Suisse - Suède (match 1, à Arosa)

Jenni et Nylander, les revenants

2010-04-14-Suisse-SuedePendant les douze années passées par Ralph Krueger aux commandes de la Suisse, trois transformations majeures ont eu lieu. La première, c'est que les joueurs helvétiques ont su apprendre le jeu physique nécessaire au niveau international. Sean Simpson poursuivra certainement dans cette voie, et les joueurs qu'il a écartés pour cette seconde semaine de camp sont les poids plume (T. Vauclair, Casutt, Reuille).

La deuxième transformation, c'est le schéma tactique défensif qui aura prévalu pendant toutes ces années. Simpson a été nommé en partie pour le modifier en un jeu plus actif, mais pour y parvenir, il aura bien besoin de profiter de la troisième transformation, l'élargissement du cadre des sélectionnables.

Simpson est en effet confronté à des renoncements en cascade, en particulier en défense. Sur les huit arrières présents aux Jeux Olympiques il y a deux mois, quatre ont déclaré forfait. Mark Streit avait laissé entendre à l'époque déjà qu'il souhaitait se remettre d'une saison éprouvante. Severin Blindenbacher a joué les play-offs avec des douleurs au dos. Patrick Von Gunten est opéré de la hanche et ne reviendra au jeu qu'en octobre. Rafael Diaz enfin a une déchirure des ligaments du pied. Trois autres défenseurs n'ont pas encore terminé leur saison. S'il n'en reste qu'un, ce sera celui-là : Mathias Seger, le capitaine-courage dont le corps a vécu et encaissé tant de combats, et sur qui Simpson savait déjà pouvoir compter dans son club de Zurich.

La nouveauté, c'est l'arrivée de Marcel Jenni en équipe nationale suisse. On se souvient qu'il avait été exclu en 2002 pour une sortie nocturne en compagnie de Reto von Arx. Depuis cette date, les relations hostiles entre Krueger et Von Arx ont alimenté la chronique du hockey suisse. Jenni avait bénéficié d'une grâce et était revenu en sélection, mais n'était plus reparu depuis les JO de 2006.

Surprise similaire dans le camp suédois avec le retour de Michael Nylander. Le sextuple médaillé mondial (deux en or, deux en argent, deux en bronze), individualiste forcené aux mains d'or, n'avait plus porté le maillot suédois depuis le titre de 2006. Mis au placard en NHL par Washington, il a fini assez piteusement sa saison au Jokerit Helsinki et souhaite se relancer en participant à ses dixièmes Mondiaux. Il encadre une pléiade de jeunes talents dont certains comme Omark ont assurément hérité de sa finesse de jeu. Quatre juniors (Rundblad, Pääjärvi-Svensson, Lander, Tömmernes) sont intégrés pour la première fois.

Encore un penalty de rêve

Face à l'insouciante facilité de ces jeunes Suédois, la Suisse ne peut rien faire en première période. Hésitante et mal coordonnée, elle ne peut que constater que le palet ne quitte plus les crosses scandinaves. Le vétéran Marcel Jenni n'y peut rien, lui qui prend la première pénalité de son équipe pour avoir fait trébucher. Le centre Jonathan Granström, qui débute en équipe nationale, en profite pour travailler dans le slot et ouvrir le score. Et à trois secondes de la fin du tiers, le capitaine suédois Niklas Persson porte même le score à un 0-2 assez logique.

La réaction suisse n'en sera que plus intéressante à la reprise. Après seulement deux minutes, Julien Vauclair perce en profondeur dans la défense et permet le but de Roman Wick. Puis ce même Wick se mue à son tour en passeur avec une longue et précise offrande dans la crosse de Thibaut Monnet pour l'égalisation, en infériorité numérique. Et ce n'est pas fini puisque Benny Plüss fait passer la Suisse devant à la mi-match (3-2). La Nati a dominé ce deuxième tiers autant que la Suède avait dominé le précédent.

RundbladDavidChaque équipe ayant eu ses vingt minutes, les vingt suicantes seront plus équilibrées. Le très attendu débutant Damien Brunner (58 points cette saison) prend 2'+2' pour une crosse haute, et Mattias Weinhandl parvient à égaliser avec son 35e but international. Et pourtant, la Suisse reprend l'avantage avec un excellent tir du poignet de Paolo Duca, un joueur qui a une carte à jouer avec le changement de sélectionneur (4-3). Et finalement, David Rundblad, le défenseur offensif de 19 ans, envoie tout le monde en prolongation lorsque son tir rebondit sur le patin de René Back (4-4). Le temps supplémentaire ne donnera rien.

Cette première confrontation suédo-suisse se joue donc aux tirs au but, exactement comme l'an passé quand Omark avait réussi sa "Panenka". Les Suisses ne sont pas en réussite. Le tir de Dario Bürgler est repoussé par le bras gauche d'Anders Lindbäck, la feinte de Duca ne prend pas et il échoue dans les jambières du gardien.

Ce sont les Suédois qui font le spectacle. Magnus Svensson-Pääjärvi réussit "une Forsberg" après une magnifique feinte en allongeant son bras pour glisser le palet dans la cage. Quant à Linus Omark, alors que tout le monde s'attend à quelque feinte magistrale, il ne s'embarrasse pas et arme bien haut un slap surpuissant dans la lucarne. Un geste qui laisse encore moins de chance au gardien que toutes le subtilités techniques.

Hormis la nouvelle démonstration suédoise aux penaltys, la Suisse aura fait bonne figure en retrouvant du caractère après une première période difficile.

Commentaires d'après-match (sur la RSI)

Marcel Jenni (attaquant de la Suisse) : "Nous sommes au début et tout est nouveau. Nous ne sommes pas entrés tout de suite dans le match parce que nous pensions trop au système, mais au deuxième tiers nous avons pris nos responsabilités, y compris avec le palet. Nous avons vu qu'en jouant bien nous pouvions faire mieux qu'eux. Le système [Simpson] requiert de l'offensive, nous devons faire notre jeu. Je suis content de mon retour en équipe nationale, j'espère amener mon expérience aux plus jeunes."

 

Suisse - Suède 4-4 (0-2, 3-0, 1-2, 0-0) / 0-2 aux tirs au but
Mercredi 14 avril 2010 à 20h10 à Arosa. 3000 spectateurs.
Arbitrage de Gian-Reto Peer et Marco Prugger (SUI) assistés d'Andreas Kohler et Daniel Zosso (SUI).
Pénalités : Suisse 10' (2', 2', 6') ; Suède 12' (4', 6', 2', 0').
Tirs : Suisse 25 (3, 11, 8, 3) ; Suède 28 (16, 1, 8, 3).
Évolution du score :
0-1 à 10'44" : Granström assisté de Karlsson et Widing
0-2 à 19'57" : Persson assisté de S. Lindström
1-2 à 22'06" : Wick assisté de J. Vauclair et Monnet
2-2 à 24'31" : Monnet assisté de Wick (inf. num.)
3-2 à 29'55" : B. Plüss assisté de Christen et Jenni
3-3 à 49'24" : Weinhandl assisté d'Omark
4-3 à 52'32" : Duca assisté de Back et Helbling
4-4 à 56'14" : Rundblad assisté de Bäckman et J. Andersson
Tirs au but :
Suisse : Bürgler (arrêté), Duca (arrêté).
Suède : Pääjärvi (réussi), Omark (réussi).


Suisse

Gardien : Daniel Manzato.

Défenseurs : Mathias Seger (C, +2) - Julien Vauclair (+2) ; René Back (-3) - Timo Helbling (-3, 2') ; Félicien du Bois (+1) - Steve Hirschi ; Patrick Geering - Eric Blum ; Robin Grossmann.

Attaquants : Victor Stancescu (-1) - Thibaut Monnet - Roman Wick (+1) ; Paolo Duca (-1) - Kévin Romy (-1) - Dario Bürgler (-1) ; Benjamin Plüss (+1) - Marcel Jenni (+1, 2') - Damien Brunner (+1, 4') ; Björn Christen (+1) - Matthias Joggi (2') - Gregory Sciaroni.

Remplaçant : Leonardo Genoni (G). En réserve : Martin Gerber (G), Romano Lemm (déchirure de la firbe musculaire abdominale).

Suède

Gardien : Anders Lindbäck.

Défenseurs : Christian Bäckman - Tobias Viklund ; David Rundblad - Mattias Karlsson (+1, 2') ; Johan Fransson - Henrik Tömmernes ; Fredrik Lindgren (-1) - Sanny Lindström (-1).

Attaquants : Mattias Weinhandl (+2) - Michael Nylander (+1) - Jonas Andersson (+2) ; Fredrik Hynning (2') - Jonathan Granström - Fredrik Pettersson ; Joakim Lindström (-1) - Anton Lander (4') - Magnus Päärjävi-Svensson (-1) ; Niklas Persson (C) - Johan Harju (-1, 2') - Linus Omark ; Daniel Widing (2').

Remplaçant : Jacob Markström (G).