Amiens – Grenoble (Ligue Magnus, ¼ de finale, match 2)

Le match d'un homme

Un nouveau soir de match à Amiens. Un autre état d'esprit, espèrent les supporters picards. Un match où l'on verrait une prestation différente de celle offerte par les locaux la veille. Une rencontre que l'on aimerait équilibrée. De retour en rose, il est temps pour les Amiénois de l'emporter, d'inverser la tendance et d'oublier la défaite 4-2 de mardi. Côté grenoblois, confirmer ce soir serait un grand pas vers la qualification avec deux essais à Pôle Sud pour convertir l'occasion. Voilà, très rapidement, quels étaient les états d'esprits de toutes parts en venant ce mercredi 17 mars au Coliseum. L'enfer du nord n'affiche pas complet ce soir, mais les fidèles sont toujours présents et l'ambiance des playoffs qui va de paire.

C'est avant tout un jeu collectif des Gothiques que les spectateurs attendent, et personne n'imagine qu'un seul homme va prendre le match à son compte pour en déterminer à lui seul l'issue.

Les premières lignes de chaque camp ne changent pas et sont à l'engagement. Amiens prend le palet et développe une longue phase de jeu où les trois lignes ont le temps de s'exprimer avant un dégagement interdit. C'est la troisième ligne locale, composée de Petit, Henderson et Offret, qui ouvre les hostilités avec une action offensive sans réel danger. Puis Grenoble semble sonner la charge. Ville Koivula parvient à geler le palet et concède un arrêt de jeu qui permet aux arbitres d'envoyer Kowalczyk en prison pour une obstruction (2'32). Le jeu de puissance et les tirs grenoblois sont, comme la veille, au rendez-vous. Rouleau puis Fleury lancent à la cage et trouvent le gardien finlandais. C'est ensuite Jansson qui est contré peu avant la fin de pénalité amiénoise. Le trafic se crée de nouveau dans le slot des Picards et le palet circule dangereusement. Koivula perd sa crosse et se traîne alors dans sa zone pour finalement faire l'arrêt (4'46). Par la suite, Milovanovic trouve la mitaine du numéro 30 local avant que Cayer ne rejoigne le cachot pour accrocher (5'24).

La première ligne grenobloise, formée de Manavian, Llorca, Arrossamena, Jansson et Nilsson, prend place dans la zone adverse mais ne peut tirer au but. Le reste de la pénalité est bien géré par les locaux qui semblent plus à l'aise que la veille. À peine les roses ont-ils le temps de souffler que le zèbre du soir trouve encore à redire sur Kowalczyk, coupable d'une charge dans le dos sur Baylacq lui valant 2 plus 10 minutes (7'40). Les esprits s'échauffent suite à un tir de Dufour stoppé par Koivula et une altercation entre un Amiénois et Manavian, qui.part sur le banc avec 2 minutes pour dureté (8'08). Visiblement frustré d'être le seul puni, l'Isérois jette la gourde du banc dans les gradins derrière lui. C'est le début de la popularité du solide 44 auprès du public amiénois. Une amitié qui va durer tout le match chaque fois que le défenseur touchera le palet.

Pour en revenir au jeu, Amiens temporise à 4 contre 4 et passe à l'action en supériorité. D'abord par Riendeau qui slalome depuis la ligne centrale pour forcer Ferhi à l'arrêt, puis par Pazak qui intercepte un palet en zone offensive et trouve lui aussi le numéro 1 visiteur. La pénalité prend fin et Manavian rejoint sa ligne sur la glace quelques secondes plus tard. Visiblement rancunier de ses deux minutes passées au frais, le blanc et rouge répond aux petites provocations amiénoises et prend deux nouvelles minutes pour dureté (10'56), rejoignant le cachot avec l'accueil local qu'il se doit. Amiens semble prendre l'initiative du jeu provocateur ce soir, ce jeu que Grenoble arborait la veille. En supériorité numérique, la seule occasion amiénoise est à mettre à l'actif de Mortas dont le tir finit dans les bottes de Ferhi. Peu après, l'équipe de Grenoble tarde à changer ses lignes et prend deux minutes pour retard de jeu (14'24). On aperçoit alors sur la glace Marcos avec Trabichet. Le 93 local fait une superbe entrée en matière avec une boîte en zone offensive qui vaut les applaudissements du public. Ses coéquipiers suivent et proposent un jeu physique contre les bandes grenobloises. Béron passe derrière la cage et transmet à Pazak au niveau du point d'engagement. Ce dernier renverse le jeu au second poteau avec l'appel de Mortas qui, esseulé dans le slot, ouvre le score (14'53, 1-0).

Amiens tient le bon bout et un 2 contre 1 formé de Pazak et Offret - qui tardait à changer - aboutit à un tir de ce dernier et à une mitaine impeccable de Ferhi. Grenoble réagit par Tartari qui envoie un shoot puissant mais trouve le portier adverse (18'52). Enfin, Pazak intercepte une passe et part face à Ferhi, accompagné de Mortas. Ce dernier vendange le caviar offert par le Slovaque après une feinte de frappe (19'45). Le buzzer laisse les deux équipes sur ce score serré et ce tiers équilibré.

Le surfaçage achevé, le jeu reprend avec une charge contre la bande de Mortas en zone offensive (21'07). La pénalité est mal gérée par les visiteurs et Mortas fait son retour quand Marcos prend sa place sur la troisième ligne en défense. On s'aperçoit alors que Richer fait tourner ses blocs tant défensivement qu'offensivement. Seulement cinq secondes après la sortie de Mortas, c'est Jansson qui se fait prendre par la patrouille (23'12, obstruction) alors qu'un Amiénois partait seul. Béron prend alors sa chance et Ferhi concède le rebond. En contre, un 2 contre 1 grenoblois est annihilé par Koivula. Ce dernier relance sur Pazak qui force le portier adverse à geler la rondelle. Sur l'engagement côté droit, Cayer envoie sur Glaude dans le slot qui double le compteur local (25'08, 2-0).

Grenoble accuse le coup et les Amiénois s'entendent bien à l'image de cette ligne originale composée de Bault, Trabichet, Petit et Riendeau. Sivic relance quelque peu Grenoble en shootant par deux fois (25'), puis c'est Arrossamena qui voit son tir détourné du bouclier par le Finlandais. Tartari s'agace alors de se manque de réussite et commet un accrocher (26'42). Les Picards n'en demandaient pas tant. Depuis la bleue, Riendeau slap vers le but. Dans le cafouillage du slot, Roussel dévie le palet (27'13, 3-0). Les supporters peuvent à peine savourer le score qu'une pénalité de Mortas pour faire trébucher tend de nouveau l'atmosphère (28'39). Fleury fait feu mais Koivula repousse. Sur un service de Broz, Sivic ne peut franchir la muraille rose. Amiens gère la fin de la pénalité en conservant le palet. Les blancs finissent enfin par marquer : sur un tour de cage, Broz sert Rouleau qui ouvre le compteur visiteur (31'16, 3-1).

Les Amiénois temporisent alors et prennent leur temps pour préparer leurs offensives. Lancé par Trabichet, Henderson se heurte à Ferhi (32'), puis c'est Cayer qui ne peut ajouter un but dans la balance. Grenoble poursuit son offensive, et déborde bien les Amiénois en entrée de zone. Illustration avec un 3 contre 1 que Kowalczyk interrompt à lui seul par sa bonne vision de jeu (35'). Les Isérois dominent la fin du tiers avec des tirs de Nilsson, Dufour et Baylacq sans réussite. Ces derniers montrent à chaque fois des gestes de dépit face au portier rose et rentrent au vestiaire sur cette impression.

Le troisième tiers reprend avec un slalom de Fleury auquel Koivula met fin. Le 10 visiteur remet ça en déviant un tir dans le slot adverse, sans parvenir toutefois à scorer pour les visiteurs. Successivement, Amiens prend une pénalité de banc mineur (44'03), occasion pour Dufour et Sivic de mettre une énième fois le cerbère local en valeur. Pazak contre ensuite un slap à la bleue et s'en va affronter Fehry en compagnie de Mortas qui ne parvient pas à pousser le puck au fond des filets. La pénalité prend fin et Henderson prend Besch de vitesse. Ce dernier le balance alors et part au cachot sans contester (47'35, accroché). Kowalczyk, Cayer puis Riendeau n'arrivent pas à changer le panneau d'affichage.

Sivic se montre dans le slot, sans toucher suffisamment le palet pour tromper le portier adverse. Sur l'action suivante, Petit travaille contre la bande avec Marcos qui trouve Mortas dans le slot pour le quatrième but (50'48, 4-1). Amiens fait le break et Kowalczyk remet les locaux sous tension avec un troisième pénalité pour dureté (51'07). Grenoble se montre dangereux mais Koivula veille encore et toujours. Sous pression, Mortas part à la faute (52'59, accrocher) et laisse son équipe à 3 contre 5 pendant neuf secondes. Kowalczyk sort de prison et Moisand slape sur le 30 local. C'est ensuite le poteau qui sauve le portier amiénois. Grenoble doute alors et se montre plus brouillon, laissant la pénalité s'écouler.

Jansson fait preuve d'orgueil et envoie un slap sur lequel Ville Koivula ne peut rien (55'14, 4-2). Amiens semble se relâcher quelque peu et Béron est coupable d'une obstruction, permettant à l'entraîneur isérois de prendre un temps mort et de sortir son gardien (56'34). À 6 contre 4, Grenoble se donne une dernière chance. À faire tourner les Amiénois, les blancs trouvent la faille par un tir de Rouleau dans le slot (58'11, 4-3). Amiens reste alors à 4 contre 5 puisque l'arbitre avait signalé une autre pénalité locale à venir, annulée par le but. Fehry sort de nouveau mais cette fois la réussite est picarde : à la bleue, Dufour voit son tir contré. Cayer prend alors le défenseur de vitesse et part inscrire le cinquième but amiénois en angle fermé (59'15, 5-3). Une ultime mitaine de Koivula sur un tir de Milovanovic laisse place à une altercation.

Le match s'achève et Amiens égalise à un point partout dans cette série disputée. Cependant, au-delà de la victoire, il convient de saluer la performance de Ville Koivula. Avec 52 arrêts sur 55 tirs, le Finlandais se voit récompensé du titre d'homme du match et à légitimer son poste de numéro un dans la cage auprès des supporters pour la saison prochaine. Alors Amiens a-t-il sauvé l'honneur par ce point, ou a-t-on assisté au réveil des roses ? Pour confirmer, les Picards devront se montrer plus fort collectivement, car Koivula aura certainement du mal à rééditer son exploit.

 

Amiens – Grenoble 5-3 (1-0, 2-1, 2-2)
Mercredi 17 mars 2010 à 20h00 au Coliseum, 2200 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Jérémy Rauline et Adrien Ernecq.
Pénalités : Amiens 28' (16', 4', 8') ; Grenoble 12' (6', 4', 2').

Évolution du score :
1-0 à 14'53'' : Pazak assisté de Béron et Mortas (sup. num.)
2-0 à 25'08'' : Glaude assisté de Cayer (sup. num.)
3-0 à 27'13'' : Roussel assisté de Riendeau et Henderson (sup. num.)
3-1 à 31'16'' : Rouleau assisté de Fleury
4-1 à 50'48'' : Mortas assisté de Petit et Marcos
4-2 à 55'14'' : Jansson assisté de Broz
4-3 à 58'11'' : Rouleau assisté de Nilsson et Dufour (sup. num.)
5-3 à 59'15'' : Cayer assisté de Henderson et Roussel (cage vide)


Amiens

Gardien : Ville Koivula.

Défenseurs : Vincent Bachet (C) - Pavel Kowalczyk ; Jean-Philippe Glaude (A) - Thomas Roussel  (A) ; Teddy Trabichet - Romain Bault puis Julian Marcos.

Attaquants : Miroslav Pazak - Anthony Mortas - Grégory Béron ; David Cayer - Valentin Claireaux - Yanick Riendeau ; Yannick Offret - Brian Henderson - Simon Petit.

Remplaçants : Sébastian Ylönen (G), Maxime Belov, Jonathan Boehrer, Loïc Sadoun. Absent : Sylvain Rodier (double fracture de la mâchoire).

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Antonin Manavian - Vincent Llorca ; Alexandre Rouleau - Jakob Milovanovic ; Jason Crossman - Nicolas Besch.

Attaquants : Nicolas Arrossamena - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Mitja Sivic - Ludek Broz (A) - Julien Baylacq.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Elie Raibon, Maxime Moisand. Absents : Viktor Wallin (appendicite), Loup Benoît (épaule), Raphaël Papa (acromio-claviculaire).