Corée du Sud - France (Championnats du Monde U18, 3e journée)

Après leur succès mardi face à la Norvège, l'heure était à tous les espoirs pour l'équipe de France U18 au moment d'aborder la troisième rencontre des championnats du monde U18 face à la Corée du Sud. Vainqueurs surprises la saison dernière en Division 2 d'une poule disputée à Maribor où les Slovènes relégués de D1 faisaient offices de favoris qui plus est chez eux, les Coréens, aux ambitions modestes avec leur statut de promu, semblaient être un adversaire nettement moins coriace que les Danois et les Norvégiens préalablement rencontrés par la France. Pour autant, nul doute que l'encadrement de l'équipe de France avait suivi d'un oeil attentif le début de la compétition coréenne, notamment leur victoire sur l'Autriche aux tirs au but pour la deuxième journée. Méfiance donc pour les bleuets qui devaient supporter la pression d'une partie a priori largement à leur portée face à des Coréens dont le seul objectif reste d'éviter la dernière place synonyme d'ascenseur en Division 2.

Néanmoins, en dépit de justes craintes qui se révèleront avérées en deuxième période, les tricolores abordaient la première période de la meilleure façon possible. Une partition parfaite durant le premier vingt qui conduira les Français à mener sereinement 3-0 au tableau d'affichage à la première sirène. En effet, en dépit d'une efficience en avantage numérique plutôt modeste depuis le début du tournoi avec un pourcentage de 12.50% loin derrière les 46% norvégiens, les Français mettaient à profit la première séquence en avantage numérique de la rencontre pour ouvrir le score sur un lancer efficace du défenseur rouennais Florian Chakiachvili (04'42). Continuant de bâtir l'édifice d'une possible et cruciale victoire, le seul joueur des Gothiques d'Amiens apportait une jolie pierre en servant le 2-0 à Jérémy Ares, à peine cinq minutes après l'ouverture du score tricolore (09'08). Plutôt à l'aise dans ses patins depuis le début du tournoi avec deux buts et une passe, il ne fallait qu'une minute et quelques secondes pour qu'Eliot Berthon ne porte la marque à 3-0 (10'21). Si les Français ne parviendront pas à alourdir la note d'ici la fin de la première période, leur portier Anthony Koren passait un tiers plutôt paisible ne subissant que très peu d'assauts coréens avec deux maigres palets à stopper.

Si à la pause, tranquillement blottis dans leur vestiaire, les Français s'étaient dit que les trois points de la victoire étaient d'ores et déjà à inscrire au classement de la compétition, un début de deuxième tiers calamiteux brouillera complètement les cartes. Sans doute que même le plus fervent des supporters coréens n'aurait pas miser le moindre « won » sur un retournement complet de la situation. Et pourtant c'est la mésaventure que connaîtront les tricolores en 47 secondes chrono en main. Dans les annales des championnats du monde U18, il est fort probable que les quatre buts marqués par les Asiatiques en moins d'une minute feront offices de record difficilement effaçable. En effet, en une minute une terrible et incroyable mousson s'abattait sur l'infortuné gardien français. Je Woo Sung et Sang Hoon Shin se partageront la tâche pour semer le vent de la discorde au sein de la défense française à quatre contre quatre. Ainsi, après avoir réduit la marque par Sung (24'32), six secondes plus tard, c'est Shin qui transformait un lancer de pénalité ramenant le score à 2-3. Sur l'engagement suivant, le même trio coréen incendiait à nouveau la défense française, cette fois Sung à la réception d'une passe de Shin (24'46) et comme si cela ne suffisait pas, à la sortie de Jun Hwan Kim de prison, les Asiatiques portaient une quatrième estocade en avantage numérique toujours par Shin, à une seconde de la fin de power-play coréen (25'19). Situation difficile pour les français qui en quelques secondes avaient vu tout leur avantage fondre comme neige au soleil et devaient même désormais courir après le score.

Alors que le malheureux Anthony Koren cédait sa place à Dylan Celestin dans les cages françaises (25'20), les bleuets feront preuve d'un solide caractère pour redresser la tête. Il est vrai bien aidé par l'indiscipline coréenne qui les remettait en jeu en concédant deux minutes de pénalités bien opportunes (31'09), les Français parvenaient à égaliser par l'intermédiaire de Romain Gutierrez (32'48). Crispé le banc bleu blanc rouge pourra néanmoins pousser un « ouf de soulagement » au moment de rentrer au vestiaire. Après l'incroyable tempête coréenne du début de période, les Français ne s'en sortaient finalement pas si mal en menant au score. En effet, après l'égalisation de leur capitaine, leur marche en avant reprenait de plus belle sous l'impulsion de Jérémy Ares, le joueur du Mont-Blanc qui signait son doublé personnel mais surtout le cinquième français (33'14)

Suite à la frayeur du deuxième tiers, il était prévisible que les Français ne tomberaient pas dans le panneau asiatique une deuxième fois. Après avoir ri jaune lors du tiers précédent, les tricolores mettront à profit la dernière pour assoir définitivement leur domination sur la partie. Toujours largement dominante aux lancers (66 à 19 au final), la France creusait l'écart durant les vingt dernières minutes à l'image de Dimitri Thillet qui profitait d'une passe d'Eliot Berthon pour secouer les filets à nouveau. Concluant leur rencontre sur un but en power-play d'Anthon Rech (52'47), les tricolores finissaient par s'imposer 7 buts à 4 dans une partie au déroulement original. Quoi qu'il en soit, l'essentiel était là pour les bleuets, remporter les précieux points de la victoire avant une nouvelle confrontation face au hockey asiatique, cette fois face au Japon.

Corée du Sud – France 4-7 (0-3, 4-2, 0-2)
Jeudi 15 avril 2010 à 16h45 à la patinoire d'Herning (Danemark). 92 spectateurs.
Arbitrage de Robin Sir (TCH) assisté de Joris Muller (SUI) et Oliver Storgaard (DAN).
Pénalités : Corée du Sud 14' (4', 4', 6'), France 4' (0', 2', 2').
Tirs : Corée du Sud 19 (2, 13, 4), France 66 (21, 20, 25).
Évolution du score :
0-1 à 04'42'' : Chakiachvili assisté de Gutierrez et Rech (sup. num.)
0-2 à 09'08'' : Ares assisté de Serer
0-3 à 10'21'' : Berthon assisté de Gutierrez et Ritz
1-3 à 24'32'' : Sung assisté de Kim
2-3 à 24'38'' : Shin
3-3 à 24'46'' : Sung assisté de Shin
4-3 à 25'19'' : Shin assisté de Sung (sup. num.)
4-4 à 32'48'' : Gutierrez assisté de Llorca (sup. num.)
4-5 à 33'14'' : Ares assisté de Serer et Vinatier
4-6 à 47'48'' : Thillet assisté de Berthon
4-7 à 52'47'' : Rech assisté de Llorca (sup. num.)