Orléans - Metz (Division 3, carré final, 1re journée)

Orléans à la sirène

NoaleMorganUn premier match de carré final de division 3 est toujours particulièrement intéressant, parce qu'on ne sait pas encore très bien jauger les forces en présence. Les deux adversaires ne se sont pas rencontrés et ne se connaissent pas. L'entraîneur orléanais Gilbert Ledigarcher est cependant aller observer Metz lors d'un week-end libre pour se faire une idée de cette équipe.

Metz, c'est un peu l'épouvantail de la D3. Ce club ne devait pas faire les play-offs, puisqu'il en avait été exclu pour insuffisance de licenciés en hockey mineur. Mais il avait fait appel devant le tribunal administratif pour se faire réintégrer, au risque de s'attirer des inimitiés. Désormais, c'est un participant comme un autre. La montée sportive en D2 se jouera sur la glace. Et les autres critères se verront sur dossier pendant l'été.

Invaincu dans sa poule finale, Metz semble en forme. Sa dernière victoire dans un match en retard sans enjeu sur la réserve strasbourgeoise (6-5) a cependant été ternie par la pénalité de match de Yannick Hamri pour une tentative de coup de patin. Le joueur/manager messin est suspendu 2 matchs et manque donc ce soir.

Orléans a aussi un suspendu de marque, l'attaquant de la première ligne Thomas Saint-André. À deux minutes de la fin du dernier match, il n'a rien trouvé de mieux que d'insulter l'arbitre M. Maltaverne, alors même qu'il savait comme ses coéquipiers que celui-ci avait été désigné pour le carré final !

Que vaut-elle, cette équipe de Metz ? Les Orléanais craignaient un départ que leur adversaire ne parte fort. Mais en fait, les Lorrains ne pressent pas haut, ils laissent plutôt venir et attendent l'opportunité. Celle-ci ne tarde pas à se présenter, à 4 contre 4, avec une contre-attaque conclue côté droit par un tir en angle de Renars Undelis (1-0, 06'20"). Orléans réagit avec plusieurs bons tirs de Maksim Brandis, le meilleur joueur en l'absence de Saint-André. Mais Cédric Dietrich a la mitaine vigilante. Il ne sera pas facile de battre l'ancien gardien d'élite.

Néanmoins, les Mosellans sont victimes de leur indiscipline : leur entraîneur Vladimir Kuznetsov se rend coupable d'une crosse haute et rejoint William Richard en prison. À 5 contre 3, Kévin Lanson, qui s'était déjà signalé par deux bonnes interventions défensives un peu plus tôt, prend un lancer de la bleue, et Willy Massinon exploite le rebond, avce un peu de chance puisque le palet est contré par un défenseur (1-1, 18'05"). Sans cela, Dietrich est parfait, notamment sur un one-timer de Numa Mineur pendant une nouvelle supériorité numérique.

En début de deuxième période, Richard repart en prison et Metz joue de nouveau à trois. Morgan Noale, bien remis des coups de couteau reçus au thora dans un bar il y a deux mois, marque de la droite (1-2, 20'48"). La domination rouge se confirme de plus en plus. Numa Mineur s'avance et et prend un tir bas à mi-distance (1-3, 27'19"). Dans la foulée, Cédric Dietrich effectue un nouvel arrêt de la mitaine face à Maksim Brandis et rappelle à l'ordre ses coéquipiers avec un geste d'incompréhension dépitée. C'est un cri du coeur : le gardien mosellan fait savoir qu'il ne pourra plus sauver les meubles très longtemps si son équipe continue à déjouer.

BrandisMaksimQue faire pour Metz ? Redécouvrir soudain les vertus des mises en échec ? Compte tenu de leur métier et de leur technique, les Lorrains avaient peu appuyé sur le registre physique. Yann Vannienwenhove s'y essaie avec une violente charge contre la bande sur Éric Sanchez, mais il ne récoltera que deux minutes de pénalité. Il aura surtout réussi à déboîter légèrement la balustrade, qui sera réparée un peu tard dans la soirée entre les deux rencontres...

La solution, c'est Orléans qui va la fournir sur un plateau : Noale, Vigezzi et Déhu occupent le banc des punitions, et c'est au tour de Metz de jouer à 5 contre 3. Vladimir Kuznetsov montre la voie avec un lancer de la ligne bleue en pleine lucarne (2-3, 31'51"). Gianni Vigezzi est à peine sorti de prison qu'il y retourne, et Kuznetsov, toujours en double supériorité, décale cette fois Renars Undelis dans le cercle droit (3-3, 33'20").

Numa Mineur, revenu à son niveau après un arrêt d'un an à la suite d'une rupture des ligaments croisés au football, doit réaliser une intervention décisive en contrant le palet dans la crosse de Rumyantsev. Dans la continuité de l'action, Vladimir Kuznetsov prend une pénalité en zone neutre : les deux frères Brandis glissent cependant au moment de reprendre de bonnes passes en supériorité, et Rumyantsev a même une occasion en contre. Orléans est moins fringant et moins en confiance en cette fin de deuxième tiers.

En troisième période, Orléans s'installe en zone offensive face à un bloc messin bien regroupé. Mais cette domination est de moins en moins évidente au fil des minutes et Metz arrive à bloquer son adversaire en zone neutre. Le gardien local Arthur Noale doit même réaliser un arrêt décisif de la jambière droite face à Youri Essipov, échappé à moins de deux minutes de la fin. On s'achemine tout droit vers la prolongation.

Alors qu'il n'y avait pas eu la moindre pénalité dans ce dernier tiers-temps, Youri Drain est sanctionné pour un cinglage à 1'11" de la fin. Metz s'installe et tente une ultime action : un décalage d'école de Lucas Déhu pour Maksim Brandis. L'Estonien s'y reprend à deux fois pour tirer, on n'y croit donc guère... et pourtant il marque sur la sirène (3-4, 59'59"). Délire dans les gradins !

La victoire d'Orléans est logique car l'équipe locale a dominé le match, mais elle est survenue de la manière la plus incroyable qui soit, après de longs moments de tension pour les joueurs, les suiveurs et le public. De quoi lancer idéalement ce carré final.

Commentaires d'après-match

Gilbert Ledigarcher (entraîneur d'Orléans) : "On a fait un bon premier tiers. On fait une erreur défensive et on prend un but, mais c'était équilibré. On met progressivement la pression sur Metz qui n'est pas loin de plier. À 3-1, ils jouent sur leur métier, nous provoquent et nous font faire des fautes. À 3 contre 5, j'ai eu un sentiment d'impuissance au banc car les consignes n'étaient plus respectées. Au troisième tiers, on a peur de gagner, peur de perdre, on ne va pas trop au combat. On s'installe quand même pas mal de temps dans la zone de Metz, et ça fait un peu ball-trap. On n'a pas trop de mordant, et peut-être un coup de fatigue parce que je ne joue plus qu'à deux blocs depuis le 3-3. Mais un match de hockey se joue jusqu'à la dernière seconde. Il y avait beaucoup de fatigue chez eux parce qu'ils sont âgés. Ce sont des joueurs expérimentés avec une grosse vision du jeu. C'était l'adversaire que je redoutais le plus."

 

Metz - Orléans 3-4 (1-1, 2-2, 0-1)
Vendredi 9 avril 2010 à 16h45 à la patinoire du Baron. 450 spectateurs.
Arbitrage de Christian Maltaverne et Frédéric Barré.
Pénalités : Metz 18' (12', 4', 2'), Orléans 14' (4', 10', 0').
Tirs : Metz 26 (11, 10, 5), Orléans 43 (12, 18, 13).
Évolution du score :
1-0 à 06'20" : Undelis assisté de Vologzhanin
1-1 à 18'05" : Massinon assisté de Lanson et Degand (double sup. num.)
1-2 à 20'48" : M. Noale assisté de D. Brandis (sup. num.)
1-3 à 27'19" : Mineur assisté de M. Noale
2-3 à 31'51" : V. Kuznetsov assisté d'Undelis et E. Kuznetsov (double sup. num.)
3-3 à 33'20" : Undelis assisté de E. Kuznetsov et V. Kuznetsov (double sup. num.)
3-4 à 59'59" : M. Brandis assisté de Déhu et Vigezzi (sup. num.)


Metz

Gardien : Cédric Dietrich.

Défenseurs : Vladimir Kuznetsov - Ivan Vologzhanin ; Michaël Richard - Djamel Zitouni ; Gilles Hamri (A).

Attaquants : Evgeni Kuznetsov - Youri Essipov - Renars Undelis ; Sergueï Chesterikov ou Youri Drain (A) - Artem Rumyantsev - Yann Vannienwenhove (C) ; Mathieu Moïse (substitut).

Remplaçant : Julien Delétang (G). Absents : Yannick Hamri (suspendu), Mathieu Bertrand (raisons professionnelles).

Orléans

Gardien : Arthur Noale.

Défenseurs : Numa Mineur - Morgan Noale (C) ; Denis Brandis - Kévin Lanson ; Alexandre Aufrère.

Attaquants : Gianni Vigezzi - Lucas Déhu - Maksim Brandis ; Willy Massinon - Alexandre Paul - Mickaël Degand ; Nicolas Viguier - Antoine Aubert - Éric Sanchez.

Remplaçant : Pierre Ruffier (G), Loïc Renard, Julien Graziani, Seydou Diarra. Absent : Thomas Saint-André (suspendu).