France - Japon (Championnats du Monde U18, 4e journée)

Avec deux victoires à leur actif face à la Corée du Sud et la Norvège pour une défaite face au Danemark, les Français U18 auront déjà fait mieux que plusieurs de leurs prédécesseurs. En effet, depuis 2005 et une quatrième place obtenue à Maribor en Slovénie avec un bilan de 2 victoires pour 3 défaites, la France U18 ne s'était pas retrouvée dans une situation aussi favorable avant la quatrième journée. Si la génération 87-88 participant à l'édition 2005 avait perdu ses deux derniers matchs, celle des 92-93 pouvait encore écrire son histoire à commencer avec un quatrième match à disputer face au Japon. Si l'exotisme de la confrontation pourrait prêter à sourire, les statistiques en U18 d'une telle opposition restent difficiles pour les Français qui n'auront jamais pu s'imposer en deux rencontres (défaites 4-3 en 2009 et 2-0 en 2004) Et malheureusement pour les tricolores le « très banal » jamais 2 sans 3 sera respecté, les statistiques choisissant au grand dam des bleuets de rester cohérentes en offrant une nette victoire aux Japonais 4 buts à 0.

Difficile revers pour l'équipe de France qui débutaient quasiment en infériorité numérique. Interpellée après onze secondes jeu par la patrouille, la France devait faire face à l'une des armes secrètes du Japon, son jeu en avantage numérique. Forts du deuxième power-play le plus efficace du tournoi avec 29%, les Nippons excelleront à nouveau dans ce domaine tout au long de la partie à l'image Yugo Nishiguchi qui ouvrait le score après seulement une minute de jeu dans cette rencontre (0-1 à 01'10). Le temps de regrets débutaient pour les joueurs de l'équipe de France. En effet, alors que le statisticien du tournoi ne saura plus trop où donner de la tête en comptabilisant le 59 lancers tricolores contre 21 pour les Japonais sur l'ensemble du match, les bleuets commenceront la vendange. Tantôt se brisant les quenottes sur un portier efficace, tantôt manquant cruellement de réalisme voire d'un soupçon de chance, l'attaque bleue restait désespérément muette. Jusqu'alors plutôt prolifique avec 16 buts marqués en 3 rencontres, l'artillerie française ne parviendra pas à faire mouche durant la première période.

Pire pour les tricolores, dès l'entame du deuxième vingt, Dylan Celestin devait ramasser un nouveau palet au fond de ses filets sous l'impulsion de Takahashi (21'29). Là où les Japonais étincelaient, les Français auront de la peine. En délicatesse depuis le début de tournoi avec leur jeu de puissance, exception faite de la rencontre de la veille face à la Corée du Sud, les carences françaises dans ce domaine se montreront cruciales avant la fin de la deuxième période. Alors que l'arbitre néerlandais au prénom très français Jean-Paul De Brabander offrait un retour en grâce aux tricolores en infligeant trois pénalités de suite aux Japonais (31'43, 36'29 et 39'49), les bleuets ne parvenaient pas à toucher une nouvelle la cible, conservant un peu flatteur 0 sur 5 en avantage numérique alors que sur l'ensemble de la rencontre ils évolueront pendant 10 minutes complètes en avantage numérique contre 5 minutes 25 pour leurs adversaires.

Menés de deux buts, le capitaine français Romain Gutierrez et les siens pouvaient encore espérer inverser la tendance. Toujours aussi présents sur les lancers avec une bonne quarantaine d'envois la cage de Tsuchomoto, les Français, malheureusement, pour eux, continuaient de jeter un oeil au tableau d'affichage, la larme à l'oeil. En effet, alors que les dix dernières minutes de jeu s'amenaient gentillement, les Français n'étaient pas toujours pas parvenus à refaire leur retard, jetant ombrage sur leur parcours de début de tournoi et sur les chances d'une éventuelle médaille. Comble de fait, au lieu de revenir au score, les Français subiront à nouveau les foudres de l'Empire du Soleil Levant. Alors que les Français purgeaient deux minutes de prison pour surnombre, Ikeda, double passeur jusqu'alors, mettaient son joli costume de buteur pour entériner la victoire des siens avec ce troisième but (52'48). Presque pour l'anecdote, Nishiguchi ajoutera un quatrième but, toujours en supériorité numérique pour une victoire finale des Japonais 4 buts à 0.

Si pour les tricolores, le rendez-vous était attendu, une victoire leur offrant de façon mathématique à la France la première médaille de son histoire dans les championnats du monde U18 de Division I, finalement, la confrontation face aux Japonais aura brisé l'élan français initié après leur succès de la deuxième journée face aux Norvégiens suivi d'une victoire face à la Corée du Sud. Même si les chances désormais de décrocher une médaille pour la France semble bien minces, les Français devant absolument s'imposer face à l'Autriche tout en espérant que la Corée du Sud emmène au moins le Japon en prolongation, l'équipe de France pourra toujours profiter de son dimanche face à l'Autriche pour décrocher le meilleur bilan de l'histoire bleue aux championnats du monde U18 avec 3 victoires pour 2 défaites. Encore faut-il pouvoir battre cette équipe d'Autriche, dernière de la poule qui jouera sa « vie » face à la France pour espérer éviter les affres d'une relégation en Division II.

France - Japon 0-4 (0-1, 0-1, 0-2)
Vendredi 16 avril 2010 à 13h15 à la patinoire d'Herning (Danemark). 48 spectateurs.
Arbitrage de Jean-Paul De Brabander (HOL) assisté de Rene Jorgensen (DAN) et Joris Muller (SUI).
Pénalités : France 10' (2', 0', 8'), Japon 12' (4', 6', 2').
Tirs : France 59 (19, 20, 20), Japon 21 (1, 7, 13).
Évolution du score :
0-1 à 04'42'' : Nishiguchi assisté de Ikeda (sup. num)
0-2 à 21'29'' : Takahashi assisté de Ikeda
0-3 à 52'48'' : Ikeda assisté de Takahashi (sup. num)
0-4 à 55'25'' : Nishiguchi assisté de Kawaguchi (sup. num)