Orléans - Belfort (Division 3, carré final, 3e journée)

2010-04-11-Orleans-BelfortLa morsure des Lions édentés

Orléans saura ce soir si sa belle histoire se conclura par une promotion. Ce serait une belle récompense pour ce club qui s'est "fait tout seul". Il n'est plus si fréquent de monter en division 2 sans faire appel à des renforts extérieurs. Hormis les deux frères estoniens, le OLHG ne compte que des Français, pour la plupart formés ici ou arrivés pour raisons professionnelles.

Mais en attendant, il faut battre Belfort. La différence de buts n'a plus aucune importance, mais la victoire reste nécessaire. Or, face à l'adversaire présumé le plus faible, les Orléanais vont se montrer très poussifs et peu convaincants.

Les Lions, eux, n'ont plus rien à perdre. Ses vétérans partent à la retraite ce soir, y compris sans doute le gardien Frantisek ("François") Neckar. Il habite toujours Dijon, a un poste de responsabilité à la SNCF, et n'a donc plus une grande disponibilité pour le hockey, outre que son véhicule de fonction accordé pour ses déplacements à Belfort occasionne des frais pour le club.

L'unique raison pour laquelle ils prennent les commandes du match, ce sont deux buts marqués à 5 contre 3. Par deux fois, les Belfortains prennent deux pénalités de suite (d'abord une charge avec la crosse de Théry et un cinglage de Heintz, ensuite deux accrochages d'Oulik et Leclancher). À chaque fois, il ne faut que quelques secondes aux Renards pour en profiter par un tir bas de Thomas Saint-André à l'entrée du cercle droit et par une lucarne trouvée à bonne distance dans l'axe par Maksim Brandis. Mais entre-temps, Belfort a égalisé à cinq contre quatre sur un tir contré de Jiri Sevcik. Le score est donc de 2-1, et Orléans n'a pas encore montré grand-chose.

Lucas Déhu essaie bien de lancer Saint-André en break, mais la passe n'est pas tout à fait assez forte et elle est reprise derrière la ligne de hors-jeu. Finalement, c'est Belfort qui fait cadeau du but de la cassure. Premier relanceur en supériorité numérique, Gilles Heintz se fait contrer à l'entrée de la zone neutre par Lucas Déhu qui part seul au but. La bonne sortie à la crosse de Franta Neckar oblige l'Orléanais à s'excentrer, mais il a le temps de pivoter et de marquer (3-1, 16'12"). Trente secondes plus tard, Belfort se fait sanctionner pour retard de jeu. Cette faute, ajoutée à l'erreur de Heintz sur le but, c'en est trop pour le capitaine Christophe Théry : il jette son casque et ses gants sur le banc, recadre son défenseur et prend en charge le coaching pendant quelques minutes pour que son équipe file droit à nouveau.

HentekTomasLa deuxième période a commencé depuis seize secondes quand Jiri Sevcik prend dans le visage la crosse de son gardien. Il a plusieurs dents cassées et sa lèvre saigne abondamment, obligeant la surfaceuse à revenir nettoyer la glace. La tâche se complique encore pour Belfort, privé désormais de son pilier défensif.

En plus, Tomas Hentek est en prison depuis la fin de la période précédente, et Gianni Vigezzi en profite pour creuser l'écart (4-1, 21'34"). Mais ce même Vigezzi est sanctionné pour une charge incorrecte sur Cyril Prongué, et David Robert vient alors dans le slot marquer côté plaque (4-2, 23'50"). Même édentés, les Lions s'accrochent toujours...

Cependant, ils prennent toujours trop de pénalités. Une obstruction de Trebaticky permet à Numa Mineur de reprendre une passe de derrière la cage de Noale, un but attribué par erreur à Vigezzi (5-2, 26'40"). Un retard de jeu puis une énième faute de Hentek provoquent une nouvelle double supériorité numérique orléanaise. Mickaël Degand échoue d'abord dans la jambière de Neckar mais lève son propre rebond (6-2, 29'05"). Fini ?

Toujours pas ! Lors d'un engagement à la ligne bleue belfortaine, David Oulik surprend tout le monde en prenant le palet entre Paul et Viguier et en perçant en solitaire alors que les défenseurs étaient curieusement mal placés. Il conclut son échappée en lucarne (6-3, 30'08"). La suite du tiers-temps est éreintante avec une litanie de pénalités. Neckar résiste vaillamment à trois contre cinq, mais prolonge lui-même sa peine par une dureté puis une méconduite. Les prisons s'inversent avec une autre méconduite de Morgan Noale, et son frère, le gardien Arthur, craque le premier en infériorité sur un lancer de la bleue de Gilles Heintz (6-4, 38'39").

Franta Neckar tente une sortie kamikaze devant Saint-André qui le dribble et centre devant le but, où Cyril Prongué écarte le palet juste devant l'attaquant. Saint-André remet alors en retrait pour Maksim Brandis qui rate le cadre... mais Neckar a foncé dans sa cage vide bottes en avant et a tout déplacé : tir de pénalité ! Lucas Déhu le transforme en dribblant le gardien par la gauche pour terminer du revers (7-4, 44'33").

2010-04-11-Orleans-Belfort2Belfort riposte encore avec un lancer de la bleue de Xavier Rénier, poteau rentrant (7-5, 50'14"). Le tir de Jérémy Baron, par contre, ricoche sur l'intérieur du poteau sans rentrer. Orléans n'est toujours pas à l'abri.

La question ne se pose plus quand Neckar fait un arrêt en infériorité et essaie de passer au milieu des joueurs pour relancer rapidement. Il s'en prend alors à l'arbitre qui a sifflé l'arrêt de jeu, et écope d'une méconduite. Or, il en avait déjà pris une ! Le gardien franco-tchèque est donc envoyé à la douche avant l'heure pour son dernier match, tout comme son capitaine Christophe Théry un peu plus tard pour contestation véhémente. Une fin de match confuse que les joueurs toulonnais en bord de piste commentent en évoquant "l'arbitrage maison" et en comparant avec leur match d'hier.

La sortie de Neckar a aussi pour effet de faire monter Joël Prongué sur la glace. Le gardien de 45 ans ne s'attendait pas à finir sa carrière en compétition sur la glace lors de ce carré final. Il a chaud au début en détournant de la jambière un tir de Brandis, puis quand un palet frôle le cadre. Mais le "vieux Lion" enchaîne les arrêts : il plonge pour repousser du gant un tir de Saint-André, se met en papillon sur un tir de la bleue de Kévin Lanson, lève encore sa mitaine in extremis... Il prend dix tirs en sept minutes, mais finit par s'incliner devant Jérémy Baron (8-5, 58'42"). Orléans peut faire rentrer ses remplaçants pour leur faire fouler un peu la glace du carré final. La mission est accomplie, de façon très laborieuse, reste à se muer en spectateur et à espérer une victoire toulonnaise...

Commentaires d'après-match

Joël Prongué (gardien de Belfort) : "Il ne faut pas mettre la faute sur les arbitres. On savait qu'ils sifflaient beaucoup de pénalités, on aurait dû jouer avec. En tant que meilleur deuxième, nous savions que nous étions les petits poucets ici, même si nous sommes passés à côté de notre match hier. Beaucoup de joueurs travaillent, nous sommes très peu aux entraînements. La moitié de l'équipe va arrêter et jouer en loisirs/vétérans [Rénier, Théry...]. Il faut penser à reconstruire au niveau des jeunes. On n'a pas su faire la transition et on va le payer. On retravaille sur le hockey mineur, mais les enfants sont encore jeunes. Pendant quelques années, on ne devrait plus trop entendre parler de Belfort. La D2 était visée en début de saison, mais il faut être réaliste."

 

Orléans - Belfort 8-5 (3-1, 3-3, 2-1)
Dimanche 11 avril 2010 à 13h00 à la patinoire du Baron. 320 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Elbaze et Christophe Gautier.
Pénalités : Orléans 32' (6', 6'+10, 10'), Belfort 32' (6', 6'+10, 10').
Tirs : Orléans 48 (16, 15, 7+10), Belfort 17 (6, 8, 3).
Évolution du score :
1-0 à 07'41" : Saint-André assisté de M. Brandis (double sup. num.)
1-1 à 09'42" : Sevcik assisté de Trebaticky et Prongué (sup. num.)
2-1 à 10'09" : M. Brandis assisté de Saint-André (double sup. num.)
3-1 à 16'12" : Déhu (inf. num.)
4-1 à 21'34" : Vigezzi assisté de Baron et M. Noale (sup. num.)
4-2 à 23'50" : Robert assisté de Heintz et Théry (sup. num.)
5-2 à 26'40" : Vigezzi assisté de M. Noale (sup. num.)
6-2 à 29'05" : Degand assisté de Vigezzi (double sup. num.)
6-3 à 30'08" : Oulik (inf. num.)
6-4 à 38'39" : Heintz assisté de Hentek et Trebaticky (sup. num.)
7-4 à 44'33" : Déhu
7-5 à 50'14" : Rénier assisté de Hentek (double sup. num.)
8-5 à 58'42" : Baron assisté de Vigezzi et M. Noale


Orléans

Gardien : Arthur Noale.

Défenseurs : Denis Brandis - Kévin Lanson ; Numa Mineur - Morgan Noale (C) ; Alexandre Aufrère - Loïc Renard [à 58'42"].

Attaquants : Thomas Saint-André - Lucas Déhu (A) - Maksim Brandis ; Gianni Vigezzi - Jérémy Baron - Mickaël Degand (A) ; Antoine Aubert - Alexandre Paul - Nicolas Viguier ; Julien Graziani - [Aubert] - Seydou Diarra [à 58'42"].

Remplaçants : Pierre Ruffier (G), Willy Massinon, Éric Sanchez.

Belfort

Gardien : Frantisek Neckar puis Joël Prongué à 53'01".

Défenseurs : Guillaume Leclancher - Jiri Sevcik [puis C. Prongué à 20'16"] ; Gilles Heintz - Xavier Rénier (C).

Attaquants : David Oulik - Tomas Hentek - Roman Trebaticky (A) ; Jean-Nicolas Louis - Christophe Théry (A) - David Robert ; Olivier Veyrunes - Cyril Prongué - Tomas Bartousek.