Nantes - Dunkerque (Division 2, 18e journée)

blumnicolasVaincre ou trembler

A l'issue d'une saison mi figue-mi raisin, les Corsaires de Nantes ne sont toujours pas assurés de jouer en play-offs. Pour éviter de dépendre du résultat des Clermontois, une seule solution : l'emporter face aux autres Corsaires, qui avaient arraché le match nul lors d'un match aller riche en rebondissements.

Les Nordistes sont venus pour se préparer au mieux à des séries auxquelles ils sont assurés de participer depuis plusieurs semaines. L'occasion aussi d'effacer les deux dernières déculottées, indignes de leur statut, et de rassurer un groupe mis à mal par les sanctions infligées en interne.

Le soutien d'une patinoire archicomble peut aider Nantes à surmonter l'absence de Dany Fortin, suspendu suite à la rencontre à Toulouse. Actifs d'entrée, ceux que le speaker affuble du surnom de 'All Blacks', pour éviter toute confusion avec le rival du soir, proposent plusieurs lancers contrebalancés par une charge trop appuyée de Nicolas Blum. Les autres Corsaires n'en demandaient pas tant pour lancer leur match, grâce à Folcke, isolé au second poteau (0-1 à 02'23").

Cependant, ils baissent vite pavillon dans la minute suivante, sous les coups de boutoir d'Hubert Dogemont, infiltré en force dans une défense ensuite prise à revers par Jérémie Paradis (1-1 à 03'07"). Sur la première faute nordiste, Philippe Bastarache donne même l'avantage aux siens d'un lancer précis de la ligne bleue (2-1 à 05'01").

La marque est maintenue en son état par Martin Léonard, bien en place sur les tentatives de Rozenthal, lancé par N'Guyen, et Destoop, oublié par la défense puis auteur d'une percée entre Blum et Thomas Paradis. Son gant retarde l'échéance sur un tir de Zajac, sa jambière en fait se même devant Folcke, jusqu'à un revers de Thomas, en hauteur (2-2 à 14'28"). Positionné en attaquant, Karl Dewolf redonne l'avantage aux blancs dès la mise au jeu remportée par Destoop (2-3 à 16'54").

Les hommes d'Éric Schnakenbourg sont sanctionnés tant par la montée en puissance des blancs que par leur manque de réussite offensive. Ainsi, tour à tour Tomas Kukucka, Charley Marcos, d'un lancer pas assez appuyé pour surprendre De Backer, et Jérémy Paradis, servi dans l'enclave par Dogemont, échouent dans le dernier geste. Conscients de l'importance de la rencontre, ils poursuivent leurs efforts en deuxième période, par ce même Paradis, très percutant, et Kukucka, qui contourne en vain ses adversaires.

Replié devant son portier belge, Dunkerque fait le dos rond et reste dangereux en contre-attaque. Contré à la bleue, Thomas Paradis voit Christophe Eichenholc s'échapper... et vérifier la solidité des réflexes de Léonard. Mais, après avoir percuté Kévin Savin, François Rozenthal se montre précis et patient pour servir Benjamin N'Guyen, venu apporter une solution de derrière (2-4 à 23'37").

Tirant de l'arrière, Nantes se trouve en mauvaise posture à l'heure de (re)mettre en route son jeu de puissance, à quatre reprises en dix minutes. La faute de Cousein (26'44") est réparée par l'incapacité des équipiers de Claude Devèze de tirer à la cage. Sur celle de Benjamin Denis (30'03"), l'incisif Blum trouve son capitaine en position idéale, pour un lancer trop enlevé. Le danger se précise suite à une charge contre la bande de Derepper (32'27") car Devèze dévie le lancer de Kukucka sur le poteau. Suite à une obstruction de Rozenthal, Blum trouve Thomas Paradis dans l'espace, mais Grégory Dubois empêche le Nantais d'ajuster De Backer (35'46"), qui repousse le tir de pénalité sifflé sur le coup. Finalement, c'est au retour à cinq que Yohann Bidet redonne espoir au public, en reprenant un tir initial de Savin (3-4 à 38'20").

Pour le dernier tiers, Éric Schnakenburg opte pour un changement sur le premier trio, qu'intègre Martin Serra. Le changement est payant car ce dernier trouve la lucarne d'un lancer du poignet (4-4 à 43'45"). Même si Nantes se montre de plus en plus dominateur, Dunkerque peut à ce moment regretter un jeu à trois entre Folcke, Thomas et N'Guyen, sauvé in extremis à l'approche du deuxième coup de sirène. La réussite fuit également Aurélien Zajac, le plus rapide sur son aile pour trouver le poteau, et Destoop, qui se présente seul face à Martin Léonard.

paradisjrmieNouveau final à couper le souffle

Le match aller avait donné lieu à un match nul étonnamment prolifique. Cette fois, les Nantais ne disposent plus d'une avance confortable à l'abord des minutes décisives car le travail de Dogemont derrière la cage n'est pas repris, pendant que la défense orchestrée par Grégory Dubois veille. La succession de fautes peut permettre à chacun de faire basculer la rencontre, mais les gardiens restent vigilants : De Backer se couche bien sur l'essai de Bastarache, Léonard détourne pour sa part le tir de près de Thomas et la reprise de Dubois.

Nantes aurait bien besoin de ses hommes providentiels en ces moments-clés. Or, Jérémy Paradis est envoyé au cachot en compagnie de Clément Derepper et Tomas Kukucka commet deux fautes sur les accélérations de Thomas et Rozenthal, qui parvient tout de même à lancer après avoir passé en revue tous les Corsaires noirs. Les visiteurs paraissent en mesure de prendre les devants sur les montées de leur capitaine, déjoué à deux reprises par le portier sur une passe de Folcke et un tir lointain, et la puissance de Dewolf face au bouclier ferme de Léonard.

Dans la continuité de cette action, l'entraîneur-joueur commet une faute en zone neutre (58'13"). L'occasion pour Éric Schnakenbourg, qui prend son temps mort, de jeter ses dernières forces dans la bataille. Toutefois, Philippe Bastarache est contrarié et ne peut lancer ; quant à Kukucka, il rate la dernière chance... qui échoit à François Rozenthal, parti seul tromper Martin Léonard in extremis (4-5 à 59'59").

Au match aller, Nantes avait laissé échappé une avance de deux buts dans les trente dernières secondes. Ce soir, c'est encore un point qui s'envole alors que retentit la sirène sur ses derniers espoirs de play-offs...

Désignés meilleurs joueurs du match (par l'entraîneur adverse) : Jérémy Paradis pour Nantes et Karl Dewolf pour Dunkerque.

Commentaires d'après-match

Karl Dewolf (entraîneur-joueur de Dunkerque) : "Il ne fallait pas renouveler la prestation réalisée face à Champigny-sur-Marne. Dans l'approche de la rencontre et la combativité affichée, il s'agissait déjà d'entrer en play-offs sans penser aux éventuelles blessures. L'équipe a répondu aux attentes, est restée cohérente dans sa façon de travailler, sans abus de confiance. Un match dure soixante minutes, même si ce qui arrive ce soir se réalise une fois sur 10 000. J'attends des joueurs qu'ils se donnent à 100%, sans calculer à l'abord des play-offs. J'ai joué devant parce qu'il manquait du monde. S'il faut le faire pour un match je suis partant, mais ce n'est pas ma place... En fin de rencontre, depuis la prison, j'ai essayé d'exhorter les Nantais à sortir leur gardien, pour provoquer l'échéance, sans toutefois leur manquer de respect car je connais bien Éric Schnakenbourg."

 

Nantes - Dunkerque 4-5 (2-3, 1-1, 1-1)
Samedi 27 février 2010 à 18h00 à la patinoire de Petit-Port.
Arbitrage de Laurent Antunes et Fabien Linek.
Pénalités : Nantes 18' (6', 4', 8'), Dunkerque 34' (4', 10‘, 10'+10').
Évolution du score :
0-1 à 02'23" : Folcke assisté de N'Guyen et Thomas (sup. num.)
1-1 à 03'07" : J. Paradis assisté de Dogemont
2-1 à 05'01" : Bastarache assisté de Bidet (sup. num.)
2-2 à 14'28" : Thomas assisté de Rozenthal
2-3 à 16'54" : Dewolf assisté de Destoop (sup. num.)
2-4 à 23'37" : N'Guyen assisté de Rozenthal
3-4 à 38'20" : Bidet assisté de Savin et Devèze
4-4 à 43'45" : Serra assisté de Kukucka e J. Paradis
4-5 à 59'59" : Rozenthal (inf. num.)

Nantes
Gardien : Martin Léonard.
Défenseurs : Nicolas Blum - Thomas Paradis ; Romain Rulleau - Philippe Bastarache ; Emmanuel Colliot - Bertrand Bergeron.
Attaquants : Hubert Dogemont (C) [puis Serra à 40'00"] - Jérémie Paradis - Tomas Kukucka ; Yohann Bidet (A) - Kévin Savin - Claude Devèze ; Charley Marcos - Martin Serra - Mick Joyeux ;  Thomas Charret.
Remplaçant : Florent Robin (G). Absent : Dany Fortin (suspendu).

Dunkerque
Gardien : Bram De Backer.
Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Ghislain Folcke ; Clément Derepper - Benjamin Denis ; Sébastien Maison.
Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N’Guyen (A) - François Rozenthal (A) ; Barthélémy Cousein [Zajac à 40'00"] - Loïc Destoop - Karl Dewolf ; Aurélien Zajac [Cousein à 40'00"] - Christophe Eichenholc - Grégory Renaux.
Absents : Arnaud Péan (obligations professionnelles), Arthur Legrand, Benjamin Louf, Camille Argiolas, Olivier Batardière.