Extraliga slovaque (finale) : le choc des Titans

HC_KoiceAu risque de se répéter, la bataille qui débute ce soir entre Bratislava et Košice, les deux derniers clubs champions de Slovaquie, représente bien plus qu’un simple défi annuel. Il en va de la suprématie historique sur le hockey slovaque depuis la saison 1993/1994 et la première édition de l’Extraliga « indépendante ». La cinquième confrontation entre les deux métropoles du pays va, c’est certain, apporter son lot de spectacles, de drames et d’émotions. Car un Slovan-Košice, par nature, est toujours à marquer d’une pierre blanche.

Si les statistiques donnent cent fois raison d’espérer le titre aux Danubiens, leaders du championnat de bout en bout et jamais perdants face à leurs rivaux cette saison, la réalité de la glace pourrait davantage équilibrer le duel. Certes, les tenants du titre cassoviens ont été laborieux, voire médiocres, pendant une majeure partie des débats 2009/2010 mais leur incroyable rédemption entamée mi-janvier les a propulsé au rang de meilleure formation (devant Slovan) sur le dernier tiers de la saison régulière. En attendant la confirmation de l’hégémonie de Slovan ou le hold-up de Košice, voici ce qu’il faut savoir des enjeux et des petites histoires de la finale.

Konrád devant…
Les deux groupes sont plutôt expérimentés mais leurs derniers remparts contrastent nettement avec leurs différents camarades. Branislav Konrád (Bratislava) et Július Hudá?ek (Košice) sont pourtant, respectivement à 23 et 21 ans, les pierres angulaires de la réussite de leurs formations. Cela a été vrai dès septembre pour le premier cité qui, avec 94,03 % d’arrêts sur l’ensemble de la saison régulière, est le meilleur gardien d’Extraliga. Il a d’ailleurs été logiquement placé dans les cages de l’équipe-type 2009/2010. Quant à Hudá?ek, ses performances sont à replacer dans un contexte de concurrence accrue à son poste et de manque de stabilité du groupe cassovien.

… puis derrière
Le natif de Spišská Nová Ves, après avoir débuté la saison comme gardien numéro 1, a dû laisser sa place en octobre et pendant deux mois à l’illustre Ján Lašák, champion du Monde 2002, qui a Finale_2008pourtant eu de grosses difficultés à se fondre dans le collectif du HC Košice. Il a d’ailleurs rapidement pris la tangente pour rejoindre les Russes de Atlant Mytishchi et Hudá?ek est alors revenu aux affaires. D’où des statistiques personnelles quelque peu biaisées. En play-off, Konrád tourne à 93,61% tandis qu‘Hudá?ek devance pour la première fois cette saison son homologue de Slovan (94,09%).

L’homme de la finale
Discret en dehors des patinoires, Martin Ku?ha sait s’imposer sur la glace. A 33 ans, l’ailier droit de Slovan réalise une saison en tous points remarquable ; déjà meilleur buteur de l’exercice 2007/2008 (41 réalisations), il est en tête des bilans actuels avec 30 buts inscrits sur l’ensemble de l’année et sept en play-off. Par ailleurs, Ku?ha est entré dans le cercle très privé des attaquants ayant inscrits 300 buts en Extraliga (311 en 681 matches pour être précis). Seuls Arne Kroták, qui est à plus de 400, et ?ubomír Kolník, sont devant lui dans ce classement officieux.

Sýkora chasse Ku?ha
A partir de ce soir, Ku?ha tentera de compléter un palmarès national déjà plus que fourni. Avec cinq titres à son actif (2001, 2003, 2005, 2007 et 2008), il peut toutefois en cas de défaite finale se faire revoir par le Cassovien Juraj Sýkora, invaincu en Extraliga depuis trois ans et qui dispose de quatre breloques d’or, dont trois acquises aux côtés de Ku?ha sous les couleurs du club de la capitale.

En veux-tu ? En voilà !
Ils sont vingt-cinq joueurs à avoir déjà remporté au moins une fois l’Extraliga, ce qui représente au total 53 médailles d’or ! C’est dire l’expérience des forces en présence et la régularité des deux formations en lice. En outre, les deux entraîneurs-adjoints ont eux aussi été déjà couronnés en tant que joueur ; trois fois pour Róbert Pukalovi? (Bratislava), deux pour Pavol Z?bek (Košice). Parmi les plus prolifiques, on trouve donc Ku?ha (5) et Sýkora (4) ainsi que Miroslav Lažo, champion en 2000, 2003, 2007 et 2008.

Avec ou sans toi
Deux joueurs ont gagné l’Extraliga sous les deux casaques : Sýkora (trois avec Bratislava et un avec Košice) et Ján Taba?ek (deux avec Slovan, un avec son club actuel). Ils sont quatre par ailleurs a avoir été sacré avec leur adversaire du jour : ?ubomír Vaic, capitaine actuel de Slovan, à deux reprises avec Košice (dont le premier en 1996 !), et dans le sens inverse Róbert Tomík, Marek Vorel et Peter Huba.

Je t’aime moi non plus
Qui se ressemblent s’assemblent ? Pas vraiment en ce qui concerne Košice et Bratislava qui s’entendent comme chats et chiens, en sport comme dans le reste du temps. La rivalité traditionnelle entre le club de la capitale et celui de la métropole de la Slovaquie orientale, deuxième ville du pays, se répète sans cesse même si, Huna_cen y regardant de plus près, il n’existe guère de grands antagonismes entre eux : bon nombre de joueurs ont traversé le pays et pigé pour les deux formations (Lažo, Lipiansky, Taba?ek, Huba, Vaic, Tomík…).

Un air de famille
Le duel fratricide sera poussé à son paroxysme avec deux belles disputes de familles. Rudolf Huna, le meilleur pointeur du HC Košice, tentera de calmer ses deux frangins, les jumeaux Róbert et Richard, tous deux passés à l’intersaison de Liptovský Mikuláš à Bratislava. Július Hudá?ek évitera quant à lui de se faire charrier par son frère Libor, jeune attaquant des « Aigles ». Dans chacun des cas, les Bratislaviens, encore vierge de palmarès, peuvent puiser exemple auprès de leurs aînés cassoviens, champion de Slovaquie l’an passé.

Miroir, mon beau miroir
Au niveau du palmarès aussi, les deux frères ennemis ont quelques points communs : ils ont remporté la Coupe Continentale (en 1998 pour Košice, six ans plus tard pour Slovan), le championnat de Tchécoslovaquie (deux fois pour Košice, une pour Slovan) et sont incontestablement les meilleures formations de l’Extraliga slovaque. En dix-sept ans de compétition, Bratislava a soulevé la coupe à sept reprises contre quatre pour les « Oceliari », ces derniers étant toutefois les recordmen de finales disputées (dix avec celle de cette année).

A qui perd gagne
S’il en est aujourd’hui le chef d’orchestre, le Tchèque Antonín Stavja?a (champion du Monde 1985 et 1996) garde un assez mauvais souvenir du HC Slovan Bratislava, lequel l’avait empêché en 2007 de récolter ses premiers fruits en tant qu’entraîneur avec le Dukla Tren?ín, le club de ses débuts professionnels comme joueur. Mais son compatriote et homologue cassovien, Rostislav ?ada, a lui aussi une revanche à prendre sur les Danubiens, qu’il a coachés en 2006. C’était lui en effet qui était à la tête du HC Košice lors de la quatrième (et dernière) Steel_Arnaconfrontation entre les deux clubs en avril 2008. Qui des deux techniciens parviendra à transformer son argent en or ?

Hanlon surveille
En pleine préparation pour le prochain Mondial allemand, l’équipe nationale de Slovaquie, dirigée depuis peu par le Canadien Glen Hanlon, affrontera vendredi et samedi ses voisins tchèques avec, conséquence de nombreux désistements des cadres de Vancouver, un certain contingent de pensionnaires d’Extraliga. Nul doute que le sélectionneur aura malgré tout un œil attentif du côté de la finale où certains joueurs de Bratislava (Ku?ha, Lažo) et Košice (Huna, Gron) sont à même de compléter l’effectif slovaque en vue des championnats du mois de mai.  Ce sera le moment ou jamais pour les candidats au maillot à la Double-Croix de prouver leur forme et leurs qualités actuelles. De quoi pimenter davantage la finale !

Comme en 2011
Bratislava-Košice, ce n’est pas seulement l’affiche de la finale 2009/2010 mais aussi les deux villes qui accueilleront les championnats du Monde 2011, le choix de la Slovaquie comme pays organisateur ayant été pris le 19 mai 2006 à Riga. Si la Steel Aréna, le temple du hockey à Košice (8347 places) devrait simplement être retouchée en vue de l’évènement international (une patinoire d’entraînement et un parking vont y être accolés), la Samsung Aréna de Bratislava est depuis avril 2009 en reconstruction et sera rebaptisée l’Apollo Aréna en 2010. Sa capacité passera de 8350 à 13 600 places. En attendant de retrouver son antre, le Slovan Bratislava évolue dans la modeste patinoire Vladimír Dzurilla, qui peut accueillir guère plus de 3400 spectateurs.