L'adieu de Žigo à la Patrie

Palffy_1Žigmund Pálffy, c'est un peu le « Zidane » slovaque. Vénéré par tous – supporters, joueurs et entraîneurs –, il a, tout comme le fameux numéro 10 français, apporté à son pays le premier et unique titre de champion du monde dans sa discipline (2002). Il a aussi joué pour les grands clubs internationaux et su draîner derrière ses performances sur la glace tout son lot de billets verts. En Slovaquie, on ne touche pas à « Žigo », icône nationale par excellence dont on suit les moindres faits et gestes dans la presse dite « people ».

Force est de constater que le gaillard de 38 ans (il les aura en mai) a plutôt bien mené sa barque sportive. Parti très jeune outre-Atlantique pour intégrer l'Eldorado NHL, Pálffy est de cette génération de joueurs nés du communisme, émancipés à l'heure capitaliste. La prospérité puisée chez l'Oncle Sam aura duré pour lui douze belles saisons (1993-2006), d'abord sous les couleurs des New York Islanders, puis successivement pour les Los Angeles Kings et les Pittsburgh Penguins. Bilan des comptes : 329 buts dans la ligue nord-américaine et quatre fois pensionnaire du All Star Game (1996, 1998, 2001, 2002) !

Une blessure récurrente à l'épaule le contraint cependant à réfléchir sur la suite de sa carrière. En 2005, après le Mondial autrichien, il annonce une première retraite internationale avant de stopper complètement l'année suivante. Il a alors 34 ans. Mais le silence aura que peu duré. Il s'engage en effet en été 2007 avec son club de coeur, le HK 36 Skalica. Avec lui, Pálffy renaît : meilleur pointeur du championnat pour sa première (99 points), il échoue de peu avec les verts lors de l'exercice suivant, seulement battus en finale par Košice. Cette saison-là, il avait affolé tous les compteurs avec 126 points dont 70 buts !

Pour le champion du monde de Göteborg, le cru 2009/2010 s'est terminé vendredi après l'élimination de Skalica en quarts-de-finale. Son équipe a échoué dans le septième et dernier duel de la série contre Martin, une confrontation Pálffy que n'a pas disputée à cause d'une douleur au coude. « On n'est jamais parvenu à s'adapter pendant toute la saison, ajoute Pálffy, cela s'est logiquement retrouvé en play-off. Nous n'avons gagné aucun des trois matches joués chez nous et cela ne m'était encore jamais arrivé dans toute ma carrière. » Revenu aux affaires il y a trois ans dans le but de gagner enfin le titre national avec son club maternel, « Žigo » aura échoué dans sa quête.

Palffy_2Car l'exceptionnel attaquant a décidé d'en arrêter-là. L'ailier droit n'a certes pas encore terminé sa carrière sportive, mais cette saison a été sa dernière en Extraliga slovaque. La star du HK 36 Skalica renonce également à la sélection nationale, son ultime performance sous le maillot à la Double-Croix aura donc été contre la Finlande lors de la petite finale (3-5) du tournoi olympique à Vancouver. Au Canada, Pálffy avait été le porte-drapeau de la Slovaquie pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux. Ses troisièmes et donc dernières olympiades.

Pálffy avait déjà annoncé auparavant qu'il ne serait plus la saison prochaine dans sa natale Skalica, petite ville située à la frontière slovaco-tchèque. Sa décision n'a pas changé depuis. « Ce que j'ai dit est toujours valable. J'ai définitivement terminé avec Skalica et avec l'Extraliga slovaque, » a déclaré Pálffy en exclusivité pour le quotidien Plus jeden de?, en affirmant par ailleurs que le nouveau sélectionneur de la représentation, Glen Hanlon, n'avait pas tenté de le faire changer d'avis. Il sera de facto l'un des grands absents du Mondial 2011, organisés sous les Tatras.

Où et encore combien de temps va jouer le Héros ? Les Russes de Saint-Petersbourg et surtout le club biélorusse du Dinamo Minsk avaient montré leur intérêt pour le Slovaque dans le passé. Pendant la période des fêtes de fin d'année, Pálffy a évolué sous les couleurs tchèques de Karlový Vary lors de la Coupe Spengler. « Je veux encore jouer. On verra bien dans quel championnat je vais m'amarrer, » déclare l'intéressé, moins rempli de certitudes concernant son nouveau taulier. Déjà en manque cruel de célébrités, l'Extraliga slovaque vient de perdre aujourd'hui sa plus grande.