Reims - Montpellier (Division 1, quart de finale retour)

reims-montpellier-2010-04-10-2Champagne malgré tout !

Mis K.O. à domicile, les Vipers de Montpellier ont vu leurs chances de qualification s'amincir à mesure que les assauts rémois prenaient de revers une équipe longtemps sans réaction. Dès le coup d'envoi de la deuxième manche, les signaux sont rapidement au rouge pour les visiteurs, dont le capitaine est par deux fois dépassé par la vitesse de Sébastien Savoie. Sur la première accélération, le gant de Fabrice Agnel repousse l'essai ; sur la seconde, le massif défenseur est poussé à la faute.

Par une prise de palet très incisive devant Rosen, Eddy Martin-Whalen donne le tempo de ce premier jeu de puissance, mais Agnel reste bien en place et ne tremble pas plus lorsque Kaisjoki pénètre dangereusement devant l'enclave. À égalité numérique, un bon repli de Florian Sabatier permet aux bleus de reprendre les commandes du jeu, mettant à l'occasion Jan Rehor sur orbite pour un nouvel arrêt de la mitaine. L'ancien Amnévillois, au contre sur Orsoni, n'est toujours pas plus heureux dans ses tentatives, la barre venant cette fois sauver les Héraultais, avant de rater de peu le cadre à l'issue d'une belle action collective.

Et les Vipers ? Peut-être secoués par le long voyage vers la Cité des Sacres, ils tardent à s'approcher de la cage gardée par Filip Kubis, auteur de sa première intervention après cinq minutes, sur un tir lointain de Simak. Le danger se précise lorsque Masson est bien décalé par Boileau, mais une faute de l'ancien Lyonnais met fin à ce semblant de révolte. Les Phénix ne convertissent toutefois pas cette deuxième supériorité, face à une défense bien repliée et n'hésitant pas à se sacrifier pour empêcher Florian Sabatier et Martin Vesely de cadrer. Une occasion en échappée se présente même à Quentin Garcia, incapable de déjouer la maîtrise de Kubis.

La vigilance du gardien rémois est beaucoup plus à l'épreuve lorsque Valère Vrielynck commet la première faute champenoise (09'41"). Filip Kubis repousse les quatre lancers qui se présentent à lui, mais les espaces trouvés par ses assaillants dans le dos de sa défense l'obligent à un surcroît de travail. Le lancer en hauteur d'Orsoni est bien capté, de même que le tir croisé de Garcia. La maladresse montpelliéraine l'épargne un moment sur le tir en pivot de Sébastien Aris et le rebond raté par Hanes sur un palet il est vrai "aérien". Il faut alors une montée de Joshua Boileau, ponctuée d'un lancer rageur (0-1 à 18'34"), pour permettre à Lionel Bilbao de regagner les vestiaires avec le tiers du chemin parcouru, dans son objectif initial : remporter chaque période.

Regain d'optimisme justifié au début du deuxième acte, inauguré par la pression venue de Masson et Chauvière, qui allume le plexi et récupère son rebond, pour rater une deuxième fois la cage... La vigilance de Rosen et Simak coupant court aux sorties locales, les occasions de maintenir le suspense se succèdent : ainsi, Romain Masson est parfaitement lancé par Boileau, mais Kubis ne tombe pas dans sa feinte, puis Garcia récupère le disque très haut pour trouver à son tour le Tchèque sur sa route.

La première erreur défensive du deuxième tiers est toutefois fatale aux hommes de Lionel Bilbao. Oublié sur la gauche, Florian Sabatier subit une faute de Simak, exploitée au bout de quatre secondes par Eddy Martin-Whalen, au rebond (1-1 à 24'40"). Le coup porté sur le casque des Vipers est loin de décourager des visiteurs encore en quête de réussite dans la zone de vérité. Alexis Billard, servi sur un plateau par Masson, puis Matus Hanes, au rebond, ratent successivement le palet.

Une succession de pénalités, le plus souvent dirigées contre Montpellier, n'est pas plus exploitée par les Rémois, malgré l'accélération de Jan Rehor, assez actif tout au long de la soirée, et un envoi surpuissant de Prochazka. Il faut dire que les longs palabres avec le corps arbitral et les hésitations du tableau d'affichage font sensiblement redescendre le rythme de la rencontre. Nullement perturbé, Yoann Chauvière abandonne la prison, résiste à Kévin Dusseau et sert Quentin Garcia (1-2 à 35'41"). Ce but redonne l'enthousiasme au banc montpelliérain, et se double d'un sentiment de revanche pour l'ancien Lyonnais, peu de temps auparavant dépourvu d'un but qu'il estimait valable lorsque le palet avait flirté avec la ligne et le poteau d'un portier battu. Kubis se rachète juste avant le deuxième coup de sirène devant Matus Hanes, plus vif que Prochazka.

reims-montpellier-2010-04-10Faute d'avoir remporté la période centrale, les Vipers se trouvent face à une équation simple : tromper par deux fois la vigilance d'un portier plutôt bien en place, sous peine de plier bagage à regret. Quentin Garcia est encore le premier à s'illustrer sur un rebond capricieux, au détriment de l'imposant Kévin Dusseau, par ailleurs puni pour la troisième fois dans la foulée. La défense champenoise, désormais amputée de Juhani Kaisjoki, résiste bien, jusqu'à la frayeur occasionnée par la présence de Romain Masson en toute fin de pénalité.

Désormais bien repliés pour s'épargner des frayeurs inutiles au regard du résultat obtenu à l'aller, à l'image de leur capitaine Martin-Whalen, les Phénix ne sortent plus que pour contrer. Savoie se procure ainsi une échappée, mais face à la vigilance de Fabrice Agnel le Québécois ne peut inscrire le but de la libération. Plus inquiétant, il est par deux fois envoyé en geôle dans les cinq dernières minutes, ne regagnant le glaçon que pour se montrer incapable de lancer vers la cage déserte.

Les Héraultais, dans un premier temps contenus par le dispositif tendu devant le lancer de Boileau, trouvent enfin la cage par Rosen et Vavra, en pivot. Filip Kubis, récompensé par son public en fin de match, s'interpose encore pour retarder l'échéance. Lorsqu'il laisse un rebond dangereux face à Boileau, aucun Héraultais ne parvient à rediriger le disque vers la cage ouverte. Le but de l'espoir, venu d'un lancer en force de Romain Masson (1-3 à 58'59"), ne peut qu'aviver les regrets montpelliérains car Reims ferme la route de son but dans l'ultime minute.

En remportant les premier et troisième tiers-temps, les Vipers n'auront accompli que les deux tiers de leur improbable pari. À l'issue d'une rencontre bien entamée puis compliquée par une baisse de rythme, les Phénix gagnent donc le droit d'affronter Caen en demi-finale. En attendant, le fameux breuvage local peut couler à flot pour récompenser, sinon une victoire, une saison quoi qu'il arrive réussie pour François Dusseau, qui dispose de quatre jours pour nettoyer sa veste...

Désignés meilleurs joueurs : Fabrice Agnel pour Montpellier et Filip Kubis pour Reims.

 

Reims - Montpellier 1-3 (0-1, 1-1, 0-1)
Samedi 10 avril 2010 à 20h00 à la patinoire de la Chaussée Bocquaine. 872 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté d'Aurélien Smeeckaert et Frédéric Le Berre.
Pénalités : Reims 14' (4', 4‘, 6‘), Montpellier 18' (6', 10', 2').
Tirs : Reims 44 (16, 13, 15), Montpellier 46 (15, 15, 16).
Évolution du score :
0-1 à 18'34" : Boileau assisté de Billard
1-1 à 24'40" : Martin-Whalen assisté de Dusseau et Rehor (sup. num.)
1-2 à 35'41" : Garcia assisté de Chauvière
1-3 à 58'59" : Masson assisté de Chauvière (sup. num.)

Reims
Gardien : Filip Kubis.
Défenseurs : Juhani Kaisjoki [sorti au 2e tiers] - Kévin Dusseau ; Filip Prochazka - Tristant Lohou ; Damien Morel (A) - Martin Vesely (A).
Attaquants : Jérémy Sabatier - Eddy-Martin Whalen (C) - Sébastien Savoie ; Valère Vrielynck - Florian Sabatier - Jan Rehor ; Kirill Sokolov - Thybaud Rouillard - Michaël Marchand.
Remplaçants : Léo Bertein (G), Armand Coustenoble.

Montpellier
Gardiens : Fabrice Agnel [sorti de 57'31" à 57'54", de 58'02" à 58'59" et de 59'19" à 60'00"].
Défenseurs : Jérôme Catil (C) - Joshua Boileau (A) ; Robert Pospisil - Erik Rosen ; Marcel Simak - Yohan Orsoni.
Attaquants : Quentin Garcia - Alexis Billard (A) - Romain Masson ; Kamil Vavra - Matthieu Hottegindre - Matus Hanes ; Sébastien Aris - Yoann Chauvière - César Lefranc.
Remplaçant : Tanguy Jeanpierre (G).