Ligue Magnus : la dernière ligne droite

Un grand classique. Ou une grande première. Ce soir, la Ligue Magnus entame sa dernière ligne droite. Avec, face à face, Rouen et Angers.

Vingt ans après leur premier sacre, les Dragons rêvent de remporter le dixième titre de leur histoire. Les Ducs, eux, n'avaient encore jamais atteint la finale du championnat.

Présentation réalisée avec Thierry Frechon et Sylvain Mareil.

Sur le banc, de vieilles connaissances

Heikki Leime et Martin Lacroix d'un côté. Christian Pouget et Rodolphe Garnier de l'autre. Le monde du hockey français est petit. Et les quatre coaches se connaissent très bien. Heikki Leime a déjà dirigé ses deux adversaires. Rodolphe Garnier, d'abord, recruté à... Angers par le Finlandais, à l'époque à la tête de Caen. Christian Pouget, ensuite, en équipe de France. Quelques années plus tard, jeune technicien débutant sur le banc des Drakkars, Rodolphe Garnier cherchait des conseils. Il s'était alors tourné vers un certain... Heikki Leime. Martin Lacroix, quant à lui, est passé, certes pas bien longtemps, par Rouen en tant que joueur. Résultat, les deux équipes pratiquent un jeu assez semblable et tourné vers l'attaque.

Devant sa cage, Rouen a l'avantage

Après une grosse première moitié de saison dans les cages angevines, Peter Aubry a peu à peu baissé de niveau. Un peu comme tout ses partenaires, en fait. Mais l'ancien joueur de Cardiff a repris ses esprits en play-offs. Deux blanchissages contre Morzine, des prestations de haut-vol face à Briançon, Aubry est de retour. A Rouen, côté gardiens, là aussi, c'est du solide. Trevor Koenig, passé comme Aubry par le championnat britannique, a régné en maître sur la demi-finale contre Grenoble. Des arrêts déterminants en cours de jeu, deux séries de tirs au but remportées, Koenig est rayonnant. Et en cas de coup dur, les Dragons ont, avec l'international Fabrice Lhenry, le meilleur back-up du championnat.

En défense : Angers mise sur l'expérience, Rouen est au complet

Côté défense, à Angers, on fait dans le lourd. Marko Kiprusoff, bientôt 38 ans, apporte toute sa confiance et son expérience au groupe. Longtemps blessé, Simon Lacroix, ancien chouchou du public rouennais, a retrouvé la glace juste avant les play-offs. Le Franco-Canadien de 35 ans, encore frais, réalise une belle fin de saison. Comme Lauri Lahesalu et Per Braxenholm, sobres et efficaces. En revanche, Kévin Igier a du mal à suivre la montée en puissance de son équipe, même si le jeune international, formé à Rouen, s'en sort mieux en play-offs qu'en saison régulière. Reste le vrai point noir du secteur défensif des Ducs : Pavol Mihalik. Blessé, le Slovaque est forfait. En face, Rouen a terminé la saison régulière avec la meilleure défense du championnat (64 buts encaissés). En play-offs, les Dragons ont gardé le cap. Ils attaquent la finale au complet.

Les deux meilleures attaques du championnat

169 buts pour Rouen, et 164 pour Angers. Six des dix meilleurs pointeurs de la saison régulière sur la glace. Offensivement, la finale promet. Avec Trevor Koenig, Carl Mallette est à Rouen l'autre joueur clé de la demi-finale. Tour à tour opposé dans le jeu à Christophe Tartari, Ludek Broz et Martin Jansson, le capitaine des Dragons a dominé chacun de ses adversaires grenoblois. Meilleur pointeur actuel des play-offs (9 buts et 7 assistances en 6 matches), Carl Mallette s'est en plus chargé de conclure les deux fusillades disputées par les Normands. Face à lui, le Québecois va retrouver trois compatriotes. Le trio Laprise-Fortier-Bellemare sort d'un championnat exceptionnel. Muette lors des trois premiers matches contre Briançon, la première ligne angevine a su inverser la tendance. Sans eux, les Ducs seraient sans doute aujourd'hui en vacances.

Les deux autres trios angevins ont été modifiés pour cette fin de saison. Le staff des Ducs a regroupé ses trois Finlandais (Hermanni Vidman, Matias Metsärantä, Juho Jokinen) sur la même ligne. Et placé Tomas Baluch, Thiery Poudrier et Julien Albert ensemble. Bien vu : ces trois-là, par leur travail d'usure, ont su jusqu'à présent contrer les ardeurs offensives adverses.

A Rouen aussi, on a changé les lignes. Mais contraint et forcé. Car il a bien fallu s'adapter à l'absence de Julien Desrosiers, blessé contre Grenoble. L'international français était cette année l'avant normand le plus régulier dans la performance. Des blocs hétérogènes et sans vrais automatismes, un jeu en supériorité numérique un peu assoupi, voilà les principaux points faibles actuels de l'armada rouennaise. La supériorité numérique, justement, ce n'est pas non plus une spécialité en Anjou. Les Ducs savent vite s'installer. Mais ensuite, ils ne bougent plus assez pour se créer de vraies occasions.

Les adieux d'Eric Doucet

Côté motivation, Rouen ne voudra rien lâcher, ne serait-ce que pour voir partir l'idole de l'Ile-Lacroix sur un dernier titre. Eric Doucet (révélé au plus haut-niveau français avec le maillot d'Angers sur les épaules) l'a déjà annoncé, cette finale sera sa dernière. A l'aise contre la bande, bien en place en défense, Rouen sait se jouer des Ducs. Cette saison, les Dragons n'ont perdu qu'une seule fois face aux Angevins (8-6 le 29 septembre en Coupe de la Ligue) et mènent 4-1. Mais Angers l'a prouvé en étant la première formation du championnat à gagner dans les Hautes-Alpes, sur la glace de Briançon. Les Ducs s'avouent rarement vaincus et peuvent s'imposer là où on ne les attend pas.