Reims - Courbevoie (Division 1, 25e journée)

S’étant extirpés du piège d’Amnéville, les Phénix retrouvent cette semaine leur antre de Bocquaine, avec la réception des Coqs de Courbevoie. Bien que favori sur le papier, Reims doit se méfier d’un adversaire en lutte pour se maintenir en D1 et qui a mené la vie dure à Montpellier le week-end dernier. Mais devant une patinoire bondée, les Phénix entendent bien se faire respecter et continuer à monter en puissance d’ici le 3 avril prochain, date du début des play-offs.

Conscient de l’enjeu, Courbevoie décide de rester fidèle à sa tactique et presse haut les Rémois. Les Franciliens y mettent sans doute un peu trop d’intensité, à l’image de Sevcik prié d’aller se reposer un instant dès la 30ème seconde. Heureusement pour les visiteurs, Reims n’est pas encore rentré dans son match. L’attaque massive rémoise cafouille son jeu et les Coqs, bien en place en ce début de rencontre, s’en sortent sans dommage. Mis en confiance, Courbevoie ne met pas bien longtemps à venir frapper à la porte de Kubis. Les locaux connaissent quelques imprécisions dans leur jeu et Figved passe jusque là une soirée des plus tranquilles.

De l’autre côté, Kubis ne chôme pas et doit sortir le grand jeu pour empêcher Sevcik, puis Dubuc de déflorer la marque aux alentours de la 3ème minute. A jouer avec le feu, les Phénix finissent par se brûler. A la 6ème, la défensive rémoise perd le puck à proximité de son but, Dubuc saute sur l’occasion pour servir Therrien, qui bat de près Kubis (0-1, 05’58"). Ce but vient adoucir l’ambiance dans Bocquaine et Courbevoie se dit qu’il y a dès lors un bon coup à jouer. Les visiteurs obtiennent une belle occasion de doubler la mise avec une supériorité (7’24), sauf que le jeu à 4 des Rémois contrarie les plans des Coqs et pousse ces derniers à la faute. Malgré ce sursaut, les Rémois sont toujours à la peine dans ce premier tiers et passent même tout près de la correctionnelle.

Heureusement, Kubis vient en aide à ses coéquipiers, en remportant ses duels face à Trabach puis Therrien à la 14ème. Le portier tchèque a aussi de la réussite, pour preuve ce tir de Varga dévié par Sevcik, qui termine sa course sur le montant droit des cages rémoises. Malgré ces chaudes alertes, Reims ne parvient que rarement à inquiéter un Figved toujours aussi serein dans ses cages. Et c’est Courbevoie qui a, en toute fin de tiers, l’occasion de faire le break en supériorité. Mais Reims tient bon et peut rejoindre les vestiaires, conscient de s’en être bien sorti tant les Franciliens se sont procurés plusieurs occasions franches, obligeant Kubis à sortir le grand jeu.

Secoués par leur coach durant la pause, les Rémois remontent sur le glaçon armés de meilleures intentions. Seulement, un manque de concentration à la mise en jeu initiale va coûter cher aux locaux. Guyot récupère l’engagement gagné par Paillet, lance Sevcik, qui passe entre deux défenseurs rémois et ajuste Kubis d’un tir sous la barre (0-2, 20’05") ! Coup de tonnerre sur Bocquaine et les Phénix qui ne s’attendent pas à une entame pareille. Le coach rémois décide alors d’appeler un temps-mort, exhortant ses troupes à jouer enfin. Et à contrario du premier tiers, ce but, cumulé au temps-mort, semble réveiller les locaux qui se décident à appliquer plus de pression sur les cages adverses.

Les hommes de François Dusseau se retrouvent en supériorité à la 24ème et un homme va se trouver à l’origine de la révolte rémoise, en la personne de son défenseur Kaisjoki. Le Finlandais arme un dur lancer de la bleue, que Savoie dévie habillement pour la réduction du score (1-2, 25’28"). Ce but réveille les Rémois et galvanise plus encore leurs partisans. Dès lors, lancé dans une opération remontée, Reims met sous pression l’arrière-garde francilienne qui s’en remet à Figved pour endiguer les offensives locales. A la 29ème, les efforts rémois trouvent récompense. Sur un engagement gagné par Martin-Whalen, Kaisjoki profite du trafic devant Figved pour lancer de la bleue et surprendre le portier des Coqs dans la partie supérieure (2-2, 28’10").

Le plus dur vient sans doute d’être fait pour les Phénix. Ces derniers passent dès lors la vitesse supérieure et Courbevoie éprouve de plus en plus de difficultés à résister aux assauts. Le corps arbitral offre un peu de répit aux visiteurs, en freinant les ardeurs rémoises de quelques pénalités. Kubis assure sa part de travail et Reims passe sans encombre cet écueil. Revenus à égalité d’hommes, les Phénix remettent un coup d’accélérateur et les vagues déferlent sur la défense des Coqs avec ardeur, à l’image de cette déviation de Savoie stoppée de justesse par la botte de Figved à la 34ème. A la 37ème, Florian Sabatier part dans une chevauchée au milieu de la défense des Coqs depuis le milieu de la patinoire, mais son tour de cage butte sur la base des buts de Figved. A l’affût, Vrielynck reprend la rondelle et n’a plus qu’à la loger au fond des cages (3-2, 36’16").

Ce but fait passer enfin en tête les Rémois au tableau d’affichage et ceux-ci ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. A peine 40 secondes plus tard, suite à une superbe action collective, Florian Sabatier envoie Rehor en duel avec Figved et le Tchèque, avec sa vista habituelle, déjoue le portier adverse pour donner deux longueurs d’avance à son équipe (4-2, 36’55"). Courbevoie vient de prendre un coup sur le casque et les jambes commencent à se faire lourdes. Reims continue dans son élan euphorique et la tornade bleue va faire sombrer le bateau francilien. A la 39ème, Jérémy Sabatier opère un débordement sur l’aile et sert Savoie au centre. S’en suit un cafouillage, dont tire profit Martin-Whalen pour inscrire le 5ème but des locaux (5-2, 38’08").

Courbevoie, voyant le match lui filer sous les crosses, commence à s’énerver à l’instar de son capitaine, sanctionné pour le coup d’une méconduite. Reims fait abstraction de cela et en rajoute une couche à une minute de la sirène. Florian Sabatier, omniprésent, adresse un nouveau caviar à Rehor, qui arrive lancé et son tir précis ne laisse aucune chance au pauvre Figved (6-2, 39’05"). En moins de quatre minutes, les Phénix ont mis à la raison des Franciliens qui n’ont sans doute pas imaginé un tel scénario après avoir mené 2-0.

Le coach des Coqs décide de stopper l’hémorragie en changeant son gardien titulaire, Fourcade prenant place dans les cages. Dans les dernières secondes, Martin-Whalen se charge de le tester rapidement, sans réussite toutefois. Quelques instants plus tard, la sirène arrive à point nommé pour les Coqs, qui regagnent leur chambre, sonnés et sans illusions sur la suite du match.

A la reprise du dernier tiers, il reste aux Phénix à contrôler un éventuel baroud d’honneur de Courbevoie et à poursuivre sérieusement leur plan de match. Très rapidement, Reims enterre les derniers espoirs des visiteurs, à l’image de Florian Sabatier, décidément intenable samedi soir, qui sème à nouveau la panique dans la défense des Coqs à la 42ème. L’avant rémois va frapper à la porte de Fourcade, qui faisait l’arrêt dans un premier temps, mais Vrielynck profite du palet traînant devant les cages, pour inscrire son 2ème but de la soirée (7-2, 41’31"). Les jeux sont faits et on assiste dès lors à une rencontre débridée, notamment comme en attestent les contacts appuyés de part et d’autre. A côté de cela, les attaques rémoises se succèdent sur les cages de Fourcade, ce dernier s’en sortant avec brio pour éviter un plus gros écart à son équipe jusque là.

Courbevoie tente bien d’adoucir la note, mais trouve sur sa route un Kubis toujours aussi solide. De son côté, Reims ne parait pas rassasié et continue d’attaquer, porté par des partisans aux anges. A la 53ème, le duo Florian Sabatier/Rehor va encore faire des dégâts dans la défense adverse. Posté derrière les buts, le cadet des Sabatier se connecte avec le Tchèque, posté dans le slot, pour une reprise imparable (8-2, 52’31"). Une minute plus tard, Kévin Dusseau y va d’une montée rageuse en zone offensive et s’y reprend à deux fois pour corser un peu plus l’addition de son célèbre slap (9-2, 53’31"). Les dernières minutes ne débouchent sur rien de significatif, hormis quelques pénalités, conséquence sans doute de la vexation des Franciliens de recevoir une fessée. Les dernières secondes s’égrènent, les partisans rémois peuvent déborder de joie et célébrer, en même temps que les Phénix, une belle victoire à la sirène finale.

Le diesel rémois a mis du temps à se mettre en action et Courbevoie a cru longtemps à la possibilité de ramener des points de Champagne, avant quatre minutes de folie. Avec ce succès, Reims a offert un bon spectacle à son nombreux public et conforte sa 5ème place au classement par la même occasion. Il reste un dernier déplacement à Valence dans quinze jours, avant d’attaquer la semaine suivante les play-offs face à un adversaire encore à déterminer.

Meilleur joueur à Reims : Kévin DUSSEAU.
Meilleur joueur à Courbevoie : Daniel SEVCIK


Reims - Courbevoie 9-2 (0-1, 6-1, 3-0).
Samedi 13 mars 2010 à 20h00 à Bocquaine.
Arbitrage de Stéphane Peronnin assisté de Sueva Torribio et Yann Vandaele.
Pénalités : Reims 14' (4', 4', 6'), Courbevoie 58' (6', 6'+10', 6'+10'+20').
Évolution du score :
0-1 à 05'58" : Therrien assisté de Dubuc
0-2 à 20’05" : Sevcik assisté de Guyot et Paillet (sup. num.)
1-2 à 25‘28" : Savoie (sup. num.)
2-2 à 28’10" : Kaisjoki assisté de Martin-Whalen et J. Sabatier
3-2 à 36‘16" : Vrielynck assisté de F. Sabatier
4-2 à 36’55" : Rehor assisté de F. Sabatier
5-2 à 38‘08" : Martin-Whalen assisté de Savoie
6-2 à 39’05" : Rehor assisté de F. Sabatier
7-2 à 41‘31" : Vrielynck assisté de F. Sabatier
8-2 à 52’31" : Rehor assisté de Vrielynck et F. Sabatier
9-2 à 53‘31" : Dusseau