Annecy - Montpellier (Division 1, 25e journée)

On pouvait croire que le public se rendrait en nombre pour soutenir le défi des Chevaliers de se maintenir, malgré une entame de championnat catastrophique. Dans une patinoire peu remplie, les Vipers avaient à affronter une équipe au bord du précipice.

Les Vipers, il faut le dire, s'attendaient à une atmosphère beaucoup plus chaude, que ce soit sur la glace ou dans les gradins. Encore tout imprégnés de la folie subie à Reims et de la tension qui avait régné à Végapolis contre Courbevoie, l'ambiance de fin de parcours de Jean Régis et le faux rythme imprimé par les rouges ne donnaient pas aux hommes de Lionel Bilbao le tempo d'un gros match.

A ce jeu, les mieux armés étaient les Chevaliers qui mettaient en place leur dispositif de jeu de puissance à la première pénalité à Sébastien Aris (6'31"). Fabrice Leglaive tenait le palet et trouvait Cédric Boldron, Matus Hanes laissait Jean François Bonnard (7'17") le contourner et recevoir la passe pour un tir imparable de l'entraîneur joueur.

La réponse du berger à la bergère venait de ce diable de Vilhelm Åman (11'01"), qui démontre tout son caractère avec ce retour au jeu inespéré. Bien servi par Erik Rosén et Yoann Chauvière, le Suédois décochait un tir de la pointe entre les jambes du gardien pour déflorer la feuille de match des Vipers.

A l'instar de leurs voisins du Mont Blanc qui jouent leur maintien en Ligue Magnus, les hommes de Jeff Bonnard luttent quand même pour leur survie en Division 1. Marc Billieras (11'27") profitait d'une confusion de placement entre ailier et défenseur des visiteurs pour récupérer le palet passé par Christophe Vito et Damien Laplace et logeait au fond des filets de Fabrice Agnel le cylindre noir. Afin de bien faire comprendre aux Vipers qu'il faudrait payer le prix d'une victoire chez les damnés de la Division, Benjamin Arnaud (12'50"), seul dans le slot, profitait du travail derrière la cage de Cédric Boldron et Fabrice Leglaive pour donner de l'air à sa formation.

Chat échaudé craint l'eau chaude. Lionel Bilbao a, lui aussi, payé le prix d'une équipe qui perd tout ses moyens et s'en va à la dérive d'un match. Tenant à sa 4ème place, le coach du Languedoc-Roussillon appelait tout son monde au banc pour une intense remontée de bretelles. Les rouges donnaient alors aux Vipers l'occasion de tout suite recoller au score. Deux fautes consécutives (14'52" et 15'23") livraient le gardien à la furia des visiteurs. Celui-ci sauvait la baraque à plusieurs reprises mais ne pouvait s'opposer au mouvement initié par Quentin Garcia glissant le palet à Joshua Boileau pour un tir dévié par la judicieuse palette de Jérôme Catil (17'07"), qui redirigeait le palet sous la barre transversale. Pour être certains de s'être conformés aux desideratas de leur mentor, les Vipers égalisaient en suivant. Le palet d'Erik Rosén passait par Vilhelm Åman pour Matus Hanes (17'19"). Le prestidigitateur slovaque, qui semble retrouver ses moyens, figeait Cyril Bossier d'un tir soudain que le gardien n'a jamais vu, ni partir, ni arriver.

Que les Vipers aient effacé par une fin de tiers-temps efficace les errements du début de match ne pouvait constituer une satisfaction. Il fallait ne plus laisser à l'adversaire l'espoir de revenir.

Si les Vipers avaient eu droit à leur laïus, les coéquipiers de Jeff Bonnard avaient du avoir aussi le leur. Le pressing allait leur appartenir dés la première seconde de jeu. La récompense se trouvait au bout d'une énième action. Jeff Bonnard et Fabrice Leglaive avaient emmené le danger, avec un tir sur Agnel pour le second. Le rebond accordé était fatal aux Vipers quand Cédric Boldron (22'25") s'en saisissait pour un tir que le portier montpelliérain ne parvenait pas à maîtriser.

Les Vipers ne s'affolaient pas et peu à peu construisaient leur jeu. Un grain de sable se mettait pourtant dans les rouages. Romain Masson n'appréciait pas le geste commis par Marc Billiéras (27'33"). Jean Catarino, lui, n'apprécie pas les remontrances et envoyait le fougueux numéro 20 se calmer pour dix minutes. Malgré une offensive amputée de Kamil Vavra et César Lefranc, les Vipers trouvaient le moyen de profiter de l'avantage numérique lorsqu'une belle triangulation s'amorçait par Jérôme Catil et Vilhelm Åman aboutissant à Joshua Boileau (28'34") pour un énorme tir dans la lucarne droite de Bossier.

Comme un fait exprès, cette égalisation déclenchait chez les Vipers une épidémie de pénalités. Le box play des Vipers avait beaucoup appris des séquences précédentes. C'est ainsi qu'il neutralisait le jeu de puissance des Chevaliers en maîtrisant l'homme vers qui tous les palets devaient converger, Jean François Bonnard.

En infériorité numérique Alexis Billard avait déjà bénéficié d'une échappée mais avait vu sa feinte annihilée par la botte de Bossier. Un engagement gagné par Alexis Billard permettait à Romain Masson de faire enfin passer les Vipers devant  avec la cerise sur le gâteau : un but marqué en infériorité numérique (39'08").

Prenant pour la première fois les commandes du match, les Vipers s'attelaient à un objectif tout simple. Laisser le banc des pénalités orphelin et maîtriser le jeu des Chevaliers.

Pour cela il leur fallait compter sur leur gardien. Un petit coup d'oeil au 88 pouvait les rassurer, le gardien qui a fait ses classes en Isère parmi bon nombre d'adversaires du soir, n'avait plus l'intention de laisser quoique ce soit aux locaux.

Pourtant, Robert Pospisil cédait encore au charme du banc d'Annecy. Alexis Billard (47'52") allait parvenir à ses fins lorsque sur une relance de Fabrice Agnel, Quentin Garcia envoyait le palet dans le fond. Sur l'action le changement de ligne de la Haute-Savoie permettait à Billard de filer au but et cette fois de ne pas manquer son duel avec le gardien.

Quand les Vipers sont bien en place, les Chevaliers n'ont plus les moyens de les contourner. Quand, en plus, ils ont comme dernier rempart un Fabrice Agnel qui ferme la porte, cela devient mission impossible. C'est exactement ce qui se passait et les secondes écoulées voyaient de plus en plus se renforcer le schéma de la mainmise des visiteurs. Aidé de Orsoni et de Chauvière, Matus Hanes (53'13") partait tout en vitesse battre le portier d'Annecy d'un vif lancer en angle du poignet.

Pour réveiller des troupes qui s'endorment, il y a encore les vielles ficelles, par exemple frapper solidement un des joueurs de l'équipe adverse, en espérant que le momentum bascule. C'est Matthieu Hottegindre qui prenait la violente charge de Jean François Bonnard (56'38"). Pas d'accord avec le procédé qui pouvait porter atteinte à son intégrité physique, le jeune homme faisait savoir vertement et à tout un chacun son fort mécontentement, et se retrouvait exclu pour attitude antisportive.

Aussitôt le gardien des rouges sortait pour apporter un homme en plus à l'offensive. Le pilonnage en règle n'allait apporter que frustration aux locaux, qui voyaient toutes leurs tentatives échouer devant des Vipers admirablement positionnés.

Ayant effectué la substitution pour la pénalité à Matthieu Hottegindre, le jeune Maximilien Martocq se retrouvait à l'origine de dernier but des Vipers. Passant par lui et Robert Pospisil, le palet allait échouer dans la crosse de Vilhelm Åman pour un tir sans concession dans la cage vide qui allait sceller définitivement le sort des Hauts Savoyards.


Annecy - Montpellier 4-8 (3-3, 1-2, 0-3).
Samedi 13 mars 2010 à 20h30 à Jean Régis. 420 spectateurs.
Arbitrage de Jean Catarino assisté de Matthieu Pretat et Matthieu Barbez.
Pénalités : Annecy 12' (8', 4', 0'), Montpellier 38' (4', 8'+10', 6'+10').
Évolution du score :
1-0 à 07'17" : Bonnard assisté de Boldron et Leglaive (sup. num.)
1-1 à 11'01" : Åman assisté de Chauvière et Rosen (sup. num.)
2-1 à 11’27" : Billieras assisté de Laplace et Vito
3-1 à 12‘50" : Arnaud assisté de Boldron et Leglaive
3-2 à 17'07" : Catil assisté de Boileau et Garcia (sup. num.)
3-3 à 17'19" : Hanes assisté de Åman et Rosen
4-3 à 22’25" : Boldron assisté de Leglaive et Bonnard
4-4 à 28‘34" : Boileau assisté de Åman et Catil (sup. num.)
4-5 à 39'08" : Masson assisté de Billard et Boileau (inf. num.)
4-6 à 47'52" : Billard assisté de Garcia et Agnel (inf. num.)
4-7 à 53’13" : Hanes assisté de Chauvière et Orsoni
4-8 à 58‘44" : Åman assisté de Pospisil et Martocq, cage vide