombreuses facettes de la panoplie du Finlandais, qui est aussi un bon passeur. Demandez à Tardif, servi sur un plateau au deuxième poteau (3-7 à 42'48").

Les Vosgiens n'ont dès lors plus grand chose à se mettre sous la dent. Même en supériorité numérique, où la récupération de Carl Mallette devient une offrande pour Julien Desrosiers, libre de tout marquage côté droit. Mallette flaire alors le bon coup et suit le mouvement (3-8 à 46'12").

L'ami Carl a tout d'un "MVP" en puissance mais voilà, ce titre honorifique ne pourra échapper à ce diable de Salmivirta, qui aura fait ce soir toutes les misères du monde à ses anciens coéquipiers. Toutes ? Eh bien pas tout à fait puisqu'il ne manquera qu'une de ces déviations dont il a le secret...

Au lieu de ça, c'est d'une passe décisive qu'il va honorer la dernière réussite du soir, oeuvre de Kai Öhberg. Tojkander, qui retardait l'échéance, était masqué sur le tir flottant du Finlandais (3-9 à 54'35")

La raclée était inévitable compte tenu des circonstances et cette fin de partie à sens unique ne sera qu'une succession de temps forts normands. Le maigre public a beau s'être régalé en compagnie d'Ilpo Salmivirta, ce match n'aura pas fait avancer le schmilblick. L'incertitude est toujours aussi grande à quelques jours d'un voyage crucial à Chamonix...

 

Épinal - Rouen 3-9 (1-4, 2-2, 0-3)
Mardi 23 février 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 300 spectateurs environ.
Arbitres : Damien Bliek assisté de Benjamin Gremion et Yann Furet.
Pénalités : 16' (6' + 6' + 4') contre Épinal ; 10' (2' + 4' + 4') contre Rouen.
Tirs : 28 pour Épinal (10 + 13 + 5), 48 pour Rouen (15 + 20 + 13).

Évolution du score :
0-1 à 05'40" : Desrosiers assisté de Mallette et Romand
0-2 à 06'40" : Lampérier assisté de Doucet et Thinel
1-2 à 08'43" : Plch
1-3 à 15'52" : Mallette assisté de Desrosiers et Romand
1-4 à 19'13" : Doucet assisté de Mallette et Öhberg (sup. num.)
2-4 à 22'44" : Karlsson (sup. num.)
2-5 à 26'00" : Lampérier assisté de Thinel et Doucet
3-5 à 26'19" : Petrak assisté d'Haapasaari
3-6 à 26'47" : Salmivirta assisté de Tardif et Zwikel
3-7 à 42'48" : Tardif assisté de Salmivirta et Öhberg (sup. num.)
3-8 à 46'12" : Mallette assisté de Desrosiers et Öhberg (inf. num.)
3-9 à 54'35" : Öhberg assisté de Salmivirta et Zwikel (sup. num.)


Épinal

Gardien : Henrik Tojkander.

Défenseurs : Peter Slovak - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Lionel Simon ; Yvan Charpentier.

Attaquants : Guillaume Papelier - Tomi Karlsson - Jan Plch (C) ; Jussi Haapasaari - Michal Petrak - Guillaume Chassard ; Kévin Benchabane - Erwan Agostini - Nathan Ganz.

Remplaçants : Stanislav Petrik (G), Jonathan Gury. Absents : Benoît Quessandier (tête), Niko Mäntylä (convalescent), Tarik Chipaux (genou), Jan Simko (poignet).

Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Petri Virolainen - Magnus Eriksson ; Kai Öhberg - David Holmqvist ; Daniel Carlsson - Daniel Babka.

Attaquants : Loïc Lampérier - Eric Doucet (A) - Marc-André Thinel ; Jérémie Romand - Carl Mallette (C) - Julien Desrosiers ; Luc Tardif Jr - Jonathan Zwikel (A) - Ilpo Salmivirta ; Alexandre Mulle - Lionel Tarantino - Anthony Rech.

Remplaçant : Trevor Koenig (G).