Dunkerque - Français Volants (Division 2, 1/8e de finale retour)

peanarnaudCartonner ou s'en aller

La légère remontée effectuée au dernier tiers à Bercy offre une petite lucarne aux Corsaires, dont la défense a de nouveau pris l'eau. Pour ne pas voir les objectifs s'envoler en fumée, un seul impératif : l'emporter par au moins trois buts d'écart.

Le staff nordiste, renforcé par Marc Leroux, opte d’emblée pour un changement tactique, mandatant la ligne Destoop-Eichenholc-Péan pour forcer d’entrée dans la défense francilienne. Le muscle l’emporte d’ailleurs sur la technique sur le début de match, comme les longues discussions préliminaires entre le corps arbitral et les deux capitaines l’auguraient. Sur la première situation chaude devant la cage du revenant Legrand (01‘43"), Martial et Péan sont invités à regagner le bord de la glace.

Au niveau du jeu, Loïc Destoop se démène pour employer Bäckö, dans un angle difficile. François Rozenthal prend le relais pour accélérer le jeu, mais il est contré en entrée de zone... non par un adversaire mais par un arbitre, ce qui relance bien involontairement les hommes de la capitale. Sur la continuité de l’action, Charles-André Outin se retrouve en bonne position et ne manque pas sa chance de la gauche (0-1 à 05'14"). Dunkerque, sonné, maugrée encore contre ce fait de jeu lorsque Roulston isole son équipier dès la remise en jeu (0-2 à 05'24").

Désormais en déficit de cinq buts sur l'ensemble des deux manches, les Corsaires confient leur cage à Bram De Backer et se ruent à l’attaque. Karl Dewolf, qui a vu Johan Bäckö rater sa sortie derrière la cage, met la pression sur l’ancien Morzinois, tout aussi brillant dans ses interventions de la jambière et du gant que dans l'exécution d'une cascade burlesque suite à une explication avec Rozenthal. La pénalité pour simulation accentue la pression, et Destoop force le passage sur le côté gauche de la cage, ouvrant le champ à Arnaud Péan (1-2 à 07'57"). Le trop plein d’énergie de Yann Morette étant lui aussi sanctionné, Bäckö intervient encore en deux temps sous la pression, mais ne peut que s’incliner car Destoop récupère le deuxième rebond (2-2 à 09'04").

L’espoir revient dans des tribunes animées par la fanfare et la présence de nombreux partisans franciliens. Toutefois, malgré une nouvelle occasion échue à Dewolf, qui prend son temps pour tenter de tromper le dernier rempart suédois, Dunkerque baisse le rythme et voit même Roulston s’échapper face à un De Backer vigilant, dont la jambière écarte le premier jeu de puissance des roses sur un tir puissant d’Engstrom, encore en rodage...

Après avoir soufflé, les Corsaires se remettent à l’attaque pour finir le tiers en force. Mais la principale ligne offensive ne parient pas à faire la différence. Rozenthal et Thomas sont tour à tour malheureux en échappée, N’Guyen manque de timing sur le tir de Dubois et l’épaule de Bäckö fait face au lancer de Clément Thomas.

La première pause coupe l’élan des Dunkerquois, moins à leur avantage à leur retour sur la glace. Les frayeurs s’accumulent sur des relances "aveugles", exploitées notamment par Harond Litim, peut-être surpris de se retrouver seul face à De Backer. Grégory Dubois met fin à ces tergiversations et, sur une montée, sert Péan d’une passe croisée (3-2 à 27'17"). Mis en danger, Paris perd quelque peu ses nerfs quand, après Morette au premier tiers, Brendan Martial est puni pour méconduite. Les encouragements reprennent de plus belle, tout comme les espoirs sur une montée de Loïc Destoop, qui évite Litim, se déporte sur la gauche et place un lancer précis en hauteur (4-2 à 31'53").

Un rideau parisien se dresse désormais devant la cage de Bäckö, échaudé. Il empêche notamment Thomas d’ajuster le gardien, même si l’ailier des bleus, lancé en profondeur par Folcke, rate le dernier geste peu après. Peu en vue depuis de longues minutes, les Français Volants sortent de leur carapace à la faveur d’une faute de Benjamin Denis, puni après un contrôle manqué à la ligne bleue. Mais Engstrom, s’il a la puissance, manque encore de précision et aucun lancer n’emploie De Backer sur cette supériorité numérique.

Si bien que le troisième tiers s’annonce très tendu. Pour l’aborder dans les meilleures dispositions, Paris fait confiance au trio Roulston-Engstrom-Outin, et les lancers se succèdent sur la cage nordiste. Les principales chances de marquer sont toutefois l’apanage des équipiers de Benjamin N’Guyen, dont le tir flirte avec la lucarne. Bénéficiant de rares espaces, François Rozenthal manque encore de réussite face à son ancien équipier morzinois, mais Dewolf a bien suivi (5-2 à 42'27").

engstromeinarLes Volants s’envolent avec "Air-nar" Engstrom

Le retard du match aller rattrapé, les Corsaires passent cependant par tous les sentiments dans les minutes suivantes. Douze secondes après le cinquième but, N’Guyen est sanctionné pour une obstruction dans sa zone. Kyle Roulston, servi au deuxième poteau, n’en demandait pas tant (5-3 à 42'46") pour faire pencher la balance de son côté. Frédérick Brodin, en deux occasions, tente d’apporter un poids supplémentaire à ses troupes, dans une rencontre sur le point de basculer. Ainsi, dans la minute suivante, Benjamin N’Guyen se rachète en beauté, d’un revers millimétré qui fait mouche via le dessous de la barre de Bäckö, totalement surpris (6-3 à 44'41").

A cet instant, les Corsaires (re) gagnent le droit de jouer la prolongation. Gourmand, le tableau d’affichage indique même une marque de 7 à 3 pour les locaux ! Erreur, car les préposés à la table de marque auront bientôt à ajouter à une feuille de match déjà bien remplie plusieurs pénalités, à l‘encontre surtout des hommes de Karl Dewolf. Le premier cinglage de Benjamin Denis entraînant une recrudescence de la densité de joueurs dans l’enclave, les Français Volants tardent à trouver la faille. Une deuxième faute, contestée, de Dewolf permet à Roulston de mettre sur orbite Einar Engstrom, dont le lancer puissant et précis n’a d’égal que ses chambrages à répétition envers une partie du public qui n’en demandait pas tant pour conspuer les roses (6-4 à 47'22"). Dunkerque récupère certes un élément, le même jeu se reproduit vingt secondes plus tard, pour un résultat identique (6-5 à 47'45").

Le handicap est désormais trop lourd pour les épaules des Corsaires, impuissants face au dispositif parisien. Un dernier avantage numérique est une fois de plus converti par Einar Engstrom, qui empêche par là même Dunkerque de terminer la saison sur une victoire (6-6 à 56'42").

Mis à l’index par les officiels pour ses célébrations très particulières, le Suédois aura donc permis à Paris de mettre fin au suspense et à la tension palpable tout au long d’une rencontre très disputée. Avec Roulston et Outin, il aura grandement participé à cette qualification, car la quasi totalité des buts parisiens sont venus de cette ligne. Cette performance ne doit pas cacher la générosité affichée par les autres unités, celle du généreux Litim ou de MacLean. Nicolas Chauveau a ainsi passé une bonne partie de la soirée à suivre François Rozenthal comme son ombre, permettant de contenir le principal trio nordiste. Et de participer au retour du club à un niveau plus conforme à son histoire.

Éliminé en demi-finale par Nice en 2008 puis en quarts de finale par Mulhouse en 2009, Dunkerque recule encore d’un rang malgré d’importantes ambitions annoncées à l’automne. A l’image de leur saison, les Corsaires ont alterné le bon, grâce surtout à leur abnégation, et le doute, la faute à une défensive peu à son avantage tout au long de l’année. En manque de réussite sur les engagements, ils ont en outre souffert de plusieurs erreurs de transmission et d’un jeu de transition perfectible. Autant de chantiers à étudier durant une très longue intersaison...

brodinmickael2Commentaires d'après-match

Frédérick Brodin (défenseur des Français Volants) : "Je savais que cela allait être compliqué et que Dunkerque essaierait de faire la différence dès le début. Il fallait donc bien défendre et subir, sachant que nous serions plus forts physiquement sur le troisième tiers. Personnellement je n'ai jamais paniqué, ni senti de peur sur le banc. J'avais prévenu mes coéquipiers que cela risquait de se passer comme cela, je n'étais pas surpris, sans être toutefois très serein. En revenant sur le déroulement de la saison, malgré une période difficile en janvier, peut-être explicable par le fait que la qualification se dessinait, nous avons procédé à des recadrements et avons remis un coup physiquement. Tout cela paie maintenant car l'objectif des play-offs est atteint, de même que le quart de finale, qui récompense le travail de tous, staff, joueurs... [Au sujet de la réussite de la ligne Roulston-Engström-Outin] Il faudra peut-être trouver une solution au fait que les autres lignes aient du mal à scorer, mais je ne suis pas inquiet outre mesure : elles réalisent un gros travail défensif et cela va venir. De plus, nous disposons également de trois joueurs de réserve."

Karl Dewolf (défenseur de Dunkerque) : "Mes sentiments sont négatifs parce que nous sommes loin de nos objectifs. Ce soir il y eut du positif mais notre passage à vide nous coûte cher. À 6-3, on prend toujours les mêmes buts, des shoots à la bleue où on laisse les pointes libres. C'est usant, mais ce n'est pas faute d'avoir insisté. J'ai du mal à exprimer mes sentiments. L'équipe est jeune et n'a pas toujours su prendre ses responsabilités. [Au sujet des contrôles positifs au cannabis] Les joueurs savaient qu'à un moment ou un autre de la saison ils pouvaient être contrôlés. Ces erreurs de jeunesse ne peuvent pas être oubliées, elles ont cassé notre rythme. Aujourd'hui la saison est terminée, on peut dire ce que l'on veut. [En cas de qualification] L'équipe ne serait pas forcément allée jusqu'au bout. Je n'ai pas grand chose à ajouter. C'est difficile de dire qu'il y a eu du positif, même si certains se sont donnés jusqu'au bout. Le résultat est amer. Il y eut des fautes et il ne faut pas toujours être négatifs contre les arbitres. Mais un petit coup de crosse ne doit pas être sifflé en huitièmes de finale, car on sait qu'il y aura du jeu physique et des obstructions."

 

Dunkerque - Français Volants de Paris 6-6 (2-2, 2-0, 2-4).
Samedi 13 mars 2010 à 18h45 à la patinoire Michel Raffoux. 1 083 spectateurs.
Arbitrage de Christian Maltaverne et Teddy Madrias.
Pénalités : Dunkerque 28' (10', 4', 14'), Paris 62' (14'+10', 4'+10', 4'+2x10').
Évolution du score :
0-1 à 05'14" : Outin assisté de Roulston
0-2 à 05'24" : Outin assisté de Roulston et Engström
1-2 à 07'57" : Péan assisté de Destoop et Eichenholc
2-2 à 09'04" : Destoop assisté de Folcke (sup. num.)
3-2 à 27'17" : Péan assisté de Dewolf et Dubois
4-2 à 31'53" : Destoop assisté de Péan et Rozenthal
5-2 à 42'27" : Dewolf assisté de Rozenthal
5-3 à 42'46" : Roulston assisté de Brodin (sup. num.)
6-3 à 44'41" : N’Guyen assisté de Thomas et Rozenthal
6-4 à 47'22" : Engström assisté de Roulston et Brodin (double sup. num.)
6-5 à 47'45" : Roulston assisté de Engström et Brodin (sup. num.)
6-6 à 56'42" : Engström assisté de Morette et Brodin (sup. num.)

Dunkerque
Gardien : Arthur Legrand (puis Bram De Backer à 05‘24").
Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Ghislain Folcke ; Karl Dewolf - Clément Derepper ; Benjamin Denis.
Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N’Guyen (A) - François Rozenthal (A) ; Loïc Destoop - Christophe Eichenholc - Arnaud Péan ; Barthélémy Cousein - Camille Argiolas - Aurélien Zajac.
Remplaçants : Grégory Renaux, Alexandre Delmotte, Sébastien Maison. Absent : Benjamin Louf.

Français Volants de Paris
Gardien : Johan Bäckö.
Défenseurs : Arnaud Mazzone (C) - Alexis Lamey ; Quentin Lamey - Frédérick Brodin (A) ; Yann Morette.
Attaquants : Nicolas Chauveau - Tim MacLean (A) - Florian Segura ; Harond Litim - Julien Boulet - Brendan Martial ; Einar Engstrom -  Kyle Roulston - Charles-André Outin.
Remplaçants : Antoine Intsaby (G), Antoine Blanchard, Nicolas Gosset, Thomas Faudot-Bel, Nicolas Szewczyk. Absent : Loïc Morette (convalescent).