Grenoble – Amiens (Ligue Magnus, ¼ de finale, match 4)

Grenoble s'envole vers les demi-finales !

Après leur succès la veille (3-1), les Brûleurs de Loups ne sont plus qu'à une marche de la demi-finale et peuvent obtenir leur billet dès ce soir en s'imposant à Pôle Sud. 2010-03-20-grenoble-amiens2Pour les Gothiques en revanche, c'est un match à quitte ou double : une défaite serait synonyme de vacances pour les hommes d'Antoine Richer. A l'opposé, une victoire leur permettrait de décrocher une manche décisive mardi à Amiens. Les débats promettent donc d'être tout aussi chauds et engagés que la veille.

Mats Lusth a décidé de débuter la rencontre avec le même alignement que celui qui a terminé la rencontre hier. Après une première minute de jeu équilibrée, Julian Marcos s'accroche avec Damien Fleury le long de la bande et se retrouve sanctionné pour deux minutes. Les Brûleurs de Loups installent leur jeu de puissance : Manavian tire de la bleue, le palet est repoussé par Koivula sur Broz à gauche, le centre tchèque remet sur les cages et Nilsson, présent devant les buts, parvient à glisser la rondelle sous le portier finlandais (1-0, 01'30"). Cette ouverture du score rapide met les Grenoblois dans de bonnes dispositions pour la suite. Sur l'engagement, Damien Fleury s'échappe sur son aile droite et est tout près de doubler le score. Les Gothiques ne s'en laissent pourtant pas compter et comme la veille réagissent physiquement avec une grosse charge de Henderson sur Baylacq. Les Brûleurs de Loups font le minimum offensivement en ce début de rencontre, se contentant de ne laisser que très peu d'occasions à des Amiénois moins tranchants que la veille.

2010-03-20-grenoble-amiens3Les approximations sont donc assez nombreuses avec de multiples dégagements interdits concédés par les deux équipes. Grenoble s'appuie sur la vitesse de Fleury et Arrossamena pour se frayer un chemin jusqu'à la cage de Koivula alors que Nilsson oublie Jansson sur un autre rush qui aurait mérité une meilleure conclusion. Fleury, intenable comme souvent, slalome dans la défense amiénoise jusqu'à Koivula et il faut une intervention irrégulière de Trabichet pour mettre un terme à l'action. Nouveau power-play grenoblois : on prend les mêmes et on recommence cette fois après neuf secondes de jeu de puissance : Manavian, décalé par Sivic, arme son tir à la bleue, Nilsson se trouve sur la trajectoire du palet et dévie au passage pour battre Koivula pour la deuxième fois de la soirée (2-0, 11'17").

Les Gothiques essaient de réagir avec une bonne occasion de Mortas sur un cafouillage devant la cage grenobloise mais les hommes d'Antoine Richer sont trop indisciplinés en ce début de match et c'est au tour de Pavel Kowalczyk de regagner le banc des pénalités : troisième pénalité d'affilée pour Amiens. Heureusement pour les visiteurs, l'issue sera cette fois plus heureuse malgré une bonne circulation du palet côté grenoblois car Nilsson est à son tour sanctionné pour une charge sur un joueur n'ayant pas le palet. Amiens bénéficie ainsi de son premier power-play de la rencontre mais les Gothiques n'en profitent pas. La tension monte d'un cran avec plusieurs contacts amiénois sur Eddy Ferhi ce qui n'est pas du goût de Moisand qui le fait savoir à Riendeau ni de Jansson qui en fait de même avec Claireaux quelques instants plus tard. Des accrochages et des pénalités associées qui cassent le rythme grenoblois et profitent logiquement aux Amiénois qui campent désormais dans la zone grenobloise : Brian Henderson se positionne derrière le filet et sert Vincent Bachet qui arrive dans le tempo pour réduire le score (2-1, 17'30"). Grenoble termine difficilement le premier tiers avec une pénalité de Milovanovic et une dernière occasion de Kowalczyk sur une ultime relance de Koivula avant le coup de sirène.

2010-03-20-grenoble-amiens4Grenoble tente de réagir en début de deuxième période avec un deux contre un Nilsson-Sivic conclu par deux tirs non cadrés mais les Gothiques reprennent vite l'initiative du jeu. A peine rentré de prison, Milovanovic retourne sur le banc des pénalités pour un dégagement directement dans les tribunes. Cette fois les coéquipiers de Vincent Bachet installent parfaitement le jeu de puissance et s'appuient sur le puissant tir de la bleue de Pavel Kowalczyk pour canarder Eddy Ferhi. Une fois la pénalité tuée, Grenoble tente de ressortir de sa zone par contre attaques dont une du duo Fleury-Tartari bien près de faire mouche. Mais qu'on ne s'y trompe pas, ce sont bien les Gothiques qui campent dans la zone grenobloise pendant les dix premières minutes de ce tiers et multiplient les occasions dangereuses autour de la cage de Ferhi, peu aidé par sa défense bien mal en point. Après avoir échappé à une nouvelle pénalité pour retard de jeu, Mlle Boniface ayant rectifié la décision initiale de M.Bachelet, les Brûleurs de Loups se retrouvent tout de même pénalisés quelques minutes plus tard par Sivic pour un cinglage sur Koivula. Une pénalité qui contraint les locaux à se replier encore un peu plus en défense et plier sous les assauts visiteurs. Broz en rajoute une couche avec un nouveau cinglage qui contraint les Grenoblois à prolonger leur infériorité numérique.

La défense grenobloise plie mais ne rompt pas sous les coups de boutoir du jeu de puissance amiénois. Mieux même, Fleury parvient à voler le palet à la ligne bleue pour s'échapper seul mais il pousse trop son palet et est contré in extremis par Koivula. Tartari qui avait suivi a la cage grande ouverte face à lui mais tire trop mollement en direction des buts vides et la défense amiénoise parvient à se dégager en catastrophe. Chaude alerte pour les hommes d'Antoine Richer qui ne parviennent pas à profiter du reste de la supériorité numérique. Et le scénario catastrophe se produit pour Amiens : à peine le patin sur la glace, Ludek Broz sert de relais à Damien Fleury qui s'échappe à vitesse grand V vers le but amiénois et mystifie Koivula d'un palet en lucarne (3-1, 33'02"). Les joueurs de Mats Lusth se sortent une nouvelle fois d'un mauvais pas grâce à leur homme providentiel : Damien Fleury.

Après une première réaction amiénoise, Nilsson et Jansson ont une belle occasion en deux contre un mais le premier cité oublie une nouvelle fois de servir le second. Le troisième but grenoblois a refroidi les ardeurs amiénoises et les Brûleurs de Loups retrouvent leurs sensations dans la fin du tiers. Sur une contre attaque, Martin Jansson trouve le poteau avant que Damien Fleury ne provoque une faute de Romain Bault sur une nouvelle échappée. Le jeu de puissance grenoblois ne tarde pas à être installé avec Ludek Broz à la manœuvre derrière la cage : le centre tchèque sert Nilsson qui butte sur Koivula, M.Bachelet appelle une pénalité sur l'action, le palet ressort pour Manavian à la bleue qui surprend Koivula d'un tir du poignet placé (4-1, 39'06"). Après avoir été malmené pendant plus de dix minutes, les Grenoblois reviennent de loin en faisant preuve d'un grand réalisme en fin de tiers.

2010-03-20-grenoble-amiens5Avec trois buts de retard avant le dernier vingt, les chances de revenir des Gothiques semblent infimes. Seule solution : mettre la pression d'entrée sur la cage de Ferhi. C'est surtout par des accélérations sur les ailes que les Amiénois se montrent les plus dangereux. La défense grenobloise semble un peu trop passive et Brian Henderson en profite pour s'infiltrer et tromper Eddy Ferhi d'un tir croisé du revers en lucarne opposée (4-2, 42'30"). En revenant à deux buts, les hommes d'Antoine Richer remettent la pression sur les Brûleurs de Loups. Ces derniers portent à nouveau le jeu en zone offensive, se contentant de faire circuler le palet. Ils obtiennent tout de même une pénalité de Glaude ce qui leur permet d'asseoir un peu plus leur domination tout en faisant défiler le chrono. Ludek Broz est tout près de délivrer une nouvelle passe décisive à Damien Fleury mais la reprise de ce dernier est un peu trop croisée. Riendeau fait ensuite grossièrement trébucher Tartari, offrant dix-neuf secondes de double supériorité numérique à Grenoble. Les Brûleurs de Loups n'en profitent pas avec des tentatives relativement molles en direction de Koivula. Paradoxalement, c'est à cinq contre cinq que les joueurs de Mats Lusth parviennent à marquer : Ludek Broz déborde sur la gauche, temporise et adresse une passe caviar à Baylacq arrivé lancé : le jeune grenoblois ne rate pas l'occasion et marque à bout portant (5-2, 49'02").

On peut penser les Gothiques résignés mais ces derniers vont continuer à se battre et à trouver des espaces dans la défense grenobloise, tout d'abord par Riendeau puis sur une relance ratée de Ferhi derrière sa cage : le palet ressort rapidement pour Cayer puis Riendeau qui sert Claireaux devant la cage lequel fusille Ferhi qui venait à peine de se replacer (5-3, 51'20"). Avec deux buts encaissés dans ce seul tiers, Grenoble se contentera de gérer les minutes suivantes sans prendre trop de risques face à des Amiénois qui n'y croient plus trop. Besch écope d'une pénalité pour retenir en fin de tiers, obligeant Grenoble à évoluer en infériorité numérique lors des deux dernières minutes. Avec la sortie de Koivula, la pression d'Amiens sur la cage de Ferhi est forte mais Riendeau échoue sur le portier grenoblois avant qu'un début d'échauffourée ne se déclenche devant la cage de Ferhi. Alexandre Rouleau met finalement un terme au peu de suspense qui restait en expédiant le palet directement dans la cage vide depuis sa zone défensive (6-3, 59'04"). Le camp grenoblois peut exulter : la qualification en demi-finale est dans la poche !

2010-03-20-grenoble-amiens1Les Brûleurs de Loups valident leur ticket pour les demi-finales au terme d'une rencontre bien entamée et globalement maîtrisée malgré un gros passage à vide entre la fin du premier tiers et la première moitié du deuxième. C'est à l'énergie et au courage que les joueurs de Mats Lusth sont parvenus à préserver à cet instant leur petit but d'avance avant de faire définitivement le trou grâce à l'opportunisme de Broz et Fleury, les deux grands artisans du succès isérois sur le plan offensif, l'un par sa qualité de passe, l'autre par sa vitesse. On retiendra également la réussite devant la cage lors des power-play d'Anders Nilsson qui retrouve une certaine efficacité et la solide performance d'Antonin Manavian qui, en l'absence de Viktor Wallin, a considérablement amélioré son volume de jeu durant cette série, tant défensivement qu'offensivement. Malgré tout, les Grenoblois devront sensiblement augmenter leur niveau de jeu s'ils veulent parvenir à inquiéter Rouen en demi-finale.

Amiens en a pour sa part terminé avec sa saison en ne parvenant pas à s'imposer à Pôle Sud malgré l'impression laissée de pouvoir contrarier cette équipe grenobloise. Il a surtout manqué l'efficacité aux Amiénois, incapables hier comme aujourd'hui de concrétiser leurs périodes de domination, si ce n'est au troisième tiers mais il était déjà trop tard. Si l'attaque a manqué de réalisme, la défense a eu également ses absences, notamment en infériorité numérique avec trois buts encaissés, dûs en partie à une présence physique insuffisante devant la cage de Koivula. Si les joueurs étrangers d'Amiens ont été relativement discrets ce soir, la prestation des jeunes comme Henderson et Claireaux, tous deux buteurs, est plutôt encourageante pour l'avenir des Gothiques à qui il ne manquait pas grand chose pour franchir un palier supplémentaire cette saison.

Désignés meilleurs joueurs du match : Damien Fleury (Grenoble) et Brian Henderson (Amiens)

(photos www.hockey-passion.com)


Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : "Les demi-finales représentaient un gros objectif pour nous. On avait à coeur de prouver qu'on est encore là, et qu'on est forts. Dans le vestiaire, tout se passe vraiment bien. On tire tous dans le même sens. Nous avons la volonté de réussir en équipe. Notre équipe tient la baraque et les jeunes ont l'envie de bien faire. D'ailleurs, on ne se considère plus comme des jeunes."

Eddy Ferhi (gardien de Grenoble) : "On a laissé beaucoup d'énergie mais on a su prendre de l'avance très tôt. Mais on s'est malheureusement mis des bâtons dans les roues après avoir marqué. Les gens ne nous attendaient pas forcément là."

Vincent Bachet (capitaine d'Amiens) : "Grenoble a bien assumé son statut de favori."

 

Grenoble - Amiens 6-3 (2-1, 2-0, 2-2).

Samedi 20 mars à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3200 spectateurs

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Anne-Sophie Boniface et Geoffrey Barcelo

Pénalités : Grenoble 16' (8', 6', 2'), Amiens 16' (10', 2', 4')

Tirs cadrés : Grenoble ? (13, 18, ?), Amiens ? (13, 14, ?)

Évolution du score :

1-0 à 01'30" : Nilsson assisté de Broz et Manavian (sup. num.)

2-0 à 11'17" : Nilsson assisté de Manavian et Sivic (sup. num.)

2-1 à 17'30" : Bachet assisté de Henderson et Petit

3-1 à 33'02" : Fleury assisté de Broz et Sivic

4-1 à 39'06" : Manavian assisté de Sivic (sup. num.)

4-2 à 42'30" : Henderson assisté de Petit

5-2 à 49'02" : Baylacq assisté de Broz et Sivic

5-3 à 51'20" : Claireaux assisté de Riendeau et Cayer

6-3 à 59'04" : Rouleau assisté de Jansson et Milovanovic (inf. num., cage vide)

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Jason Crossman - Antonin Manavian ; Alexandre Rouleau - Jakob Milovanovic ; Maxime Moisand - Nicolas Besch.

Attaquants : Jean-François Dufour - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Mitja Sivic - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Nicolas Arrossamena - Ludek Broz (A) - Julien Baylacq.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Elie Raibon, Vincent Llorca, Raphaël Papa, Loup Benoît. Absent : Viktor Wallin (appendicite peritonite).

Amiens

Gardien : Ville Koivula (sorti de 58'16" à 59'04").

Défenseurs : Vincent Bachet (C) - Pavel Kowalczyk ; Thomas Roussel (A) - Jean-Philippe Glaude (A) ; Teddy Trabichet - Romain Bault.

Attaquants : Grégory Béron - Anthony Mortas - Miroslav Pazak ; Yannick Riendeau - Valentin Claireaux - David Cayer ; Julian Marcos [puis Yannick Offret au troisième tiers] - Brian Henderson - Simon Petit.

Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Loïc Sadoun, Kévin Hamon, Jonathan Boehrer, Maxime Belov. Absent : Sylvan Rodier (double fracture de la mâchoire).