Luxembourg - Grèce (Championnats du Monde de Division III, Groupe A, 3e journée)

grce-luxembourg-2010-04-17Contraints de suppléer comme organisateurs la Grèce, dont les difficultés structurelles ont à leur tour déteint sur le hockey, les Luxembourgeois ont vu leurs espoirs de montée en Division 2 s'évanouir lors de la défaite inaugurale devant l'Irlande. Troisièmes et quatrièmes des derniers Mondiaux disputés en poule unique (où les deux premiers montaient), les deux formations s'apprêtent à lutter pour les places d'honneur. Laquelle aura le mieux digéré la déception ?

C'est surtout à un aller-retour entre la glace et le banc de la prison qu'assiste la patinoire archi-comble où l'ambiance est très animée, entre les "Hellas, Hellas !" et les "Let's Go Lëtzebuerg".

L'engagement est bien présent de chaque côté, mais le réalisme offensif épargne tant Philippe Lepage que son homologue Ntalimpor Ploutsis. Le jeu de puissance ne semble pas être le point fort des deux formations. D'un côté, Serge Milano lance trop faiblement et Georges Scheier manque sa déviation. De l'autre, l'accélération de Ioannis Koufis est ponctuée d'un tir sur l'extérieur du poteau, puis Tilios est contraint par le pressing de Beran à quitter la zone.

Peu à son aise et bien secouru par le portier d'Amnéville sur un tour de cage de Valsamas-Rallis, le Luxembourg dispose en Robert Beran d'un catalyseur pour accélérer son jeu. Après avoir débordé Tilios, l'ailier du Tornado Luxembourg ne peut redresser la course du palet face à Ploutsis. Son travail derrière la cage n'est pas plus converti car Scheier rate le palet.

Les occasions grecques sont plus tranchantes, par l'intermédiaire de la force de tir de Dimitrios Kalyvas, mais le jeu de passes fait défaut à une prestation encore trop marquée par les essais individuels.

Les malheurs de Beran

De retour du vestiaire, la tension est palpable sur le banc des locaux. Mais où est passée la crosse de Robert Beran ? Très énervé par sa quête, celui que l'on surnomme ici 'Robocop' n'est pas au bout de ses peines. À la suite de son compère Scheier, il met la pression sur la cage de Ploutsis, d'un tir tendu au ras du poteau qu'il récupère pour servir son numéro 5, encore malheureux dans le dernier geste.

Sur l'action suivante, Scheier subit la faute de Koufis. La défense grecque semble en mesure de céder face aux coups de boutoir de Robert Beran, qui en profite pour charger Orestis Tilios, l'un des hommes clés du dispositif mis en place par Igor Apostolidis. Trop plein d'enthousiasme peu apprécié par Monsieur Schimm, qui renvoie au vestiaire l'attaquant du Grand-Duché.

schonsfrancoisRemise en scelle par ce fait de jeu, la Grèce sort enfin de sa torpeur, sous la houlette des deux Kalyvas, dont la combinaison est stoppée sur la ligne par Lepage. Lambridis profite des tergiversations locales pour s'en aller chercher la lucarne, de l’aile droite. Pour ne rien arranger aux affaires de l'entraîneur Joakim Eriksson, Georges Scheier charge lourdement Kyriakos Adamidis, et se voit à son tour indiquer le chemin du vestiaire peu avant la mi-match.

En double supériorité numérique, la déviation de Georgios Kalyvas fait mouche (0-1 à 29'31"), laissant une grande partie de l’assistance dans le désarroi, et une minorité grecque en pleine explosion de joie. Le pilonnage de la cage se poursuit, surtout de la ligne bleue, par Tilios et Lempesis, mais Lepage permet aux représentants du Grand-duché de limiter la casse.

Contraint de patiner après le score sans deux de ses principaux artilleurs, le Luxembourg se rue à l’attaque, mené par un très actif François Schons, désigné meilleur défenseur du tournoi. Sur l'une de ses montées incisives, le numéro 12 local trouvera même le poteau, son essai du revers manquant ensuite de spontanéité.

Avec un alignement totalement chamboulé pour l’ultime période, Joakim Eriksson fait appel à Jean-Marie Funk. La pression est bien présente aux abords de la cage de Ploutsis, et les muscles de Joël Holtzem se font également sentir sur la défense hellène et Nikolaos Papadopoulos, mis K.O. Toutefois, le temps presse et la percée de Patrick Schon ne trompe toujours pas le portier grec.

De son côté, Philippe Lepage, épargné depuis de longues minutes, écarte un jeu de puissance des bleus... pour s’incliner dans la minute suivante devant Lazaros Efkarpidis, servi sur un plateau par Lambridis (0-2 à 52'23").

Avec moins de huit minutes à jouer, le sort des Luxembourgeois parait scellé, d’autant que Ploutsis prend un nouvel ascendant sur le tir de Jeff Meyer, dès la mise au jeu. Deux fautes grecques en l’espace de treize secondes vont relancer le suspense. Si Meyer est encore déjoué, un tir en angle d’Yves Dessouroux vient redonner l’espoir aux blancs (1-2 à 56'27").

Prise d’assaut, la défense orchestrée par Tilios redouble d’efforts face aux dernières tentatives luxembourgeoises. Essayant d’imiter Dessouroux, Kai Linster rate le cadre, tout comme Welter, gênés tous deux par la densité d’adversaires. Comme un symbole, l’occasion la plus chaude échoit à François Schons, attaquant de fortune lui aussi déjoué par Ploutsis et ses hommes, pour certains étendus dans l’enclave. Un dernier arrêt de la mitaine devant Jeff Meyer et une confiscation du palet par le capitaine Kalyvas entérinent la médaille d’argent des hommes d’Igor Apostolidis.

De quoi redonner l’espoir à une équipe peu aidée par les instances sportives de son pays, et jouer un mauvais tour au Luxembourg, qui l’a suppléé au pied levé pour l’organisation du tournoi...

Désignés meilleurs joueurs : Ronny Scheier pour le Luxembourg et Dimitrios Kalyvas pour la Grèce.

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Désignés meilleurs joueurs du tournoi par équipe (par les entraîneurs) : Juma Al Dhaheri (Émirats Arabes Unis),  François Schons (Luxembourg), Orestis Tilios (Grèce) et Mark Morrison (Irlande).

 

Luxembourg - Grèce 1-2 (0-0, 0-1, 1-1).
Samedi 17 avril 2010 à 20h00 à la patinoire de Kockelscheuer. 1 150 spectateurs.
Arbitrage de Wilhelm Schimm (ALL) assisté de Peter Bedo (HON) et Marko Zibret (CRO).
Pénalités : Luxembourg 60' (6', 2'+2x5'+2x20', 2') Grèce 18' (10', 4', 4').
Tirs : Luxembourg 27 (9, 9, 9) Grèce 21 (5, 12, 4).
Évolution du score :
0-1 à 29'31" : G. Kalyvas assisté de D. Kalyvas (double sup. num.)
0-2 à 52'23" : Efkarpidis assisté de Lambridis
1-2 à 56'27" : Dessouroux assisté de B. Welter (double sup. num.)

 

Luxembourg

Gardien : Philippe Lepage (sorti à 59'36").

Défenseurs : Serge Milano - Ronny Scheier (C) ; François Schons - Kai Linster ; Christophe Thiry - Gilles Biver.

Attaquants : Georges Scheier [puis Minden à 29'20"] - Benny Welter (A) - Robert Beran [puis Meyer à 26'18"] ; Steven Minden [puis Schons à 40'00"] - Patrick Schon (A) [puis Dessouroux à 40'00"] - Joel Holtzem ; Jeff Meyer [puis Jean-Marie Funk à 40'00"] - Frank Schram - Yves Dessouroux [puis Schon à 40'00"].

Remplaçants : Michel Welter (G), Yves Barthels.

Grèce

Gardien : Ntalimpor Ploutsis.

Défenseurs : Konstantinos Lempesis - Nikolaos Papadopoulos ; Nikolaos Chatzigiannis - Orestis Tilios (A) ; Panagiotis Iatridis - Ioannis Ziakas (A).

Attaquants : Ioannis Koufis - Dimitrios Kalyvas (C) - Georgios Kalyvas ; Alexandros Valsamas-Rallis - Themistoklis Lambridis - Iason Pachos ; Lazaros Efkarpidis - Kyriakos Adamidis [sorti à 29'20"] - Georgios Kouleles.

Remplaçants : Georgios Fiotakis (G), Diogenis Souras.