Rouen - Angers (Ligue Magnus, finale, match 2)

PoudrierThieryRouen n’est pas récompensé. Angers est solide !

Angers est en passe de devenir Roi de France. Cela fut un peu plus difficile ce soir pour les Ducs toujours bien regroupés face aux Dragons, qui pendant soixante minutes, ont eu toutes les possibilités d’égaliser à une manche partout. Rouen, sans réussite et sans cesse mal à l’aise dans ses patins, a toujours patiné derrière le score, a fait plus d’erreurs directes et les a surtout payées cash. Cette fois Koenig n’a pu sauver son camp. Crispés, les Normands, après un bon premier tiers, se sont sortis les tripes pendant le troisième tiers, en vain, hélas.

Les joueurs du RHE 76 complètent leur échec-avant dès le début du match. Les esprits s’échauffent, le duo d’arbitres sanctionne déjà et l’ASGA se retrouve en simple infériorité à trois contre quatre. Marc André Thinel sert sur un plateau Petri Virolainen, mais le tir de l’arrière finlandais passe à coté (3’17). Moins de deux minutes plus tard, Tomas Baluch glisse la rondelle vers l’enclave, Trevor Koenig repousse le palet d’un mouvement de la crosse... en plein sur Thiery Poudrier qui isolé ne laisse pas passer l’occasion d’ouvrir la marque (0-1 à 4’55).

Les locaux ne se découragent pas et poursuivent leur entreprise. Lionel Tarantino est bien placé mais son lancer est contré (8’20). La troisième ligne des "Noirs-et-Jaunes" pousse fortement (8’37). Les arbitres sifflent beaucoup jusqu’à la fin du premier tiers. Ils préfèrent faire leur show avant d’arbitrer dans l’esprit du match. Les joueurs de part et d’autre en profitent et simulent grossièrement. Malgré tout, les fautes artificielles entraînent autant de pénalités injustifiées mais bien réelles ! Pendant ces jeux spéciaux, il faut une solide mitaine de Trevor Koenig devant Pierre Luc Laprise pour éviter la cassure (13’24).

Pourtant, les joueurs du tandem Garnier-Pouget persévèrent. C’est encore la troisième ligne qui se met en valeur. Jérémie Romand, bien servi par Loïc Lampérier, ne cadre pas (14’43). Toujours pendant l’arbitrage théâtral du couple de zèbres, Julien Albert fait chauffer la plaque de Trevor Koenig (16’38). Les Ducs tiennent le coup pendant 28 secondes en double infériorité. Durant le désordre engendré par les pénalités et un 4 contre 4 qui succédait au 5 contre 3, un tir frustrant de Luc Tardif frappe l’extérieur du poteau droit de Peter Aubry (18’49) ! Rouen finit la première période en supériorité, Carl Mallette envoie fort et le gardien adverse n’assure pas sa prise du gant mais éloigne le danger (19’45).

2010-04-07-Rouen-AngersLes joueurs du duo Leime-Lacroix s’en tirent plutôt bien sur l’ensemble de ce premier tiers. Au retour sur la glace, les Ducs n’engendrent rien en jeu de puissance. Ce sont même Marc-André Thinel et Éric Doucet qui éprouvent Peter Aubry pendant la prison de Daniel Babka (24’35). Les Angevins, menant au score, sont dans un fauteuil. Bien assis sur une défensive concentrée, ils résistent et peuvent saisir chaque occasion. Avec l’appui d’un défenseur jouant plus haut, les Dragons sont très présents mais laissent des espaces. Heureusement, Trevor Koenig sort le grand jeu devant Jonathan Bellemare trouvé par Éric Fortier (28’09). Mais les Dragons échouent encore avec un avantage d’un homme, et ensuite, le portier normand ne peut rééditer son exploit face au capitaine des Ducs se présentant seul devant lui. Jonathan Bellemare envoie dans le haut des filets coté mitaine (0-2 à 32’40).

Les Dragons, au cours d’une prison de Lauri Lahesalu, par l’intermédiaire de Babka touchent une nouvelle fois le montant (34’50). Désormais, les joueurs du RHE 76 sont KO. Pendant quatre minutes de supériorité numérique, dont la moitié passée à cinq contre trois (!), les Normands ne tentent pratiquement rien (2 tirs à peine dangereux de Mallette et Thinel). Ils ne savent plus jouer au hockey tour à tour devant la succession de trios bleu ciel : Lacroix-Poudrier-Braxenholm ; Lahesalu-Metsäranta-Kiprusoff (38’32) ! Cela gronde dans les gradins, les Angevins ont réussi l’exploit de retourner le public rouennais contre son équipe. Les sifflets qui accompagnent les joueurs locaux aux vestiaires sont excessifs mais compréhensibles !

À la seconde reprise, Éric Fortier n’est pas inspiré lors d’un surnombre joué à trois contre un (42’43). La pause a requinqué les Dragons. Les paires défensives ont été changées. Un esprit offensif à tout va fait rage. Jérémie Romand et Loïc Lampérier jouent derrière la cage pour Lionel Tarantino dans le slot. L’ailier, sans doute le meilleur Dragon sur la glace, parvient empli de volonté à glisser la rondelle entre les jambières de Peter Aubry qui n’a pas achevé son arrêt (1-2 à 44’03). La patinoire explose ! Enfin l’ambiance renaît des cendres du premier titre d’il y a vingt ans ! Et cela nous rajeunit.

zwikel_jonathan_091003_020Moins de cinquante secondes plus tard, la défensive rouennaise fait un mauvais choix. Dans le cercle droit, Tomas Baluch a le temps de frapper fort. Il trompe à ras la glace un Koenig sans doute pas assez avancé (1-3 à 44’51). Un cinglage de Julien Albert sur Daniel Babka redonne une chance aux coéquipiers de Carl Mallette. Le capitaine adresse une passe de derrière le but à Magnus Eriksson dans l’enclave qui pousse le caoutchouc dans les filets d’un Aubry déconcerté par le jeu dans son dos (2-3 à 46’02). Les Dragons négocient bien deux infériorités qui stoppent leur fougue. Sur l’une, Marc-André Thinel élimine son adversaire direct avant de prendre sa chance, paradé par Peter Aubry (48’50).

À parité, Thiery Poudrier fait briller Trevor Koenig lors d’un surnombre à trois contre deux (54’55). Le temps passe et l’ASGA reste solide ! Après un temps mort, l’encadrement technique rouennais décide de retirer son gardien au profit d’un attaquant (58’13). On maintient Zwikel à la mise en jeu alors qu’il n’en a très peu gagné pendant le dernier tiers ce soir ! Les Ducs combattent et parviennent un peu plus d’une minute plus tard à entrer le palet dans la cage vide rouennaise (2-4 à 59’31). Koenig rentre sur la glace, Rouen jette l’éponge et laisse la victoire aux Ducs pour la deuxième fois d’affilée !

C’est vrai que la défensive angevine use et usera, mais combien de temps encore ? Angers a battu Rouen deux fois de suite, pourquoi les Dragons n’en seraient-ils pas capables à leur tour ? Briançon a bien gagné en Anjou au match n°3 de la demi-finale. Hier le rythme lent des Dragons a bloqué les intentions de jeu, pas lors de ce match n°2. Ce soir, au contraire de la veille, si les occasions franches se trouvent converties Rouen l’emporte. Lorsque l’on crée du trafic sur la cage des Ducs, Peter Aubry est plus chancelant. La glace du Haras est plus petite, la circulation y sera plus dense. La troisième ligne de Lampérier et compagnie a pris l’ascendant sur ses adversaires directs, ça c’est nouveau (lié à l’absence de Jokinen ?). Les Normands ont marqué en supériorité numérique, cela doit produire un déclic en attaque à cinq. Pas carbonisée, la défensive même solide d’Angers s’est épuisée dans ce second match. Et la pression change de côté. Le favori désormais, ce sont les Ducs d’Angers, et il va falloir battre le RHE une troisième fois de suite maintenant ! Malgré tout, on préférerait être de leur côté !

Commentaires d'après-match (dans Paris Normandie)

Rodolphe Garnier (co-entraîneur de Rouen) : "Quand ils mènent au score ils gagnent ; quand ils sont menés ils perdent. Angers ne va pas faiblir physiquement parce qu'ils ne se sont pas fatigués lors des deux premiers matches pusqu'ils menaient au score. Ils n'avaient pas à faire d'efforts. Sur leur petite glace, c'est plus facile de défendre puisqu'il y a moins de chemin à faire, mais cela marche dans les deux sens. Les attaquants pourraient être avantagés par des rebonds moins longs."

 

Rouen – Angers 2-4 (0-1, 0-1, 2-2)
Mercredi 7 avril 2010 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2800 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Bruno Colleoni assistés de Pierre Dehaen et Jérémy Rauline.
Pénalités : Rouen 16' (10', 2', 4') ; Angers 24' (12', 8', 4').
Tirs : Rouen 35 (16, 9, 10) ; Angers 27 (8, 6, 13).
Occasions : Rouen 9 (6, 2, 1) ; Angers 5 (2, 1, 2).
Évolution du score :
0-1 à 04'55" : Poudrier assisté de Baluch
0-2 à 32'40" : Bellemare assisté de Igier
1-2 à 44'03" : Tarantino assisté de Romand et Lampérier
1-3 à 44'51" : Baluch assisté de Kiprusoff et Fortier
2-3 à 46'02" : Eriksson assisté de Mallette (sup.num.)
2-4 à 59'31" : Laprise assisté de Bellemare et Fortier (cage vide)


Rouen

Gardien : Trevor Koenig (23/26 soit 88,5%) sorti de 58'13" à 59'31".

Défenseurs : Petri Virolainen [puis Öhberg à 40'] – Magnus Eriksson ; Daniel Carlsson – Daniel Babka ; Kai Öhberg [puis Virolainen à 40'] – David Holmqvist.

Attaquants : Éric Doucet (A) – Carl Mallette (C) – Marc-André Thinel ; Ilpo Salmivirta – Jonathan Zwikel (A) – Luc Tardif Jr : Lionel Tarantino – Loïc Lampérier – Jérémie Romand.

Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Aurélien Gréverend, Cédric Custosse, Alexandre Mulle et Quentin Berthon. Absents : Julien Desrosiers (cheville) et Anthony Rech (équipe de France U18).

Angers

Gardien : Peter Aubry (33/35 soit 94,3%).

Défenseurs : Marko Kiprusoff – Per Braxenholm ; Lauri Lahesalu – Kévin Igier ; Simon Lacroix.

Attaquants : Pierre-Luc Laprise – Jonathan Bellemare (C) – Éric Fortier ; Tomas Baluch (A) – Thiery Poudrier – Julien Albert ; Mathieu Frecon – Matias Metsäranta – Hermanni Vidman.

Remplaçants : Lucas Normandon (G), Clément Genièvre, Charlie Doyle, Nicolas Primout et Juho Jokinen (A). Absent : Pavol Mihalik (blessé).