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Extraliga slovaque (½ finale) : les favoris au rendez-vous

« Avec les play-off commence une nouvelle compétition. Les compteurs sont remis à zéro et c'est la forme du moment qui est le plus important. » Chaque joueur y va de son discours identique à celui du voisin à la veille des grandes échéances. Sauf qu'en Slovaquie, la vérité tant criée ne s'est pas confirmée en demi-finale après avoir pourtant été expérimentée au tour précédent. Le Slovan Bratislava, dominateur sur toute la saison régulière, a remis les points sur les « i » après un exercice, sinon périlleux, en tous cas peu convaincant contre Zvolen ; la surprise Nitra a été écrasée par le rouleau-compresseur de la capitale. Quant à Košice, propriétaire de la breloque dorée, il lui aura guère fallu plus de temps pour écarter Martin de la route à la finale, laquelle mettra donc en opposition les deux géants historiques du championnat slovaque.

HC Slovan Bratislava (1) – HK K-Cero Nitra (7) : 4-0

KuhaNitra a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours. En bien. Véritable sensation des quarts-de-finale après avoir éliminé Banská Bystrica, deuxième cette saison, les « Corgo?i » ont été au centre des interrogations au moment de défier l'ogre Slovan. Peter Oremus, l'entraîneur des « petits poucets », avait battu le club danubien au même stade de la compétition l'an passé. Mais sous d'autres couleurs. Celles du Skalica des Pálffy, Zálešák et autres Mikúš. Des individualités sur lesquelles, sans sous-estimer l'effectif de Nitra, Oremus ne peut cependant pas s'appuyer cette fois-ci. Alors les suiveurs se grattent la tête, se torturent l'esprit de questions, dépoussièrent les statistiques : est-ce que Nitra, septième de la saison régulière, peut vaincre l'armada bratislavienne ?

La première joute donne rapidement des éléments de réponse. Nitra se montre dangereux avant tout par des assauts individuels, Slovan joue collectivement et avec des combinaisons bien léchées. Et lorsque les coéquipiers de Tomáš Chrenko se retrouvent avec un double power-play dans le deuxième tiers, ils confirment leur incroyable mauvais taux de réussite annuel dans cette situation. Incapables d'inquiéter Branislav Konrád, ce sont même eux qui sont mis à rude épreuve sur leur avantage numérique ! Défait à trois reprises sur quatre confrontations cette saison par les « Aigles », Nitra n'a pas d'avantage psychologique et ne dispose qu'en Vlastimil Lakosil, son gardien, sa seule véritable arme contre Bratislava. Paradoxalement, ce dernier a été élu l'homme du match ; il faut dire qu'avec 50 tirs, les attaquants locaux ont toujours sollicité le portier tchèque qui a quand même dû en laisser passer quatre (4-0).

Le deuxième opus a donné quelques sueurs froides aux ouailles d'Antonín Stavja?a, non pas qu'ils ont failli passer tout près de la défaite, mais plutôt pour avoir mal géré une confortable avance au score. Menant 4-1, les « beaux » Danubiens bleus voient leur adversaires revenir à une petite longueur et souffrent jusqu'au bout avant que Róbert Huna soulage l'assistence en glissant le palet au fond des cages de Lakosil dans l'ultime minute de la partie (5-3). L'essentiel est plus que fait pour les grand favoris au titre qui mène 2-0 dans la série et qui peuvent désormais voir venir. À noter la performance individuelle de Miroslav Lažo, auteur de quatre des neuf buts inscrits par Slovan sur ses deux rencontres à domicile.

La troisième rencontre – la première à Nitra – marque la fin des espoirs des médaillés de bronze 2006 qui vont vivre une soirée cauchemardesque. Malgré un public chaud bouillant, ils sont trop rapidement pris dans une avalanche offensive de Bratislava qui mène déjà 2-0 après trois minutes de jeu. Symbole de la berezina locale, Vlastimil Lakosil est sorti à la 6e minute après un troisième but encaissé. « Ce fut à coup sûr notre meilleure entame en play-off », commente après-match Róbert Pukalovi?, entraîneur-adjoint de Slovan. A l'inverse, Nitra ne pouvait pas espérer pire démarrage, la formation de Peter Oremus ne s'en remettra d'ailleurs pas. Score final : 2-9 pour Bratislava ! Dávid Skokan, d'ordinaire dans l'ombre de ses camarades, est avec deux réalisations et deux assistances le joueur-clé de cette rencontre.

La messe semble donc dite à l'amorce du quatrième duel. Les spectateurs de Nitra l'ont d'ailleurs bien pigé ; ils étaient plus de 5000 la veille, ils sont moitié moins dans les travées de la patinoire locale. La perte de motivation et l'altération des forces en présence est évidente chez les coéquipiers de Samir Saliji, fatalistes devant la supériorité physique, numérique et technique de Slovan. Pour la neuvième fois en quinze éditions de championnat, Bratislava atteint la finale après l'avoir emporté 5-2, grâce entre autres à deux buts du centre de la quatrième ligne danubienne, Ján Lipiansky. Martin Ku?ha profite de ce match pour se placer en tête des buteurs en play-off (sept réalisations) et d'Extraliga (30) tandis que son capitaine ?ubomír Vaic marque son 70e point de la saison (19+51). Quant aux joueurs de Nitra, médaille en chocolat autour du cou après avoir conclu la saison régulière au septième rang, ils peuvent partir en vacances sans regrets : ils n'ont pas remporté le moindre tiers au cours de cette demi-finale. 

HC Košice (3) – MHC Martin (4) : 4-1

L'autre demi-finale, disputée à deux jours d'intervalle, était sur le papier plus équilibrée, Košice, le troisième, affrontant son poursuivant direct au classement, Martin. Mais si deux points seulement séparés les deux formations à l'issue des quarante-sept matches joués en saison régulière, le rapport de force tourne clairement à l'avantage des champions en titre, victorieux à chaque fois cette année de leur adversaire d'un tour. Pis, cela fait bientôt douze longues années que Martin n'a plus gagné dans la métropole de la Slovaquie orientale. Autant dire que la série de sept matches disputés contre Skalica lors du round précédent n'est pas pour favoriser dans les pronostics la bande à Marek Uram contre des « Oceliari » qui ont pu bénéficier de quatre jours de repos supplémentaires.

SkoraEt pourtant. Les bourreaux de Poprad au premier tour ont eu de grandes difficultés à se remettre en jambe devant leur public lors du match d'ouverture. Devant un tel manque de mouvement et d'activité, les spectateurs montrent rapidement leur agacement et le capitaine de Martin, Michal Beran, vient mettre un peu d'huile sur le feu du mécontentement en ouvrant le score en supériorité numérique. Mais Košice en termine bientôt avec son réveil. Peter Bartoš répond à son homologue en début de deuxième acte avant que Marek Mertel donne l'avantage aux bleus marines à la demi-heure de jeu. Martin, via Jabrocký, recolle 38 secondes plus tard avant que les « Steelers » prennent définitivement le match à leur compte grâce à Gmitter, Dravecký puis Sýkora (5-2).

La mise en route fut poussive mais l'efficacité des Cassoviens s'est retrouvée. La preuve le lendemain à l'occasion du duel suivant ; comme la veille, Bartoš ouvre les festivités et Sýkora ferme le bal (5-3) malgré certaines lacunes toujours aussi criantes, notamment sur les power-play, et un adversaire pas prêt à lâcher le morceau aussi facilement.

La troisième manche, dans la vallée du Turiec, confirme la tendance ressentie sur les deux précédentes. Avec un groupe plus expérimenté et au point physiquement, Košice se démarque progressivement de Martin qui ne démérite pourtant pas. Mais la tactique de Maître ?ada porte ses fruits ; sa défense laisse peu ou prou d'espace aux locaux qui finissent par craquer deux fois (2-0). Košice dispose désormais de trois balles de match pour atteindre sa troisième finale consécutive.

La première est gâchée. Martin remporte le quatrième duel (2-1) en ayant fait le break au bout de vingt minutes. Mais si cette victoire est retentissante pour les protégés de Dušan Gregor, ce n'est pas tant pour le suspense reconduit, mais plutôt par la rareté de la performance. Cela faisait en effet depuis le 12 octobre 2008 que la formation des Fatra n'avait plus vaincu Košice ! Une satisfaction qui vient s'ajouter à une autre ; Nitra éliminé deux jours auparavant, c'est la breloque assurée pour Martin à la fin du championnat ! Reste à en connaître le métal.

Dites « 33 ». De retour dans la Steel Aréna, Michal Beran se rappelle au bon souvenir du lever de rideau de cette demi-finale. Il ouvre de nouveau le score au bout de... 33 secondes de jeu seulement mais la stupeur provoquée par le numéro... 33 n'empêchera pas la défaite (2-5) des siens, la... 33e depuis le dernier succès sur la patinoire cassovienne ! Mais pas de quoi perdre la tête pour Ivan ?atelinka & Co qui concluent une saison satisfaisante, leur seul et unique podium remontant à la première édition de l'Extraliga (1994). Quant au malade de janvier, Košice, il a su se rétablir au bon moment et il est toujours en lice pour défendre son bien. Rien ne servait de courir, il fallait juste partir à point.

Finale : le classique des classiques

1601L'affiche est alléchante quoique peu originale. Slovan et Košice, les rivaux nationaux, vont s'affronter en finale pour la cinquième fois en dix sept ans d'Extraliga. Slovan, le recordman de titres (sept) contre Košice, équipe ayant atteint le plus grand nombre de fois ce stade de la compétition (dix avec celle de cette année)... Il est bien difficile de se prononcer sur l'issue de ce duel, même si les joueurs de la capitale n'ont jamais plié devant Košice cette saison, ni en Extraliga (quatre matches) ni lors de la Cassovia Hockey Cup fin août, compétition de reprise disputée dans la Steel Aréna. Mais le visage des Cassoviens a extrêmement changé en huit mois. En deux même.

Mais plus que d'être un duel d'équipes, ce sera avant tout une affaire d'hommes. L'une comme l'autre des formations disposent en leur sein des joueurs d'expériences, dont certains sont passés sous les deux maillots. C'est le cas de Juraj Sýkora, à Košice depuis deux ans après avoir fait ses classses à Bratislava. Il est donc le triple titulaire de la couronne slovaque et disputera dès mercredi sa quatrième finale de rang. Lors de la dernière entre les deux monstres, en avril 2008, Sýkora portait les couleurs des Danubiens, Košice était alors déjà coaché par Rostislav ?ada et le capitaine était Peter Bartoš. Les deux hommes ont une certaine revanche à prendre. Sans compter la petite histoire de famille qui opposera Róbert, Richard et Rudolf Huna, les deux premiers (des jumeaux) évoluant sous la bannière bratislavienne. Un peu comme nos trois gaillards, Slovan et Košice se ressemblent finalement plus qu'on ne pourrait le croire...  

Programme
Bratislava – Košice : 14 et 15 avril à Bratislava, 18 et 19 avril à Košice. Matches d'appui : 21 avril (Bratislava), 23 avril (Košice), 25 avril (Bratislava). La victoire se joue en quatre matches gagnants.