Angers - Rouen (Ligue Magnus, finale, match 3)

ErikssonMagnusCette première finale à Angers est un évènement, et les prix sont à la hauteur. Les places assises ont été vendues 25 euros, soit 8 de plus qu'en demi-finale. Malgré le délai bref depuis la qualification, il ne restait déjà plus que des places debout hier matin. Heureusement pour eux, les abonnés ont leur place réservée (à 20 euros) même si elle n'était pas comprise dans le prix de leur souscription annuelle.

Angers a gagné deux fois à Rouen en appliquant sa tactique défensive après avoir ouvert le score. Les Rouennais avaient cependant prévenu que le premier but serait décisif et qu'ils avaient l'intention de le marquer cette fois. Pas du tout des paroles en l'air... Les Normands ont attaqué dès l'entame de match en marquant deux fois en 34 secondes, d'abord par Carl Mallette qui a tapé un rebond en l'air en supériorité numérique, puis par Ilpo Salmivirta, démarqué entre les cercles. Peter Aubry, décisif tout au long de ces play-offs, s'est fait feinter par le Finlandais et a donné ses premiers signes de faiblesse.

Après ce départ-canon, Rouen installe sa domination, y compris en supériorité numérique où Holmqvist a remplacé Eriksson sur la première unité de powerplay. Du côté angevin, Juho Jokinen, redevenu titulaire après avoir perdu sa place au profit de Frecon mercredi, un des rares à tester Koenig. Ses coéquipiers ne cadrent pas quand ils sont en bonne position.

Au début du deuxième tiers, les Angevins essayent de presser haut pour revenir, mais Fortier prend une pénalité en zone offensive. Luc Tardif donne alors un peu plus d'air au groupe du duo Pouget - Garnier avec un tir du poignet dans la lucarne (3-0). Trois buts de retard pour Angers, qui a perdu de surcroît sa vedette Marko Kiprusoff, victime d'une douleur aux adducteurs.

De quoi baisser les bras et penser déjà au lendemain ? Non. Lahesalu a alors un temps de glace énorme en l'absence de Kiprusoff et réussit un match impressionnant. La première ligne locale se crée les actions les plus dangereuses. Mais toujours aucun but, même pas en fin de tiers quand Koenig dévie au dernier moment un tir masqué de Braxenholm : le palet touche l'extérieur du poteau.

Il faut attendre le troisième tiers pour qu'Angers soit finalement récompensé de ses efforts. D'abord à cinq contre quatre, via Jonathan Bellemare qui vise l'arrière de la jambière du gardien. Puis, dans la foulée, à quatre contre cinq, Tomas Baluch reprenant son propre rebond laissé par Trevor Koenig (2-3).

Baluch est tellement content... qu'il met à mal le plexi en se jetant pour fêter son but, et le jeu est interrompu dix minutes, cassant le rythme local. L'occasion de constater que le président Juret n'est pas seulement sur le banc, il est aussi au bricolage ! Et le public de crier à l'unisson : "Une nouvelle patinoire à Angers !" La première finale en Anjou aura donc révélé de manière criante, devant les caméras de télévision, la faiblesse connue de l'infrastructure.

Les espoirs angevins sont enterrés au fin de match. Thiery Poudrier vient de prendre une crosse dans le visage, non signalée, quand Baluch se fait sanctionner d'une pénalité très inutile. Ilpo Salmivirta inscrit alors le quatrième but rouennais en supériorité numérique, à cinq minutes du terme (2-4). Les esprits s'échauffent un peu lors d'une charge de Bellemare dans le dos de Romand. L'avantage numérique est gâché par une pénalité de Fortier. Une crosse haute de Babka permet à Angers de finir à six contre quatre sans gardien, mais il est trop tard.

Rouen a sans doute gagné plus qu'un match. Compte tenu de son expérience des finales, il peut compter sur l'avantage psychologique. Angers a la pression de conclure et n'y est pas parvenu aujourd'hui : il faudra absolument le faire demain. Chacune des équipes a un défenseur incertain : Magnus Eriksson, commotionné, et surtout Marko Kiprusoff, le champion du monde angevin.

Commentaires d'après-match (dans le Courrier de l'Ouest)

Heikki Leime (entraîneur d'Angers) : "On a fait dix matches exceptionnels, on a le droit une fois de passer un peu à côté. En début de match, on avait autre chose dans la tête... Face à une équipe comme Rouen, si tu manques de 5% de concentration, ça ne pardonne pas. Je suis très fier des gars dans les trente dernières minutes, on a montré notre caractère. [...] J'ai dit à [l'entraîneur-adjoint] Martin [Lacroix] : même la patinoire est contre nous ! On était dans un moment fort, l'interruption a cassé notre rythme. Maintenant, on va lancer un nouvel hameçon et repartir à la pêche demain."

Rodolphe Garnier (co-entraîneur de Rouen) : "On l'a mise au fond, ce qui n'était pas le cas mercredi. C'est la seule différence que je vois entre ces deux débuts de match. De toute façon, on savait qu'on aurait une réaction d'orgueil. Nous aussi, on a du coeur, on n'a pas seulement du talent [NDLR : le coeur a battu le talent, avait dit Leime après le match 2]. On est toujours à valoriser le petit poucet, mais je ne vois pas de petit poucet en face."

 

Angers - Rouen 2-4 (0-2, 0-1, 2-1)
Vendredi 9 avril 2010 à 20h30 au Haras. 1097 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Alexandre Bourreau assistés de Pierre Dehaen et Jérémy Rauline.
Pénalités : Angers 32' (8', 6', 8'+10') ; Rouen 30' (6', 6', 8'+10').
Évolution du score :
0-1 à 02'10" : Mallette assisté de Thinel (sup. num.)
0-2 à 02'44" : Salmivirta assisté de Zwikel et Tardif
0-3 à 23'28" : Tardif assisté de Salmivirta et Eriksson (sup. num.)
1-3 à 44'52" : Bellemare assisté de Lahesalu et Laprise (sup. num.)
2-3 à 46'38" : Baluch assisté de Poudrier et Lahesalu (inf. num.)
2-4 à 54'59" : Salmivirta assisté de Zwikel et Tardif (sup. num.)


Angers

Gardien : Peter Aubry [sorti à 58'18"].

Défenseurs : Marko Kiprusoff [sorti à 20'] – Per Braxenholm ; Lauri Lahesalu – Kévin Igier ; Simon Lacroix ; puis Charlie Doyle.

Attaquants : Pierre-Luc Laprise – Jonathan Bellemare (C) – Éric Fortier ; Tomas Baluch (A) – Thiery Poudrier – Julien Albert ; Juho Jokinen – Matias Metsäranta – Hermanni Vidman.

Remplaçants : Lucas Normandon (G), Clément Genièvre, Nicolas Primout, Mathieu Frécon, Nicolas Hébert. Absent : Pavol Mihalik (épaule).

Rouen

Gardien : Trevor Koenig.

Défenseurs : Magnus Eriksson – David Holmqvist ; Kai Öhberg – Daniel Babka ; Petri Virolainen - Daniel Carlsson.

Attaquants : Ilpo Salmivirta – Jonathan Zwikel (A) – Luc Tardif Jr ; Éric Doucet (A) – Carl Mallette (C) – Marc-André Thinel ; Lionel Tarantino – Loïc Lampérier – Jérémie Romand.

Remplaçants : Fabrice Lhenry (G), Aurélien Gréverend, Cédric Custosse, Alexandre Mulle, Quentin Berthon. Absents : Julien Desrosiers (cheville) et Anthony Rech (équipe de France U18).