Reims - Montpellier (Division 1, 23e journée)

Bien remis en selle par leur succès à Bordeaux la semaine passée, les Phénix retrouvaient à Bocquaine ce week-end les Vipers de Montpellier pour un affrontement attendu à double titre. Tout d’abord, conforter un peu plus cette bonne place au sein du top 8 et, d’autre part, faire oublier la défaite de l’aller. Seulement, la tâche ne s’annonçait pas des plus aisées pour François Dusseau et sa troupe, les forfaits de Cahill et Vesely s’ajoutant à l’absence initiale de Valier (retenu chez les U18).

Dès le début, les deux formations entamaient la partie tambour battant et Montpellier se créait très rapidement la première occasion par Aman, qui retrouvait Kubis pour un duel, mais le grand Suédois bafouillait quelque peu au moment de conclure. Une première bouffée de chaleur pour les Rémois et leurs partisans venus en nombre samedi soir. Reims ne tardait pas à réagir par l’intermédiaire de Martin-Whalen, d’une montée ravageuse, qui poussait à la faute la défensive héraultaise (02’16). A un homme de plus, les gros canons rémois peinaient à se mettre en place, la faute principalement à un bon pressing des quatre Vipers restants. Seul Kaisjoki parvenait à frapper à la porte d’Agnel, mais celui-ci faisait bonne garde.

Le rythme du match ne faiblissait pas et le danger passait d’un camp à l’autre. A un raid de Vavra bien stoppé par Kubis, Lohou y répondait d’une action en solo dans la défense des Vipers, mais Agnel verrouillait l’accès à ses cages. Le match était digne des play-offs, avec des défensives prenant le pas sur les attaques et une intensité au rendez-vous. Tout pouvait basculer à partir de la moindre erreur et Sokolov n’était pas loin d’en apporter la preuve à la huitième minute. L’avant rémois était à l’affût pour récupérer une relance hasardeuse des visiteurs, mais tardait à déclencher, permettant aux Montpelliérains de se dégager sans soucis.

A côté de cela, Montpellier commençait à monter en puissance dans ce tiers. Kubis était de plus en plus souvent au charbon, notamment avec les essais des très remuants Aman ou Garcia. Les visiteurs bourdonnaient de plus en plus autour des cages rémoises et leur forcing allait trouver son point d’orgue à la quatorzième minute. Sur un engagement capté par Aman, Masson reprenait instantanément et logeait la rondelle en pleine lucarne (0-1, 13’59). Une ouverture du score qui n’était pas illogique, Montpellier se trouvant depuis un moment dans un temps fort.

La suite des évènements continuait à être favorable aux Vipers, qui bénéficiaient d’une supériorité une minute plus tard (14’46). Reims serrait les boulons derrière et parvenait à passer cette perturbation sans dommage. Preuve qu’ils étaient toujours présents dans cette rencontre, les Rémois bousculaient à leur tour leurs adversaires, qui passaient à leur tour par la case prison. Les gros canons se retrouvaient même en double avantage à la dix-septième minute. Une telle occasion n’allait pas être laissé en route, puisque Rehor, décalé par Prochazka, ajustait d’un maître tir Agnel pour l’égalisation rémoise (1-1, 17’33).

Reims était revenu aux affaires, laissant place de nouveau à l’indécision dans cette rencontre. Plus rien ne changeait jusqu’à la sirène et chaque formation regagnait le vestiaire sur ce score de parité.

Au retour sur le glaçon, l’intensité du match ne changeait pas d’un pouce et les deux formations s’évertuaient à pratiquer un hockey de qualité. La moindre erreur était toujours synonyme de danger pour celui qui la commettait. Pour preuve, à la 22ème, un flip trop court en zone neutre permettait à Simak de lancer en break Hanes, qui était repris illicitement par la défense. Les Rémois s’en sortaient bien sur le coup avec une infériorité, tant l’action aurait pu mériter un autre sort au grand désarroi du banc visiteur. Sur la supériorité, Montpellier cherchait le jeu parfait et se heurtait au bon pressing rémois. C’était ce même pressing qui allait procurer deux franches occasions à Vrielynck puis Jérémy Sabatier, mais Agnel frustrait tour à tour les deux Phénix.

Montpellier paraissait quelque peu frustré sur le coup, à l’instar de Boileau contestant avec véhémence une décision arbitrale à la 25ème. Le match était toujours aussi serré et la pression pouvait forcer des petites erreurs. Reims en faisait l’expérience en concédant une pénalité pour surnombre. Seulement, la défensive rémoise se faisait punir une deuxième fois dans la foulée et Montpellier avait là une occasion rêvée de reprendre les devants (29’32). Les visiteurs s’installaient rapidement et un mitraillage en règle des buts de Kubis commençait. Le gardien tchèque réalisait plusieurs prouesses successives face aux tirs sur réception de Rosen et Masson, mais un ultime essai de Masson avait raison de la résistance rémoise (1-2, 30’34).

Montpellier n’avait pas laissé sa chance et allait s’employer à garder le score en l’état. Les Phénix aidaient quelque peu leurs adversaires à garder la main mise sur la rondelle, avec une nouvelle supériorité à cinq minutes du terme. La défense rémoise laissait les Vipers faire tourner le puck en supériorité, s’appuyant au besoin sur un Kubis solide dans ses buts. La tension montait d’un cran en toute fin de tiers suite à une charge dangereuse à la gorge d’Aman sur Martin-Whalen. Le corps arbitral faisait preuve de clémence envers le Suédois et sanctionnait aussi Vrileynck, venu défendre son capitaine. Tout ceci n’était pas du goût du coach, qui le faisait savoir vertement à l’arbitre. Le tiers s’achevait ainsi dans la confusion et tout restait à faire au cours d’une troisième qui promettait d’être tendue.

A la reprise, l’arbitre avait convié François Dusseau à suivre le match depuis les gradins suite aux évènements de fin de deuxième tiers. En parallèle, le coach rémois avait trouvé en Coustenoble un coach de substitution sur le banc, servant de relais pour distiller ses consignes. Sur le glaçon, la tension était palpable et les contacts dans la bande se faisaient plus nombreux. Montpellier pressait haut et multipliait les occasions pour créer le break. Malheureusement pour eux, Kubis assurait le spectacle et maintenait ses couleurs à portée de fusil des Vipers. Conscients de récompenser le travail de leur portier, les Phénix allaient profiter d’un moment de répit de leurs hôtes pour venir frapper à leur porte. Suite à une relance rapide de Kubis, Kaisjoki remontait le glaçon sur l’aile gauche et décochait un lancer anodin, sur lequel Agnel s’emmêlait les pinceaux et voyait la rondelle finir au fond de ses cages (2-2, 47’14).

Ce but, quelque peu chanceux, relançait le match ainsi que les Phénix. Ces derniers pouvaient faire fructifier leur momentum deux minutes plus tard en supériorité, mais Agnel se ressaisissait et gardait le suspense intact. Les contacts et les échauffourées commençaient à se faire plus nombreux, signe d’une tension accrue à l’approche du klaxon final. Le trio arbitral avait de la peine à calmer les ardeurs des joueurs sur le glaçon, pour signe cette mini-bagarre à la 54ème et une certaine confusion qui en découlait pour savoir qui regagnait le cachot.

Après ces atermoiements, le jeu reprenait et on pouvait se demander de quel côté le match allait basculer. Reims avait l’occasion de faire pencher la balance en sa faveur avec un avantage numérique suite à la pénalité de Rosen, mais ni Dusseau, ni Rehor ne pouvaient transpercer la muraille Agnel. Dans les derniers instants, les Phénix se ruaient à l’attaque pour arracher la victoire et croyaient bien y parvenir à deux minutes du buzzer. Sur une montée rageuse de Florian Sabatier, Savoie se trouvait à la conclusion dans le slot pour pousser la rondelle au fond, mais l’arbitre, sans doute masqué sur le coup, ne pouvait confirmer et invalidait l’action (58’24).

La tension était à son comble et tout ce petit monde se dirigeait vers un remake du match-aller. Malgré une envie de part et d’autres, le score ne changeait pas et on allait assister dès lors à une prolongation qui n’avait rien d’illogique au vu du match.

Les prolongations n’étaient pas un exercice inconnu pour chaque équipe, Reims en étant à sa cinquième et Montpellier à sa quatrième du genre. Comme à l’aller, c’était les Vipers qui se montraient les plus incisifs. Reims subissait les assauts des visiteurs et Garcia avait la première occasion de forcer la décision, mais Kubis était royal et lui volait un but certain par deux fois. Puis c’était au tour d’Aman de se présenter en face à face avec le Tchèque et ce dernier avait là aussi le dernier mot au prix d’un superbe arrêt de la botte.

Le roseau rémois pliait sous les coups de boutoirs héraultais, cependant les locaux pouvaient compter sur un Kubis héroïque dans ses cages, mais aussi sur ses partisans bruyants et debouts pour soutenir leurs protégés durant cette période de surtemps. De son côté, Reims s’essayait avec son grand défenseur Prochazka lancé plein axe, mais la défense montpelliéraine revenait bien et l’angle était trop fermé pour surprendre Agnel. Montpellier y allait d’une dernière tentative par l’intermédiaire d’Aman, mais Kubis réalisait un ultime arrêt, envoyant tout ce petit monde en tirs de barrages.

Le tirage au sort désignait Montpellier comme 1er tireur :
Hanes s’élançait, feintait sur la gauche, mais ne parvenait pas à déjouer Kubis qui faisait l’arrêt de la botte (0-0).
Au tour de Savoie de partir en face à face, le québécois fixait Agnel et décochait un tir en première intention sous la barre. Bocquaine rugissait et Reims prenait les devants (1-0).
Vavra se rappelait au bon souvenir du match aller et tentait la même feinte sur Kubis, mais le Tchèque n’était pas dupe et faisait l’arrêt (1-0).
Comme à Montpellier, Florian Sabatier héritait du palet du match. Le Rémois essayait le revers entre les bottes d’Agnel, mais celui-ci ne se faisait pas surprendre (1-0).
Dernier tireur des Vipers, Boileau avait les derniers espoirs montpelliérains sur ses épaules. Le défenseur québécois ne tremblait pas et son tir en première intention faisait mouche (1-1).
Dernier tireur de cette première ronde, Rehor avait à son tour le palet de la gagne. Le Tchèque feintait sur la gauche Agnel et le déjouait du revers (2-1).

Bocquaine pouvait dès lors exploser de joie et avait vu Reims rendre, par la même occasion, la monnaie de sa pièce aux Vipers. Les Rémois restaient également quelques instants de plus sur le glaçon à communier avec leurs partisans, ivres de joie après un match qui aura été au bout du suspens. Dans une patinoire pleine à craquer, les Phénix venaient de remporter dans l’adversité une belle victoire, mais importante également, notamment pour l’attribution de bonnes places en play-offs. La semaine prochaine s’annonce périlleuse pour la formation à François Dusseau, avec un déplacement à Amnéville. En effet, les Mosellans, en regain de forme (trois victoires de suite), joueront leur survie en D1 sur ce match, tout en essayant d’effacer leur défaite crève-cœur du match aller.

Meilleur joueur à Reims : Filip Kubis
Meilleur joueur à Montpellier : Romain Masson.


Reims - Montpellier 3-2 (1-1, 0-1, 1-0, 1-0).
Samedi 27 février 2010 à 20h00 à Bocquaine. 891 spectateurs.
Arbitrage de Philippe Forget assisté d'Aurélien Smeekaert et Yann Vandaele.
Pénalités : Reims 48' (2', 10'+20', 6'+10', 0'), Montpellier 26' (6', 4'+10', 6', 0').
Évolution du score :
0-1 à 13'59" : Masson assisté de Åman
1-1 à 17'33" : Rehor assisté de Prochazka (double sup. num.)
1-2 à 30’34" : Masson assisté de Rosen et Åman (double sup. num.)
2-2 à 47‘14" : Kaisjoki assisté de Kubis