Toulon - Metz (Division 3, carré final, 3e journée)

2010-04-11-Toulon-MetzMetz contre le reste du monde

Non, ce titre n'évoque pas les dissensions entre le HC Metz et la fédération, ni son isolement par rapport aux autres clubs quand ceux-ci ont vu leur calendrier bouleversé par l'appel judiciaire des Mosellans. C'est simplement le constat de ce dernier match compte tenu de son enjeu. Tout le monde souhaite en effet la victoire de Toulon : les Boucaniers eux-mêmes bien sûr, mais aussi tout le club organisateur Orléans qui a besoin d'une défaite messine pour poinçonner son ticket d'entrée en division 2. Le public local joint ses chants aux tambours toulonnais. Les trois supporters lorrains, avec leur drapeau du Football Club de Metz et leurs maillots algériens, sont seuls au milieu de cette assemblée hostile.

Avec autant de supporters d'un jour ou de toujours, Toulon entre très fort dans son match, avec une ferme installation en zone offensive et quatre tirs en trois minutes. Mais c'est Metz qui ouvre le score sur une contre-attaque d'Evgeni Kuznetsov, Génia pour les intimes, le fils de l'entraîneur Vladimir qui a de nouveau troqué les patins pour l'habit de coach (0-1, 03'48"). Notons au passage que c'est l'attaquant Yann Vannienwenhove qui a remplacé son entraîneur en défense. Après ce but, certains visages se font inquiets dans la patinoire : le destin d'Orléans ne tient qu'à un fil.

La réaction toulonnaise est rapie. Le gardien messin Cédric Dietrich s'interpose deux fois face à Richard Brodeur, d'abord de la mitaine, puis de la botte sur un tour de cage. Toulon parvient quand même à égaliser : passe du coin droit d'Emmanuel Lecompte pour Olivier Lyon qui tire du revers dos à la cage, et rebond de Martin Domian seul au poteau gauche (1-1, 07'18"). Les noirs dominent alors pendant quelques minutes. Le jeu collectif de la première ligne mosellane fonctionne bien, mais le dernier geste est souvent raté.

ZitouniDjamelC'est un match agréable, joué à un bon rythme. Il faut attendre plus de quatorze minutes pour voir une pénalité. Brodeur et Boulard se succèdent alors en prison, tous deux pour accrocher. La première supériorité est installée, et Søren Nielsen effectue de solides arrêts des jambières sur les lancers de Chesterikov et Vologhzanin. La seconde ne l'est plus du tout, et la meilleure occasion est toulonnaise avec un tir de Domian dans le plastron et un rebond de Brodeur qui passe à côté.

En vingt minutes, on aura vu beaucoup de tirs (17 à 15 pour Metz) et d'actions. Bien malin qui peut prédire l'issue de ce match incertain.

La clé du match réside peut-être dans la discipline de Metz. Sa première faute, de Djamel Zitouni, ne survient qu'en deuxième période. Les Toulonnais manquent de puissance dans leurs lancers pour inquiéter Dietrich dans cette supériorité numérique. On change de camp quand Yohan Merbah charge Renars Undelis avec le coude : Autran puis Simoni éloignent proprement le danger.

Il faudrait sans doute peu de chose pour que ce match bascule. Par exemple, une obstruction d'Autran alors que son équipe joue en supériorité, une mauvaisse passe de Katrusin dans sa zone défensive et, dans la continuité de l'action, un dégagement hors limites de Nielsen en direction du coin de la patinoire. Compte tenu de l'absence de plexiglas, cette prison donne lieu à conciliabule arbitral : M. Fraysse n'avait aucune intention de la donner, mais M. Barré le convainc du contraire. Toulon passe alors une minute à trois, mais toujours rien.

La tension est palpable. L'entraîneur orléanais Gilbert Ledigarcher en bord de piste se fait assistant-coach de Toulon en criant au gardien de sortir pendant une pénalité différée messine, vite annulée par un coupage de Drzik. À quatre contre quatre, Simoni se couche devant le lancer de Bertrand. Mais bientôt, Boulard fait trébucher Richard en zone neutre, et Lyon le rejoint en prison. Les phases de 3 contre 5 s'enchaînent, et au moment où la dernière se termine, Metz conclut enfin une de ses combinaisons collectives : passe d'Evgeni Kuznetsov pour Youri Essipov au potean opposé (1-2, 39'24").

2010-04-11-Toulon-Metz2En troisième période, cet avantage messin disparaît dans des pénalités. C'est d'abord Djamel Zitouni qui accroche Brodeur. Pendant une minute, Artem Ryumantsev réalise un excellent travail avec son collègue Mathieu Bertrand pour gêner la construction toulonnaise. Quand ils quittent la glace, les jaunes s'installent mieux. La passe de Burda trouve Domian au poteau droit qui décale du revers Brodeur (2-2, 46'31"). Le pressing d'Anais en fond de zone provoque une obstruction de Michaël Richard. Sur un lancer d'Autrant, Dietrich lâche un rebond et perd de vue le palet, dégagé de justesse par la défense. Troisième pénalité avec une charge incorrecte de Chesterikov sur Lecompte. La passe de derrière la cage de Jan Katrusin trouve Jozef Drzik qui tire dans la lucarne opposée (3-2, 50'48"). Bonheur partagé dans la foule et soulagement chez tous les Orléanais.

Gilbert Ledigarcher, le visage rougi et au bord des larmes, apparaît en bord de piste, bras dessus bras dessous avec ses joueurs. Ils commencent à y croire. Cela fait dix minutes qu'il n'y a plus eu de tir messin. Ryumantsev part en contre et se fait accrocher par Olivier Lyon. Mais même en supériorité, Metz ne semble plus avoir l'énergie de renverser le match. Les ressources manquent, le temps aussi. La dernière occasion sera toulonnaise, quand Dietrich plonge in extremis sur un palet contré que Brodeur a envoyé dans la cage ouverte. Michaël Richard fait sa charge à la hanche, comme à chaque match décidément, en envoyant Anais faire un soleil, mais cela ne sert plus à rien.

Metz n'aura pas trouvé la clé de Søren Nielsen, le gardien danois élu meilleur joueur du tournoi, et aura sans doute fléchi physiquement par le poids des ans face à des adversaires plus jeunes. Toulon est champion de France de division 3, et Orléans est promu avec lui en division 2. L'explosion de joie des joueurs locaux au cri de "on est en D2" éclipse dans un premier temps les "on est les champions" de Toulon, qui viendront plus tard après la cérémonie de remise des médailles.

Les Messins sont seuls dans leur peine, et le cri de "démission" des trois supporters lorrains lorsque le mot "fédération" est prononcé lors du discours final ne trouve pas d'autre écho dans la liesse ambiante.

 

2010-04-11-Toulon-Metz3Toulon - Metz 3-2 (1-1, 0-1, 2-0)
Dimanche 11 avril 2010 à 17h00 à la patinoire du Baron. 350 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Barré et Thierry Fraysse.
Pénalités : Toulon 30' (4', 14', 12'), Metz 24' (0', 8', 6'+10').
Tirs : Toulon 37 (16, 13, 8), Metz 33 (17, 10, 6).
Évolution du score :
0-1 à 03'48" : E. Kuznetsov
1-1 à 07'18" : Domian assisté de Lyon et Lecompte
1-2 à 39'24" : Essipov assisté de E. Kuznetsov et Undelis (sup. num.)
2-2 à 46'31" : Brodeur assisté de Domian et Burda (sup. num.)
3-2 à 50'38" : Drzik assisté de Katrusin et Brodeur (sup. num.)


Toulon

Gardien : Søren Nielsen.

Défenseurs : Jozef Drzik (A) - Maxence Boulard ou Romain David ; Olivier Lyon - Bruno Simoni.

Attaquants : Martin Domian - Richard Brodeur - Petr Burda ; Jan Katrusin - Willy Autran (C) - Emmanuel Anais ; Thomas Merbah - [Domian ou Burda] - Maxime Raffaelli ou Emmanuel Lecompte.

Remplaçant : Xavier Bolomier (G).

Metz

Gardien : Cédric Dietrich.

Défenseurs : Yann Vannienwenhove (C) - Ivan Vologzhanin ; Michaël Richard - Djamel Zitouni ; Gilles Hamri (A).

Attaquants : Evgeni Kuznetsov - Youri Essipov - Renars Undelis ; Yannick Hamri - Mathieu Bertrand - Artem Rumyantsev ; Sergueï Chesterikov, Youri Drain (A).

Remplaçants : Julien Delétang (G), Mathieu Moïse.