Montpellier - Courbevoie (Division 1, 24e journée)

Le résultat de la visite d'une "lanterne rouge" dépend de plusieurs facteurs. Parmi ceux-ci, deux allaient profondément marquer de leur empreinte la rencontre. La volonté du COC de ne pas mourir à la Division 1 et son collectif. Les Vipers sont prévenus. Si la fin de saison dernière avait été très freewheeling avec des rencontres sans vrai enjeu, cette fin de saison sera marquée pour les Montpelliérains par une succession de matchs avec des équipes qui joueront le tout pour le tout. Tel a été le cas à Végapolis contre Courbevoie et tel sera le cas, samedi prochain à Annecy.

Les Vipers lançaient les premiers une série de banderilles que Nicolas Fourcade repoussait avec aisance. Deux pénalités contre son équipe avaient donné l'occasion à Fabrice Agnel de montrer qu'il était bien dans son match avec des descentes judicieuses de la botte pour écarter le danger. Malgré tout, comme un sentiment diffus en ce début de match, on sentait bien qu'il manquait quelque chose aux Vipers ce samedi soir. Un manque d'élan, non pas, ni un renoncement mais presque une fatigue générale avec des gestes accomplis difficilement, qui changeaient du tranchant habituel.

La manifestation la plus criante en était une pénalité obtenue sur Benoît Paillet (9'09) qui n'allait pas donner lieu à de grandes réjouissances autour d'un box play bien en place des Franciliens. Un palet mal dégagé permettait d'ouvrir le bal du samedi soir à Végapolis. Les hommes de Rishi Ovide Etienne se saisissaient de l'occasion par Benoît Paillet (17'10) qui mettait avec Maxime Dubuc la dernière main à un gros travail de pressing de toute sa ligne sur la défense des Vipers.

L'écho de la grosse colère piquée par Lionel Bilbao avait résonné jusque dans les couloirs desservant les vestiaires. Le coach avait vu au cours du tiers-temps se déliter une portion non négligeable du travail préconisé pour la préparation des play-offs. Cet abandon subit, plus que le manque d'ardeur, avait amené sa réaction. Alexis Billard (21'54) allait prendre les choses en main dés le début du tiers-temps. A sa première présence, l'ailier récupérait le palet pour une montée, avec en parallèle Quentin Garcia qui attirait vers lui le seul défenseur restant. Billard choisissait le tir à la passe et logeait le palet entre les jambes de Fourcade, à ras de glace.

Le scénario du match se mettait alors en place. N'ayant pas profité de la pénalité à Guillaume Pons (22'27), les Vipers apercevaient dans le rétroviseur le COC qui déboulait pour reprendre l'avantage. Le duo Québécois, Maxime Dubuc - Nicolas Therrien se chargeait de l'ouvrage (25'46).

La pénalité suivante à Courbevoie donnait à Vilhelm Åman (29'45) l'opportunité de s'inscrire à la feuille de match en bénéficiant de la complicité de Matus Hanes et Joshua Boileau. L'égalisation sonnait la charge des Vipers, qui, sur l'engagement suivant, se ruaient à la cage du pauvre Fourcade et mettaient le coup de grâce par une belle feinte du revers de Romain Masson (29'52), aidé de ses compères de trio, Alexis Billard et Quentin Garcia.

Ce craquement dans le dispositif courbevoisien fouettait le banc du COC qui allait répliquer par deux gros buts. Le premier, marqué en infériorité (!) voyait William Place et Daniel Sevcik lancer Arnaud Bougaran (30'21), qui crucifiait sur le côté le portier montpelliérain. Fabrice Agnel secouait la tête sur ce but, comme s'il s'accablait de la reprise de pouvoir des blancs et rouges. Le calvaire se poursuivrait pourtant lorsqu'Erik Rosén (32'57) rejoignait le banc des prisons. Une autre combinaison appelait à la colonne but le défenseur William Place (33'57) par un tir de la pointe amené par Nicolas Therrien et Benoît Paillet.

Malgré l'assommoir de ce fulgurant retour, une fois de plus, les Vipers revenaient dans la partie. Cette fois par l'intermédiaire des deux Suédois, Åman et Rosén, pour un Matus Hanes (37'04) qui ne tremblait pas devant Nicolas Fourcade. Le gardien du COC secouait lui aussi la tête après ce but, mais que ce soit pour lui ou pour son homologue héraultais, la soirée serait à très vite oublier.

Les Vipers ne profitaient pas de trois pénalités successives infligées aux Franciliens et rentraient au vestiaire pour une autre explication de texte sur la nécessité de respecter les consignes défensives. Les calculettes de sortie aboutissaient toutes au même constat. Les deux points étaient indispensables dès ce soir, que ce soit pour une qualification en play-offs ou pour un maintien. C'est sans aucun doute cette conjonction qui rendrait le match si explosif et si émotif dont le final sans prolongations ne pouvait être que dramatique pour l'une ou l'autre équipe.

Arnaud Bougaran et César Lefranc faisaient monter un peu plus la pression (43'26) en jetant les gants pour un combat qui s'achevait par une expulsion conjointe dont le jeune montpelliérain a été jugé l'instigateur. Mais, plus loin, sur la glace s'était effondré l'arbitre Marie Tjana Picavet, victime d'un violent, mais involontaire, coup de crosse à la mâchoire. Cet "uppercut" nécessitait son transport à l'infirmerie. Dans un état plus que chancelant, le jeune femme donnait ses consignes à ses juges de ligne pour continuer un match qui promettait d'être rude à tenir. Les deux jeunes hommes s'acquittaient parfaitement de la tâche, donnant à l'arbitre le temps de se remettre et de revenir au jeu. Belle conscience de son rôle.

Comme sur un ring, les buts allaient s'échanger sur la glace comme des coups de poings. Yoann Chauvière (45'52) donnait la première droite dans une ambiance de folie venue des tribunes. Avec l'aide de William Place, Thierry Caillaux (46'22) répliquait par un swing qui laissait le banc des Vipers abasourdi d'une si vive réaction. Quand Juraj Varga, Daniel Sevcik et Benoît Paillet (48'46) redonnaient encore l'avantage à leur équipe, c'est tout Végapolis qui s'en trouvait statufiée.

Peu après, les Vipers se retrouvaient en avantage numérique par un cinglage de Nicolas Therrien (51'59). L'homme en forme du moment, Vilhelm Åman (53'23), allait se lever pour enflammer la fin de partie et ramener les Vipers à parité. Aidé de Robert Pospisil, il transperçait les lignes pour exécuter un lancer qui ne laissait aucune chance à Nicolas Fourcade. Le but refusé gâchait un peu sa fête, pour une cage jugée bougée avant que le palet ne rentre.

Les Franciliens décidaient alors qu'il fallait mettre hors d'état de nuire l'attaquant. Juraj Varga (55'09) se chargeait de la besogne qui laissait Vilhelm allongé sur la glace, recroquevillé autour d'un genou, cible du geste. Son pote Kamil Vavra avait sans doute donné son sentiment avec trop de véhémence, et était renvoyé au vestiaire pour méconduite. Mais les arbitres n'oubliaient pas de sanctionner le coupable et donnaient l'avantage de cinq minutes de supériorité aux Montpelliérains.

Comme Daniel Sevcik (54'45) avait été sanctionné pour une faute sur Erik Rosén qui le frustrait depuis le début du match, les hommes de Lionel Bilbao se retrouvaient avec un avantage de deux hommes. Romain Masson avait été posté sur la ligne bleue et transmettait à Joshua Boileau. Le Québécois cherchait l'angle le plus favorable au milieu des trois du COC regroupés autour de leur gardien. Le tir du défenseur allait trouver devant la cage la palette du capitaine Jérôme Catil (55'43) pour une déviation parfaite qui envoyait les Vipers en play-offs et le COC tout proche de l'enfer.

Invité par Pascal Ryser à s'exprimer sur le match dans l'espace de réception, le coach Rishie Ovide Etienne disait avec dignité toute la difficulté de se voir pousser encore plus près du gouffre et n'oubliait pas de féliciter les vainqueurs. Il reste au COC des chances de se sauver, mais quoiqu'il en soit, les Vipers témoigneront que jamais cette équipe là n'a abdiqué, ni n'a relâché ses efforts.


Montpellier - Courbevoie 7-6 (0-1, 4-3, 3-2).
Samedi 6 mars 2010 à 19h30 à Végapolis. 849 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tijana Picavet assistée de Matthieu Barbay et Guillaume Barthe.
Pénalités : Montpellier 59' (8', 4', 2'+5'+2x10'+20'), Courbevoie 80' (4', 12', 4'+2x5'+10'+2x20').
Évolution du score :
0-1 à 17'10" : Paillet assisté de Dubuc
1-1 à 21'54" : Billard
1-2 à 25’46" : Dubuc assisté de Therrien
2-2 à 29‘45" : Åman assisté de Hanes et Boileau (sup. num.)
3-2 à 29'52" : Masson assisté de Billard et Garcia
3-3 à 30‘21" : Bougaran assisté de Sevcik et Place (inf. num.)
3-4 à 33'57" : Place assisté de Therrien et Paillet (sup. num.)
4-4 à 37'04" : Hanes assisté de Åman et Rosen (sup. num.)
5-4 à 45‘52" : Chauvière
5-5 à 46'22" : Caillaux assisté de Place
5-6 à 48‘43" : Paillet assisté de Sevcik et Varga (sup. num.)
6-6 à 53'23" : Åman assisté de Pospisil (sup. num.)
7-6 à 55'43" : Catil assisté de Boileau et Masson (double sup. num.)