Grenoble – Amiens (Ligue Magnus, ¼ de finale, match 3)

Grenoble en vingt-six secondes

2010-03-19-grenoble-amiens1Après avoir repris la main dans la série avec l'avantage de la glace récupéré lors du premier match, les Grenoblois peuvent désormais conclure la série à domicile alors que les Amiénois voudront remporter au moins une manche pour revenir disputer un cinquième match en Picardie. Côté effectif, les deux équipes ont toujours deux absents de marque à déplorer : Viktor Wallin côté grenoblois et Sylvain Rodier côté amiénois.

Dans cette rencontre très tendue dès les premières minutes, Ferhi met un terme à la première action chaude en s'interposant sur une reprise sans contrôle de Trabichet. S'ensuit un brassage devant la cage grenobloise qui donne le ton de ce premier tiers où frictions et charges seront légion. La réponse grenobloise ne tarde pas à suivre sur une contre-attaque de Sivic : Koivula fait l'arrêt mais relâche le palet qui vient mourir au pied du poteau sans rentrer.

Le jeu est rapide et va d'une cage à l'autre : les Gothiques s'appuient sur leur vitesse pour placer des attaques tranchantes, alors que Nilsson et Jansson se voient offrir une belle opportunité en deux contre un mais s'emmêlent les crosses dans leur redoublement de passes. On assiste à une furieuse bagarre pour la possession du palet dans les bandes mais les Gothiques parviennent à s'échapper à trois contre deux, une action dangereuse neutralisée seulement par Anders Nilsson, coupable d'un retenir utile sur l'action. Les Amiénois peinent à installer leur jeu de puissance et se font même contrer à la ligne bleue, ce dont profite Mitja Sivic pour partir seul en échappée et défier Koivula. Le gardien finlandais remporte son duel puis détourne un deuxième tir de Sivic quelques instants plus tard.

Les Brûleurs de Loups prennent petit à petit l'ascendant avec une bonne circulation du palet autour de Koivula mais personne pour mettre la rondelle au fond. Dans une lutte contre la bande, Broz se laisse accrocher par Henderson et obtient ainsi une première supériorité numérique. Le palet circule bien mais la défense amiénoise est très bien en place et empêche les Isérois de se mettre en position de tir. Henderson en profite même pour se procurer une occasion à sa sortie de prison. L'intensité physique de la rencontre monte encore d'un cran avec des charges de plus en plus appuyées le long des bandes : après quelques échanges entre Riendeau et Rouleau, la tension accumulée depuis le début du match finit par déboucher sur une bagarre mettant aux prises Nilsson et Henderson d'un côté, Jansson et Trabichet de l'autre. Grenoble continue à mettre la pression sur la cage de Koivula alors qu'Amiens procède par contres, rendus possibles par une défense grenobloise parfois assez relâchée qui laisse suffisamment d'espaces aux attaquants picards pour s'infiltrer. Après deux premières alertes assez chaudes, la troisième est la bonne sur une entrée de zone facile de Grégory Béron. Il décale Pazak qui peut s'avancer et ajuster Ferhi sans opposition (0-1, 19'12"). Malgré de nombreuses occasions d'ouvrir la marque, les Brûleurs de Loups se retrouvent menés au score à la pause.

Amiens tente d'occuper la zone grenobloise au début de la deuxième période tandis que les Grenoblois évoluent sur un faux rythme qui ne leur accorde que des tirs de loin. Une faute de Bachet sur Arrossamena leur permet de se rapprocher enfin des cages amiénoises mais les Gothiques restent dangereux sur une contre-attaque menée tambour battant par Riendeau et neutralisée de justesse par Ferhi. La supériorité grenobloise est écourtée par un surnombre. En supériorité numérique à leur tour, les Gothiques se montrent bien plus convaincants avec notamment un tir à bout portant de Pazak sur Ferhi. Grenoble s'en sort mais a du mal à enchaîner, la faute à beaucoup de déchets dans la transmission du palet, ce qui conduit à une succession de hors-jeu ou de passes interceptées.

Mats Lusth, visiblement pas très satisfait du rendement de ses lignes offensives, décide d'intervertir ses ailiers gauches. Physiquement, la rencontre a baissé d'un ton même si les accrochages restent fréquents aux abords des cages notamment... Alors qu'on se demande comment Grenoble va bien pouvoir débloquer la situation, Nicolas Besch parvient à tromper la vigilance de Koivula sur un tir anodin du poignet depuis la ligne bleue, profitant du trafic devant le portier amiénois (1-1, 29'50").

2010-03-19-grenoble-amiens2Ce but égalisateur pas forcément attendu à cet instant de la partie, semble donner des ailes aux Grenoblois : Nilsson décale Manavian qui se présente seul face à Koivula mais Riendeau neutralise irrégulièrement le défenseur grenoblois qui finit dans la bande. Il ne faut que sept secondes à Grenoble pour profiter de la pénalité : Rouleau tire à la ligne bleue, le palet est repoussé par Koivula mais Fleury est présent au rebond pour conclure en lucarne (2-1, 30'16"). En vingt-six secondes, Grenoble a repris l'avantage au tableau d'affichage et un nouveau match commence. Antoine Richer le sent bien et demande un temps mort pour recadrer ses joueurs.

Amiens repart vite à l'assaut des cages de Ferhi alors que Grenoble procède par contres. Un peu trop nerveux, Nicolas Arrossamena se fait sanctionner logiquement pour un retenir. Après un premier contre grenoblois dangereux, Béron effectue un débordement fracassant sur l'aile gauche mais manque la lucarne opposée. Puis c'est au tour de Riendeau de trouver le poteau alors qu'il pensait même avoir marqué. La défense grenobloise est au supplice face au jeu de puissance amiénois très bien en place et qui propose de nombreuses solutions de tirs. Mais Ferhi, très sollicité, répond présent. La pénalité s'achève alors que Manavian distribue dans la bande sans être pénalisé, ce qui provoque ensuite de nouvelles frictions autour de la cage de Koivula et conduit à une pénalité de Cayer, coupable d'un cinglage. Grenoble n'est pas malheureux sur cette décision qui permet aux Brûleurs de Loups de souffler pendant deux minutes et même de se montrer dangereux sur des tirs de Jansson de la bleue. Une fois la pénalité tuée, Amiens continue de pousser avec notamment une contre attaque de Riendeau et des tirs qui obligent Ferhi à être vigilant jusqu'à la pause.

2010-03-19-grenoble-amiens3L'avantage d'un but pour Grenoble maintient le suspense pour la troisième période. Avantage Amiens en début de tiers avec une pénalité contre Fleury pour obstruction. Amiens s'installe au début des deux minutes mais n'arrive pas à rester en zone offensive et passe son temps à courir après le palet. Une occasion ratée pour les Gothiques qui ne parviennent pas à retrouver l'intensité qu'ils avaient en première période.

Les minutes suivantes se résument à une longue bataille en zone neutre pour la possession de la rondelle avec des défenses hermétiques et disciplinées qui redoutent plus que tout d'encaisser le prochain but ou la prochaine pénalité. Ferhi se montre serein sur quelques tirs amiénois mais le rythme a baissé au fur et à mesure de la rencontre. Du côté grenoblois, Damien Fleury se montre le plus dangereux sur des débordements mais Koivula répond présent. Grenoble occupe la zone offensive et Martin Jansson trouve même le poteau sur une reprise à mi-distance. La domination grenobloise finit par se concrétiser sur une passe lumineuse derrière les buts de Ludek Broz pour Nicolas Arrossamena, qui arrive à point nommé devant la cage et glisse habilement le palet entre le poteau et Koivula (3-1, 49'34").

Le break est fait pour Grenoble qui peut voir venir plus sereinement les dix dernières minutes, d'autant plus que Vincent Bachet se fait de nouveau sanctionner pour avoir freiné irrégulièrement une contre-attaque de Fleury après deux tirs amiénois. Les Brûleurs de Loups sollicitent Koivula par des tirs de la bleue mais les Gothiques concluent leur infériorité par une échappée de Roussel qui tire à bout portant sur Ferhi. Roussel s'effondre ensuite après avoir été légèrement bousculé par Rouleau, une exagération pas du goût du défenseur canadien qui lui explique son fait avant de se retrouver en prison. Contrairement à la supériorité précédente, Amiens arrive cette fois à s'installer, mais sans véritablement trouver de position de tir dangereuse pour Ferhi.

Les minutes s'égrènent sans que les Gothiques parviennent à faire sauter le verrou grenoblois et les affaires picardes se compliquent même lorsque Yannick Riendeau charge Nicolas Arrossamena le long de la bande. Les hommes de Mats Lusth se contenteront essentiellement de faire défiler le chrono au cours des deux minutes de supériorité. Les affaires deviennent compliquées pour les Gothiques qui n'y croient plus beaucoup. Richer fait tout de même sortir Koivula dans la dernière minute, peine perdue... Ferhi et sa défense tiennent jusqu'au coup de sirène.

2010-03-19-grenoble-amiens4Malgré beaucoup d'approximations dans le jeu, Grenoble s'impose grâce à une plus grande solidité défensive et une meilleure efficacité offensive. Dans ce match engagé digne des play-offs, la différence s'est faite à la mi-match, en vingt-six secondes exactement, le temps qu'il a fallu pour Besch et Fleury de remettre leur équipe sur les bons rails après un début de match compliqué. Eddy Ferhi a livré une prestation très solide dans ses cages, palliant les manques de sa défense qui a parfois laissé un peu trop d'ouvertures. En attaque, Damien Fleury, le MVP grenoblois de la saison (élu par les supporters et récompensé à la fin du match), a une nouvelle fois apporté sur le plan offensif, tout comme Julien Baylacq, élu pour sa part meilleur espoir et impliqué sur les trois buts grenoblois ce soir. Enfin, Ludek Broz s'est une nouvelle fois montré très précieux par sa capacité à livrer des passes décisives, dont l'une a amené le but d'Arrossamena. Grenoble n'est désormais plus qu'à un match de la demi-finale et peut conclure la série dès demain.

Du côté d'Amiens, l'entame de match fut convaincante avec un gros défi physique imposé aux Grenoblois dans la lignée des matchs disputés au Coliseum. Les Gothiques ont joué parfaitement le coup lors du premier tiers, tenant le choc sur les offensives grenobloises grâce à un très bon Koivula, puis en ouvrant le score en toute fin de tiers. Le scenario était parfait mais les trente secondes de flottement à la mi-match ont conduit à deux buts grenoblois et les hommes d'Antoine Richer ne se sont jamais vraiment remis de ce coup du sort. Bien moins tranchants dans la seconde moitié du match, ils ne sont plus arrivés à créer de décalages suffisants pour tromper à nouveau Eddy Ferhi malgré les efforts de Pazak et Riendeau, les deux Amiénois les plus dangereux en attaque ce soir. Il faudra resserrer les rangs défensivement demain pour espérer égaliser dans la série et retourner en Picardie disputer une cinquième manche.

Désignés meilleurs joueurs du match : Eddy Ferhi (Grenoble) et Miroslav Pazak (Amiens)

(photos www.hockey-passion.com)

Commentaire d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Damien Fleury (attaquant de Grenoble) : "On a assuré l'essentiel avec cette victoire. Cela a été une lutte physique de tous les instants. On a voulu leur montrer d'emblée qu'on était chez nous et qu'il leur faudrait batailler ferme pour repartir avec la victoire. C'est peut-être pour ça qu'on prend le premier but, en se livrant trop. Puis on s'est remis dans le droit chemin. De manière générale, on est parvenu à se créer pas mal d'occasions. Et derrière, on a bien tenu, notamment grâce à un grand Eddy Ferhi."

 

Grenoble - Amiens 3-1 (0-1, 2-0, 1-0)
Vendredi 19 mars à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Bourreau assisté de David Courgeon et Geoffrey Barcelo.
Pénalités : Grenoble 18' (10', 4', 4'), Amiens 20' (10', 6', 4').
Tirs cadrés : Grenoble 34 (14, 12, 8), Amiens 36 (10, 16, 10).
Évolution du score :
0-1 à 19'12" : Pazak assisté de Béron et Kowalczyk
1-1 à 29'50" : Besch assisté de Broz et Baylacq
2-1 à 30'16" : Fleury assisté de Rouleau et Baylacq (sup. num.)
3-1 à 49'34" : Arrossamena assisté de Broz et Baylacq

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Jason Crossman - Antonin Manavian ; Alexandre Rouleau - Jakob Milovanovic ; Maxime Moisand - Nicolas Besch.

Attaquants : Nicolas Arrossamena [puis Dufour à 25'] - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour [puis Sivic à 25'] - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Mitja Sivic [puis Arrossamena à 25'] - Ludek Broz (A) - Julien Baylacq.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Elie Raibon, Vincent Llorca, Raphaël Papa, Loup Benoît. Absent : Viktor Wallin (appendicite péritonite).

Amiens

Gardien : Ville Koivula (sorti de 59'07" à 60'00").

Défenseurs : Vincent Bachet (C) - Pavel Kowalczyk ; Thomas Roussel (A) - Jean-Philippe Glaude (A) ; Teddy Trabichet - Romain Bault.

Attaquants : Grégory Béron - Anthony Mortas - Miroslav Pazak ; Yannick Riendeau - Valentin Claireaux - David Cayer ; Julian Marcos - Brian Henderson - Simon Petit.

Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Loïc Sadoun, Yannick Offret, Kévin Hamon, Jonathan Boehrer, Maxime Belov. Absent : Sylvan Rodier (double fracture de la mâchoire).