Renon - Asiago : l'inédite finale des plateaux

Avec Milan en série A2 et Bolzano dans une année négative, le championnat 2009/10 se disputera sans la participation des deux villes les plus représentatives du hockey italien : cela n'était plus arrivé depuis 21 ans, en 1988/89, quand la finale fut disputée entre Varèse et Fassa. Cette fois ce sera au tour de Renon (Ritten en allemand) et Asiago qui se sont débarrassés respectivement de Bolzano et Val Pusteria.

RenonRenon a pris deux victoires d'avance (4-1 et 2-1 aux tirs au but), puis s'est fait rejoindre en perdant 2-3 à domicile et 4-5 en prolongation. Après une cinquième manche très sérrée résolue en sa faveur par 3-2 à Collalbo, Renon a converti sa première balle de match en battant les champions sortants sur leur piste avec un fabuleux deuxième tiers-temps : 2-4 avec des partiels de 0-0, 0-3, 2-1.

La série entre Val Pusteria et Asiago a été moins équilibrée même si elle s'est aussi terminée au sixièle match : Asiago a tout de suite gagné à Brunico (6-4) pour enlever à ses adversaires l'avantage de la glace, puis il a suffi de battre Val Pusteria dans les rencontres jouées à l'Odegar (la patinoire d'Asiago) : 5-0, 1-3, 4-2, 1-2 e 7-3.

Cette finale inédite a été définie ici comme "la finale des plateaux". Aussi bien Renon qu'Asiago jouent à environ mille mètres d'altitude sur des plateaux dont ils ont pris le nom. Le premier se trouve au nord de Bolzano, le second au nord-est de Vicenza. À dire vrai, pour cette finale, l'équipe de Renon abandonne sa patinoire (celle de Collalbo - 1500 spectateurs) pour descendre en ville à la PalaOnda de Bolzano (7500) où elle espère avoir également le soutien des supporters de ses adversaires à peine éliminés, au moins de ceux de langue allemande. La surprise dans le camp vénète est qu'Asiago aura sur le banc John Tucker à la place du coach Harrington, engagé avec l'équipe nationale de la Slovénie dans les Mondiaux de division I.

AsiagoLes deux entraîneurs sont tous deux certains d'avoir la meilleure équipe : Ron Ivany, avec ses "Ritten buam", a déjà dans sa besace cette saison une Supercoupe et la Coupe d'Italie, ferait en gagnant le championnat un Grand Chelem qui a peu de précédents ; l'équipe de Harrington (ou de Tucker) n'était pas dans les pronostics, mais certaines greffes bien senties à mi-saison lui ont permis d'en arriver là, et elle fera tout pour adjoindre un second titre à celui conquis en 2001.

Michele Strazzabosco, pour Asiago, et Ingemar Gruber, pour Renon, deux des joueurs les plus représentatifs de la confrontation (même si Gruber, blessé, verra les premières rencontres de la finale en tribune), ont chacun pronostiqué leur propre équipe. D'ici le 22 avril on saura qui a eu raison, pour l'heure on peut seulement affirmer qu'on a vécu un des championnats les plus spectaculaires de ces dernières années et, ici en Italie, ce n'est pas rien.

Pour les amis français qui ne savent pas s'ils doivent soutenir Renon ou Asiago, deux statistiques et une curiosité : Renon en est à sa troisième finale consécutive, ayant perdu les deux autres contre Bolzano ; Asiago retourne en finale pour la première fois depuis la saison 2003/04 et sa défaite contre les Vipers de Milan ; il y a un joueur francophone en lice, Frédéric Cloutier, gardien de 29 ans de St-Honoré (Québec) qui en est à troisième saison avec Renon.