Brest-Caen (Division 1, 25e journée)

Brest met le leader au tapis

Choc des titans en ce samedi soir entre les deux principaux favoris de la D1. La patinoire du Rïnkla Stadium est archi comble, les 1413 billets ont été vendus lors des pré ventes du jeudi et vendredi, et les meilleures places sont déjà occupées plus d’une heure avant le coup d’envoi ! Il faut dire que c’est une véritable affiche de rêve entre deux équipes en pleine réussite. Caen reste sur 15 succès consécutifs et 11 pour les Brestois. Mais surtout c’est l’occasion de jauger un peu les forces de ces deux prétendants avant l’entame des play-off. Le coup d’envoi est donné symboliquement par Alexey Vokov dont la saison (au minimum) est terminée suite à une grave blessure à l’œil droit. Le défenseur russe reçoit une belle ovation de la part du public. Ce dernier est nombreux, on l’a déjà dit, mais surtout il est bruyant puisqu’une troupe de supporters normands a également investi la patinoire. Les kops brestois et caennais se répondront du tac au tac tout au long du match donnant lieu à une superbe ambiance.

Très vite les Drakkars vont montrer qu’ils ne sont pas leaders par hasard en investissant la zone offensive grâce à un jeu vif parfaitement fluide. Il est clair que c’est à une tout autre opposition que les Brestois ont affaire ce soir, tant ils sont peu habitués à être malmené de la sorte sur la glace. Et pourtant les Albatros ne se laissent pas faire et laissent passer l’orage grâce à leur gardien Mojmir Bozik. Mieux ils prennent l’avantage par Ludek Krayzel qui slalome tranquillement dans la défense adverse (1-0). Chaque équipe bénéficie d’une supériorité numérique en fin de période mais aucune n’en profite. Brest rentre au vestiaire avec cette courte marge.

GeslainCaen jette un froid

Mojmir Bozik, solide en première période, est pourtant fébrile à la reprise. Il effectue une mauvaise relance interceptée à la ligne bleue par Olivier Vandecandelaere. Le défenseur français lance, Bozik fait l’arrêt mais laisse un énorme rebond pour Graham Avenel tout seul devant la cage qui ne se fait pas prier pour battre le portier slovaque (1-1). Caen domine ce début de période et Brest bafouille son hockey à l’image d’un contre bêtement concédé alors que les Albatros évoluent en supériorité numérique. Jonathan Boutin part seul en échappée mais Bozik fait l’arrêt (26’45). Brest souffre et Pierre Bennett fait parler sa vitesse avant d’effectuer un lancer du poignet qui trompe Bozik du côté du bouclier. Une minute plus tard Bozik paraît bien mal une nouvelle fois en étant trompé par Janil dans un angle complètement fermé (1-3). Un froid est jeté sur le Rïnkla, sauf pour la tribune caennaise qui donne de la voix.

Brest revient

André Péloffy prend immédiatement un temps mort pour remobiliser ses troupes (29’07). L’effet escompté est obtenu puisque Matej Kiska pousse les Drakkars à la faute et obtient un tir de pénalité. Brunelle le transforme avec sang-froid du revers (3-2). Caen n’en reste pas moins dangereux. Charles Geslain, sûrement un des meilleurs Caennais du match, donne le tournis à la défense brestoise mais Bozik a le dernier mot (35’30). Brest trouve cependant les ressources pour revenir sur une énième remontée de Krayzel. Le Tchèque fait le tour de la cage et trouve Kiska qui reprend le palet victorieusement (3-3). Le tiers se termine sur ce score de parité plus que satisfaisant pour les locaux tant ils ont eu chaud par moments.

Drakkars : touchés, coulés !

Pour l'ultime période les Albatros reviennent sur la glace plus motivés que jamais. L’engagement est total à l’image de Guillaume Fournier qui envoie purement et simplement valdinguer Geslain (42’25). Le Canadien est logiquement sanctionné mais les Normands ne vont pas en profiter. De retour à cinq, Brest pousse plus que jamais et prend l’avantage sur un festival d’Andrejs Ignatovics. Le Letton dribble trois joueurs qui finissent par le neutraliser au moment où il allait armer son tir, mais Nicolas Motreff récupère le palet laissé libre et marque d’un magnifique revers en pleine lucarne (4-3).

Le leader est acculé mais va pourtant réussir à revenir au score grâce à une prison concédée par Toukmatchev. C’est Oravec, bizarrement laissé seul par la défense des bleus, qui concrétise le jeu de puissance (4-4). Le suspense est relancé et on peut penser que ce but va peut-être calmer les ardeurs brestoises mais il n’en est rien. Ironie du sort, c’est l’ancien Drakkar Jaroslav Prosvic qui redonne l’avantage aux siens. Fournier gagne la mise en jeu et transmet à son compère Brunelle qui effectue un gros shoot contré. Le rebond arrive sur la crosse de Prosvic qui tire instantanément et trompe un Goetz hors position pour avoir anticipé l’arrêt sur le tir initial de Brunelle.

Les Albatros continuent de mettre le feu sur la glace avec des contres fulgurant que ne peuvent endiguer des caennais complètement dépassés par l’envie brestoise. Acculés, les visiteurs commettent des fautes et sont logiquement sanctionnés. Fournier marque à cinq contre trois. Sur la remise en jeu, Krayzel tel un bulldozer s’empare du palet et fonce vers Goez pour décaler au dernier moment sur sa gauche à Ignatovics. L’ancien international letton marque seulement cinq secondes après le but de Fournier... Brunelle clôture ce tiers de folie sur un nouveau but en supériorité numérique pour porter la marque finale à 8-4.

Les Albatros remporte donc cette rencontre choc. Certes l’enjeu en terme de points était inexistant car les Caennais sont assurés de terminer en tête et les Brestois seront leur dauphins. Mais Péloffy l’avait annoncé avant la rencontre, il était important de créer un choc psychologique et de montrer que les Albatros sont une autre équipe que celle de la défaite 7-2 en novembre dernier sur la glace normande.

Ce match était également utile pour voir si des joueurs importants brestois étaient capable de hausser leur niveau de jeu dans les moments décisifs. Péloffy déclarait dans le Ouest France qu’un joueur comme Ludek Krayzel doit prendre ses responsabilités dans ces moments là. Et bien, la remarque n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd tant l’ancien Grenoblois a survolé la rencontre par sa technique. Pas un Caennais n’était en mesure de l’arrêter lors de ses nombreuses remontées spectaculaires. Au final son excellent travail a payé puisqu’il marque un but et distribue deux passes.

Enfin cette rencontre aura permis d’effacer le désastre du match aller en marquant 8 buts en représailles au match retour. De quoi rappeler que le leader normand n’est pas intouchable.

 

Brest - Caen 8-4 (1-0, 2-3, 5-1)
Samedi 13 mars 2010 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1413 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin, assisté de Nicolas Greout et Jérémie Douchy.
Pénalités : Brest 8' (2', 2’, 4'), Caen 10' (2', 2’, 6’).
Évolution du score :
1-0 à 10'06 : Krayzel assisté de Brunelle
1-1 à 22'23 : G. Avenel assisté de Vandecandelaere
1-2 à 28'04 : Bennett (inf. num.)
1-3 à 29'07 : Janil assisté de Da Costa
2-3 à 30'20 : Brunelle (tir de pénalité)
3-3 à 37'18 : Kiska assisté de Krayzel et Ignatovics
4-3 à 45'03 : Motreff
4-4 à 50'10 : Oravec assisté de Boutin et Janil (sup. num.)
5-4 à 52'17 : Prosvic assisté de Brunelle
6-4 à 56'24 : Fournier assisté de Prunet et Brunelle (sup. num.)
7-4 à 56'29 : Ignatovics assisté de Krayzel (sup. num.)
8-4 à 59'53 : Brunelle assisté de Prunet (sup. num.)



Brest

Gardien : Mojmir Bozik.

Défenseurs : Vladimir Holik - Nicolas Motreff ; Ivan Borzik - Lilian Prunet ; Juraj Sadlon - Peter Macek.

Attaquants : Andrej Ignatovics - Ludek Krayzel - Matej Kiska ; Mathieu Brunelle - Jaroslav Prosvic - Guillaume Fournier ; Juraj Ocelka - Serge Toukmatchev - Tomas Kaspar.

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Maxime L’Arvor, Clément Gonzales, Jérémy Cormier, William L’Arvor, Julien Legall. Absent : Aleksei Volkov (blessure à l’œil).

Caen

Gardien : Arnaud Goetz.

Défenseurs : Udo Marie – Alexis Gomane ; Jonathan Janil – Tommy Lafontaine ; Slavomir Vorobel – Olivier Vandecandelaere.

Attaquants : Julien Lebey – Pierre Bennett – Charles Geslain ; Jonathan Boutin – Kévin Da Costa – Tomas Oravec ; Jonathan Avenel – Mans Papaux – Graham Avenel.

Remplaçants : Clément Fouquerel (G), Raphaël Mazié.