Montpellier - Valence (Division 1, 22e journée)

Pour les Montpelliérains, il fallait, bien sûr, prendre les deux points et ne pas perdre le bénéfice de la victoire contre Bordeaux. Là était la pression véritable qu'avaient les Vipers sur les épaules lorsqu'ils striaient la glace de Végapolis en ce début de rencontre. Une pression qui reposait en partie sur le rendement de la ligne Åman-Hanes-Vavra, dont la contribution à l'effort collectif avait été réclamée avec insistance.

Il ne fallait pas plus de quatre minutes pour vérifier que les acteurs décriés renversaient toutes les préventions. Erik Rosén avait reçu le palet de Kamil Vavra, il lançait immédiatement son compatriote Vilhelm Åman (04'08) qui fusillait Jérémy Valentin. Un but qui irradiait de joie le visage du talentueux suédois, dont la disette de cinq matchs sans buts avait du être longue à vivre...

C'est alors que Robert Pospisil partait en prison (4'28). Le spectre des pas en avant, pas en arrière, entrevus contre Bordeaux, ressurgissait... mais cette fois, les Vipers résistaient et passaient l'épreuve de l'infériorité. Le trio allait encore frapper alors que le hors-jeu allait être invoqué par les Valentinois pour contester le but accordé par l'arbitre. Vilhelm Åman transmettait à Matus Hanes pour un long flip qui statufiait un Marko Filip incapable de stopper Kamil Vavra (7'22).

Le tempo du match était donné et les vagues bleues déferlaient sur une équipe de Valence en panne, non seulement de jeu, mais aussi privée des valeurs qui avaient tant contribué à ses succès et qui semblent ne plus habiter la tanière des Lynx. La domination des joueurs de Lionel Bilbao pesait de plus en plus sur les visiteurs, mais Valentin fermait la porte et les locaux ne parvenaient pas à concrétiser, y compris lors d'une séquence de près d'une minute à 5 contre 3.

Un tiers temps solide ne fait pas un match, qui en compte toujours trois. Les Vipers étaient invités à se souvenir que de nombreux matchs avaient basculé dans cette fatidique seconde période...

C'est pourtant bien un scénario de ce type là qui semblait se mettre en place quand le vétéran défenseur Marcel Simak (22'27) prenait la direction du banc des pénalités. Le grand Slovaque, ennuyé toute la semaine par ses maux de dos récurrents, n'avait pu se joindre à tous les entraînements et il lui fallait prendre beaucoup sur lui pour assurer ses présences.

Le jeu de puissance valentinois se mettait en place et lâchait quelques salves sur Fabrice Agnel, que le gardien des Vipers écartait sans mal. Sur l'une d'entre elles, il écartait le tir de Bastien Sangiorgio (23'42) du bouclier. Mais le rebond profitait à Milan Dirnbach, qui pouvait remettre à l'attaquant des Lynx. Celui-ci, d'un tir à bout portant logeait le palet sous la barre. Une séquence difficile pour les Vipers, qui semblait faire basculer le match lorsque le même Sangiorgio frappait le meilleur ami de Fabrice Agnel à Végapolis : le poteau...

Ces brèves chaleurs allaient vite se dissiper dès que les Vipers se remettaient dans le sens du courant et allaient solliciter Valentin. Ils avaient fait dans le léché et le talentueux, ils allaient montrer que les manches retroussées pouvaient, à l'occasion, être utilisées. C'est sur une action toute de rage et de conviction que le trio donnait de l'air à Végapolis lorsque Kamil Vavra (26'56) parvenait à glisser sous les bottes du gardien un palet qui avait transité par Matus Hanes et Vilhelm Åman.

Dès lors, la partie prenait une sale tournure. Laurent Garbay, le directeur de jeu, tentait de garder au match sa dynamique en sanctionnant modérément, mais les débats se musclaient peu à peu et le troisième tiers-temps s'annonçait sous des auspices peu riants, tant les mines contrariées et furieuses commençaient à poindre sur les visages des Vipers.

Un bon pressing de César Lefranc, juste avant de céder sa place à Alexis Billard, permettait au palet de parvenir à Quentin Garcia, qui travaillait fort aux abords de la cage de Jérémy Valentin. Romain Masson (46'17), posté devant, tirait les marrons du feu, avant de devoir en faire une distribution plus complète, et glissait le palet sous les bottes du gardien.

L'agression qu'allait subir l'attaquant des Vipers mettait le feu aux poudres. Frappé trop fort à son gré, le fougueux ailier n'entendait pas subir et répliquait avec ses poings. Comme avec une étincelle, le feu prenait et embrasait la glace. C'est ainsi que trois combats se livraient simultanément, avec Romain Masson s'ajoutaient Quentin Garcia qui bloquait son adversaire par un repli du maillot sur ses bras et Jérôme Catil qui ne pouvait laisser le grand Samson Samson s'en prendre à des plus petits sans mettre en action ses grands bras.

Au four et au moulin, le trio arbitral se jetait courageusement dans la mêlée pour tenter de séparer les bellicistes. Ils y parvenaient à grand peine, mais, faute d'un nombre suffisant, ils ne pouvaient contenir le conflit dans lequel s'impliquait Alexis Billard. Les huit étaient renvoyés à des douches précoces, histoire d'éteindre les incendies qui auraient pu couver et ressurgir plus tard.

Le temps mort appelé par le coach de la Drôme ne portait guère ses fruits. César Lefranc (47'42), de retour sur la glace plus tôt que prévu, pour cause de pénurie soudaine d'attaquants, allait profiter d'une passe de Yohann Chauvière pour enfoncer un autre clou dans le cercueil valentinois.

Antoine Pelisse (49'21) donnait la supériorité qui permettait à Robert Pospisil (50'15) de profiter du travail de Vilhelm Åman et Matus Hanes pour s'inscrire dans la colonne des buteurs du jour. Le même Pelisse (50'58), à peine de retour de sa punition, y retournait pour voir son équipe enterrée par Vilhelm Åman (51'20), avec l'aide de Robert Pospisil. Lucas Fournier était appelé en remplacement du gardien qui avait pris pas moins de 3 buts en quatre minutes.

Les deux points obtenus devant Valence valent autant sur le plan comptable que sur le plan du mental. Pas décidés aux concessions en cette fin de parcours, les Vipers sont restés intraitables, sur le plan du jeu et du respect de Végapolis. Ils en paieront bien sûr le prix. Mais entre le prix de la cohésion d'équipe et le prix des renoncements qu'on finit toujours par payer trop cher, les calculs sont vite faits.

Le dernier long voyage de la saison régulière se profile, les Phénix de Reims, vainqueurs à Bordeaux, ne pouvaient mieux tomber...


Montpellier - Valence 7-1 (2-0, 1-1, 4-0).
Samedi 20 février 2010 à 19h30 à Végapolis. 861 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay assisté de Yannick Moreau et Guillaume Barthe.
Pénalités : Montpellier 112' (2', 4', 6'+4x5'+4x20'), Valence 138' (4', 6', 8'+4x5'+2x10'+4x20').
Évolution du score :
1-0 à 04'08" : Åman assisté de Rosen et Vavra
2-0 à 07'22" : Vavra assisté de Hanes et Åman
2-1 à 23’42" : Sangiorgio assisté de Dirnbach (sup. num.)
3-1 à 26‘56" : Vavra assisté de Hanes et Åman
4-1 à 46'17" : Masson assisté de Garcia et Lefranc
5-1 à 47‘42" : Lefranc assisté de Chauvière
6-1 à 50'15" : Pospisil assisté de Åman et Hanes (sup. num.)
7-1 à 51'20" : Åman assisté de Pospisil (sup. num.)