Brest - Deuil/Garges (Division 1, 24e journée)

Brest, sans convaincre

Après Avignon la semaine dernière, les Albatros retrouvent une autre équipe qui les avait battus à l'aller : l'Entente Deuil/Garges. Les déclarations dans la presse locale du manager Sébastien Oprandi laissent présager un match où les Albatros vont « rendre la monnaie de leur pièce » à ces Franciliens vainqueurs sur leur glace 2-1 en novembre dernier. De leur côté les Chiefs espèrent réitérer la surprise et ainsi rester dans la course aux huit premières places.

 

Bien que les locaux, comme à chaque match, se ruent sur la cage adverse, le début de rencontre n'en est pas moins laborieux. La raison à cela peut se trouver dans la sérieuse blessure de Volkov à l'œil durant un entraînement. Cet évènement a forcé André Péloffy à remanier quelque peu ses blocs. Nicolas Motreff passe en défense afin de pallier l'absence du joueur russe jusqu'à la fin de saison. Ludek Krayzel remplace le jeune Français au centre. Les anciens partenaires de ligne de l'ancien Grenoblois, à savoir Kaspar et Ocelka, récupèrent Serge Toukmatchev sur leur bloc. Toujours est-il que ces remaniements semblent perturber le jeu des Brestois qui bafouillent leur hockey.

Brest semble en rodage et fait preuve de maladresse offensive face à des Chiefs bien en place. Les nouveaux blocs manquent clairement d'automatisme. Et pour preuve, l'unique trio inchangé Brunelle-Prosvic-Fournier, bien aidé par la paire défensive Borzik-Prunet (excellente ce samedi soir), est le seul bloc qui crée du jeu et qui met véritablement du danger sur Bryce Luker. C'est fort logiquement grâce à cette ligne que Brest ouvre le score. Lilian Prunet à la bleue lance en direction du but et trouve Mathieu Brunelle posté devant la cage. Le Canadien dévie mais le palet tape le poteau. Luker se couche pour saisir le rebond mais le meilleur buteur de D1 en fait de même et devance le portier francilien (1-0).

L'équipe de Deuil/Garges est la plus pénalisée de la division et cela se ressent au niveau de l'intensité physique entre les deux équipes qui se rendent coup pour coup. À ce jeu-là les Brestois se font piéger par le corps arbitral et se retrouvent en situation délicate à 3 contre 5. Très vite les Chiefs installent leur jeu de puissance et trouve la faille au bout d'une minute sur un lancer de Marc-André Crête dévié par Dave Williams posté juste devant Bozik (1-1). Les deux équipes rentrent aux vestiaires sur ce score de parité.

CreteDes supériorités décisives

La marque ne plait évidemment pas aux Albatros qui dominent le match. Et pourtant ils connaissent quelques frayeurs à l'image de Sean Roche qui profite d'une perte de palet de Holik pour partir en échappée. Heureusement pour eux, Mojmir Bozik fait l'arrêt (22'). Brest respire un peu mieux quelques instants plus tard en mettant à profit une supériorité numérique par l'inévitable Brunelle. Le Canadien reprend de volée un excellent décalage de Lilian Prunet et trompe Luker (2-1).

Les deux équipes sont très impliquées physiquement et le ton monte par moments, par exemple entre Macek et Jeannin. Le défenseur brestois est pénalisé, et les tentatives de Sallander (27'02) et Jean-Denis Aurouze (28'19) finissent dans la mitaine de "Mojo". Après ce bref intermède, les Albatros redeviennent immédiatement dangereux. Ocelka profite d'une mauvaise sortie de Luker pour lui chiper le palet derrière le but et trouver son compère Kaspar qui loupe une cage grande ouverte (29'20).

Dans ce tiers, ce sont les supériorités numériques qui font la différence. Bremer et Jean Denis Aurouze sont sanctionnés, et c'est au tour de Deuil/Garges de se retrouver à 3 contre 5. Brest fait le nécessaire et Kiska effectue un centre-tir qui ricoche sur Luker et rentre (3-1).

Les Chiefs ont l'occasion de revenir par deux jeux de puissance qui se chevauchent légèrement, mais c'est ici que se fait la différence. Non seulement les Albatros tuent ces pénalités grâce à un Bozik solide (qui sort une mitaine venue d'ailleurs sur un tir à bout portant de Jaros à 35'54"), mais en plus ils concrétisent la moindre supériorité numérique. Pendant que Baslyk est en prison, un tir puissant de Holik profite d'un bel écran effectué par Macek et Kiska devant Luker (4-1). L'écart est fait mais les esprits restent tendus par quelques échauffourées sans gravité. Les Chiefs ne lâchent pas encore l'affaire avec David Sallender qui effectue une magnifique percée avec une série de dribbles et parvient à marquer en ayant un genou à terre (4-2). Splendide ! Voilà la fin de match relancée.

Les Chiefs laissent passer leur chance

Brest est loin d'être à l'abri d'une mauvaise surprise avec cette courte avance de deux buts. Et heureusement que Mojmir Bozik veille pour rattraper quelques errements de sa défense un peu tendre parfois, comme par exemple quand Jeannin s'y infiltre un peu trop facilement (43'40). Cela n'empêche pas Brest de continuer à mettre très souvent Luker sur le grill par le trio Fournier-Prosvic-Brunelle et même par plusieurs bons tirs de Prunet.

On sent les Chiefs capables de revenir à un but mais ils font preuve de maladresses sur leurs entrées en zone offensive, presque systématiquement annihilées pour hors-jeu. Et pourtant ce sont parfois des occasions en or, notamment Sean Roche qui était absolument seul face à Bozik avant d'être coupé dans son élan par un coup de sifflet frustrant pour le Canado-Britannique (47'19"). Quelques jeux de puissance non concrétisés, une échappée de Jeannin superbement stoppée par un grand écart de "Mojo" (56'30"), et Garges finit par s'incliner malgré la sortie de Luker en fin de match pour créer un 6 contre 4.

Sans nul doute on s'attendait à un match plus déséquilibré au vu des récents résultats des deux équipes. Garges a très bien tenu le coup et aurait - pourquoi pas - pu revenir dans le match si la réussite en supériorité numérique avait été au rendez-vous. Brest repart avec les deux points et mérite sa victoire mais elle n'a rien de convaincante. Pire, elle n'est pas rassurante à une semaine du choc face au leader caennais. Il va falloir proposer un autre niveau de jeu face aux Drakkars la semaine prochaine.

 

Brest – Deuil/Garges 4-2 (1-1, 3-1, 0-0)
Samedi 6 mars 2010 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1051 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli, assisté de Romain Herault et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 26' (4', 6', 6'+10'), Deuil/Garges 22' (2', 8', 2'+10').
Évolution du score :
1-0 à 07'50" : Brunelle
1-1 à 17'19" : Williams assisté de Crête et Roche (sup. num)
2-1 à 23'07" : Brunelle assisté de Prunet et Fournier (sup. num)
3-1 à 32'05" : Kiska assisté d'Ignatovics et Holik (sup. num)
4-1 à 37'49" : Holik assisté de Krayzel et Kiska (sup. num)
4-2 à 39'36" : Sallander assisté d'Aurouze et Elfving


Brest

Gardien : Mojmir Bozik.

Défenseurs : Vladimir Holik – Nicolas Motreff ; Ivan Borzik – Lilian Prunet ; Juraj Sadlon – Peter Macek.

Attaquants : Andrej Ignatovics - Ludek Krayzel - Matej Kiska ; Mathieu Brunelle - Jaroslav Prosvic - Guillaume Fournier ; Juraj Ocelka - Serge Toukmatchev - Tomas Kaspar ; Jérémy Cormier.

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Maxime L'Arvor, Clément Gonzales, William L'Arvor, Julien Legall. Absent : Aleksei Volkov (blessure à l'œil).

Deuil/Garges

Gardien : Bryce Luker [sorti à 58'57"].

Défenseurs : David Williams – Marc-André Crete ; Petr Jaros – David Sallender ; Guillaume Langlois.

Attaquants : Sean Roche – Mike Baslyk – Damien Ilczyszyn ; Gaëtan Jeannin – Jean-Denis Aurouze – Gustav Elfving ; Jean-Bernard Aurouze – Gaëtan Portier – Alexandre Bremer.

Remplaçant : Stephen Iborra (G). Absents : Florent Sorres, Pierre Magnier.