Toulon - Orléans (Division 3, carré final, 2e journée)

2010-04-10-Orleans-Toulon3De la D3 ? Non, un beau match !

C'est le moment que tout le public attend, aussi bien les spectateurs locaux que la copieuse délégation de supporters varois. Les deux vainqueurs de la première journée se rencontrent pour une véritable finale. Elle est encore plus importante pour le club organisateur : en cas de défaite, son destin ne serait plus entre ses mains et il devrait attendre le résultat du dernier match demain après-midi pour savoir s'il monte ou pas ; mais en cas de succès, Orléans serait d'ores et déjà sacré champion de division 3 et promu.

Qui sait, la cote des joueurs d'Orléans va peut-être monter dans la soirée chez les collectionneurs de cartes... Elles sont déjà très populaires auprès des gamins du club, dont c'est le principal sujet de conversation : "J'ai Numa Mineur en double, tu me l'échanges contre ton Morgan Noale ?" Il faut dire que le processus d'identification peut jouer à plein avec une équipe senior composée aux deux tiers de joueurs formés au club.

Orléans, au complet pour la première fois de la saison (!), a décidé d'attaquer fort dès le coup d'envoi. On avait dit que Toulon n'avait pas été testé dans sa discipline hier, on en a la confirmation. Sur les cinq premières minutes, Toulon en passe quatre en infériorité pour deux charges incorrectes de Petr Burda et Jan Katrusin. Les jaunes gèrent bien cette siuation : les attaquants bloquent les positions de tirs et Jozef Drzik intercepte les palets à sa portée près de sa cage.

2010-04-10-Orleans-Toulon2Mais après cinq minutes, c'est Massinon qui est pénalisé, et c'est donc au tour des Boucaniers de jouer en supériorité numérique. Le "meilleur jeu de puissance de la ligue", pour reprendre les mots de Richard Brodeur, avait été inoffensif hier. Les statistiques issues de poules différentes sont-elles trompeuses ? Le système utilisé par les Toulonnais en powerplay est simple : deux joueurs à la cage et Drzik seul à la pointe qui a deux solutions de passe, à gauche vers Willy Autran (le seul joueur varois tirant de la droite) ou à droite vers Martin Domian. Il faut à peine cinq secondes pour que Drzik choisisse la seconde solution, pour une reprise de volée de son compatriote slovaque dans la lucarne opposée (1-0, 05'05").

Après une telle démonstration d'efficacité, on attend avec fébrilité le prochain avantage numérique toulonnais. Martin Domian réussit d'abord une bonne passe transversale devant la cage pour Autran, pour celui-ci rate son dernier geste. Lors d'une ré-installation rapide en zone offensive, Domian donne un second palet, en retrait celui-là pour Richard Brodeur monté dans l'axe pour un slap puissant dans le haut du filet (2-0, 09'26"). Deux infériorités, deux buts, c'est cher payé pour Orléans.

Pourtant, les rouges ont une légère domination territoriale dans ce premier tiers-temps, mais elle reste stérile face à une défense bien regroupée. Et au bout du compte, le score empire. Petr Burda sort du coin droit et décoche un tir en angle dans la lucarne opposée (3-0, 17'59"). Le gardien Arthur Noale, qui sort d'une entorse, a clairement faibli en hauteur côté plaque. C'est ensuite sa défense qui craque totalement avec une grossière incompréhension qui permet à Willy Autran d'hériter du palet seul devant la cage. Il dribble le gardien pour le 4-0 (18'51").

2010-04-10-Orleans-Toulon4Les chances locales sont minces à cet instant, mais les Renards profitent de la première faute adverse, une charge incorrecte de Romain David, pour marquer par Morgan Noale, de près à droite de la cage (4-1, 24'02"). Les Orléanais n'arrivent pas à enchaîner car ils doivent d'abord tuer deux infériorités numériques de suite. Quand elles se terminent, coup de théâtre : Maxime Raffaelli commet une obstruction sur l'engagement, et Emmanuel Anais fait nettement trébucher son vis-à-vis alors que l'arbitre a déjà le bras levé. Deux pénalités d'un coup, 5 contre 3. Lucas Déhu déborde le long de la bande sur le flanc droit et marque de derrière la cage en tirant dans le dos de Søren Nielsen (4-2, 29'31"). Orléans n'arrive cependant à enchaîner à 5 contre 4.

De retour à cinq, Emmanuel Anais s'infiltre devant la cage orléanaise et se fait accrocher par Mickaël Degand. Un tir de la bleue de Martin Domian trompe Arthur Noale, sans doute masqué (5-2, 31'51"). Toulon concède deux infériorités, par Lyon pour obstruction puis par Brodeur qui a retenu Baron derrière la cage varoise. Malgré un revers de Vigezzi suivi d'un rebond de Noale, la pénalité n'est pas exploitée. Orléans finit cependant par revenir Lucas Déhu gagne un engagement en zone offensive face à Brodeur et décale dans l'axe Thomas Saint-André qui reprend en lucarne (5-3, 37'54"). Deux buts, ce serait le bon écart pour Orléans qui aurait refait la moitié de son retard. Mais les Renards fêtent un peu trop leur but et en oublient de se reconcentrer : ils laissent partir une contre-attaque à 2 contre 1 que Willy Autran et Emmanuel Anais concluent comme à la parade (6-3, 38'18").

La distance de trois buts paraît maintenant presque insurmontable. En plus les Orléanais perdent du temps à devoir tuer deux pénalités de Jérémy Baron et de Maksim Brandis. Ceci dit, ils font du très bon travail en infériorité en pressant bien Toulon qui ne peut développer son jeu. Leur heure semble venir avec une nouvelle double pénalité sur la même action contre la troisième ligne toulonnaise (Raffaelli et Lecompte cette fois). Le 5 contre 3 est trop approximatif, peut-être par nervosité et peur de mal faire, mais au moins il parvient à empêcher Toulon de se dégager et finit par provoquer une autre pénalité contre Domian (et même deux, mais Drzik y échappe alors qu'il a accroché Denis Brandis).

2010-04-10-Orleans-ToulonPetit flottement de la table de marque qui ne fait pas sortir de Toulonnais à la fin de la double pénalité. Les deux Varois s'énervent et montent sur la glace... en même temps ! L'arbitre arrête le jeu pour essayer de comprendre et rétablir la vraie situation de jeu : 5 contre 4. Orléans n'y arrive pas, et lors de l'attaque de la dernière chance à la fin de la prison, Jérémy Baron remonte le palet et marque du revers dans un angle impossible (6-4, 51'34").

Søren Nielsen réussit un arrêt capital avec un lancer de bottes devant Lucas Déhu qui reprend à bout portant un centre de Thomas Saint-André. Lui aussi en bonne position, Maksim Brandis rate le cadre, et Saint-André est alors contré à la bleue par Petr Burda qui s'échappe et provoque la faute de l'attaquant estonien... mais le fait tomber dans un geste revanchard et part lui aussi en prison. On joue donc à 4 contre 4, ce qui peut encore ouvrir des espaces à Orléans. Mais dans cette configuration, le "joker" Gianni Vigezzi, qui évolue tantôt à l'arrière tantôt à l'avant, se fait contrer en position de dernier défenseur par le capitaine toulonnais Willy Autran qui feinte le gardien et lève le palet du revers (7-4, 54'44"). L'écart est rétabli et ne bougera plus. Les supporters des Boucaniers finissent debout au son de leurs tambours.

Toulon a en effet beaucoup de partisans... et en aura encore plus demain. Compte tenu de la différence de buts défavorable en cas d'égalité à trois, Orléans doit en effet espérer pour monter en D2 que les Toulonnais ne perdent pas contre Metz lors du dernier match.

Commentaires d'après-match

Richard Brodeur (attaquant de Toulon) : "Orléans a mieux patiné et nous a pressés. Les arbitres nous ont durci la tâche en leur laissant de petits avantages. Ils ont sorti deux fois deux gars à 3 contre 5, je n'avais jamais vu ça en quarante ans de hockey. Orléans est une équipe fair-play, sympa. On est contents, mais le plus dur reste à faire. Metz va tout jouer demain. Dietrich est le meilleur gardien du tournoi, il peut les faire gagner, mais il laisse pas mal de rebonds."

Gilbert Ledigarcher (entraîneur d'Orléans) : "Il y avait une équipe de métier en face, mais on n'a pas fait tout ce qui fallait. Notre gardien est passé au travers et a pris des buts qu'il ne prend jamais. Ensuite, ils ont exploité toutes nos erreurs. C'est une équipe bien placée, bien organisée, qui joue vite et frappe quand il faut. On ira mettre un cierge à la cathédrale durant la nuit."

(photos de Christian Seznec)

 

Toulon - Orléans 7-4 (4-0, 2-3, 1-1)
Samedi 10 avril 2010 à 20h00 à la patinoire du Baron. 650 spectateurs.
Arbitrage de Pascal Telliez et Christophe Gautier.
Pénalités : Toulon 40' (10'+10', 10', 10'), Orléans 22' (8', 6', 8').
Tirs : Toulon 25 (11, 12, 3), Orléans 35 (9, 12, 14).
Évolution du score :
1-0 à 05'08" : Domian assisté de Drzik et Autran (sup. num.)
2-0 à 09'26" : Brodeur assisté de Domian et Drzik (sup. num.)
3-0 à 17'59" : Burda assisté de Brodeur
4-0 à 18'51" : Autran assisté de Burda
4-1 à 24'02" : M. Noale assisté de Mineur et Degand (sup. num.)
4-2 à 29'31" : Déhu assisté de Brandis et M. Noale (double sup. num.)
5-2 à 31'51" : Domian assisté de Brodeur et Katrusin (sup. num.)
5-3 à 37'54" : Saint-André assisté de Déhu
6-3 à 38'18" : Anais assisté d'Autran
6-4 à 51'34" : Baron assisté de Vigezzi
7-4 à 54'44" : Autran


Toulon

Gardien : Søren Nielsen.

Défenseurs : Jozef Drzik (A) - Maxence Boulard ou Romain David ; Olivier Lyon - Bruno Simoni.

Attaquants : Martin Domian - Richard Brodeur - Petr Burda ; Jan Katrusin - Willy Autran (C) - Emmanuel Anais ; Thomas Merbah - Maxime Raffaelli - Emmanuel Lecompte.

Remplaçant : Xavier Bolomier (G).

Orléans

Gardien : Arthur Noale.

Défenseurs : Numa Mineur - Morgan Noale (C) ; Denis Brandis - Alexandre Aufrère ou Kévin Lanson ; [Vigezzi].

Attaquants : Thomas Saint-André [ou Vigezzi au début du 2e tiers] - Lucas Déhu (A) - Maksim Brandis ; Mickaël Degand (A) - Jérémy Baron - Alexandre Paul ; Nicolas Viguier - Gianni Vigezzi - Willy Massinon.

Remplaçants : Pierre Ruffier (G), Antoine Aubert, Éric Sanchez, Loïc Renard, Julien Graziani, Seydou Diarra.