Neuilly-sur-Marne - Mont-Blanc (Ligue Magnus, barrage de maintien, match 2)

KeckaMiroslavL'avantage de la glace est-il déterminant dans ce barrage de maintien ? L'an passé, le Mont-Blanc en avait bénéficié en remportant ses deux rencontres à domicile et en venant ensuite chercher une manche ici pour se sauver. Neuilly-sur-Marne, vainqueur hier aux tirs au but, réussira-t-il une série symétrique en menant 2 à 0 ? Ou l'Entente réussira-t-elle à gagner comme l'an dernier son second match en Seine-Saint-Denis ? Cette soirée est sans doute la date-clé de la série.

Elle s'ouvre favorablement pour le Mont-Blanc : une glissade d'un défenseur, une accélération d'Andrej Rajcak, un centre au second poteau, et Romain Orset reprend dans la cage ouverte au moment où elle se déplace. L'arbitre accorde le but (0-1, 03'25").

Neuilly, pourtant, a souvent la possession du palet en ce début de match. Mais cela ne suffit pas à se créer des occasions, ni à déstabiliser une défense adverse bien en place. L'équipe locale n'arrive que rarement devant la cage, et les rapides contre-attaques des visiteurs sont plus dangereuses. La seule supériorité numérique n'arrange rien : un palet manqué par Wathier en zone offensive provoque un 2 contre 1. Subit choisit le tir, dans le plastron de Stanislav Petrik.

La fin du premier tiers est différente. Neuilly ne fait même plus illusion. Le Mont-Blanc contrôle et s'installe franchement en zone offensive. Sa deuxième ligne fait longtemps circuler le palet le long des bandes, et Romain Orset notamment cherche une position préférentielle derrière la cage. Il manque juste quelqu'un dans le slot pour qu'une passe décisive puisse naître de ce genre d'action. La menace se précise quand même de plus en plus, et dans les quinze dernières secondes avant la pause, Petrik sauve de justesse son équipe à deux reprises, dont une reprise à bout portant de Saliji dans le slot.

Neuilly rentre aux vestiaires en grande difficulté, et en ressort dans un tout autre esprit. Cette pression s'affirme et se prolonge pendant mais aussi au-delà d'un avantage numérique. Les Bisons ont plus d'activité autour de la cage, même si elle reste vaine. Sébastien Dermigny, dans le cercle droit, ne trouve que le poteau. Steiner puis Pousset concèdent cependant les premières pénalités nocéennes. Le jeu de puissance de Mont-Blanc se montre cependant poussif. Pendant la première infériorité, Kecka et Birolini se couchent devant les seuls palets dangereux. Et pendant la seconde, Pierre-Charles Hordelalay intercepte, dribble dans sa zone et part en contre. Henri-Corentin Buysse pare le tir de sa crosse, et Kévin Dugas essaie de frapper ce rebond avec une crosse haute. L'arbitre fait donc engager derrière la ligne bleue... mais Miroslav Kecka gagne la mise au jeu, s'appuie brièvement sur Bartzen et contourne le gardien pour placer le palet dans l'angle (1-1, 28'01"). La supériorité numérique n'aura pas aidé le Mont-Blanc, au contraire.

DermignySebastien2Est-ce une raison pour enchaîner avec une infériorité ? En tout cas, Rajcak se rend coupable d'une charge avec la crosse en zone offensive. Le Mont-Blanc souffre énormément, et la tentative de dégagement d'Adamovics atteint le dos du juge de ligne, qui engueule le défenseur letton, qui ne comprend pas et ne l'a sûrement pas fait exprès. La pénalité se termine mais Seth Leonard donne le palet en retrait pour Mathieu Wathier entre les cercles. Le défenseur canadien marque à mi-hauteur côté mitaine (2-1, 32'10"). Rajcak commettra sa seconde faute dans la zone adverse juste avant la sirène.

Convaincant au deuxième tiers, Neuilly-sur-Marne n'en profite cependant pas pour se mettre à l'abri à la reprise. Les Bisons présentent encore des signes de fébrilité, par exemple quand Leonard perd le palet derrière sa cage au profit d'Orset. Le Mont-Blanc prend le dessus au fil des minutes... et c'est au tour d'Etienne Croz de prendre une pénalité en zone offensive. Placé dans le cercle gauche, Hordelalay décoche un tir dans la lucarne opposée (3-1, 47'44"). L'excitation du jeune attaquant se ressent dans son explosion de joie.

L'Entente Saint-Gervais/Megève est priée de se dépêcher de marquer : essai de tour de cage de Saliji, puis deux tirs sur engagement consécutifs (Josselin Besson pour Thierry Nicoud, puis Nicoud pour Gaborit). À cinq minutes et demie de la fin, une pénalité de Gentilleau s'apparente à une dernière chance... mais l'avantage numérique est gâché quinze secondes plus tard par une crosse haute de Subit sur Dermigny devant la cage de Neuilly.

Le temps mort demandé par Christopher Lepers n'inverse pas la tendance. Pire, le genou de l'international junior Robin Gaborit tourne dans un choc involontaire avec Dermigny. Le staff de Mont-Blanc le porte en dehors de la glace, et il ne fera plus un pas, même après le match. Saliji donne ensuite une rude charge avec la crosse sur Hordelalay pour l'empêcher de viser la cage vide, mais du coup son équipe finit le match en infériorité, perdant de toute manière ses dernières chances.

Neuilly a donc gagné deux fois sur petite glace, mais le Mont-Blanc peut espérer deux scénarios différents sur les grandes glaces de Megève et de Saint-Gervais pour forcer un éventuel cinquième match ici même dans deux semaines.

Commentaires d'après-match

Jérôme Pourtanel (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "On a fait le boulot chez nous, mais dans la douleur. On a laissé beaucoup d'espaces lors du premier match et au premier tiers. On a trop reculé. L'égalisation nous a délivrés de notre tension. On a été beaucoup plus agressifs, on les a pressés dans leur zone, et on les a forcés à commettre des erreurs. Maintenant, on ne perd pas le nord : on sait qu'on n'a pas gagné un match à l'extérieur depuis le début de la saison, même si on se comporte un peu mieux sur grande glace depuis deux mois."

Christopher Lepers (entraîneur de Mont-Blanc) : "On ne met pas les occasions qu'on a au premier tiers, et ensuite on se dissipe par rapport à ça. Les joueurs s'énervent parce qu'ils n'arrivent pas à concrétiser, ils sont frustrés par rapport au match, ils font des fautes. On manque de volonté pour conclure : le gardien n'a pas à aller la chercher, on lui tire dessus. C'est mon équipe... J'aimerais bien y découvrir un mec capable de la mettre au fond, un tueur, mais je le cherche toujours. [...] Neuilly a bien fait son travail ici, mais s'ils veulent une troisième victoire, il faudra venir la chercher. Je leur souhaite bon courage. [...] Pour Gaborit, je pense que le championnat est fini. On espère le récupérer pour les finales juniors."

 

Neuilly-sur-Marne - Saint-Gervais/Megève 3-1 (0-1, 2-0, 1-0)
Samedi 13 mars 2010 à 18h30 à la patinoire de Neuilly-sur-Marne. 538 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Yann Furet et Jérémy Rauline.
Pénalités : Neuilly 6' (0', 4', 2') ; Mont-Blanc 24' (2', 6', 6'+10').
Tirs : Neuilly 38 (8, 20, 10) ; Mont-Blanc 42 (16, 9, 17).
Évolution du score :
0-1 à 03'25" : Rajcak assisté d'Orset
1-1 à 28'01" : Kecka assisté de Bartzen (inf. num.)
2-1 à 32'10" : Wathier assisté de Leonard et Snider
3-1 à 47'44" : Hordelalay assisté de Dugas et Wathier (sup. num.)
 

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Nicolas Pousset - Luc Tanésie ; Alexis Birolini (A) - Michael Steiner ; Sébastien Dermigny (A) - Mathieu Wathier.

Attaquants : Seth Leonard - Shawn Snider (C) - Romain Gentilleau ; Kévin Dugas - Pierre-Charles Hordelalay - Jérôme Veret ; Gaël Guilhem - Miroslav Kecka - Casey Bartzen.

Remplaçants : Eddy Persico (G), Hugo Delecour. Absents : Roman Svaty (déchirure aux adducteurs), Clément Rey (acromio), Benjamin Galmiche (dissension des muscles cervicaux), Jérôme Wagner (contusion au poumon), Jimmy Persico (poignet).

Saint-Gervais/Megève

Gardien : Henri-Corentin Buysse [sorti de 57'50" à 58'08"].

Défenseurs : Sébastien Borini - Edgars Adamovics ; Ales Cerny - Arthur Cocar ; Alexandre Gagnon - Francis Ballet (A).

Attaquants : Jordan Revel - Étienne Croz - Sébastien Subit (A) ; Andrej Rajcak - Romain Orset - Robin Gaborit ; Garip Saliji - Thierry Nicoud (C) - Josselin Besson ; Sylvain Nicoud, Patxi Biscard.

Remplaçants : Luc Saccomano (G), Antoine Vigier, Quentin Jacquier. Absent : Julien Payraud (adducteurs).